Chronique de RIO +20 (1)

Bem-vindo ao Rio

17 juin 2012 par Samir Abi


Cinq siècles auparavant, arrivant en ce premier jour de janvier à la baie de Guanabara, Amerigo Vespucci et ses compagnons s’extasièrent devant la beauté du paysage qui émergeait devant eux. Montagnes et forêts s’entrelaçant de façon unique et merveilleuse, bordées par une plage de sable fin. En ce jour de janvier (Janheiro), un homme ayant quitté les siens depuis des années pour les joies de l’exploration de la terre ne pouvait rêver d’un meilleur don.

Au fil des siècles la magie de la baie demeure. Le temps n’est plus à l’exploration mais à la préservation. Cette nouvelle aventure humaine est née au bord de la baie des légendes un mois de juin (Junho), il y a de cela vingt ans. A nouveau, le Brésil offre au monde la joie de renouveler l’espoir qu’a été le sommet de la terre en 1992.

Bien que l’issue de cette nouvelle messe mondiale reste incertaine, un regard sur les dizaines de milliers de participant-e-s à leur arrivée laisse découvrir l’espoir qu’ils portent pour que cette mobilisation soit la bonne. Le sourire et la disponibilité des volontaires à l’aéroport international de Rio n’est pas pour démentir cet espoir. Dans la salle d’attente VIP de l’aéroport, réservée aux délégués à la conférence et transformée en forêt tropicale pour l’occasion, on découvre toute cette variété de la flore brésilienne aujourd’hui menacée. Une source supplémentaire de motivation pour sauver ce qui en reste. Mais pas le temps d’admirer ces trésors, douze heures de vol et encore deux heures de bus avant de rejoindre la ville pour une nuit salvatrice. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt dit le dicton.

Un bon « café da Manha » et voilà les aventuriers de la survie humaine repartis pour une nouvelle journée. Le ballet des navettes pour le centre de conférence commence assez tôt et pour cause, se rendre au centre de conférence de Rio demande du temps. Une heure trente minutes de bus en traversant le Rio des riches. Loin des favelas dont le regard pourrait troubler. On y découvre, au détour des rues, les constructions en cours pour accueillir les évènements mondiaux qui marqueront les quatre prochaines années au Brésil : Les journées mondiales de la jeunesse en 2013, la coupe du monde de foot en 2014, les jeux olympiques de 2016. Inutile de s’attarder sur la vue de cette verdure sacrifiée et de ces arbres coupés pour la construction de nouveaux édifices.

Plus impressionnant encore la mobilisation sécuritaire autour de la conférence. Des stationnements interdits tout au long des routes empruntées par les bus pour le centre de conférence, la ville placée sous surveillance maximum de 20 000 policiers et soldats. En permanence un navire de la marine patrouille au large de la baie et des militaires sont postés devant tous les hôtels. Rien de mieux pour protéger de la violence engendrée, dans cette ville, par les inégalités sociales. Et nous voilà enfin arrivés à l’arène de tous les espoirs. BEM - VINDO AO RIO + 20. 




Samir Abi

ATTAC-CADTM Togo

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