Chronique de Rio+20 (4)

Cariocas

19 juin 2012 par Samir Abi


« Rien de mieux qu’une méditation à la plage pour commencer sa journée » dixit Tagianny, trentenaire indigène métissée, de l’Etat du Tocantins, venue à Rio en vacances pour la première fois. C’est à travers son regard qu’en ce dimanche, je découvre les Cariocas. Le meilleur endroit pour découvrir cette culture si spécifique, me dira-t- elle par la suite, c’est la plage.

Tout en se moquant de leur accent, Tagianny me parle des Cariocas. Elle les trouve trop fiers de leur ville. Et ils ont bien raison d’être fiers de leur ville toujours ensoleillée, de leur plage, de leur forêt… Rio rêve de reconquérir son leadership d’antan quand Sao Paulo ne lui avait pas encore dérobé sa prépondérance économique, et Brasilia son rôle politique. Ses meilleurs atouts pour cette reconquête restent sa population très attachée à sa ville, contrairement à celles des deux autres mégapoles, et sa culture métissée qui déploie ses ailes au moment du carnaval. Le dimanche, les plages de Rio offrent un écrin à la beauté de ce métissage.

Le métissage sera l’avenir du monde … le Brésil est le reflet précurseur de ce monde de demain. « Nous avons tellement de peuples qui ont fait notre nation, les Indiens, les Portugais, les Africains, les Italiens, les Japonais. Nous avons pris le meilleur de chacun et comme héritage nous avons acquis cette beauté » me dit Tagianny. Puisse-ce message être compris partout dans le monde.

Vexée que je ne sois pas passé dans son Etat, il y a trois ans, lors de ma traversée aventureuse du Brésil en bus pour rejoindre la ville de Belem dans l’Amazonie, elle se décide à m’introduire à la cuisine de sa région. J’ai la joie de goûter l’« asai », les jus de « guarana » et les différents mets à base de tapioca que j’avais déjà tant aimés dans l’Etat de Para en 2009 alors que je croyais encore que le tapioca, fait à base de manioc, était une exclusivité du Bénin et du Togo. La proximité des cultures des côtes africaines avec celles du Brésil est plus que troublante, à beaucoup de points de vue.

Pour terminer en beauté ce dimanche de méditation sur la plage de Rio, un tour sur l’« Arpoador », rocher situé entre les plages de Copacabana et d’Ipanema s’imposait. Une vue magique sur la ville et le meilleur : voir le soleil se coucher et se perdre progressivement dans l’océan. La nature et ses merveilles enchanteront sans fin ceux qui savent y réfléchir et veulent préserver le monde des délires humains. Le réveil est toujours dur après une méditation en marge d’un sommet où se joue la survie de tant de merveilles. 

PS. En bonus la photo d’un tableau prise sur un marché non loin de la plage d’ipanema qui m’a semblé représenter ma vision de Rio.




Samir Abi

ATTAC-CADTM Togo

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