16 avril 2025 par João Machado , Fernanda Malafatti

Extrait d’une affiche du PSOL-Rio de Janeiro
Depuis le 10 avril, Glauber Braga, militant et député du Parti Socialisme et Liberté
(PSOL), à Rio, au Brésil, est en grève de la faim suite à la décision du Conseil d’éthique de la Chambre des députés, composé d’une majorité de droite, de casser son mandat de député, pour violation du décorum parlementaire, une prétendue raison sans commune mesure avec la gravité de cette décision. La mesure, cependant, est susceptible de recours et doit être soumise à l’approbation du Parlement.
La plainte contre Glauber déposée en avril 2024 a pour origine le Mouvement Brésil Libre (MBL), un groupement d’extrême droite. Cette année lá, l’un des membres du mouvement, qui le provoquait depuis plusieurs semaines, voire des mois, a offensé la mère mourante de Glauber Braga de façon intolérable. Cette façon de faire est courante chez les militants d’extrême-droite : provoquer un militant de gauche, en essayant de lui faire « perdre la tête », pour le filmer et ensuite exhiber ce « combat contre la gauche » sur les réseaux sociaux. Cette fois, le député a répondu en foutant un coup de pied au derrière de l’energumène.
Le président de la Chambre des Députés à l’époque, Arthur Lira, a saisi l’occasion de ce procès pour faire payer à Glauber Braga ses dénonciations au Parlement brésilien des magouilles du budget dit « secret », une méthode opaque pour pomper des fonds du budget public destinés à des projets d’intérêt des députés et sénateurs. Ces fonds sont alloués et approuvés par les parlementaires sans aucune transparence, ni sur les montants, ni sur les noms des parlementaires impliqué.es. Lira est le principal responsable et bénéficiaire de cette procédure.
Cette étrange méthode existe depuis 2020. Selon le Suprême tribunal fédéral (STF), des enquêtes sont en cours qui porteraient sur 4,2 milliards de Réais (environ 700 millions d’euros) en amendements distribués par Lira ces deux dernières années.
D’autres persécutions de la droite institutionnelle se mettent en place aussi, dans les villes où les élus et élues du PSOL sont poursuivis pour leur dénonciation du génocide contre le peuple palestinien. Des méthodes utilisées par les forces de droite ne sont pas propres aux usages au Parlement au Brésil, et elles ont tendance à se multiplier dans différents pays y compris en France.
En ce moment le Brésil est parcouru par une spectaculaire vague de soutien et de défense de Glauber Braga et pour révoquer la décision du Conseil d’éthique du parlement. Elle peut être la voie vers de grands espoirs pour les travailleurs. Des nombreux syndicats, des organisations indigènes, des organisations de différents mouvements sociaux, se prononcent pour la revocation du procès de Glauber Rocha. La Fédération nationale des Pétroliers affiche dans leur site sur « le mandat populaire qui gêne les puissants », et ajoute : « Il s’agit d’un nouvel épisode de persécution politique contre l’un des rares parlementaires qui ne s’est jamais plié aux intérêts des élites ennemies des travailleurs. »
La campagne pour sa défense mobilise toute la gauche, y compris la gauche non parlementaire, comme le PSTU, défend également le mandat de Glauber, un député très respecté aussi par la gauche plus radicale. Le PSOL, parti très divisé entre des secteurs plus à gauche et des secteurs plus proches du gouvernement Lula, s’est uni pour défendre le mandat de Glauber. Gleisi Hoffman, ministre du gouvernement Lula chargé des relations avec le Parlement, et Lindbergh Farias, chef du groupe parlementaire du PT, se mobilisent également pour la défense de Glauber. En d’autres termes, la campagne pour la défense de Glauber mobilise toute la gauche. Cette unité dans la lutte peut être de bon presage pour la lutte de classes au Brésil.
Rejoignons tous le mouvement de solidarité à Gluaber Braga, ce militant si important pour les luttes des travailleuses et travailleurs du monde entier !
Fernanda Malafatti et João Machado sont militant.e.s du PSOL brésilien et de la section brésilienne de la IVe Internationale
Traduction : Béa Whitaker
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