Bilan 2017-2021 du CADTM Belgique en matière d’éducation permanente

26 juillet par CADTM Belgique


Nous publions le bilan élaboré par l’équipe du CADTM Belgique en ce qui concerne son activité d’éducation permanente. Le présent bilan vient compléter le bilan des tâches du CADTM Belgique pour le Secrétariat international partagé (SIP) du réseau CADTM pour la période 2016-2021 https://www.cadtm.org/Bilan-des-taches-du-CADTM-Belgique-pour-le-Secretariat-international-partage

 Contexte

Crise multidimensionnelle

Dix ans après le début de la crise financière de 2007-2008, les effets de la crise globale du système capitaliste ont continué de se faire sentir sur l’ensemble de la planète.

Malgré la politique économique accommodante de la Banque centrale européenne BCE
Banque centrale européenne
La Banque centrale européenne est une institution européenne basée à Francfort, créée en 1998. Les pays de la zone euro lui ont transféré leurs compétences en matières monétaires et son rôle officiel est d’assurer la stabilité des prix (lutter contre l’inflation) dans la dite zone.
Ses trois organes de décision (le conseil des gouverneurs, le directoire et le conseil général) sont tous composés de gouverneurs de banques centrales des pays membres et/ou de spécialistes « reconnus ». Ses statuts la veulent « indépendante » politiquement mais elle est directement influencée par le monde financier.
à l’attention des détenteurs de capitaux, de nombreux pays de l’Union européenne ont vu les politiques d’austérité se multiplier tout en voyant leur dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
publique augmenter. Les attaques frontales et continues des conquêtes sociales des décennies précédentes ont accentué la pauvreté et les inégalités entre les pays et entre les classes sociales. A la crise économique, s’ajoute la crise écologique, mais également une crise sociale et démocratique, se manifestant notamment par le développement des forces réactionnaires dans nombre de pays d’Europe. Alors que les défis à relever nous invitent à la réflexion et à la solidarité, on assiste au contraire dans une large mesure à des phénomènes de repli, comme l’atteste la politique d’immigration de l’Union européenne, toujours plus restrictive et brutale.

Dans les pays du Sud, une nouvelle crise de la dette publique avait débuté dès 2016, avec une vingtaine de pays en suspension de paiement. Doublement impacté par le changement climatique et ses conséquences, les pays du Sud ont également connu de larges mobilisations populaires pour renverser ou tenter de renverser les pouvoirs autocratiques. Pas toujours victorieux, ces événements majeurs témoignent néanmoins de la volonté indéfectible des populations à améliorer leurs conditions de vie, en s’opposant à des mécanismes aussi injustes qu’inéquitables, que l’on parle du système capitaliste, du système dette, de l’extractivisme Extractivisme Modèle de développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles, humaines et financières, guidé par la croyance en une nécessaire croissance économique. des ressources naturelles, de la faible représentation de leur pays dans les institutions internationales ou encore des problématiques démocratiques.

Pour le CADTM, ce contexte pluriel et malheureux a représenté une opportunité de poursuivre son travail sur l’importance de la dette comme mécanisme de domination et de transfert des richesses, tant au niveau de la dette publique qu’au niveau des dettes privées à l’image des micro-crédits dans les pays. Ce fut également une opportunité pour proposer des alternatives comme l’audit citoyen de la dette, mais également la socialisation des banques et plus largement un ensemble de proposition économiques, écologiques et sociales dans différentes activités et publications (ouvrage, manifeste, cahier de revendication, brochure, etc.).


Contexte pandémique

Après une nouvelle crise financière aux États-Unis et un début de récession Récession Croissance négative de l’activité économique dans un pays ou une branche pendant au moins deux trimestres consécutifs. économique en Allemagne et aux États-Unis au dernier trimestre 2019, le monde est entré dans une nouvelle ère, tout du moins inédite, avec l’apparition de l’épidémie de Covid-19 en fin d’année, et reconnue comme pandémie pour son caractère mondial dès l’hiver 2020. Cet événement nous à tou·tes profondément impacté·es. L’économie mondiale a été totalement bouleversée, paralysée même pendant quelques mois. Si les banques centrales des pays du Nord sont intervenues rapidement pour contenir l’incendie, les mesures de financement ont été faites en contrepartie de nouvelles conditionnalités Conditionnalités Ensemble des mesures néolibérales imposées par le FMI et la Banque mondiale aux pays qui signent un accord, notamment pour obtenir un aménagement du remboursement de leur dette. Ces mesures sont censées favoriser l’« attractivité » du pays pour les investisseurs internationaux mais pénalisent durement les populations. Par extension, ce terme désigne toute condition imposée en vue de l’octroi d’une aide ou d’un prêt. visant à attaquer ultérieurement l’État social. Comme en 2007-2008, les conséquences de cette crise se feront sentir plus durement encore pour les populations dans les années à venir. Dans les pays du Sud, c’est la double voire triple peine. A l’accentuation sévère de la crise de la dette publique, se sont ajoutées des difficultés plus importantes à s’approvisionner en vaccins, la crise alimentaire, le tout sur fond de poursuite des conséquences du changement climatique.

Pour le CADTM, ce contexte difficile a fait ressurgir dans un premier temps, en particulier en 2020, la thématique de la dette publique, plutôt délaissée des grands médias jusque-là. Très sollicité, le CADTM a répondu par un maintien autant que possible de ses activités et par la production de nombreuses analyses spécifiques, se concrétisant notamment dans la parution du numéro AVP « Dette, coronavirus et alternatives ». Dans un second temps, les mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid-19 ont impacté, comme pour beaucoup d’autres, la capacité du CADTM à mener à bien ses activités et à pouvoir se réunir. Cette dynamique d’essoufflement s’est largement fait ressentir au sein des mouvements sociaux également. Pour le CADTM, le défi sera grand de reconstituer le tissu social indispensable à la bonne réussite de nos activités.


La période de recul des mouvements « dette » entre 2016 et 2022

La période 2016-2022 a été marquée par un recul des mobilisations contre les dettes illégitimes à l’échelle planétaire à quelques exceptions importantes près : Argentine depuis 2020, Puerto Rico en 2017-2019, Liban 2019-2020, Sri Lanka 2022....

Le réseau CADTM a été touché par ce repli qui n’a pas encore pris fin. Les autres organisations agissant sur le thème des dettes illégitimes ont également été affectées. Cela n’a pas empêché le réseau international CADTM de poursuivre son expansion avec l’adhésion en 2021 et en 2022 de nouveaux membres au Kenya, au Mexique, en Afrique du Nord.
La cause du recul des mouvements contre les dettes illégitimes peut-être résumé en trois grands évènements qui ont eu un effet différent selon les grandes régions dans lesquelles le CADTM intervient :

  1. Le très important recul en Europe est dû à la capitulation du gouvernement grec face aux créanciers à l’été 2015, au virage modéré de Podemos en Espagne et aux effets de la politique massive d’injection de liquidités Liquidité
    Liquidités
    Capitaux dont une économie ou une entreprise peut disposer à un instant T. Un manque de liquidités peut conduire une entreprise à la liquidation et une économie à la récession.
    réalisée par la Banque centrale Banque centrale La banque centrale d’un pays gère la politique monétaire et détient le monopole de l’émission de la monnaie nationale. C’est auprès d’elle que les banques commerciales sont contraintes de s’approvisionner en monnaie, selon un prix d’approvisionnement déterminé par les taux directeurs de la banque centrale. européenne et la Banque d’Angleterre conjointement à une politique de taux d’intérêt Taux d'intérêt Quand A prête de l’argent à B, B rembourse le montant prêté par A (le capital), mais aussi une somme supplémentaire appelée intérêt, afin que A ait intérêt à effectuer cette opération financière. Le taux d’intérêt plus ou moins élevé sert à déterminer l’importance des intérêts.
    Prenons un exemple très simple. Si A emprunte 100 millions de dollars sur 10 ans à un taux d’intérêt fixe de 5 %, il va rembourser la première année un dixième du capital emprunté initialement (10 millions de dollars) et 5 % du capital dû, soit 5 millions de dollars, donc en tout 15 millions de dollars. La seconde année, il rembourse encore un dixième du capital initial, mais les 5 % ne portent plus que sur 90 millions de dollars restants dus, soit 4,5 millions de dollars, donc en tout 14,5 millions de dollars. Et ainsi de suite jusqu’à la dixième année où il rembourse les derniers 10 millions de dollars, et 5 % de ces 10 millions de dollars restants, soit 0,5 millions de dollars, donc en tout 10,5 millions de dollars. Sur 10 ans, le remboursement total s’élèvera à 127,5 millions de dollars. En général, le remboursement du capital ne se fait pas en tranches égales. Les premières années, le remboursement porte surtout sur les intérêts, et la part du capital remboursé croît au fil des ans. Ainsi, en cas d’arrêt des remboursements, le capital restant dû est plus élevé…
    Le taux d’intérêt nominal est le taux auquel l’emprunt est contracté. Le taux d’intérêt réel est le taux nominal diminué du taux d’inflation.
    zéro.
  2. Un deuxième facteur concerne quasiment l’ensemble de la planète. La majorité des pays du Sud et du Nord ont pu « facilement » refinancer leurs dettes en profitant des conséquences de la politique très active des grandes banques centrales du Nord. La politique des grandes banques centrales du Nord depuis 2008 consiste grosso modo : à appliquer un taux d’intérêt zéro, une injection massive de liquidités au profit des banques privées et des marchés financiers Marchés financiers
    Marché financier
    Marché des capitaux à long terme. Il comprend un marché primaire, celui des émissions et un marché secondaire, celui de la revente. À côté des marchés réglementés, on trouve les marchés de gré à gré qui ne sont pas tenus de satisfaire à des conditions minimales.
    qui les ont recyclés en achetant de la dette publique partout dans le monde, et avec la pandémie, s’est ajouté un assouplissement maximum de la discipline « austéritaire » budgétaire. L’existence d’énormes liquidités à disposition des banques et des autres secteurs du Grand capital (fonds d’investissements, grandes entreprises, hedge funds Hedge funds Les hedge funds, contrairement à leur nom qui signifie couverture, sont des fonds d’investissement non cotés à vocation spéculative, qui recherchent des rentabilités élevées et utilisent abondamment les produits dérivés, en particulier les options, et recourent fréquemment à l’effet de levier (voir supra). Les principaux hedge funds sont indépendants des banques, quoique fréquemment les banques se dotent elles-mêmes de hedge funds. Ceux-ci font partie du shadow banking à côté des SPV et des Money market funds.

    Un Hedge funds (ou fonds spéculatif) est une institution d’investissement empruntant afin de spéculer sur les marchés financiers mondiaux. Plus un fonds aura la confiance du monde financier, plus il sera capable de prendre provisoirement le contrôle d’actifs dépassant de beaucoup la richesse de ses propriétaires. Les revenus d’un investisseur d’un Hedge funds dépendent de ses résultats, ce qui l’incite à prendre davantage de risques. Les Hedge funds ont joué un rôle d’éclaireur dans les dernières crises financières : spéculant à la baisse, ils persuadent le gros du bataillon (les zinzins des fonds de pension et autres compagnies d’assurance) de leur clairvoyance et crée ainsi une prophétie spéculative auto-réalisatrice.
    , fonds vautour Fonds vautour
    Fonds vautours
    Fonds d’investissement qui achètent sur le marché secondaire (la brocante de la dette) des titres de dette de pays qui connaissent des difficultés financières. Ils les obtiennent à un montant très inférieur à leur valeur nominale, en les achetant à d’autres investisseurs qui préfèrent s’en débarrasser à moindre coût, quitte à essuyer une perte, de peur que le pays en question se place en défaut de paiement. Les fonds vautours réclament ensuite le paiement intégral de la dette qu’ils viennent d’acquérir, allant jusqu’à attaquer le pays débiteur devant des tribunaux qui privilégient les intérêts des investisseurs, typiquement les tribunaux américains et britanniques.
    …) leur a servi notamment à acheter de la dette publique émise par des États qui auparavant n’avaient pas accès aux marchés financiers. Cela a créé une sorte d’euphorie typique des périodes au cours desquels les flux financiers privés vont du Nord vers le Sud jusqu’au moment où il y a un changement de situation (qui n’est pas encore arrivé mais qui pointe son nez). Bien sûr, il y a eu des exceptions et une série de pays du Sud ont éprouvé des difficultés de paiement de leurs dettes (Zambie, Venezuela, Argentine, Liban...).
  3. La situation des pays exportateurs de matières premières s’est améliorée à partir de 2020-2021 car leurs revenus ont progressivement augmenté ce qui les a aidés à maintenir le remboursement de leurs dettes.


2022 : une année charnière ?

La situation est inégale mais elle est aussi combinée

Nous vivons probablement en 2022 une année charnière car des changements ont lieu au Nord qui domine la planète et qui est la conséquence principalement de la nouvelle guerre qui a commencé en Europe fin février 2022 et la spéculation Spéculation Opération consistant à prendre position sur un marché, souvent à contre-courant, dans l’espoir de dégager un profit.
Activité consistant à rechercher des gains sous forme de plus-value en pariant sur la valeur future des biens et des actifs financiers ou monétaires. La spéculation génère un divorce entre la sphère financière et la sphère productive. Les marchés des changes constituent le principal lieu de spéculation.
provoquent une augmentation très forte des prix des céréales (et par contagion spéculative d’autres aliments). Or une partie importante des pays du Sud sont devenus de plus en plus dépendants de leurs importations de céréales car ils ont suivi les recommandations des institutions comme la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
et le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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. Ils ont abandonné le soutien à leurs producteurs·trices locaux. Des pays qui importaient relativement peu de céréales il y a 60 à 50 ans sont devenus de plus en plus dépendants des importations de céréales et d’autres aliments vitaux pour leur population. Vu que les prix des céréales et d’autres aliments augmentent fortement, la facture de leurs importations augmente également et ils commencent à manquer de devises pour à la fois payer cette facture et rembourser la dette extérieure.

Pour les pays qui comme le Sri Lanka ont perdu une grande partie de leurs recettes touristiques durant la pandémie 2020-2022 et doivent importer la quasi entièreté des combustibles et une partie de leur nourriture, la situation est purement et simplement intenable.

Par contre les pays qui exportent du pétrole et du gaz peuvent faire face avec moins de difficultés à l’augmentation de la facture d’importation de nourriture car le prix du baril de pétrole atteint ou dépasse les 100 dollars depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les revenus supplémentaires générés par la vente de leur pétrole, de leur gaz et d’autres matières premières sur le marché mondial leur permet de faire face à l’augmentation de la facture de l’importation de nourriture.

La situation est inégale mais elle est aussi combinée car va commencer à avoir des effets l’augmentation des taux d’intérêts sur le plan mondial en conséquence du tournant de politique financière prise par les grandes banques centrales du Nord. La Réserve fédérale des États-Unis (Fed) a lancé puissamment le mouvement vers la hausse, la Banque d’Angleterre a suivi et la Banque centrale européenne se prépare elle aussi à commencer à hausser les taux d’intérêt, la Banque de Chine a elle aussi élevé les taux....

La prévision de l’évolution du taux d’intérêt pratiqué par la Fed donne un taux directeur de 3,4 % fin 2022 et de 3,8 % en 2023, alors que la prévision datant de mars 2022 le situait à 1,9 % pour la fin de cette année

La Fed s’était engagée à augmenter le taux de 0,25 % par mois pour atteindre un taux de plus de 1 % d’ici la fin de l’année 2022 ; avec une inflation Inflation Hausse cumulative de l’ensemble des prix (par exemple, une hausse du prix du pétrole, entraînant à terme un réajustement des salaires à la hausse, puis la hausse d’autres prix, etc.). L’inflation implique une perte de valeur de l’argent puisqu’au fil du temps, il faut un montant supérieur pour se procurer une marchandise donnée. Les politiques néolibérales cherchent en priorité à combattre l’inflation pour cette raison. à un niveau élevé, la Fed augmente plus rapidement qu’initialement prévu le taux d’intérêt. La prévision médiane des membres du comité de politique monétaire de la Fed (le FOMC, Federal Open Market Committee) donne désormais un taux directeur de 3,4 % fin 2022 et de 3,8 % en 2023, alors que leur prévision datant de mars 2022 le situait à 1,9 % pour la fin de cette année. Le risque d’une nouvelle crise existe, car un taux d’intérêt plus élevé favoriserait un rapatriement des capitaux vers les États-Unis - et vers l’Europe si la Banque centrale européenne va dans ce sens - et augmenterait la prime de risque Prime de risque Quand des emprunts sont accordés, les créanciers tiennent compte de la situation économique du débiteur pour fixer le taux d’intérêt. Un éventuel risque pour le débiteur de ne pas pouvoir honorer ses remboursements entraîne une hausse des taux d’intérêt pratiqués à son encontre. De la sorte, le créancier perçoit des intérêts plus élevés, censés le dédommager du risque pris en accordant ce prêt. que les pays endettés devraient payer. Il n’y a donc pas de crise généralisée de la dette aujourd’hui, mais les conditions sont réunies pour qu’il y en ait une.

Pas de crise généralisée de la dette aujourd’hui, mais les conditions sont réunies pour qu’il y en ait une dans le futur. Comme toute prévision il faut la prendre avec prudence

Donc nous vivons probablement une année charnière qui peut déboucher fin 2022 ou en 2023 sur une forte augmentation des difficultés de remboursement des dettes pour toute une série de pays à l’échelle planétaire mais surtout dans le Sud global. Ce qui précède est une prévision et comme toute prévision il faut la prendre avec prudence.


Il est également important de comprendre d’où l’on vient. Un regard dans le rétroviseur est nécessaire

Rappelons qu’une crise des dettes publiques a affecté l’économie mondiale au cours des années 1980. Elle a été principalement le résultat de la décision de la Réserve fédérale des États-Unis d’augmenter, à partir d’octobre 1979, de manière unilatérale, brutale et dans des proportions énormes les taux d’intérêts. Les effets négatifs de cette décision combinée à la chute du prix du pétrole à partir de 1981 et à la récession mondiale de 1982-1983 ont été ravageurs. Toute cela s’inscrivait également dans le grand tournant néolibéral 1979-1980 pris par la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher et les États-Unis sous la présidence de Ronald Reagan. A partir de 1985, grâce notamment à des leaders comme Fidel Castro et Thomas Sankara des initiatives ont été prises pour dénoncer le paiement des dettes réclamées au Tiers Monde, appelé aujourd’hui le Sud Global. Cuba a suspendu le paiement de sa dette extérieure à l’égard du Club de Pais à partir de 1986 (et ce jusqu’en 2014). De puissantes mobilisations ont eu lieu tant au Sud qu’au Nord de la planète. Ce puissant mouvement arrivait à mobiliser chaque fois des dizaines de milliers voire des centaines de milliers de manifestant-es lors des réunions annuelles de la Banque mondiale, du FMI, du G7 G7 Groupe informel réunissant : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon. Leurs chefs d’État se réunissent chaque année généralement fin juin, début juillet. Le G7 s’est réuni la première fois en 1975 à l’initiative du président français, Valéry Giscard d’Estaing. . Une grande campagne pour l’annulation des dettes des pays pauvres a culminé en 1999 avec une mobilisation massive à Cologne (Allemagne) lors d’une réunion du G7 avec la remise d’une pétition soutenue par 17 millions de signatures. C’est au cours des années 1990 que sont nés les différents réseaux internationaux luttant contre les dettes illégitimes, le CADTM en 1990, ensuite Eurodad-Afrodad et Latindadd, la campagne Jubilé 2000 en 1998-1999, Jubilé Sud en 1999, … Des convergences se sont produites avec d’autres campagnes sur d’autres thèmes et le Forum social mondial est né en 2001. De nombreuses organisations contre les dettes illégitimes sont nées dans de nombreux pays tout autour de la planète.

Ce qui est certain c’est que les mouvements contre les dettes illégitimes et parmi eux le CADTM international doivent se préparer à comprendre la nouvelle situation et à agir

A partir de 2001, l’Argentine sous la pression populaire est entrée en suspension de paiement d’une grande partie de sa dette extérieure. A partir de 1999-2000 la revendication de l’audit citoyen de la dette pour favoriser la dénonciation et le non-paiement de la dette a gagné du terrain avec comme mouvements phares ceux d’Espagne (le Réseau citoyen pour l’abolition de la dette extérieure RCADE) et du Brésil avec le plébiscite pour l’audit de la dette en 2000 (auquel 6 millions de personnes avaient participé) et la naissance de l’audit citoyen de la dette du Brésil. La proposition d’audit citoyen de la dette a gagné de plus en plus terrain et en 2007 l’Équateur donnait l’exemple de la création par le gouvernement d’une commission d’audit intégral de la dette (la CAIC). Sur la base de l’audit, l’Équateur a ensuite suspendu le paiement de la dette et a remporté une grande victoire contre ses créanciers en 2009. L’exemple équatorien a connu une répercussion internationale dans des milieux limités mais très actifs.

La crise financière internationale de 2008 suivie d’une crise économique mondiale en 2009 suivie elle-même d’une crise des dettes en Europe à partir de 2010 a amené les mouvements anti-dettes illégitimes à connaître un très grand développement dans le Nord global. Cela a été amplifié en 2011 par le printemps arabe d’une part, et d’autre part par le mouvement des indignés en Espagne, le mouvement d’occupation des places en Grèce, Occupy Wall Street aux États-Unis et des mouvements similaires dans d’autres pays du Nord.

Entre 2011 et 2015 dans de nombreux pays d’Europe se sont développés des collectifs importants pour l’audit citoyen des dettes et la dénonciation du paiement des dettes illégitimes.

2015 avec la victoire de Syriza en Grèce et l’élection en Espagne d’une centaine de mairies du changement a constitué le point culminant d’une vague puissante des mouvements dette en Europe.

2015 a aussi été le début du déclin des mouvements anti-dettes.

La capitulation du gouvernement grec dirigé par Alexis Tsipras face aux créanciers à l’été 2015 a initié le début du recul. Il a été suivi par le tournant modéré de Podemos en Espagne et l’incapacité des gouvernements municipaux de gauche en Espagne de constituer une véritable stratégie par rapport au gouvernement central notamment sur la question de la dette. En Tunisie, le repli a aussi commencé avec l’incapacité des députés du Front Populaire d’avancer une stratégie cohérente et offensive sur la dette et d’autres sujets de première importance.

Le repli n’a pas eu lieu partout en même temps. Par exemple en Italie il a commencé deux ou trois ans plus tard vers 2018.

Le repli n’a pas été généralisé car il y a eu un grand soulèvement populaire au Liban en 2019-2020 au cours duquel le thème de la dette a pris une place non négligeable. Il y a eu également de grandes mobilisations anti-dettes à Puerto Rico entre 2016 et 2019. Et puis il y a eu les énormes mobilisations en Argentine à partir de 2019-2020 jusqu’à aujourd’hui.

En 2022, les énormes mobilisations en Argentine et au Sri Lanka liées directement à la dette préfigurent peut-être ce qui pourrait arriver dans les années à venir à différents endroits de la planète. Le refus des politiques néolibérales imposées pour rembourser la dette ne constituera pas le seul motif des mobilisations car les différents aspects de la crise globale du système capitaliste sont interconnectés : crise alimentaire, crise sanitaire, crise écologique, crise migratoire, crise énergétique, crise politique, crise économique, …

En conclusion il est possible qu’à l’échelle internationale les mouvements remettant en cause le système dette reprennent de l’ampleur à partir de 2023. Il faut s’y préparer et y contribuer.


Évolution de l’équipe permanente et bénévole du CADTM Belgique

Entre les deux contrat-programmes, l’équipe permanente du CADTM a été fortement modifiée. Ces changements attestent avant tout de la volonté du CADTM d’être une organisation dynamique. De ce fait, le CADTM apporte une attention particulière à la transmission des connaissances et compétences des personnes en charge de l’éducation permanente qui quittent l’équipe vers les autres membres de l’équipe. Les ancien·nes permanent·es dont le travail d’éducation permanente était central pour le CADTM restent ponctuellement disponibles pour l’organisation.

Conformément à sa stratégie, le CADTM Belgique accorde une importance particulière à ses bénévoles. Néophytes désireux d’être acteur·ices du changement ou personnes disposant de compétences aussi utiles que variées, nos bénévoles réalisent une part significative du travail de l’association. Relectures, rédaction, traduction, interprétariat, affichage, tenue de stand, réseaux sociaux, préparation et réalisation d’activités, force de proposition, participation aux séances d’autoformation, animation d’outils pédagogiques, participation aux mobilisations, représentation du CADTM, etc. sont autant d’exemples où nos bénévoles apportent leur contribution.

Parmi ses bénévoles, il faut noter le travail des stagiaires. Présent·es pour une durée minimum de trois mois afin de leur donner un aperçu représentatif de l’association et de son réseau international, les stagiaires réalisent, souvent avec l’aide d’un·e permanent·e, l’ensemble des tâches précitées.

 Bilan global de l’activité d’éducation permanente du CADTM en Belgique entre 2017 et 2021

A l’exception de l’année 2021 marquée par la pandémie de Covid-19, le CADTM a atteint voire dépassé l’ensemble des objectifs poursuivis dans le cadre de son programme 2017-2021.

Le CADTM s’est appuyé sur l’équipe permanente et les bénévoles situé·es en Belgique, pouvant ainsi profiter d’une diversité de compétences et de disponibilités. Les séances d’autoformation ainsi que les différentes évaluations internes et externes ont également contribué à l’accomplissement des objectifs fixés dans le cadre du contrat-programme. Comme l’atteste l’ensemble des activités et collaboration réalisées, le CADTM dispose d’une reconnaissance certaine par l’ensemble des secteurs et publics susmentionnées dans l’éducation permanente avec pour focale la vulgarisation des thématiques de la dette publique et des dettes privées, et plus largement des alternatives à mener sur les plans économiques, sociaux et écologiques.

En ce sens, les activités d’éducation permanente et les productions écrites réalisées par le CADTM Belgique au cours du programme 2017-2021 ont participé au renforcement « d’une citoyenneté active et critique pour l’annulation des dettes illégitimes et l’émancipation sociale du Nord au Sud ».


Les activités d’éducation permanente

Afin de renforcer les capacités de ses publics-cibles, de favoriser la participation d’un maximum de citoyen·nes aux enjeux liés à ces alternatives et de leur donner les moyens d’être acteur·ice du changement, le CADTM Belgique a organisé ses activités de sensibilisation et de formation dans une diversité de format, à la fois en présentiel et en distanciel :

  • des conférences et animations grand public ;
  • des séminaires et week-ends résidentiels pédagogiques ;
  • des animations pédagogiques ;
  • des groupes de travail et de réflexion thématiques et géographiques ;
  • des réunions thématiques ;
  • des séances de cinéma-débat ;
  • des participations à des festivals culturels ;
  • des participations à certaines mobilisations et des actions.

L’ensemble des détails relatifs à ces activités sont disponibles dans les rapports annuels rassemblés sur cette page du site du CADTM : https://www.cadtm.org/Rapports-et-plans-d-actions-du-CADTM-Belgique


Activités du CADTM Belgique en termes de publications

Pour compléter, expliquer et alimenter ses activités de participation, d’éducation et de formation citoyenne, le CADTM a été à l’initiative de nombreuses productions écrites et/ou numériques dans une diversité de format visant à toucher ses public-cible et le tout public. Ces réalisations se sont déclinées sous la forme d’analyses, d’études, d’ouvrages, de brochures, de dossiers thématiques traités via son magazine AVP (Les autres voix de la planète), de films documentaires ou de fictions, de courtes vidéos pédagogiques, ou encore via des podcasts et des lectures d’article.


Tableau 1. Nombre d’analyses et études réalisées de 2017 à 2021

2017 2018 2019 2020 2021 Total
Analyses 107 94 76 90 61 428
Études 5 2 2 3 2 14

Au cours du programme 2017-2021, le CADTM a atteint voire dépassé les objectifs fixé par an à 30 analyses (càd des articles de 8 000 signes) et à 2 études (+ de 60 000 signes).

Les analyses rédigées l’ont été selon les huit thématiques définies dans le programme, à savoir :

  1. Évolution du capitalisme et de la crise internationale
  2. La dette et le droit
  3. Analyse du rôle et de l’évolution de l’architecture institutionnelle internationale
  4. Analyses de cas particuliers
  5. Du Nord au Sud, la dette dans tous ses états
  6. Le rôle et le renforcement des mouvements sociaux nationaux et internationaux
  7. Les alternatives globales
  8. Écologie, la dette écologique Dette écologique La dette écologique est la dette contractée par les pays industrialisés envers les autres pays à cause des spoliations passées et présentes de leurs ressources naturelles, auxquelles s’ajoutent la délocalisation des dégradations et la libre disposition de la planète afin d’y déposer les déchets de l’industrialisation.

    La dette écologique trouve son origine à l’époque coloniale et n’a cessé d’augmenter à travers diverses activités :


    - La « dette du carbone ». C’est la dette accumulée en raison de la pollution atmosphérique disproportionnée due aux grandes émissions de gaz de certains pays industriels, avec, à la clé, la détérioration de la couche d’ozone et l’augmentation de l’effet de serre.

    - La « biopiraterie ». C’est l’appropriation intellectuelle des connaissances ancestrales sur les semences et sur l’utilisation des plantes médicinales et d’autres végétaux par l’agro-industrie moderne et les laboratoires des pays industrialisés qui, comble de l’usurpation, perçoivent des royalties sur ces connaissances.

    - Les « passifs environnementaux ». C’est la dette due au titre de l’exploitation sous-rémunérée des ressources naturelles, grevant de surcroît les possibilités de développement des peuples lésés : pétrole, minéraux, ressources forestières, marines et génétiques.

    - L’exportation vers les pays les plus pauvres de produits dangereux fabriqués dans les pays industriels.

    Dette écologique et dette extérieure sont indissociables. L’obligation de payer la dette extérieure et ses intérêts impose aux pays débiteurs de réaliser un excédent monétaire. Cet excédent provient pour une part d’une amélioration effective de la productivité et, pour une autre part, de l’appauvrissement des populations de ces pays et de l’abus de la nature. La détérioration des termes de l’échange accentue le processus : les pays les plus endettés exportent de plus en plus pour obtenir les mêmes maigres recettes tout en aggravant mécaniquement la pression sur les ressources naturelles.
    et les ressources naturelles

L’ensemble des analyses sont disponibles sur la page internet dédiée à cet effet : https://www.cadtm.org/Analyses


Tableau 2. Nombre d’analyses par thématiques réalisées de 2017 à 2021

2017 2018 2019 2020 2021
1. Évolution du capitalisme et de la crise internationale 14 12 8 18 9
2. La dette et le droit 15 6 4 3 3
3. Analyse du rôle et de l’évolution de l’architecture institutionnelle internationale 8 4 11 9 8
4. Analyses de cas particuliers 31 31 27 21 19
5. Du Nord au Sud, la dette dans tous ses états 7 6 6 10 9
6. Le rôle et le renforcement des mouvements sociaux nationaux et internationaux 14 15 9 9 3
7. Les alternatives globales 8 14 8 15 7
8. Écologie, la dette écologique et les ressources naturelles 7 6 3 5 3
Total 107 94 76 90 61

Les quatorze études rédigées de 2017 à 2021 s’intègrent à la fois dans les thématiques définies dans le cadre des activités d’éducation permanentes et des analyses.


Tableau 3. Études réalisées de 2017 à 2021

DateTitreAuteur-ices
01/2017 L’action du CADTM en solidarité avec le peuple grec (2009 – 2016) Éric Toussaint
02/2017 Démystifier Alexandre Nahum Sack et la doctrine de la dette odieuse
07/2017 Le Mexique a prouvé qu’il est possible de répudier une dette Éric Toussaint
08/2017 Comment Tsipras, avec le concours de Varoufakis, a tourné le dos au programme de Syriza Éric Toussaint
12/2017 L’endettement des pays dits en voie de développement. Un exemple : le Burkina Faso Pablo Laixhay
01/2018 Dès le début, Varoufakis-Tsipras mettent en pratique une orientation vouée à l’échec Éric Toussaint
07/2018 Des audits citoyens aux répudiations de dettes : l’actualité des luttes contre la dette illégitime Christina Laskaridis, Éric Toussaint, Nathan Legrand
01/2019 De la marge de manœuvre dont disposent les États pour lutter contre les fonds vautours et restructurer leurs dettes au regard du droit de l’Union européenne Renaud Vivien
10/2019 Armes de destruction légale : les procès en ISDS et l’assaut de Lydian International sur la souveraineté arménienne Armen Abagyan
12/2020 Cahier de revendications communes : Sur la dette et la nécessité d’un réel contrôle citoyen sur la finance au niveau européen CADTM Belgique, Collectif
06/2020 Les soins de santé en Belgique : De la privatisation à la socialisation ? Gilles Grégoire
07/2020 Réponse à la lettre de Philippe, roi des Belges, sur les responsabilités de la Belgique dans l’exploitation du peuple congolais Éric Toussaint
06/2021 La farce de la « prise en compte du genre » : une grille de lecture féministe des politiques de la Banque mondiale Camille Bruneau
10/2021 Biens communs, dettes et brevets des firmes pharmaceutiques Éric Toussaint

L’ensemble des analyses sont disponibles sur la page internet dédiée à cet effet : https://www.cadtm.org/Etudes

 Bilan détaillé

Participation, éducation et formation citoyenne

Quelques actions marquantes du programme

Sans exhaustivité, nous présentons ici cinq types d’activités d’éducation permanente qui ont eu un impact particulièrement positif au cours du contrat-programme 2017-2021.

  • Les Lundis contre la dette (LCD)

Créés en 2011, les LCD ont fêté leur dixième anniversaire en 2021. Activité mensuelle phare du CADTM à Liège, ils traitent des thématiques principales du CADTM et jouent un rôle important dans une perspective de convergence des luttes avec des autres associations et organisations sur des thèmes tout aussi important. Si le rendez-vous est fixe, le format s’adapte quant à lui en fonction de la situation. Echanges en plénières, discussions en assemblées, présentation d’ouvrages du CADTM, animations pédagogiques, séances de ciné-débat, les LCD sont avant tout un moment de rencontres, permettant d’informer et former le public liégeois tout en ayant une proximité propice à l’engagement des participant·es au sein du CADTM. Réfléchis et organisés de concert avec les bénévoles de l’association, les LCD rassemblent en moyenne une vingtaine de personnes du bassin liégeois. Pensée comme une activité en présentiel, les LCD se sont essentiellement tenus à distance en 2020 et 2021.

Un exemple à titre illustratif : Le 9 novembre 2020, LCD « Travail social en lutte – Témoignages et perspectives de collaborations » : Lors de cette soirée organisée avec le collectif Travail social en lutte (avec lequel le CADTM s’est rapproché dès le début de la pandémie de Covid-19), ce LCD a rassemblé des personnes inscrites au CPAS, des travailleurs·euses social·es, des éducateur·ices spécialisé·es, d’abris de nuit, etc. mais aussi des militant·es d’autres luttes. Ce LCD a permis de mettre en lien les réalités de terrains – le « savoir chaud » - avec les analyses structurelles et politiques dans des discussions, - le « savoir froid ». Les participant·es ont ici eu l’occasion d’être Directement confronté·es aux conséquences les plus graves de l’austérité, les personnes présentes ont participé avec beaucoup d’intérêt. Ce LCD a aussi été l’occasion de donner de remettre en lumière le travail des dernières années réalisées par les militant·es d’ACiDe Liège sur les finances publiques à l’échelle communale et leurs impacts sur les politiques d’aide sociale. Une belle manière de prolonger ce précieux travail d’éducation populaire.

  • Les « Universités » et « Rencontres » d’été du CADTM

Intitulées « Rencontres » en année paire, « Universités » en année impaire, ce rendez-vous annuel estival est le plus important du CADTM Belgique. Constitué essentiellement de participant·es de Belgique, cet événement jouit d’un certain écho international, en accueillant également des personnes d’Europe occidentale francophone ou non, pour une participation totale moyenne de 200 inscrit·es. Les « Universités » et les « Rencontres » d’été du CADTM sont pensées, conçues et évaluées avec la participation active de ses bénévoles, et illustrent à bien des égards l’une des lignes de force du contrat-programme visant à renforcer la place des bénévoles.

Traditionnellement organisées sur 3 ou 4 jours en présentiel et en résidentiel à La Marlagne (Wépion), les deux dernières éditions se sont adaptées au contexte sanitaire, en proposant des formats à la fois accessibles sur place et en ligne sur des plateformes appropriées (Zoom, Facebook, etc.). De manière générale, une large part des activités proposées sont interprétées simultanément en anglais et en espagnol.

Lors de ces journées d’activités placées sous le signe de la formation et des rencontres, entre participant·es mais aussi entre organisations, le CADTM propose de multiples formats (ateliers participatifs, conférences en plénières, animations pédagogiques, espaces de rencontre, soirées culturelles, et autres espaces de détente) adaptées à l’ensemble des participant·es en proposant un programme avec plusieurs parcours de difficulté, de la personne la plus néophyte à la plus avisée.

Pour le CADTM, les « Universités » et les « Rencontres » d’été sont à la fois un moment permettant d’aller à la rencontre de ses public-cibles mais aussi de nouveaux publics, qu’un espace où les participant·es ont la possibilité de venir à la rencontre du CADTM et de l’ensemble de ses composantes, locales, nationales, internationale, salarié·es et bénévoles. C’est donc un moment en trois dimensions, permettant de prendre le temps de la réflexion sur les événements passés, pour agir dès aujourd’hui et se préparer ensemble pour les défis de demain. Pour le CADTM, c’est également un moment privilégié pour accueillir de nouvelles personnes désireuses d’être actrices du changement.

En complément des rapports annuels, le détail des universités et rencontres d’été du CADTM est disponible sur cette page : https://www.cadtm.org/Universites-d-ete-Rencontres-d-ete-du-CADTM-Europe

  • La campagne sur les fonds vautours

Le 12 juillet 2015, le Parlement belge approuvé à l’unanimité la loi relative à la lutte contre les activités des fonds vautours [1]. En 2016, le fonds vautours NML Capital, détenu par le milliardaire états-unien Paul Singer, attaquait l’État belge devant la Cour constitutionnelle pour la faire annuler.

Dans l’attente de l’audience du 7 mars 2018, le CADTM a mené une véritable campagne éducative et médiatique pour s’assurer du maintien de la loi.

Avec l’implication totale des bénévoles du CADTM Liège et Bruxelles, et avec le soutien actif d’organisation comme Zin TV, le Théâtre Croquemitaine, l’asbl Chemins de Traverse et le CNCD – 11.11.11, le CADTM a multiplié les canaux d’action. En accord avec les lignes de force du contrat programme, cette campagne a largement contribué à développer les activités du CADTM Bruxelles. Conférences de presse, pétition en ligne, lettre d’interpellation du gouvernement, réalisation d’une brochure pédagogique et illustrée, d’un numéro spécial de son magazine AVP, d’un court-métrage fiction-réalité, ou encore d’une action de rue le jour de l’audience face à la Cour Constitutionnelle située à Bruxelles, le CADTM a mis tous les moyens en œuvre pour protéger cette loi, informer les citoyen·nes et leur donner la possibilité de comprendre ce mécanisme financier obscur. Preuve de l’efficacité de cette campagne, la Cour constitutionnelle rejetait le recours de NML Capital le 31 mai 2018.

  • La campagne ACiDe

Rassemblant de multiples organisations et syndicats, le CADTM Belgique était à l’initiative de la création de la plateforme d’Audit citoyen de la dette en Belgique, dite ACiDe, en février 2013. Il représente un complément naturel du travail du CADTM par sa revendication de la mise en place d’audit citoyen de la dette comme instrument de lutte contre le paiement des dettes illégitimes. Véritable outil d’éducation populaire faisant la promotion d’un changement « par le bas », ACiDe est constitué de plusieurs groupes locaux (Bruxelles, La Louvière, Liège, Verviers, etc.) et d’une plateforme nationale, avec des membres essentiellement bénévoles travaillant sur la partie méthodologie, recherche et analyse des données et/ou sur la partie diffusion, communication des réalisations.

Au cours du programme 2017-2021, les contributions d’ACiDe et de ses membres, furent aussi nombreuses que variées. Représentations-débat de la pièce de théâtre « Système dette » avec la troupe Croquemitaine, réalisation et distribution de stickers avec des slogans sur le poids de la dette publique en Belgique et dans les communes, rédaction de nombreux articles sur la dette publique et la finance en Belgique, réalisation de nombreuses activités sous-forme de conférences et ciné-débats, animation d’un atelier avec des organisations européennes sur les « échanges de pratiques sur l’audit citoyen de la dette », une participation continue au sein de la campagne et plateforme « Belfius est à nous » visant à agir en faveur du maintien de cette banque sous contrôle public, etc.. Le rôle d’éducation permanente joué par ACiDe s’est exprimé également avec l’organisation de journées de formation ou encore via l’animation régulière de l’outil pédagogique « budget », permettant aux participant·es de nos publics-cibles de comprendre de façon ludique quelles sont les recettes et les dépenses au niveau national et comment la dette impacte le financement et la qualité des services publics.

En organisant une « journée annuelle », ACiDe s’est efforcé de communiquer son analyse à un maximum de personnes tout en étant un espace de rencontre à part entière, invitant les citoyen·nes à rejoindre la plateforme pour mener des audits dans leur secteur géographique ou d’activité.

Un important travail de vulgarisation et d’interpellation politique auprès des communes a également été réalisé au cours de ce programme, symbolisé d’une part par la publication de la brochure « 15 choses que vous devriez savoir sur la dette de Liège » et d’autre part par la rédaction d’un mémorandum en vue des élections communales de 2018 intitulé « Cahier de revendications communes sur la dette et la nécessité d’un réel contrôle citoyen sur la finance ». Ces travaux ont fait l’objet de différentes activités publiques, tant au niveau de la communication des résultats des recherches qu’en termes de diffusion.

Au regard du travail considérable réalisé par la plateforme ACiDe depuis 2013, du sentiment du travail accompli des différents groupes locaux, d’une conjoncture économique moins favorable à la poursuite des travaux au niveau des communes, tout en ayant atteint l’objectif de sa ligne de force « renforcer la dynamique enclenchée par ACiDe », la plateforme ACiDe a mis un terme, au moins temporairement, à la poursuite de ses recherches et de ses activités.

  • Les week-end pédagogiques

Outre les outils, vidéos et autres supports pédagogiques, le CADTM a organisé chaque année un week-end résidentiel pédagogique. Ce format convivial et apprécié des participant·es permet d’aborder de façon ludique et dynamique les thématiques et outils pédagogiques du CADTM. Il est aussi en accord avec la ligne de force du contrat-programme « valoriser les outils et supports pédagogiques ».

Organisés avec l’aide de nos bénévoles dans l’ensemble du processus de réalisation, depuis sa réflexion à son évaluation, en passant par l’activité en elle-même, trois sujets principaux ont été traités durant ce contrat-programme. Le week-end du 20 et 21 mai 2017, c’est le sujet des banques et de leur fonctionnement qui était mis en lumière, faisant écho au livre Bancocratie, au magazine AVP sur la socialisation des banques, à l’expertise d’ACiDe en la matière, ou encore dans le cadre de la campagne « Belfius est à nous ». Les 10 et 11 mars 2018, le week-end avait pour objectif de faire découvrir les outils pédagogiques et de former plusieurs bénévoles en vue de futures animations. Les 16 et 17 février 2019, ce sont cette fois-ci les enjeux et problématiques féministes qui étaient à l’honneur.

A noter qu’en raison des conditions sanitaires, le CADTM n’a malheureusement pu organiser de week-end pédagogique en 2020 et 2021.


Principales évolutions

Diverses évolutions ont eu lieu au cours de ces années, afin de s’adapter au mieux aux différents contextes.

  • Groupes bénévoles du CADTM

Pour réaliser sa stratégie et atteindre ses objectifs, le CADTM Belgique bénéficie de l’apport précieux de ses bénévoles à tous les niveaux.

Comme l’atteste nos rapports annuels et leur dénomination, CADTM Liège et CADTM Bruxelles, ces groupes se réunissent principalement selon leur situation géographique. Au cours du contrat-programme, ces groupes ont agi localement mais également ensemble dans le cadre de groupes thématiques. « Dette coloniale et réparations », « Dette et migration », « Dette et féminismes » sont autant de groupes mouvants qui se constitués pour faire vivre les thématiques en lien avec celles du CADTM et de l’actualité. Ils ont également agi de concert pour faire vivre les différentes campagnes du CADTM, à l’image de celle sur les fonds vautours ou encore « Belfius est à nous ».

L’apport de ces bénévoles constituent pour le CADTM un précieux succès. A noter néanmoins que les conditions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19 en 2020 et 2021 ont eu un impact significatif sur la dynamique de ces groupes. Comme nous l’indiquons dans le rapport annuel 2021, « L’ancrage du télétravail, les restrictions de déplacement et l’instabilité permanente liée aux indisponibilités bien compréhensibles des personnes positives au Covid-19 ont progressivement et profondément entamé la capacité de rassemblement et de cohésion des acteur·ices que nous sommes tou·tes, dans et hors de nos activités professionnelles respectives. Sans possibilité concrète et durable de se réunir, la situation de l’année 2021 a sérieusement entamé les dynamiques propres à notre secteur, si dépendantes des interactions sociales pour fournir une contribution aussi exigeante en implication qu’en termes de convivialité. Et si le CADTM a toujours été conscient que ses groupes de bénévoles (géographiques ou thématiques) représentaient des entités fragiles et mouvantes (au regard des obligations Obligations
Obligation
Part d’un emprunt émis par une société ou une collectivité publique. Le détenteur de l’obligation, l’obligataire, a droit à un intérêt et au remboursement du montant souscrit. Il peut aussi, si la société est cotée, revendre son titre en bourse.
et aléas de la vie de chacun·e), le challenge sera d’autant plus grand pour les rebâtir avec des noyaux durs de personnes plus restreints »
. En conséquence, reconstituer de nouveaux groupes d’affinités sera l’un des principaux objectifs du CADTM dans les années à venir.

  • ACiDe

Comme indiqué précédemment, ACiDe a mis un terme à ses travaux en 2020 après sept belles années d’existence. Le travail de sensibilisation, d’éducation populaire et l’assimilation d’alternatives comme l’audit citoyen de la dette auprès d’autres organisations n’en est pas terminé pour autant, comme l’atteste les nouvelles initiatives auxquelles le CADTM a pris part dès 2020, à l’image de la plateforme « Faire front » et des activités de recherche et d’action réalisées avec les collectifs « En lutte » dès 2020.


Production d’analyses et d’études

Synthèse des productions réalisées

Pour réaliser ses études et analyses, le CADTM Belgique met en place une stratégie à deux volets. Une à court-terme, pour être en mesure de réagir à l’actualité, très souvent peu prévisible, et une à long-terme afin de couvrir l’ensemble des sujets traités par le CADTM, par l’éducation permanente, par les institutions internationales, notamment sur les problématiques de développement ou encore au niveau des institutions nationales à propos des questions de précarité, de pauvreté, d’inégalités en lien avec la dette publique et les dettes privées. Pour y parvenir, le CADTM s’appuie à la fois sur son équipe de permanent·es et sur les bénévoles, tant dans le processus de réflexion que de réalisation, de transmission et de diffusion.

Le nombre d’analyses produit durant le programme a en conséquence atteint et dépassé les objectifs fixés. Au-delà de cette dynamique inhérente au CADTM, d’autres facteurs expliquent ces chiffres, parmi lesquelles la reconnaissance du CADTM par les organisations et médias sur le sujet de la dette publique, ou encore une conjoncture économique et sociale difficile, marquée par la reprise de la crise de la dette des pays du Sud dès 2015-2016, son accentuation et son élargissement avec le début d’une nouvelle crise financière fin 2019 et la crise multidimensionnelle marquée par la pandémie de Covid-19 à compter de 2020.

L’ensemble des thématiques ont pu être traitées de façon équilibrées au cours de ces années. Seules les thématiques 2 et 6 ont connu une légère baisse, ceci s’expliquant néanmoins logiquement, en raison de la fin de la campagne sur les fonds vautours d’une part, et sur la difficulté des mouvements sociaux à agir en période de Covid-19 d’autre part. Par ailleurs, la relative baisse du nombre total d’analyses à la fin du programme est la conséquence d’une révision de notre comptabilisation, retirant des rapports annuels les compte-rendu et communiqués de presse, souvent nombreux. Malgré cette non-comptabilisation, le CADTM continue de publier régulièrement sur son site internet ce type d’articles qui constituent pour lui un apport indispensable pour communiquer sur ses activités et maintenir un lien avec ses sympathisant·es.

Au cours du contrat-programme, le CADTM a également atteint voire dépassé l’objectif de deux études annuelles. Au nombre de quatorze, elles ont couvert l’ensemble des thématiques du CADTM (dettes publiques et privées, droit international et humain, alternatives et mouvements sociaux, santé, féminismes) tant dans les pays du Nord (Belgique, Grèce) que du Sud (Burkina Faso, Mexique, République démocratique du Congo). Conformément à notre ligne de force définie dans le contrat-programme, la diversification des auteur·ices s’est améliorée, tant en genre qu’en nombre. Plusieurs études ont également fait l’objet d’un travail de recherche et d’écriture collectif.

Les analyses du CADTM Belgique ont fait l’objet d’une couverture médiatique importante, tant dans la presse généraliste francophone (BBC Afrique, La Libre Belgique, L’Echo, Le Courrier, Le Monde, Le Monde diplomatique, Le Soir, L’Humanité, Libération, RCF, Sputnik News, TV5 Monde) qu’internationale (BBC, El Salto, Esquerda.net, Revista Mugica, The Hindu, TruthOUT). L’écho est également significatif auprès des asbl (Agir par la Culture, Associations 21, Association belgo-palestinienne, Atelier des droits sociaux, CNCD-11.11.11, Dialogue mondial pour le changement systémique), dans la presse alternative (Acrimed, A l’encontre, Ballast, Bastamag, Contretemps, CQFD, Fakir, Géographies en mouvement, Investig’action, K-lab, Kairos, Là-bas si j’y suis, L’Anticapitaliste, La Liberté, La Marseillaise, La Relève et la Peste, Le journal des activités sociales de l’énergie, Le vent se lève, Les amis du Monde diplomatique, Les économistes atterrés, Les Possibles, Mr. Mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
, multinationales.org, Politis, POUR, Rapports de Force, Sans transition, Socialter, solidaritéS, ZinTV
) et institutionnelle (Organisation des Nations unies).


Quelques productions marquantes du programme

Le CADTM a produit au cours de chacune des années de ce programme des analyses et des études visant à valoriser son travail en éducation permanente tout en s’inscrivant en parallèle de ses activités. Voici un aperçu de quelques productions écrites les plus significatives :

« Démystifier Alexandre Nahum Sack et la doctrine de la dette odieuse », Éric Toussaint, 13 février 2017 (également disponible en anglais et en espagnol) :

Cette étude consacrée à la doctrine de la dette odieuse Dette odieuse Selon la doctrine, pour qu’une dette soit odieuse, et donc nulle, elle doit remplir deux conditions :
1) Elle doit avoir été contractée contre les intérêts de la Nation, ou contre les intérêts du Peuple, ou contre les intérêts de l’État.
2) Les créanciers ne peuvent pas démontrer qu’ils ne pouvaient pas savoir que la dette avait été contractée contre les intérêts de la Nation.

Il faut souligner que selon la doctrine de la dette odieuse, la nature du régime ou du gouvernement qui la contracte n’est pas particulièrement importante, puisque ce qui compte, c’est l’utilisation qui est faite de cette dette. Si un gouvernement démocratique s’endette contre l’intérêt de la population, cette dette peut être qualifiée d’odieuse, si elle remplit également la deuxième condition. Par conséquent, contrairement à une version erronée de cette doctrine, la dette odieuse ne concerne pas seulement les régimes dictatoriaux.
(voir : Eric Toussaint, « La Dette odieuse selon Alexander Sack et selon le CADTM » ).

Le père de la doctrine de la dette odieuse, Alexander Nahum Sack, dit clairement que les dettes odieuses peuvent être attribuées à un gouvernement régulier. Sack considère qu’une dette régulièrement contractée par un gouvernement régulier peut être considérée comme incontestablement odieuse... si les deux critères ci-dessus sont remplis.

Il ajoute : « Ces deux points établis, c’est aux créanciers que reviendrait la charge de prouver que les fonds produits par lesdits emprunts avaient été en fait utilisés non pour des besoins odieux, nuisibles à la population de tout ou partie de l’État, mais pour des besoins généraux ou spéciaux de cet État, qui n’offrent pas un caractère odieux ».

Sack a défini un gouvernement régulier comme suit :
« On doit considérer comme gouvernement régulier le pouvoir suprême qui existe effectivement dans les limites d’un territoire déterminé. Que ce pouvoir soit monarchique (absolu ou limité) ou républicain ; qu’il procède de la « grâce de Dieu » ou de la « volonté du peuple » ; qu’il exprime la « volonté du peuple » ou non, du peuple entier ou seulement d’une partie de celui-ci ; qu’il ait été établi légalement ou non, etc., tout cela n’a pas d’importance pour le problème qui nous occupe. »

Donc, il n’y a pas de doute à avoir sur la position de Sack, tous les gouvernements réguliers, qu’ils soient despotiques ou démocratiques, sous différentes variantes, sont susceptibles de contracter des dettes odieuses.
est une version inédite et intégrale d’une analyse réalisée après des recherches commencées dès 2016 et plusieurs sessions d’autoformation en 2016 et 2017. Y ont contribué par des relectures et suggestions permanent·es et bénévoles du CADTM Belgique, du CADTM Belgique ainsi que chercheurs universitaires. Alexandre Nahum Sack, juriste russe ayant enseigné à Saint-Pétersbourg Paris, est considéré comme un des pères de la doctrine de la dette odieuse. Basée sur une série de jurisprudences, elle a fait couler beaucoup d’encre. Alors que le CADTM utilise la doctrine Sack depuis de nombreuses années, ce travail permet de l’actualiser et donner de nouveaux arguments au CADTM en faveur de l’abolition des dettes illégitimes et libérer les sommes nécessaires en faveur du développement des États et du respect des droits humains fondamentaux.

« La Belgique donnée en festin aux fonds vautours : Organisons la contre-attaque ! », CADTM Belgique, 23 février 2017 (également disponible en espagnol) :

Dans le cadre de la campagne contre les fonds vautours, le CADTM a produit une brochure format poche de 16 pages pour la mettre à disposition d’un public le plus large possible, brochure proposée en téléchargement et en commande gratuite via le site internet du CADTM. Grâce à un travail graphique et des apports bénévoles, cette publication a atteint l’objectif souhaité de clarté et d’accessibilité sur un sujet réputé technique. Elle visait à mettre en lumière le comportement des fonds vautours, de nombreux exemples concrets, des caricatures ainsi que l’enjeu autour de la défense de la loi belge votée à l’unanimité en 2015. Divers moyens d'actions étaient proposés en fin de brochure, un renvoi vers la pétition pour défendre et internationaliser la loi belge sur les fonds vautours ainsi qu’un exemplaire type de lettre d’interpellation à envoyer au gouvernement belge. Cette brochure a constitué un des meilleurs matériaux de la campagne pour la défense de la loi belge et son internationalisation et a contribué au maintien de la loi en Belgique.

« Des OMD aux ODD : Pourquoi les initiatives prises par l’ONU pour combattre la pauvreté restent vouées à l’échec ? », Emilie Paumard, 23 novembre 2018 :

Dans son ouvrage 65 questions / réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale paru en 2012, le CADTM a réalisé une analyse critique des Objectifs du millénaire pour le développement lancés par l’ONU en 2000. Remplacés en 2015 par les Objectifs pour le développement durable, Emilie Paumard s’attèle au même exercice dans cette analyse d’intérêt majeur pour les populations des pays du Sud. Si l’existence des ODD est louable, ils n’en restent pas moins insuffisants et inadaptés au regard des défis écologiques, sociaux et économiques contemporains. Sans jamais remettre en cause le système économique capitaliste, moteur des inégalités et de la destruction du vivant, les ODD sont voués à l’échec. Malgré leur manque d’ambition, les ODD ne seront pas atteints d’ici 2030, selon le calendrier qui devait être respecté.

« Livret pédagogique - Comprendre la dette grecque », CADTM Belgique et ZIN TV, 13 décembre 2018 :

Déjà avant le début de ce qui deviendra la « crise grecque » en 2010, le CADTM s’intéressait de près à la dette grecque et aux conséquences de son remboursement sur la population. Afin d’améliorer l’accessibilité des analyses du CADTM et de diversifier le résultat de ses recherches parues sous formes d’articles, de livre ou d’interview, le CADTM Belgique a réalisé en collaboration avec ZIN TV, les Productions du Pavé et les Films du Mouvement différentes vidéos. Capsules vidéos de 3-4 minutes, vidéo pédagogique de 10 minutes ou encore un moyen métrage ont été réalisé dans cette optique. Accompagnées de textes explicatifs, l’ensemble de ce travail multimédia a été rassemblé dans ce livret pédagogique « Comprendre la dette grecque ».

« Manifeste pour un nouvel internationalisme des peuples en Europe », CADTM Belgique, ReCommons Europe, 13 mai 2019 (également disponible en anglais, espagnol et portugais) :

Issue d’une collaboration entre chercheur·euses et militant·es provenant d’une douzaine de pays d’Europe et du projet « ReCommonsEurope » initié par le CADTM et EReNSEP, ce manifeste souhaitait contribuer aux débats stratégiques traversant les mouvements populaires progressistes en Europe. Soutenu par plus de 160 signataires, il propose une série de mesures qu’un gouvernement populaire arrivant au pouvoir dans un Etat européen pourrait mettre en place. Il développe des politiques en faveur d’une justice climatique et sociale faisant la promotion d’une participation active des citoyen·nes. Structuré en 9 chapitres, il propose des mesures concrètes à mettre en œuvre au niveau des banques, de la dette, du travail et des droits sociaux, de l’écologie, des droits des femmes, des LGBTI, des migrant·es, de la santé et de l’éducation, des politiques internationales ou encore sur l’auto-organisation des citoyen·nes et processus constituants visant à transformer les institutions en espace démocratique.

« 50 chiffres clés sur la dette et l’économie en Belgique », Jérémie Cravatte, 26 juillet 2019 :

Dans cette analyse, Jérémie Cravatte traite des sujets tels que l’évolution de la dette publique belge, la prépondérance du secteur bancaire privé, l’augmentation de la pauvreté, des inégalités ou encore de la transformation du marché de l’emploi En Belgique.

Accompagné d’un glossaire, d’illustrations graphiques et de toutes les références permettant à chacun·e de compléter et ou actualiser ces « 50 chiffres clés sur la dette et l’économie en Belgique », il constitue un très bon article de vulgarisation se voulant accessible à tou·tes.

« Les soins de santé en Belgique : De la privatisation à la socialisation ? », Gilles Grégoire, 9 juin 2020 : Dans cette étude, l’auteur dresse l’évolution des dépenses publiques en santé en Belgique à compter de 1995. Dans la seconde partie, il met en relief les dépenses de santé au regard du service de la dette Service de la dette Remboursements des intérêts et du capital emprunté. publique belge. Pour rembourser une dette publique toujours plus pesante, les gouvernements belges déploient un ensemble de politiques d’austérité, au détriment des classes populaires et au profit d’une minorité de personnes. L’auteur décrit alors comment d’un système de sécurité sociale basé sur la création de caisses de secours mutuels dès le XIXe siècle, nous sommes peu à peu passés vers un système contrôlé par l’Etat puis à voirun désengagement massif de celui-ci au profit du secteur privé. Après avoir démontré que les soins de santé sont structurellement sous-financés, la troisième et dernière partie développent une série de mesures à appliquer, tant dans le contexte de la crise sanitaire et sociale exacerbée par la Covid-19 qu’au sortir de la pandémie. Parmi les propositions, la nécessité de mettre en place un audit citoyen des comptes des hôpitaux et socialiser le secteur de la santé. L’étude a bénéficié des apports de « La santé en lutte », collectif rassemblant infirmièr·es, sages-femmes, brancardièr·es, aides soignant·es, médecins, personnel de la lingerie, de la restauration, de l’entretien ménager, technicien·nes, secrétaires, laborantin·es, ambulancièr·es, patient·es, et plus largement des citoyen·nes désireux·ses d’un système de santé basé sur l’humain plutôt que la rentabilité financière. L’étude a joué un rôle significatif dans l’action du CADTM en faveur des mobilisations sur la santé en 2020 et 2021.

« Dette, Coronavirus et Alternatives », CADTM, 2nd trimestre 2020 : Pour nombre d’institutions, gouvernements et médias, la pandémie de Covid-19 a servi de motif idéal pour justifier la mauvaise santé de l’économie mondiale. En réalité, le système global ne s’est jamais totalement rétabli de la crise financière qui a débuté en 2007-2008. Tous les indicateurs permettaient déjà d’affirmer que les niveaux insoutenables d’endettement privé et public mèneraient à l’éclatement de bulles financières et provoqueraient un nouveau choc économique. La pandémie a été l’élément déclencheur d’une crise multidimensionnelle en latence depuis plusieurs années. Pour le CADTM, il était indispensable de réagir au plus vite et de présenter son analyse de la présente crise. Relayant comme à son habitude un point de vue international de la situation, ce numéro de notre magazine issu de plusieurs réunions GNC, analyse l’éclatement de la bulle boursière en février-mars 2020 avant de brosser un portrait éclairant de ses conséquences aux quatre coins de la planète. La dernière partie laisse une large place aux différents appels et revendications du CADTM et des mouvements sociaux pour s’opposer au paiement de la dette dans de telles circonstances et faire prévoir les droits humains, dans le secteur de la santé en particulier.

« La farce de la « prise en compte du genre » : une grille de lecture féministe des politiques de la Banque mondiale », Camile Bruneau, 11 juin 2021 :

Dans cette étude, Camille Bruneau s’intéresse aux politiques de la Banque mondiale en prenant en compte les enjeux de genre, eux-mêmes imbriqués avec d’autres systèmes d’oppression et rapports sociaux inégalitaires. Si officiellement la Banque mondiale s’approprie « l’égalité de genre » en faisant presque de l’« empowerment » une obligation pour les pays débiteurs, la pratique révèle trop peu de véritable préoccupation pour cet enjeu. Cette étude poursuit deux objectifs. D’une part, démontrer comment ces « stratégies genrées » continuent d’asseoir la domination occidentale et, souvent, renforcent le patriarcat plutôt que de le combattre. D’autre part, il s’agit de donner quelques clefs d’analyse pour quiconque voulant s’intéresser aux Institutions financières internationales sans fermer les yeux sur des mécanismes d’oppression centraux.


Principales évolutions

La vulgarisation de nos productions

Déjà reconnu en la matière pour rendre aussi compréhensible que possible la thématique de la dette, réputée difficile et peu attrayante, le CADTM a continué à travailler à la vulgarisation de ses productions en s’appuyant sur le format numérique. Répondant ainsi à sa ligne de force du contrat-programme visant à valoriser les outils et supports pédagogiques.

Dans la même optique, des livrets pédagogiques au format de poche ont été réalisées.


Sur le site internet

Afin de mettre en avant le caractère d’éducation permanente de l’asbl, une nouvelle rubrique « ABC de la dette » a été créée sur la page d’accueil du site internet. Elle regroupe les textes essentiels à la compréhension des problématiques liées aux thématiques du CADTM, ainsi que les outils et vidéos pédagogiques développés par l’asbl. Au cours de son contrat-programme, le CADTM a ainsi réalisé 11 vidéos, sous la forme de court-métrage, sous forme de capsules d’animation courtes ou bien sous la forme de documentaire. L’ensemble de ces vidéos sont disponibles dans la rubrique « Vidéos pédagogiques ».

Les analyses du CADTM Belgique sont désormais regroupées dans une nouvelle sous-rubrique du même nom sous l’onglet « Publications ». Elles sont répertoriées par années et par thématiques.

Les études du CADTM Belgique sont également accessibles en un seul clic via la sous-rubrique du même nom incorporée dans l’onglet « Publications ».

Au plan technique, pour protéger les données de nos visiteur·euses et adapter l’affichage de notre site internet au support utilisé (ordinateur, tablette, gsm, etc.), le CADTM a appliqué la RGPD, rajouté le protocole « https» et fait évoluer son code en « responsive design ».
Ces différentes évolutions ont permis d’améliorer significativement les visites sur le site du CADTM et par la même d’améliorer la diffusion des productions de l’asbl. Ces bonnes statistiques attestent de la reconnaissance du CADTM comme référence sur la thématique de la dette et des alternatives. A titre comparatif, en 2021, le site du CADTM a reçu plus de 10 fois plus de visites qu’en 2008 et près de 2 fois plus qu’en 2014.

Graphique 1. Visites annuelles du site internet www.cadtm.org


Sur les réseaux sociaux

Le CADTM a continué de se développer sur ce vecteur essentiel à la diffusion de l’information en diversifiant ses canaux et moyens de diffusion. Le CADTM est ainsi présent à l’international et en Belgique sur Facebook. Il est également accessible sur Twitter et Instagram. Notons enfin la réalisation d’une chaine vidéo sur la plateforme Youtube. Comptant près de 20.000 abonné·es tous comptes cumulés, ces différentes plateformes sont utiles pour diffuser de l’information, réagir à l’actualité, rester en contact avec nos sympathisant·es, organiser et héberger des activités, et s’associer avec différents mouvements sociaux et asbl.


La réalisation d’activités en ligne

Si les différentes dispositions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19 sont une réelle contrainte pour la réalisation d’activités d’éducation permanente, le CADTM a répondu à cette situation en organisant de nombreux événements en ligne. Conférences, université et rencontres d’été, Lundis contre la dette, réunions d’autoformation, etc. ces différentes activités ont pu être maintenues dans une certaine mesure en s’appuyant sur différents supports de diffusion tels que Zoom, BigBlueButton, Facebook ou encore Youtube.
Ces évolutions complémentaires sur le site internet, sur les réseaux sociaux et sur les activités en ligne ont positivement répondu à la ligne de force du CADTM de ce contrat-programme ayant pour objectif de développer les canaux de diffusion de l’analyse du CADTM

 Évaluation de l'action réalisée dans le cadre du programme 2017-2021

Par public-cible

Le CADTM a mené de nombreuses activités, sous différentes formes et auprès d’un large éventail de public-cible lors du contrat-programme 2017-2021.

Entre les Universités et Rencontres d’été, les interventions lors de grandes conférences (en tant qu’invité), ou encore les interventions lors de mobilisations ou de festivals, ces activités démontrent la capacité de l’organisation à toucher un large public.

Grand public, milieu éducatif et la jeunesse, personnes précarisées, associations de sans-papiers et communautés issues de l’immigration, milieu du travail et les syndicats, secteurs de la santé et du logement, organisations féministes et LGBTQI+, mouvements sociaux et citoyens et décideur·euses politiques, le CADTM s’est adressé à tous ces différents types de publics lors des différentes activités décrites dans les sous-parties ci-dessus. En outre, lors de ce contrat-programme, le CADTM a multiplié les moyens d’accès à ses analyses et activités et s’est donné les moyens – comme annoncé dans le précédent rapport d’exécution – de toucher davantage des publics plus « populaires ».

Sur les années 2020-2021, les différentes mesures sanitaires prises par les autorités belges pour faire face à la pandémie de Covid-19 ont eu un impact significatif sur la bonne tenue des activités souhaitées par le CADTM et sur l’importance du public touché. Cependant, le format mixte présentiel/en ligne a permis de maintenir un lien avec le public qui, sinon, ce serait délité.


Le milieu éducatif et la jeunesse

Durant ce programme, le CADTM a réitéré ses interventions dans les universités (ULG, FUSL, ULB et UCL), dans les hautes écoles (Helmo Liège, ERG, Institut Cardijn - Ecole supérieure de Formation sociale, IPES Verviers, l’Indsé de Bastogne, Haute Ecole Francisco Ferrer de Bruxelles, et les école secondaire (école secondaire de Marcinelle, Athénée La Brise, Ecole Saint-André, Athénée Royale de Woluwé Saint Lambert), ce qui lui permet de toucher un public plus jeune et les personnes-relais précieuses que sont les professeurs. Ceux-ci expriment systématiquement une grande satisfaction quant au contenu et à la forme des animations et renouvellent systématiquement leur collaboration avec le CADTM.

A ces occasions, le CADTM a pu continuer à observer que les élèves de milieux plus « défavorisés » sont généralement parmi les plus réceptifs aux messages et aux informations qu’il apporte.

Les interventions en milieu scolaire sont particulièrement intéressantes puisqu’elles s’adressent à un public qui s’estime rarement concerné de prime abord et qui – souvent – rejette toute grille de lecture qui pourrait lui paraitre « politique ». La manière d’aborder les choses doit donc être continuellement adaptée afin de faire comprendre aux jeunes que développer un esprit critique et s’impliquer dans le devenir de leur société́ est de leur premier intérêt.

Au-delà̀ de ces interventions dans le milieu scolaire, le CADTM remarque que de nombreux·ses jeunes continuent à être touché·es par son approche et à venir vers lui spontanément lors d’animations de rue par exemple. Le CADTM s’attache alors à leur démontrer qu’ils ne sont pas seuls face à ce qu’ils pourraient identifier comme des échecs personnels (chômage, par exemple) et que le potentiel de l'action collective peut leur permettre de rentrer dans une dynamique positive, créative et solidaire.

Enfin, le CADTM a également collaboré avec des organisations de jeunesse et leurs publics (collectifs étudiants AlterKot et ConférenCesec, Act for Climate Justice, Students for Climate, et Youth for climate, Ecoloj, JOC, Projeunes) durant ce contrat-programme. Il a également participé aux manifestations aux côtés des jeunes mobilisés pour le climat et au rassemblement pour les études moins chères avec la FEF.


Les personnes défavorisées et les chômeurs

Durant ce contrat-programme, le CADTM a fortement renforcé son travail sur et envers les chômeurs ou les personnes défavorisées en général.

Son travail au sein de la plateforme ACiDe l’a amené́ à développer une expertise sur les questions de dépenses de chômage, de marché de l’emploi en Belgique, d’allocations familiales, de CPAS, de pensions, de répartition des richesses, de fraudes sociale et fiscale, etc. Cette expertise lui a permis de déconstruire de nombreux préjugés lors de ses différentes interventions. La réalisation de la brochure « 15 choses que vous devriez savoir sur la dette de Liège » lui a permis de faire des propositions concrètes pour sortir de l’austérité et augmenter le contrôle citoyen sur ces questions. Cela a donné lieu à un article dans le journal Le Soir et à des échanges avec les travailleurs du CPAS de Liège. La rédaction d’un « Cahier de revendications communes sur la dette et la nécessité d’un réel contrôle citoyen sur la finance au niveau européen » fut le dernier travail du groupe ACiDe qui a ensuite estimé, en 2019, qu’il était arrivé au bout de son activité.

Par ailleurs, le CADTM a touché́ des publics défavorisés en augmentant ses collaborations avec des organisations comme le CFS-ep de Bruxelles, le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, le collectif Riposte.cte, ou encore l’ADAS à Liège. Le CADTM a également participé à la journée de sensibilisation Tax Justice Day, organisée par le Réseau pour la justice fiscale (RJF). Le CADTM s’est aussi particulièrement investi auprès des Gilets jaunes de Belgique.

Notons enfin que, lors de ce programme tout comme dans les précédents contrats, le CADTM a continué́ d’appliquer des tarifs préférentiels, pour ses activités comme pour ses productions. Il propose aussi systématiquement de participer ou de prendre en charge les frais de transport des personnes en difficulté́ qui voudraient l’accompagner aux activités ou mobilisations qu’il propose hors de Liège.


Le milieu du travail et les syndicats

Les délégué·es et permanent·es syndicaux représentent des personnes relais importantes pour le CADTM et durant le contrat-programme 2017-2021 les demandes d’interventions de la part des syndicats ont fortement augmenté. L’expérience du CADTM en animations et formations, sa connaissance des mécanismes à l’œuvre dans les pays du Sud lors de la mise en place des « Plans d’ajustement structurel » (équivalents des programmes d’austérité) et, surtout, la reconnaissance de son expertise sur la question de la crise des dettes souveraines au Nord (et en Belgique en particulier), expliquent cet intérêt.

Il est ainsi intervenu auprès de différents syndicats (FGTB, Jeunes CSC, FUGEA, MOC, CEPAG, CNE, FAR, MOC Bruxelles). Au cours de ce programme, le CADTM est également intervenu dans les écoles de formation de délégué·es syndicaux de la FAR (Liège) et du CEPRé (La Louvière).

La lecture globale des mécanismes en cours au Sud comme au Nord continue de paraitre centrale afin d’aborder les phénomènes tels que la délocalisation, le pillage des ressources naturelles ou le dumping avec une approche internationaliste chère aux structures syndicales. Le CADTM a également remarqué que son intervention est utile pour faire avancer la conscientisation sur des questions qui posent souvent problème en milieu syndical – mais que le CADTM a l’habitude de manipuler puisqu’elles font partie de ses thématiques – comme le sexisme, la question migratoire, les chômeur·euses ou encore l’écologie.

Enfin, les membres du CADTM Belgique ont participé́ aux différents plans d’action (manifestations nationales et grèves) lancés par les syndicats.


Le milieu associatif et les mouvements sociaux

Pour le CADTM, les collaborations avec le milieu associatif et les mouvements sociaux font partie de la nature même de son action, comme en témoigne la place de celles-ci dans sa vision stratégique. Elles permettent de renforcer la prise en compte de son analyse par d’autres organisations et, de manière générale, de renforcer des mouvements qui œuvrent dans le sens de ses objectifs.

Durant le contrat-programme 2017-2021, le CADTM a multiplié les collaborations avec différents mouvements et collectifs de citoyen·nes sur les enjeux féministes, écologistes, de précarité, ainsi que les enjeux anti-racistes et décoloniaux, sur la santé et le logement. Il a ainsi collaboré notamment avec Bruxelles Action logement Bruxelles en Belgique et Housing Day au niveau européen sur la question du logement, avec les collectifs Grec·ques solidaires de Belgique et en Europe sur la progression du parti Aube Dorée en Grèce, et plus largement sur la montée des mouvements réactionnaires en Europe. Il a également collaboré avec la Santé en Lutte et Still Standing for Culture sur la question de la santé, de l’impact de la pandémie sur ce secteur et plus largement sur les secteurs professionnels en première ligne au cours de cette crise. Le CADTM a également collaboré avec Extinction Rebellion et les Gilets jaunes ou encore en faveur de la défense de la liberté d’expression et d’opinion et pour la libération des deux journalistes marocain Omar Radi et Soulaiman Raissouni injustement jugé et emprisonné au Maroc avec le soutien de la diaspora marocaine en Belgique.

Le CADTM est une des seules organisations reconnues en Belgique qui travaille sur le thème de la dette. Son assise internationale et sa participation active dans le mouvement altermondialiste en font ainsi une référence pour de nombreuses organisations. Il a d’ailleurs été́ sollicité pour la création de chacune des plateformes de convergence suivantes : la campagne Bye Bye Tina, coorganisée avec de nombreux autres collectifs (Réseau Ades, des collectifs d’artistes comme Désorceler la Finance, le MOC, le collectif Krasnyi, Zin TV, Financité, etc.) et des citoyens indépendants ; la plateforme « Belfius est à nous” ou encore le large mouvement citoyen d’opposition à la signature du CETA, traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne, au sein de D19-20 et de l’initiative européenne Stop TTIP & CETA. C’est très logiquement que le CADTM a participé à la chaîne humaine Chain-Reaction-Tihange qui a réuni plus de 50.000 personnes entre Tihange et Aix-la-Chapelle en Allemagne en juin 2017.

Finalement, le CADTM a également maintenu un nombre important de collaborations avec des partenaires associatifs, de manière ponctuelle ou sur le long terme, à l’image du travail mené avec le Groupe de travail national sur la dette qui regroupe Entraide et Fraternité, le CNCD-11.11.11, 11.11.11 et Oxfam Belgique depuis 2019. Il a également participé à divers villages associatifs comme ceux d’Esperanzah ! et son pendant associatif « Le Village des possibles ».


Les associations de sans-papiers et les communautés issues de l’immigration

Durant ce contrat-programme, le CADTM est resté solidaire de la lutte des migrants, avec ou sans papiers, et soucieux de déconstruire un maximum de préjugés qui ont la vie dure en temps de crise.

Lors de ses animations et autres types d’interventions, le CADTM a en effet utilisé son expertise sur les relations Nord/Sud, sur les flux migratoires Sud/Sud ou encore sur l’aide publique au développement et la dette pour questionner les causes des migrations. Des ateliers sur ces questions ont été organisés à chaque Université ou Rencontre d’été, avec des personnes ressources et/ou directement concernées. En 2021, le CADTM a consacré sa revue Les Autres voix de la planète sur les liens entre les dettes et les migrations et a mené une exposition qui a voyagé dans plusieurs lieux en Belgique sur le même sujet.

Le CADTM a par ailleurs déployé son travail sur la question des dettes coloniales et des réparations alors que les travaux de la Commission parlementaire belge sur le passé colonial ouvrait ses travaux. Le CADTM a dans ce cadre remis un dossier à l’attention de ladite commission, organisé un comptoir de la dette avec Aymar Bisoka professeur à l’Université de Mons, Eline Mestdagh historienne à l’université de Gand, sur le sujet avec pour objectif de faire vivre la campagne de pétition pour l’annulation de la dette publique de la République démocratique du Congo (RDC – www.annulerladette.be) lancée par Entraide & Fraternité (E&F) et appuyée par le CADTM avec la rédaction d’un dossier « Généalogie de la dette en RDC » et la participation à la réalisation de la vidéo pédagogique « L’histoire de la dette en RDC ». Tout cela dans l’objectif de faire le lien entre l’histoire coloniale du Congo, les conditions de vie actuelles des populations et le nécessaire devoir de reconnaissance des crimes commis en vue de procéder à des réparations.


Les organisations féministes

Les collaborations et projets collectifs du CADTM avec des organisations féministes se sont fortement développés durant le contrat-programme 2017-2021 et ont donné lieu à des applications concrètes permettant aux analyses et à l’argumentaire développés par le CADTM de toucher un public féminin et féministe.

Il a également veillé à aborder les luttes dans une approche intersectionnelle en intégrant les enjeux des personnes LGBTQI+, racisés et/ou victimes d’autres formes d’oppression. Le CADTM a collaboré avec de nombreuses organisations féministes telles que le Collecti·e·f 8 maars, Afrofeminism in Progress, Imazi Reine, Maison arc-en-ciel de Liège, Le Monde selon les femmes, le Collectif Et Ta Sœur ? la Marche mondiale des femmes (07/11), Vie Féminine, etc.

Le CADTM a organisé des rencontres avec des figures importantes de ces enjeux, notamment Françoise Vergès, Veronica Gago et Luci Cavallero ou encore Silvia Federici qui ont préfacé le livre du CADTM Nos vies valent plus que leurs crédits qui est paru aux éditions Le Passager Clandestin en 2022 suite à un important travail d’analyse consistant à mettre en exergue les liens entre dettes et féminismes, réalisé par Camille Bruneau et Christine Vanden Daelen avec le soutien des membres du CADTM. Le CADTM peut ainsi présenter au public belge et plus largement francophone, une analyse non exhaustive mais néanmoins très complète des effets des dettes sur les femmes.

Par ailleurs, dans la nouvelle édition du livre Banque mondiale, une histoire critique, Éric Toussaint y donne place à Camille Bruneau qui a rédigé un chapitre entier sur les effets des politiques de la Banque Mondiale sur les femmes. Des analyses plus ponctuelles, des débats et des conférences ont également été organisées sur la thématique transversale genre, tant par le CADTM que par ses structures continentales. Le dernier AVP (Autre Voix de la Planète) la revue semestrielle du CADTM, aborde également cette thématique. L’enjeux féministe reste donc de taille pour le CADTM.


Perspectives générales concernant le public :

Le CADTM veut continuer à travailler pour rendre encore plus accessibles ses productions en fonction des publics cibles. Suite à la présente évaluation de l'action réalisée dans le cadre du contrat-programme 2017-2021 concernant le public cible du CADTM et pour toucher un maximum de personnes cible telles que décrites ci-dessus, le CADTM continuera de varier les formats de ses activités afin que chacun, en fonction de ses connaissances, de ses sensibilités et de ses usages trouve l’information, la comprenne et s’en empare.

C’est dans ce sens que le CADTM souhaite proposer une diversité́ de formats de formations et d’ateliers de manière proactive. Pour le programme 2024-2027, le CADTM envisage également d’organiser des formations en coordination avec les organisations suivantes : le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP), l’Ecole des solidarités (CEPAG), l’asbl Euclides, la Ligue des travailleuses domestiques (CSC), le Centre d’Education Populaire André Genot (CEPAG), la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB), le Centre national de coopération au développement (CNCD) et le Centre d’Education Populaire Régional (CEPRé) qui lui permettront de toucher divers publics spécifiques : les personnes défavorisées et les chômeur·euses, le milieu du travail et les syndicats, le milieu associatif, les associations de sans-papiers et les communautés issues de l’immigration ainsi que les organisations de femmes. Cela est largement expliqué au point 2.3 ci-dessous.


Les moyens d’accessibilité́

  • Réalisation d’analyses plus accessibles

Le CADTM a produit un grand nombre d’analyses (428 au total, disponibles sur https://www.cadtm.org/Analyses) et 14 études entre 2017 et 2021 (https://www.cadtm.org/Etudes).

Les analyses sont dans un format plus réduit et plus accessible, avec une diversité de formats qui permet d’atteindre plus facilement un public plus large. En ce qui concerne les études, nous pensons les avoir adaptées et avoir fait des progrès considérables en termes d’accessibilité. Cependant, nous restons conscients de la nécessité de donner une continuité à ce travail d’amélioration pour rendre nos études plus attrayantes et accessibles à un public plus large.

À titre d’exemple, voici 3 études qui ont été largement diffusées et dont le format et la production les ont rendues plus accessibles au grand public, avec une grande popularité, tant sur le site web, qu’en format papier :

  1. Cahier de revendications communes : Sur la dette et la nécessité d’un réel contrôle citoyen sur la finance au niveau européen : https://www.cadtm.org/Cahier-de-revendications-communes-Sur-la-dette-et-la-necessite-d-un-reel
  2. Les soins de santé en Belgique : De la privatisation à la socialisation ? : https://www.cadtm.org/Les-soins-de-sante-en-Belgique-De-la-privatisation-a-la-socialisation-18619
  3. La farce de la « prise en compte du genre » : une grille de lecture féministe des politiques de la Banque mondiale https://www.cadtm.org/La-farce-de-la-prise-en-compte-du-genre-une-grille-de-lecture-feministe-des-19943

Un signe de l’accessibilité croissante des analyses du CADTM est qu’elles sont relayées dans la presse, multipliant ainsi le nombre de personnes que nous touchons. Au cours du programme 2017 - 2021, il y a eu un total de 22 apparitions dans les médias généralistes belges.

  • Diversification des outils et supports

La multiplication et la diversification des outils et supports pédagogiques du CADTM ont été opérées dans le but évident de toucher un public encore plus large. Il n’y a pas un seul format qui permette de toucher tous les publics, il faut donc les diversifier et les adapter en fonction du public.

Tous nos outils pédagogiques sont disponibles sur le web, afin que vous puissiez apprécier la diversité des formats et des supports que le CADTM déploie dans le contexte de l’éducation permanente : https://www.cadtm.org/Outils-pedagogiques

Les médias audiovisuels sont des outils nécessaires pour atteindre un large spectre de publics cibles, c’est pourquoi nous avons accordé une attention particulière au développement de cette partie, tant par la production de vidéos et des audios, que par l’alimentation du site web et des réseaux sociaux à travers le partage des images de nos activités :

Un bon exemple des vidéos pédagogiques élaborés par le CADTM dans le but de faire connaître des questions complexes à un public plus large est la vidéo « SYSTËM DËTT - Devenez un riche créancier ! » produite en collaboration avec ZIN TV et Entraide et fraternité. Cette vidéo, sous-titrée en 4 langues (FR, NDLS, EN, ES), propose une explication du « système dette » sous la forme d’un tutoriel « Ikea » (une logique connue de beaucoup de gens, car c’est un magasin de meubles très populaire où de nombreuses personnes font leurs achats) qu’avec un ton plutôt cynique (également dans le but de le rendre plus drôle et plus attrayant, un ton moins sérieux pour toucher un public plus large) s’adresse aux détenteurs de capitaux qui profitent de cette mécanique d’accaparement des richesses. La vidéo a été diffusée sur le site web du CADTM et les réseaux sociaux où elle accumule plus de 4 000 reproductions :

En mars 2021, encore avec les restrictions liées au covid, le CADTM a organisé avec ZINTV et Entraide et fraternité, une première en ligne de la vidéo où après la vision du film un « vidéo forum » et discussion autour du Système dette a eu lieu.

Cette activité en ligne, qui a accumulé plus de 2 000 vues sur Facebook, a été réalisée dans le but de toucher un grand public malgré les restrictions, et elle a atteint son objectif.

En ce qui concerne cette diversification des outils et des supports, nous tenons à souligner la mise en œuvre de nouveaux formats, avec des résultats tout à fait remarquables, comme c’est le cas pour l’exposition « Dettes et Migrations », portée par des militant·es du CADTM Belgique. L’exposition a été inaugurée dans le cadre de la Journée internationale des personnes migrantes du 18 décembre 2020 avec l’objectif de rendre visible les mécanismes de la dette et plus particulièrement les liens avec les migrations. L’exposition a été accessible à l’église du Béguinage (Place du Béguinage 2062, 1000 Bruxelles) entre le 10 décembre 2020 et le 31 janvier 2021, puis elle a été exposée à Liège et a également été exposée dans d’autres espaces.
https://www.cadtm.org/Exposition-Dettes-et-Migrations

Un autre format que nous aimerions mettre en avant dans cette rubrique est celui des ciné-débats, mélange d’un format audiovisuel et d’un format plus classique de débat ou de table ronde, mais qui génère un espace d’échange et de débat qui fonctionne très bien pour les sujets que nous traitons au CADTM et qui sert vraiment à les rapprocher d’un large public.
https://www.cadtm.org/Aube-doree-l-affaire-de-tous-d-Angelique-Kourounis

  • Réalisation d’activités plus accessibles

Le CADTM a diversifié et amélioré la manière dont il rend ses activités plus accessibles dans le cadre de l’élaboration du programme 2017-2021. Tout d’abord, préciser que les activités de formation du CADTM sont ouvertes tant aux personnes qui découvrent la question des dettes qu’aux personnes qui ont déjà des notions concernant la question traitée.

En tout cas, la réalisation de ce programme 2017-2021 a été fortement marquée par la pandémie qui a eu un fort impact sur le développement et la mise en place des activités du CADTM, la principale alternative pour maintenir un niveau minimum d’activité a été de réaliser des activités par vidéoconférence, à travers toute une variété d’outils et d’applications en ligne.

Comme annoncé dans le précédent plan quinquennal, et afin de rendre ses activités plus accessibles aux personnes qui ne peuvent pas se déplacer ou y participer en présentielle, les LCD (Lundis contre la dette) ont été enregistrés (audio et/ou vidéo) et publiés à la fois sur le site web et sur les réseaux sociaux. Cela permet d’archiver le contenu de cette activité riche et diverse. Tous les liens se trouvent dans la section consacrée aux Lundis contre la dette - LCD, dans le rapport annuel 2021. Finalement, le format de cette activité a été transformé en une activité purement en ligne, par vidéoconférence, en raison des restrictions liées à la pandémie pendant la dernière partie de la réalisation de ce programme.

Nous avons également :

Tant sur la page Facebook du CADTM que sur la chaîne YouTube du CADTM, les activités sont aussi diffusées en streaming à certaines occasions.

Le CADTM a créé une rubrique sur le site web pour archiver et mettre à disposition du grand public des vidéos éducatives : https://www.cadtm.org/Videos-pedagogiques avec une approche beaucoup plus proche et un contenu vulgarisé adapté.

L’université d’été et les réunions d’automne du CADTM ont été organisées chaque année pendant la mise en œuvre de ce programme. Ces activités ont également été adaptées, entre 2017 et 2021, en intégrant de nouveaux formats et de nouvelles façons d’atteindre les gens, en s’adaptant au contexte de la crise sanitaire. Le CADTM a mis en place un format (à partir de 2020) mixte (en présentielle et en virtuel en même temps) et/ou via le streaming, pour la rendre plus accessible.
https://cadtm.org/Universites-d-ete-Rencontres-d-ete-du-CADTM-Europe

  • Application de tarifs préférentiels

Dans les rares cas où l’activité organisée par le CADTM est payante, des tarifs différenciés sont appliqués en fonction des moyens disponibles des participants et à leur discrétion et il y a toujours l’option du prix libre. Par exemple, la communication des Rencontres d’automne 2020 - Continuons les combats ! : « Prix : Prix libre / Prix recommandé 10€ / Prix de soutien 20€ »

Il est systématiquement spécifié que les frais d’inscription ne doivent aucunement empêcher la participation de qui que ce soit et, souvent, cela a permis à des personnes de contacter l’organisation pour demander un prix encore moins élevé – voire la gratuité.

Le CADTM a fait en sorte de mettre cette information plus en évidence dans la communication de ses événements.

Suivant le même objectif d’accessibilité pour tous et toutes à ses activités, le CADTM a commencé lors de ce programme à organiser des garderies (selon les besoins) afin de donner l’opportunité aux parents, en particulier aux femmes, de participer pleinement.

  • Diversification des lieux d’intervention

Comme indiqué dans les contrat-programme précédents le CADTM a tenté de diversifier encore ses lieux d’intervention durant le contrat-programme 2017-2021 : animations en rue, interventions dans les maisons de jeunes, les centres sociaux occupés, les comités de quartier, les librairies, les maisons médicales, etc. Malheureusement, toutes ces initiatives ont été interrompues en raison des restrictions dues à la crise sanitaire.

La diversification des espaces d’intervention a été fortement marquée par la possibilité, ou non, d’organiser des activités par vidéoconférence. Quoi qu’il en soit, avant et après la crise sanitaire le CADTM a mené ses activités dans différents espaces et formats : librairies, syndicats, lycées, etc., pour poursuivre l’objectif d’atteindre des publics différents et variés.

  • Amélioration du site Internet, des bulletins d’information, de la revue et utilisation des réseaux sociaux

Ces aspects qui ont amené à toucher un public plus large et à ce que les analyses du CADTM soient lues, commentées et partagées davantage sont décrites dans le point 3 de la première partie.

  • Amélioration des listes de contact et utilisation des relais

Le CADTM met toujours à disposition des feuilles de contact pour permettre aux personnes intéressées de s’inscrire à nos listes de diffusion.

Le CADTM utilise aussi différentes listes email pour informer et rester en contact avec les sympathisant·es, bénévoles et militant·es du CADTM Belgique, tout en limitant le nombre de mails envoyés.

1- belgique-cadtm chez cadtm.org, liste de diffusion du bulletin mensuel d’activités (8920 abonné·es) ;
2- cadtm-liege chez cadtm.org, liste de diffusion auprès des militant·es proches du CADTM à Liège, (84 abonné·es) ;
3- cadtmliege chez cadtm.org, liste de diffusion large d’informations du CADTM à Liège, (645 abonné·es) ;
4- cadtm-bruxelles chez cadtm.org, liste de diffusion auprès des militant·es proches du CADTM à Bruxelles (143 abonné·es) ;
5- bruxelles chez cadtm.org, liste de diffusion large d’informations du CADTM à Bruxelles (468 abonné·es).

Le CADTM a aussi augmenté durant ce programme ses sollicitations envers des relais (organisations, personnalités connues, etc.) pour diffuser certaines de ses productions ou activités. Rappelons également qu’il publie ses événements sur de nombreux agendas en ligne (Quefaire.be, Netevents.be, Démosphère, Indymedia, Agenda Solidaire, etc.) et diffuse toujours leur annonce par flyers et affiches.


Perspectives concernant les moyens d’accessibilité :

Le CADTM veut continuer à travailler pour rendre encore plus accessibles ses productions en fonction des publics cibles. À cet égard, le CADTM prévoit de s’améliorer dans les directions suivantes :

En ce qui concerne les analyses, études, revues et livres produits par le CADTM. Bien que la plupart sont déjà disponibles sur notre site web, l’objectif est de numériser toutes les productions écrites en les adaptant à une variété de formats numériques accessibles (ePUB, PDF, TXT ou RTF) et compatibles avec différents supports de lecture électronique (Ereaders). D’une part, cela les rend plus accessibles sans besoin de document sur papier et, d’autre part, c’est plus écologique dans la mesure où il n’est pas nécessaire de les imprimer en très grand nombre pour toucher un plus grand nombre de personnes.

Par rapport à la vulgarisation des contenus et la diversité des formats. Afin d’atteindre encore plus de personnes, nous voulons continuer dans cette ligne de production audiovisuelle et audio de contenu vulgarisé qui rapproche la thématique de la dette au grand public et qui, à son tour, peut être répliqué, reproduit et réutilisé. Dans ce sens, l’objectif serait que ces matériaux soient largement diffusés de 3 manières fondamentales :

  1. sur les canaux de communication en ligne du CADTM (site web, profils de médias sociaux, etc.) ;
  2. dans les cours et activités de formation pédagogique ou autre type d’activités auxquels le CADTM participe et ;
  3. en les relayant envers des associations, collectifs, partis politiques, Universités, sympathisants, etc. Les différents formats numériques (surtout la vidéo) permettent d’adapter facilement le contenu à différentes langues (dans ce cas, par le biais de sous-titres, par exemple), de sorte que la capacité de diffusion est multipliée.

En ce qui concerne la diversité des formats, au-delà des productions audiovisuelles elles-mêmes, la possibilité d’enregistrer (audio et/ou vidéo) et de mettre à disposition en ligne les activités en présentielle (tables rondes, présentations, conférences, rencontres, etc.), ainsi que de les rendre hybrides (présentielles et virtuelles – streaming - en même temps), multiplie également l’accessibilité autant en direct (pour toutes les personnes qui ne peuvent pas se déplacer ) ou en différé, pour celles qui ne peuvent pas assister à l’activité au moment où elle se déroule. Donc, on continuera à enregistrer et relayer en ligne nos activités en présentiel. Le CADTM continuera à alimenter les différentes rubriques (https://www.cadtm.org/Multimedia) sur site web avec tous les différents formats multimédias des productions du CADTM et, parallèlement, nous continuerons à les diffuser sur d’autres espaces internet tels que les réseaux sociaux.

Une bonne pratique pour la vulgarisation et rendre le contenu plus accessible consiste à le faire développer par les publics cibles eux-mêmes. En ce sens, l’une des propositions du CADTM pour améliorer la participation vise également à améliorer l’accessibilité et la vulgarisation du contenu de ses productions. L’objectif par ces ateliers est d’aborder l’une des lignes de force et de créer un contenu communicatif (principalement sous forme audiovisuel) créé par les participant.es de chaque atelier, afin de pouvoir relayer et diffuser ce contenu et le rendre plus attirant et accessible au grand public.


Les moyens de participation

Au-delà d’un nécessaire travail constructif d’information, de conscientisation et d’analyse critique, le CADTM poursuit l’objectif de faire vivre l’éducation permanente en incitant les citoyen·nes à entrer dans une dynamique d’échanges, d’autoformation, d’auto-organisation et d’action. Bien que fragile, ce lien étroit que le CADTM opère entre conscientisation, formation et mobilisation est central dans sa stratégie. Ainsi, des personnes sensibilisées aux revendications du CADTM à la suite de leur participation à ses activités et/ou à la suite de la lecture ou du visionnage de ses analyses deviennent ensuite des acteurs du changement.

Ces deux dernières années 2020 et 2021 cependant, le contexte n’a pas été favorable au plein déploiement des activités d’Éducation permanente du fait des mesures sanitaires prises par le CODECO pour endiguer la pandémie. Ces mesures ont impacté douloureusement la mise en œuvre de nos activités dont certaines ont dû être annulées et/ou se dérouler en ligne. Depuis, la participation aux activités du CADTM Belgique reste plus faible qu’auparavant. Nous avons pu identifier quelques éléments d’explication à cette tendance, en plus de l’explication conjoncturelle du contexte pandémique.

Jusqu’à présent, nous planifions les activités de manière réactive (sur la base de la demande d’activité concrète) plutôt que de manière proactive (en fonction d’une stratégie définie et d’une planification préalable en fonction de ce que le CADTM veut faire). Cela crée 2 problèmes qu’on a identifiés :

  • un manque d’organisation du temps, de planification et de répartition des heures de travail (ce qui rend la situation plus stressante pour ceux.celles qui sont en charge des activités) ;
  • un impact important sur la base sociale du CADTM en Belgique, qui est moins alimentée qu’auparavant par de nouvelles recrues. En effet, et ce, de manière générale dans le champ associatif militant, le public militant actuel est épuisé.

Partant de ces constats, le CADTM souhaite mettre en place une stratégie de planification proactive de ses activités.

En dépit de ce contexte marqué par la pandémie sur la fin du contrat programme, le CADTM a néanmoins continué par son action de faire participer ses publics-cibles, de stimuler et accompagner leur réflexion critique, et de les former durant son contrat-programme 2017-2021. Cette participation de ses publics-cibles s’est autant concrétisée par leur appropriation active de ses analyses durant les activités que, pour certains, par l’implication dans la conception de son action.

  • Appropriation active de l’analyse du CADTM

Comme annoncé dans le précédent contrat-programme, le CADTM a de plus en plus privilégié́ des formes interactives de présentation de son analyse. Il a fait attention, durant ce programme, à libérer un maximum de temps lors de ses activités propres pour les discussions et l’expression des participants et ce, sous la forme d’échanges avec le public lors des conférences. Enfin, et surtout, il a mis au point de nombreux outils pédagogiques qui nécessitent la participation pleine et active du public (comme par exemple « La ligne du temps », l’outil « budget » ou encore le « Sudestan »).

Les LCD constituent un espace privilégié́ de ce programme pour l’appropriation active de l’analyse du CADTM. Celle-ci y est déclinée selon l’actualité́ dans un format court et le plus souvent interactif, suivi d’une discussion ouverte. L’appropriation active de l’analyse du CADTM se déroule également dans les espaces d’autoformation qui se sont multipliés lors de ce programme (mis à part sur les deux dernières années impactées par les mesures gouvernementales de la CODECO pour répondre à la crise sanitaire). Il s’agit, entre autres, des GNC où des enjeux spécifiques (comme, par exemple, le rôle de l’audit citoyen en Belgique ou encore les réponses du CADTM à la crise économique) sont débattus.

Les réunions des groupes locaux ont également été des lieux d’autoformation et de participation. A titre d’exemple, le CADTM Liège a organisé en janvier 2019 avec pour but de rassembler les bénévoles liégeoi·ses afin d’évaluer collectivement leur implication et leurs attentes quant aux activités du CADTM Belgique. Jusqu’en 2021, le groupe de Bruxelles s’est également réuni, ce qui a abouti à la mise en place d’une exposition “Dettes et migrations” qui s’est tenue à l’église du béguinage en janvier 2021. Les bénévoles impliqué.es dans cette exposition ont également contribué au numéro de l’AVP sur les dettes et les migrations. Ces groupes locaux permettent aux personnes impliquées de devenir actrices et non plus seulement participantes.

Cependant, comme déjà mentionné, le contexte de l’année 2021 n’a pas été favorable au plein déploiement des activités d’Éducation permanente par les mesures sanitaires prises par le CODECO pour endiguer la pandémie. Ces mesures ont impacté douloureusement les besoins de réunions, d’associations, de contacts humains, chaleureux et informels, qui, pourtant, irriguent le secteur de l’éducation permanente et plus largement notre société démocratique. Le caractère persistant de la crise en 2021 a provoqué une certaine démobilisation sur le long terme ce qui explique l’essoufflement et la disparition des groupes Liège et Bruxelles à proprement parlé. Malgré cela, autour du CADTM continuent de “graviter” des militant.es avec lesquels le CADTM continue de faire « éducation permanente », même si c’est dans le cadre de projets portés par moins de personnes en même temps.

  • Participation au travail d’éducation permanente du CADTM

Le CADTM a continué durant ce programme à impliquer le maximum de personnes dans la conception, la préparation, la réalisation et l’évaluation de ses activités.

Les exemples les plus forts de ce programme sont peut-être le festival Esperanzah, porté majoritairement par des bénévoles, l’implication dans l’Université et les Rencontres d’été ou encore les week-end de formation à l’animation des outils pédagogiques organisés. Une participation clé du public visé au travail d’éducation permanente du CADTM lors de ce programme est le maintien des week-ends pédagogiques portés en partie par des bénévoles.

Le CADTM a également accompagné de nombreux participants durant ce programme afin de les encourager à préparer et présenter des exposés durant les cycles de formation, les réunions, les manifestations, etc. Pour ne citer qu’un exemple, un militant du CADTM Bruxelles a animé un Lundi contre la dette en ligne sur le lien entre dettes et migrations le 05/10/21.

De la même manière, le CADTM a accompagné et encouragé de nombreux bénévoles à faire des recherches et élaborer des analyses sur des thématiques qui leur tenaient à cœur. Rien qu’en 2021, un stagiaire du CADTM Belgique a réalisé une série de six articles sur les mécanismes du système dette et ses effets, notamment en Amérique Latine, tandis qu’un autre a réalisé, en collaboration avec le journal POUR, deux vidéos d’entretien  : Affaire Mawda en Belgique : mettre fin aux violences d’État et Bruxelles ville coloniale. Un dernier a corédigé une étude avec un permanent, résumant l’étude « Les soins de santé en Belgique – De la privatisation à la socialisation ». Loin de passer inaperçu, l’étude a suscité l’intérêt de différents médias parmi lesquels Ballast. Notons encore que la fin de la campagne sur les fonds vautours, portée par des membres bénévoles du CADTM a rencontré un large écho médiatique.

Enfin, et comme prévu par le précédent contrat-programme, le CADTM a amélioré les possibilités d’implication en son sein :

  • Le CADTM continue de diffuser une brochure spécifique qui présente l’organisation et ses activités et explique les différentes possibilités pour s’y impliquer ;
  • Une feuille de contact continue d’être distribuée et un mail spécifique est envoyé aux personnes qui l’ont demandé ;
  • A partir de la fin 2021, le CADTM a adapté la composition de ses organes de gouvernance en fonctionnant en équipe qui réunit les membres du CA, les salarié·es et des bénévoles ;
  • Une mailinglist pour les bénévoles du CADTM de Belgique francophone a été créée et a permis de communiquer toutes sortes d’informations utiles (internes ou externes), de demander ponctuellement de l’aide ou de se coordonner pour certains événements.


Perspectives concernant les moyens de participation :

  • Il a été décidé d’augmenter le nombre d’autoformations, au sein desquelles les bénévoles et permanents sont mis sur un pied d’égalité dans l’apprentissage d’une question concrète, lors du contrat-programme 2024-2027. Cela a déjà été mis en œuvre en 2022 avec un programme de formation sur différentes thématiques auquel participent une quinzaine de personnes. Ces autoformations prennent la forme de points courts (d’une heure et demie ou deux heures) en fin d’après- midi/début de soirée ;
  • Si le précédent programme a permis d’augmenter l’implication de bénévoles dans la production d’analyses ou la conception d’activités grâce au temps libéré pour leur accompagnement, le CADTM continuera d’œuvrer pour le renforcement de cette tendance lors du contrat- programme 2024-2027.


Les procédures d’évaluation

La capacité d’auto-critique du CADTM et sa réflexion permanente et collective sur ses pratiques sont saluées par ses publics-cibles. Les évaluations (internes comme externes) sont utilisées par le CADTM pour adapter, faire évoluer et planifier l’ensemble de son action. Cependant, les différentes mesures sanitaires prises par les autorités belges pour faire face à la pandémie de Covid-19 en 2020 et 2021 ont eu un impact significatif sur l’ensemble du processus de réalisation de ses activités avec ses bénévoles, tant dans son exécution que dans la possibilité de maintenir in situ des réunions d’élaboration et d’évaluation.

  • Évaluations internes

Fidèle à nos engagements dans le précédent contrat-programme, un processus d’évaluation interne est mené́ au sein de différents espaces. Chaque activité́ fait l’objet d’une réunion bilan ou d’un point spécifique lors d’une réunion. Les conclusions retirées de ce bilan sont notées et réutilisées dans la préparation et la réalisation des activités futures.

Les activités conséquentes (d’une ou plusieurs journées) font en plus l’objet d’évaluations orales et collectives in situ avec les participant-es. Elles sont un complément essentiel aux évaluations écrites individuelles (voir ci-dessous). Dans ce cas-là̀, l’équipe du CADTM intervient un minimum et, de nouveau, des notes sont prises pour servir dans les activités futures.

Des réunions semestrielles de l’équipe et des bénévoles qui veulent participer permettent également d’évaluer le travail du CADTM en cours d’année. Chaque personne prépare une évaluation écrite qui sert ensuite de base de discussion. Ces réunions permettent à chaque fois de rectifier le tir sur certains points et de reprioriser l'action du CADTM. C’est, par exemple, lors de l’une de ces réunions qu’il a été́ décidé́ de créer un comité́ éditorial pour la publication d’articles sur le site Internet. Soulignons que le CA a été́ particulièrement sollicité durant ce programme, entre autres par sa participation aux réunions semestrielles.

  • Évaluations externe

Le processus d’évaluation externe se fait via différents supports et fournit des recommandations dont le CADTM tient compte pour améliorer son action.

Des rapports externes élaborés par des personnes ressources sont publiés sur le site Internet. Voir : https://cadtm.org/Evaluation-du-CADTM. On peut citer l’importante évaluation réalisée durant ce contrat programme, commandée par le CADTM à Marcela dela Pena sur la prise en compte du genre et de l’environnement au sein du CADTM. Cette évaluation externe est disponible sur demande.

Par ailleurs, après chaque Rencontres d’été du CADTM, nous cherchons à tenir compte des avis exprimés par les participants à travers les formulaires d’évaluation de l’évènement, les debriefings oraux et/ou les échanges informels. Lors des Rencontres d’automne 2020), nous avons privilégié une évaluation à poings levés. Tandis que suite à l’annulation de l’université d’été de 2021, nous avons envoyé et collecté par mail une fiche d’évaluation.

Enfin, une dernière source d’évaluation externe utilisée durant ce programme est constituée par certains indicateurs. Le nombre de vues sur les articles – et le nombre de partages de ces analyses sur les réseaux sociaux – permet d’identifier ceux qui sont bien diffusés et ceux qui le sont moins. D’autres indicateurs permettent de mesurer la qualité́ du travail du CADTM : l’augmentation du nombre de participants aux Rencontres et à l’Université́ d’été́ ou aux LCD ; l’augmentation du nombre de demandes d’intervention par d’autres organisations ; le fait de recevoir des traductions spontanées d’articles publiés sur le site ; le fait de voir certaines productions appropriées par des professeurs ou d’autres organisations ; etc.


Perspectives concernant les moyens d’évaluation :

Comme indiqué dans les perspectives du point ci-dessus, le CADTM compte impliquer plus fortement ses bénévoles dans l’évaluation de son action.

Le CADTM envisage de faire une évaluation externe (avec les abonné-es) sur l’envoi de sa revue Les autres voix de la planète et plus particulièrement sur la question de la digitalisation et/ou de la diffusion papiers de ses productions.




Notes

[1L’objectif de cette loi est de freiner les activités des « fonds vautours » et la spéculation financière immorale. Elle a été portée avec l’expérience du CADTM, du CNCD - 11.11.11 et de son homologue flamand. Lire le texte intégral de la loi : http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/54/1057/54K1057005.pdf