Inde - Unification des luttes contre l’agression massive

Création d’une fédération nationale pour renforcer la lutte pour la protection des droits des communautés traditionnelles sur leurs ressources naturelles

22 décembre 2011


Le poisson qu’on trouve dans la mer est le résultat de la pluie et des rivières produites par les collines et les forêts. Les pêcheurs de ce pays doivent de ce fait s’identifier et lutter conjointement avec les peuples vivant dans les forêts, les tisserands, les vendeuses ambulantes, les travailleurs du bambou de ce pays, etc
a déclaré T.Peter le secrétaire national du forum des pêcheurs.

Peter a parlé à la conférence nationale de la vie traditionnelle des communautés basées sur les ressources naturelles qui se sont réunies en ce 16 décembre pour organiser le regroupement de différents groupes dont le mode de vie dépend des ressources naturelles pour la mise sur pied au niveau national d’une Fédération des communautés et organisations au mode de vie dépendant des ressources naturelles.

La question des droits forestiers pour les habitants des forêts ne date pas de ces cinq dernières années. Les communautés la revendiquent depuis les dernières décennies. Il y a cinq ans ceux ci ont été concédés sur papier mais on a assisté à un échec complet dans leur mise en œuvre a constaté K. Krishnan militant des Conseils de sécurité Adivasi du Tamilnadu. Les gouvernements de droite comme de gauche ont échoué à faire respoecter les questions clés des peuples traditionnels et travailleurs du pays. Nous ne pouvons plus rester silencieux.

La commémoration des 5 ans de la promulgation de la loi de 2006 sur les droits forestiers. Les intervenants de la conférence nationale ont réitéré que le mouvement pour la mise en œuvre effective de la loi sur les droits forestiers est une partie inaliénable des luttes pour la gouvernance démocratique.

Ils ont dit aujourd’hui que la lutte pour la mise en œuvre des droits forestiers n’est pas seulement importante pour les peuples ou les communautés mais qu’elle l’est également pour d’autres travailleurs dont le mode de vie repose sur les ressources naturelles comme les pêcheurs, les creuseurs de minerais, les agriculteurs, les artisans du bambou, les tisserands et les artisans qui directement ou indirectement dépendent de la forêt et d’autres ressources naturelles ainsi que la société plus largement.

Le défi devant nous est de faire en sorte que le gouvernement soit responsable devant le peuple. Actuellement, il travaille main dans la main avec les multinationales qui viennent piller les ressources naturelles qui leur permettent d’amasser des profits. Cela doit changer ! La classe politique devrait avoir le courage de parler au nom du peuple et de se tenir à ses côtés a déclaré le militant Ashok Chowdhury. La réunion de ceux dont la subsistance dépend de la montagne, de la forêt ou de la mer n’est pas une simple réunion. Il s’agit d’avancer vers la construction d’un nouvel ordre économique a-t-il dit.

Un grand nombre d’adivasis (habitants des forêts), de dalits et de travailleurs traditionnels de 18 Etats ont participé à la conférence nationale. Les intervenants clé de la conférence étaient Jarjum Ete de la Commission des femmes de l’ Arunachal Pradesh, Subhash Ghayali du Comité de coordination de la zone des mines de Jharkhand, Guman Singh de Him Niti Abhiyan, Gautam Bandyopadhaya de Nadi Ghati Morcha, Ashim Roy de l’initiative pour un nouveau syndicalisme, Anuradha Talwar de Paschim Banga Khet Mazdoor Samity, Vasantha de l’alliance nationale des Adivasi et Munnilal du Forum national des habitants et travailleurs des forêts.

Le besoin actuel des peuples qui luttent pour la protection de leurs ressources naturelles est de former une Fédération pour se coordonner et amplifier leur lutte a déclaré Shanta Bhattarjee de Van Sramjeevi Manch dans l’Uttar Pradesh. Elle a déclaré que les femmes doivent être à la tête de la Fédération étant donné qu’elles sont celles qui paient le coût principal par la perte disproportionnée sur les ressources naturelles.

L’appel à la marche sur le parlement du 15 décembre a reçu de nombreux soutiens y compris des partis politiques, des mouvements de masse et des organisations de différentes parties du pays. Les intervenants ont rappelé, a un moment où le gouvernement se débat avec des affaires de corruption qui éclatent l’une après l’autre avec la découverte de squelettes dans les placards des ministres, qu’il n’a pas le droit d’oublier les droits fondamentaux du peuple et les promesses faites.

La conférence nationale a été une occasion rare de convergence de différents mouvements sociaux, des luttes sur les forêts, du forum des pêcheurs, des luttes contre l’exploitation des mines du Jharkhand, la lutte pour la terre dans le Kerala, l’Uttar Pradesh et l’Andahr Pradesh, les mouvements des dalits du Sud et du Nord de l’Inde. Tous étaient réunis pour préparer une plateforme de discussion, d’échange et d’élaboration de politiques, de mouvements, de stratégies et d’alliances.




Traduction : Virginie de Romanet

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