Communiqué de presse

Désignation du directeur du FMI

25 mars 2004 par CADTM France


Le CADTM réclame une procédure démocratique pour la désignation du directeur du FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
et la prise en compte de l’intérêt des pays en développement.

Le FMI tient de beaux discours sur une bonne gouvernance qu’il n’a jamais été capable de promouvoir en son propre sein.

La démission de son directeur général au début du mois de mars remet en lumière le processus antidémocratique en vigueur au FMI et à la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
, où les pays les plus industrialisés se partagent le pouvoir et imposent leur domination à l’ensemble des autres pays.

Non seulement le directeur du FMI est traditionnellement un Européen au mépris des règles élémentaires de justice et de démocratie, mais les pays riches monopolisent le pouvoir, les représentants des 10 pays les plus puissants ayant plus de 60% des droits de vote au Conseil d’administration.

De surcroît, les Etats-Unis seuls disposent de fait d’une minorité de blocage pour toutes les décisions engageant l’avenir du FMI.

Le CADTM réclame que l’intérêt des pays en développement soit enfin pris en compte au FMI, notamment au moment de décider du nouveau directeur général.

Enfin, à cette occasion, le CADTM exige que le FMI, institution spécialisée de l’ONU, se soumette effectivement aux textes internationaux comme la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et cesse d’imposer des politiques économiques qui vont à l’encontre de ces textes fondateurs du droit international.

Le FMI doit cesser de gérer les intérêts de la finance mondiale au mépris de la satisfaction des besoins humains fondamentaux. La remise en cause de l’ajustement structurel, à peine esquissée au FMI et pourtant réclamée
universellement par les populations les plus démunies, doit être totale.

Contact : Damien Millet, 06 60 54 27 13.