Presse internationale

Au-delà de l’expulsion du délégué de la Banque Mondiale, Correa n’écarte pas la possibilité de poursuivre en justice cette institution

29 avril 2007 par El Universo (Equateur)




Selon une déclaration du Président de la République, Rafael Correa, faite vendredi 27 avril, en plus de l’expulsion du représentant de la Banque Mondiale Banque mondiale
BM
La Banque mondiale regroupe deux organisations, la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement) et l’AID (Association internationale de développement). La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies.

En 2022, 189 pays en sont membres.

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(BM), le pays n’écarte pas la possibilité d’adopter d’autres mesures contre cet organisme multilatéral de crédit.

Ce jeudi 26 avril, le ministère des affaires extérieures a émis un communiqué dans lequel il déclare « persona non grata » le représentant de la Banque mondiale, Eduardo Somensatto. Ce dernier avait 72 heures pour quitter le pays.

Correa a affirmé hier que le gouvernement se réserve le droit d’entreprendre des actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
légales contre la Banque, en raison de sa politique à l’égard de l’Equateur. En ce qui concerne la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
du pays à la Banque mondiale, il a précisé que le pays remboursera «  ce qui est justifié et pas ce que la BM demande  ». Il a ajouté que le pays pourrait qualifier d’illégitime la dette due à la Banque mondiale.

De plus, le gouvernement est en train de prendre des mesures pour réduire la dépendance à l’égard de la Banque mondiale. La dette équatorienne actuelle à l’égard de celle-ci s’élève à 755 millions de dollars. Le ministre de l’économie, Ricardo Patino, précise que son ministère essaye d’éviter un remboursement pour un montant de 80 millions de dollars prévu pour 2007.

Patino met en évidence que le pays a renforcé ses relations avec la Corporation andine de crédit (Corporacion andina de fomento) parce qu’elle n’impose pas des conditions lorsqu’elle octroie des prêts.

Le gouvernement a expulsé Somensatto en représailles de la suspension d’un prêt de 100 millions de dollars quand Correa était ministre de l’économie en 2005. La cause de cette suspension résidait dans la réforme de la loi de transparence fiscale qui remplaça le fonds pétrolier Feirep par Cereps ce qui permit de réduire le pourcentage du budget destiné au remboursement de la dette.
Patino affirme que la mesure prise par la Banque mondiale en 2005 « mit en péril la stabilité des comptes de l’Etat ».

Correa, de son côté, souligne que la suspension du prêt de la Banque mondiale constitue un manque total de respect de la souveraineté du pays.

Le ministère des affaires extérieures communique qu’il n’y a pas eu de réponse officielle de la Banque mondiale à la décision du gouvernement. Des représentants de la Banque mondiale à Washington ont téléphoné au Ministère des affaires extérieures afin d’obtenir une réunion avec la Ministre Maria Fernanda Espinosa. Il n’y a pas encore de rendez-vous prévu.

La même source signale que la décision éventuelle de remplacer Somensatto est de la responsabilité de la Banque mondiale.

Il y aura une aide extérieure pour la commission de l’audit

Le ministre de l’Economie, Ricardo Patino a annoncé qu’il invitera des experts internationaux à intégrer la nouvelle Commission d’Audit de la dette grâce à laquelle le gouvernement espère identifier la dette « illégitime » pour concrétiser une renégociation.

Parmi les candidats pour intégrer la commission on trouve le Belge Eric Toussaint, expert des prêts de la Banque mondiale, et le Péruvien Oscar Ugarteche, expert en renégociation de la dette. Les deux ont assisté cette semaine au séminaire « Dette illégitime », organisé par Jubilé 2000.

La commission analysera les prêts octroyés par la Banque mondiale et les conditions auxquels ils étaient liés.


Quotidien El Universo, Quito, samedi 28 avril 2007, P. 5. El Universo est un des deux principaux quotidiens équatoriens.

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