4 août 2025 par Pablo Laixhay

Photo : European Communities, CC, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:President_Donald_Trump_and_Ursula_Von_der_Leyen.jpg
Dans une lassante continuité des discours politiques et médiatiques martelant que « l’endettement excessif » des États est dû à des dépenses superflues, nous sommes aujourd’hui face à un nouvel exemple de décision contraire aux intérêts des populations ayant des conséquences extrêmement lourdes sur des finances publiques déjà mal en point.
Après les taux d’intérêts mirobolant imposés par les marchés dans les années 80 et 90 , le sauvetage des banques en 2007-2008, le contrecoup de la crise économique qui a suivi la crise financière, la pandémie de coronavirus en 2020 pour laquelle aucun pays européen n’était préparé après une décennie d’austérité mettant à mal le milieu hospitalier, nous voici au seuil d’un nouvel épisode d’augmentation brutale de la dette publique des pays européens. Spoiler alerte, les classes populaires n’y sont — toujours — pour rien.
Après s’être engagé à faire passer les dépenses militaires à 5% du PIB — soit environ 10% des dépenses annuelles pour la plupart des États —, Ursula von der Leyen vient d’accepter au nom de l’UE un nouvel accord commercial catastrophique avec les États-Unis de Donald Trump. En plus des 15% de taxes de douanes appliqués sur la plupart des produits exportés vers les États-Unis, ce ne sont pas moins de 750 milliards de dollars en achat d’énergie fossiles [1] , ainsi que 600 milliards d’investissements supplémentaires qui ont été promis par Ursula von der Leyen [2] à Donald Trump.
Ces décisions vont totalement à rebours des intérêts des populations européennes qui risquent de voir exploser le poids des dettes publiques au nom desquelles les acquis sociaux et les ambitions écologiques subissent déjà de graves attaques.
Il est en effet plus que probable que tant les dépenses en armement que celles en énergies fossiles seront couvertes, au moins en partie, par l’endettement des États, entrainant une nouvelle explosion des dettes publiques. Celles-ci serviront encore une fois de prétexte à l’imposition de politiques d’austérité favorables aux intérêts des marchés financiers et des grandes entreprises sur fond de discours moralisateur sur les dépenses publiques ou sur le poids que représenteraient les classes les plus pauvres.
La légitimité des promesses d’investissements massifs et de l’endettement qui en résultera est d’autant plus questionnable qu’ils serviront, d’une part, à importer massivement du gaz de schiste étasunien, véritable catastrophe écologique et climatique, et d’autre part à financer l’industrie de l’armement, étasunienne de surcroit.
En ces temps paradoxaux où la plupart des gouvernants sabrent dans les budgets publics à la recherche de quelques millions à économiser alors que les investissements pour la justice sociale et de bifurcations écologiques semblent plus que jamais impératifs, ces accords apparaissent comme un nouveau gâchis et l’endettement qui en résultera tout à fait illégitime.
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