Déclaration commune des Attac d’Europe sur la gouvernance économique de l’UE et le renforcement du pacte de stabilité et de croissance

18 décembre 2010 par Attac France , Attac Europe




Lors du sommet du 16 et 17 décembre, les chefs d’États et de gouvernements de l’Union européenne vont examiner les propositions formulées par Herman Van Rompuy pour la future « gouvernance » économique de l’UE, et la modification du pacte de stabilité et de croissance.

Ces propositions reprennent assez largement les suggestions de la Commission, qui incluent la mise en place d’une surveillance macro-économique des économies européennes et un renforcement des critères de Maastricht concernant la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
et le déficit publics. Ce dispositif s’accompagne d’un mécanisme de sanction pour les États qui ne suivraient pas le chemin d’une réduction « soutenable » de leur dette publique.

La crise a montré clairement la nécessité d’un réel changement de politique économique dans l’Union européenne ; pourtant, la Commission et le Conseil persistent sur la voie du renforcement d’un paradigme économique dépassé, inadapté et injuste basé sur la réduction des budgets publics et la « modération » salariale.

Les chefs d’États et de gouvernements devront par ailleurs se prononcer sur une possible modification du traité de Lisbonne, afin de mettre en place un mécanisme permanent de gestion des crises proche de celui employé en Grèce et en Irlande. Ce mécanisme devrait inclure de très fortes conditionnalités Conditionnalités Ensemble des mesures néolibérales imposées par le FMI et la Banque mondiale aux pays qui signent un accord, notamment pour obtenir un aménagement du remboursement de leur dette. Ces mesures sont censées favoriser l’« attractivité » du pays pour les investisseurs internationaux mais pénalisent durement les populations. Par extension, ce terme désigne toute condition imposée en vue de l’octroi d’une aide ou d’un prêt. en termes de politiques d’austérité, et une contribution du secteur financier et bancaire réduite à son strict minimum.

En lieu et place de cet étroit renforcement du pacte de stabilité et de croissance en Europe, le réseau des Attac Europe propose des mesures alternatives, véritablement à même de subvenir à la crise de la dette, sur les plans sociaux et environnementaux :

Les six prochains mois seront déterminants pour le futur du processus d’intégration. Seule la mise en avant de véritables politiques alternatives pourrait contrecarrer le renforcement du paradigme néolibéral, lequel se traduirait par la mise en place d’une succession de plans d’austérité pour les années à venir. En conséquence, nous appelons les mouvements sociaux, les syndicats, et la société civile à s’organiser pour engager le débat au sein de chaque pays et ensemble à l’échelle européenne, et mettre en avant de nouvelles perspectives qui placeraient les droits économiques, sociaux et politiques des peuples au cœur d’un nouveau projet européen.