Appel à signer. Justice pour Thomas Sankara Justice pour l’Afrique

12 janvier 2010


De nombreux témoignages, souvent en provenance d’anciens compagnons de
Charles Taylor, mettent en cause Blaise Compaoré dans l’assassinat de
Thomas Sankara, avec la complicité d’Houphouët Boigny, mais aussi de la
France, de la CIA et d’autres personnalités africaines.

En avril 2006, le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, saisi par le
Collectif Juridique de la Campagne internationale Justice pour Thomas
Sankara (CIJS) au nom de la famille, donnait raison aux plaignants et,
demandait à l’Etat burkinabé d’élucider l’assassinat de Thomas Sankara, de
fournir à la famille les moyens d’une justice impartiale, de rectifier son
certificat de décès, de prouver le lieu de son enterrement, de compenser
la famille pour le traumatisme subi, et de divulguer publiquement la
décision du comité.

Le 21 avril 2008, le comité des droits de l’homme de l’ONU, en
contradiction totale avec la décision précédente a clos le dossier sans
qu’une enquête n’ait été diligentée. Cette décision ne fait pas honneur à
cette institution.

Au sein de la communauté internationale certains font mine de voir en
Blaise Compaoré un homme de paix, lui qui pourtant est notoirement
impliqué dans les conflits au Libéria, en Sierra Léone et dans des trafics
d’armes et de diamants pour l’UNITA de Jonas Sawimbi alors sous embargo
onusien, et plus récemment dans le conflit qui a déchiré la Côte d’Ivoire.

Cette même communauté internationale nous propose de nous apitoyer sur ce
Continent pourtant si riche qu’est l’Afrique, tout en travaillant à
perpétuer son assistance et sa soumission. En réalité, les vraies raisons
des difficultés du continent sont à chercher dans les réseaux
internationaux qui fomentent les guerres et les assassinats pour conserver
leur mainmise sur les richesses du continent avec la complicité des pays
occidentaux et de certains dirigeants africains.

Plus de 22 ans après son assassinat, Sankara, personnage historique,
leader africain de premier plan, représente de plus en plus une référence,
comme leader intègre, déterminé, créatif et courageux, précurseur de la
lutte pour la défense de l’environnement et la révolution burkinabé est
devenu un modèle de développement. Sankara a été assassiné parce qu’il
dénonçait la dette odieuse Dette odieuse Selon la doctrine juridique de la dette odieuse théorisée par Alexander Sack en 1927, une dette est « odieuse » lorsque deux conditions essentielles sont réunies :

1) l’absence de bénéfice pour la population : la dette a été contractée non dans l’intérêt du peuple et de l’État mais contre son intérêt et/ou dans l’intérêt personnel des dirigeants et des personnes proches du pouvoir

2) la complicité des prêteurs : les créanciers savaient (ou étaient en mesure de savoir) que les fonds prêtés ne profiteraient pas à la population.

Pour Sack, la nature despotique ou démocratique d’un régime n’entre pas en ligne de compte. Une dette contractée par un régime autoritaire doit, selon Sack, être remboursée si elle sert les intérêts de la population. Un changement de régime n’est pas de nature à remettre en cause l’obligation pour le nouveau régime de payer les dettes du gouvernement précédent sauf s’il s’agit de dettes odieuses.

Traité juridique et financier par A.-N. SACK, ancien professeur agrégé à la Faculté de droit de l’Université de Petrograd.

Depuis cette définition « conservatrice », d’autres juristes et mouvement sociaux comme le CADTM ont élargi la définition de la dette odieuse en prenant notamment en compte la nature du régime emprunteur et la consultation ou nom des parlements nationaux dans l’approbation ou l’octroi du prêt.

Citons notamment la définition de la dette odieuse utilisée par la Commission pour la Vérité sur la dette grecque, qui s’appuie à la fois sur la doctrine de Sack mais aussi sur les Traités internationaux et les principes généraux du droit international :

Une dette odieuse est soit
1) une dette qui a été contractée en violation des principes démocratiques (ce qui comprend l’assentiment, la participation, la transparence et la responsabilité) et a été employée contre les plus hauts intérêts de la population de l’État débiteur alors que le créancier savait ou était en mesure de savoir ce qui précède." soit
2) une dette qui a pour conséquence de dénier les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels de la population alors que le créancier savait ou était en mesure de savoir ce qui précède"
.
et le diktat des puissances occidentales, mais
aussi parce qu’il engageait une politique décidée dans son pays, orientée
vers les besoins de son pays, pour la satisfaction des populations de son
pays, tout en œuvrant pour le panafricanisme.

C’est pourquoi nous soutenons et appelons à soutenir les initiatives du
collectif juridique du la CIJS qui inlassablement, depuis plus de 12 ans,
intente, des actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
juridiques aux côtés de la famille Sankara.

Nous demandons l’ouverture des archives des pays que les témoignages
désignent comme impliqués à savoir principalement la France, les USA, mais
aussi la Côte d’Ivoire, le Togo et la Libye.

Nous demandons que s’engage sans tarder, une enquête indépendante sur
l’assassinat de Thomas Sankara. Ceci est un devoir pour la communauté
internationale, un droit pour la famille Sankara, une exigence pour la
jeunesse d’Afrique, une nécessité pour l’avenir de ce continent qui ne
saurait se construire avec une histoire amputée de la vérité sur un des
épisodes majeurs de la fin du 20e.

Nous appelons la jeunesse, les partis démocratiques, le mouvement social
en Afrique et au-delà dans les pays du monde à continuer à se mobiliser
pour que cette enquête fasse toute la lumière sur cet assassinat et pour
que justice soit faite, ce qui serait un grand pas pour mettre fin à
l’impunité en Afrique.

Signez cette déclaration sur
http://www.thomassankara.net/spip.php?article866

Premiers signataires :

Solidaires/ CADTM Pointe-Noire, Congo Brazaville, jlemvo chez yahoo.fr et solasso chez yahoo.fr

Comité Sankara, España, alozano956 chez hotmail.com

Collectif Sankara Ile de France, France, collectifthomsank chez gmail.com

Comité Sankara de Montpellier, France, comitesankara chez yahoo.fr

Comitato Italiano SankaraXX, Italie, sankara.italia chez gmail.com

Sankara Tribute (Washington), USA, Sankaratribute chez yahoo.com

Groupe Thomas Sankara de Liège, Belgique, pauline chez cadtm.org

GRILA, Groupe de recherche et d’initiatives pour la libération de
l’Afrique
, Canada, admin chez grila.org

ATTAC Togo, Togo, attactogo chez yahoo.fr

Mouvement Sankariste de Munich ou Arbeitskreis anafrikanismus München
(AKPM)
, Allemagne, sekretariat chez panafrikanismusforum.net

RAID ATTAC Tunisie, Tunisie, fatcham chez yahoo.fr

FNDP (forum national sur la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
et la pauvreté)
, Côte d’Ivoire,
fndp11 chez yahoo.fr

RNDD ( Réseau National Dette et Développement), Niger, rnddniger chez gmail.com