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Ouverture de l’Assemblée Mondiale des Elus et des Citoyens pour l’Eau (AMECE)
par Jérôme Ollier , Sylvain Dropsy
18 mars 2007

L’AMECE s’est ouverte aujourd’hui, dimanche 18 mars au parlement européen de Bruxelles.
Réunissant, pour la première fois, plus de 250 participants sur les problèmes de l’eau (parlementaires, élus locaux, acteurs d’entreprises publiques de l’eau, syndicalistes et diverses ONG), l’AMECE est organisée par une large coalition d’ONG internationales et de responsables politiques. On remarquera cependant à l’ouverture de l’assemblée la présence de nombreux hommes politiques belges (pas moins de quatre ministres, un sénateur et un commissaire européen) aggravé par le fait que 12 des 15 intervenants étaient européens.

Les activités se déroulent sur trois jours autour de quatre thèmes principaux :
- L’eau un droit humain
- L’eau bien commun à tous les habitants de la Terre
- Le financement de l’accès de tous à l’eau doit être assuré par la collectivité
- La gestion démocratique de l’eau.

Dans un monde où 1,1 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau, où 2,6 milliards sont sans services hygiéniques et sanitaires, l’AMECE entend s’attaquer à ces problèmes fondamentaux et assurer un accès universel à l’eau... Objectif qui, rappelons-le, aurait du être atteint au début des années 90 suite à la Décennie Internationale de l’eau promue par l’ONU.

Un des objectifs de l’assemblée est ainsi de faire reconnaître l’accès à l’eau comme un droit humain fondamental qui pourrait être intégré à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et, espérons-le, suivi de politiques concrètes le rendant effectif.

Pour ce faire, la majorité des intervenants à l’ouverture ont souligné la nécessité de considérer l’eau comme un bien commun universel et non comme une marchandise. Ce qui implique le retrait de l’eau des accords AGCS de l’OMC, le refus des orientations politiques actuelles (notamment les politiques Européennes), et la nécessité de placer l’eau sous domaine public. Comme le rappela David Boys du syndicat international des services publics, il est essentiel de casser le mythe du « partenariat public-privé » car en fait de « partenariat » il ne s’agit que de « business ». La nécessité de création d’une organisation mondiale pour l’eau sous l’égide de l’ONU fût également évoquée plusieurs fois. Cette dernière répondrait aux besoins des populations à la différence de l’actuel Conseil Mondial de l’eau « directement lié aux lobbies des transnationales » comme le souligne Francis Wurtz du groupe Gauche Unie Européenne (GUE).

Membre du réseau africain sur l’eau né récemment lors du forum social mondial à Nairobi, Cheik Diop insista sur les privatisations qui ont frappé les pays du Sud. Organisés par la Banque Mondiale et le FMI, ces privatisations avaient néanmoins la pleine complicité des gouvernements des pays « développés ». S’il salue l’initiative de cette assemblée, il ne manque pas de souligner la lourde responsabilité qu’ont les élus dans le « fléau social » que représentent les politiques libérales.

Maud Barlow insista sur le danger de la création d’oligopoles privés. Pour elle, ce n’est pas un scénario de science fiction que d’imaginer dans un futur proche de puissants cartels contrôlant la production et la distribution de l’eau (notamment des « usines de désalinisation alimentées par des centrales nucléaires »). Cela est d’autant plus probable si l’on considère l’actuelle dégradation écologique mondiale ainsi que l’épuisement et/ou la destruction des réserves hydriques. Certains ne manquèrent pas d’impliquer dans ces problématiques les systèmes de production agro-industrielle actuels mais aussi les entreprises pétro-chimiques souvent responsables de pollution des réserves hydriques.

Espérons que ces discours engagés aboutiront, comme il est suggéré dans les objectifs de l’assemblée, à des « actions » à la hauteur de l’urgence de la situation.

AMECE


Jérôme Ollier
Sylvain Dropsy

CADTM France