Série : Comprendre ce qui s’est passé en Grèce en 2015 quand l’espoir venait d’Athènes

Grèce 2015 : Les propositions de Varoufakis menaient à l’échec [Partie 2]

24 février 2025 par Eric Toussaint


Photo : DTRocks, CC, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Yanis_Varoufakis_at_press_conference,_Athens_2019_2.jpg

Dans son livre Conversations entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l’Europe [1], Yanis Varoufakis donne sa version des raisons qui ont conduit à la capitulation du gouvernement Tsipras en 2015. Il analyse essentiellement la période 2009-2015 tout en faisant des incursions dans des époques plus lointaines.



Cette première partie porte sur les 4 premiers chapitres d’un livre qui en compte 17. Il concerne les propositions que faisaient Varoufakis avant de participer au gouvernement en janvier 2015.

Avec ce livre volumineux (526 pages pour l’édition en français, 550 dans la version originale en anglais), Yanis Varoufakis démontre qu’il est un grand narrateur. Il réussit par moment à émouvoir le lecteur. Son style direct permet de suivre de manière vivante le cours des évènements.

Cependant, de la démonstration faite par l’auteur, on peut clairement conclure que son comportement et l’orientation politico-économique qu’il a défendue ont contribué à conduire au désastre. En effet, Yanis Varoufakis revendique clairement un rôle de premier plan dans l’élaboration de la stratégie qu’a adoptée avant la victoire électorale de janvier 2015 une poignée de dirigeants de Syriza : Alexis Tsipras, Yanis Dragasakis, Nikkos Pappas essentiellement. Alexis Tsipras, président de Syriza, a conduit le peuple grec au troisième mémorandum, Nikos Pappas, l’alter ego de Tsipras, est devenu ministre d’État dans le gouvernement Tsipras I et Yanis Dragasakis, le seul membre de la direction de Syriza a avoir été ministre dans un précédent gouvernement (c’était en 1989 quand le parti communiste grec dont il faisait partie avait constitué un gouvernement avec la droite, le parti Nouvelle Démocratie), est devenu vice-premier ministre des gouvernements Tsipras I et II .

L’auteur de Conversations entre adultes ne plaide pas coupable : il est convaincu que si Tsipras avait réellement appliqué l’orientation qu’il lui a proposée et que Tsipras a acceptée à la fin 2014, cela n’aurait pas débouché sur une défaite pour le peuple grec. Mais, contrairement à la conviction de Varoufakis, une lecture attentive de son livre aboutit à la conclusion qu’il a contribué à la défaite.

Varoufakis explique comment il a convaincu Tsipras de ne pas respecter l’orientation adoptée par Syriza en 2012 puis en 2014

En effet, Varoufakis explique comment progressivement il a convaincu Tsipras, Pappas et Dragasakis de ne pas respecter l’orientation adoptée par Syriza en 2012 puis en 2014. Il confirme qu’il a élaboré avec ceux-ci une nouvelle orientation qui n’a pas été discutée dans Syriza et qui était différente de celle présentée lors de la campagne électorale de janvier 2015. Or cette nouvelle orientation conduisait au mieux à l’échec, au pire à la capitulation.

Varoufakis s’attribue un rôle clé dans le changement d’orientation de l’équipe autour de Tsipras. On verra, au cours de l’analyse de ce qui s’est passé, que Tsipras-Pappas-Dragasakis cherchaient à s’émanciper de la ligne officielle de Syriza et qu’ils ont utilisé Varoufakis pour atteindre ce but.

Yanis Varoufakis résume le contenu de l’accord qu’il a passé avec Tsipras, Dragasakis et Pappas en novembre 2014 lors d’une réunion tenue dans l’appartement de Tsipras. Cette réunion avait été organisée par le trio afin de convaincre Varoufakis d’accepter de devenir ministre des Finances dans le gouvernement qui serait formé prochainement par Syriza.

C’est là qu’Alexis m’a fait une offre, tranquillement et sous le regard vigilant de Dragasakis. – Si on gagne, or il n’y a plus aucun doute qu’on va gagner, je voudrais que tu sois ministre des Finances. »

 [2]

Varoufakis résume les six mesures prioritaires qu’il a proposées à Tsipras, Dragasakis et Pappas et que ceux-ci ont acceptées. Ces mesures impliquaient de rester dans la zone euro.

Varoufakis écrit :

« J’ai cru bon de récapituler nos objectifs communs :
 
Restructuration de la dette avant tout.
 
Deuxièmement, excédent primaire ne dépassant pas 1,5 % du revenu national et pas de nouvelles mesures d’austérité.
 
Troisièmement, réductions d’ampleur de la TVA et de l’impôt des sociétés.
 
Quatrièmement, privatisations stratégiques avec conditions préservant les droits du travail et relance des investissements.
 
Cinquièmement, création d’une banque de développement qui utiliserait les actifs publics restant comme caution pour générer de l’investissement sur le plan national, et dont les dividendes seraient canalisés dans les fonds de pension publics.
 
Sixièmement, politique de transfert des actions et de la gestion des banques à l’UE (…).
 
Une fois de plus, ils étaient partants, encore plus convaincus qu’au début » . [3]
 
Il déclare très clairement que ces mesures devaient se substituer au programme de Thessalonique présenté par Tsipras en septembre 2014.
 
Voici ce qu’il écrit à propos de ce programme :
 
« …, j’étais à Austin (Texas) quand j’ai entendu aux informations qu’Alexis avait présenté les grandes lignes de la politique économique de Syriza dans un discours à Thessalonique. Surpris, je me suis procuré le texte et je l’ai lu. Une vague de nausée et d’indignation m’a submergé. Je me suis tout de suite mis au boulot. Moins d’une demi-heure plus tard, j’avais un article que le Premier ministre Samaras utiliserait pour fustiger Syriza devant le Parlement : « Même Varoufakis, votre gourou économique, estime que vos promesses sont bidon. » Et elles l’étaient.
 
Le « Programme de Thessalonique » (…) promettait des augmentations de salaire, des subventions, des bénéfices et des investissements qui seraient financés par des mannes imaginaires, ou illégales. Il comprenait également des engagements que nous ne devrions même pas avoir à tenir. Enfin, il allait à l’encontre de toute stratégie de négociations raisonnable pour maintenir la Grèce dans la zone euro, tout en affirmant qu’elle devait y rester. Le programme était tellement bancal que je n’ai même pas pris la peine de le critiquer point par point. Voilà ce que j’ai préféré écrire :
« J’aurais tellement aimé lire un autre discours de la part d’Alexis Tsipras ! Vous imaginez un discours qui commencerait par « Pourquoi voter pour nous ? » et répondrait, « Parce que nous vous promettons trois choses : du sang, de la sueur et des larmes ! »
Du sang, de la sueur et des larmes, voilà ce que Churchill a promis au peuple britannique en 1940 quand il a pris la tête du gouvernement. Et pourquoi ? Pour gagner la guerre. » [4]

Prendre comme référence positive W. Churchill dans une critique publique adressée au programme de Thessalonique n’est pas anodin. Churchill a organisé la répression sanglante des manifestations et des grèves qui ont secoué la Grèce à la fin de l’année 1944 lorsque, dans le cadre des Accords de Yalta, la Grande-Bretagne a pris le contrôle du pays en réprimant les principales forces qui avaient libéré le pays de l’occupation nazie [5].

Revenons sur les mesures telles qu’elles sont résumées par Varoufakis.

La première mesure concerne la restructuration de la dette publique grecque

Sans une suspension de paiement, combinée à d’autres actes unilatéraux dont la réalisation d’un audit (avec participation citoyenne), il était impossible de contraindre les créanciers d’accepter une véritable réduction radicale de la dette

Varoufakis propose une restructuration de la dette sans réduction du stock. Mais la réalisation de cette première mesure très modérée dépend en réalité de la bonne volonté de la Troïka. Il s’agit d’un vœu pieux. Sans recourir à une suspension de paiement, combinée à d’autres actes unilatéraux dont la réalisation d’un audit (avec participation citoyenne), il était impossible de contraindre les créanciers d’accepter une véritable réduction radicale de la dette [6]. La proposition principale de Varoufakis en matière de restructuration de la dette s’inscrit, comme il l’indique lui-même, dans la continuité du texte intitulé : « Modeste Proposition pour résoudre la crise de la zone euro » [7]] ). La réalisation de cette proposition qui consistait à mutualiser les dettes publiques de la zone euro aurait impliqué une décision commune des gouvernements de la zone afin de soulager les finances publiques et d’abandonner des politiques d’austérité. C’est techniquement possible, c’est politiquement souhaitable du point de vue de la relance économique et d’un nouveau contrat social d’inspiration keynésienne mais, malgré le caractère modéré de la proposition, c’est totalement incompatible avec la politique menée par la plupart des gouvernements concernés. Il faut vraiment être très naïf pour penser que les gouvernants en place dans la plupart des capitales européennes pourraient être favorables à une relance keynésienne. Fonder une solution sur une telle hypothèse, c’est faire preuve d’un manque total de conscience des rapports de force et des motivations des dirigeants européens.

La dernière version de cette solution proposée par Varoufakis fin 2014-2015 impliquait les orientations suivantes en matière de dettes : ne pas remettre en cause et ne pas réduire la dette due au FMI et aux créanciers privés, et arriver à un arrangement avec les partenaires européens sur les points suivants. On peut les résumer en deux points, en rappelant les termes de Varoufakis :

1. « le gouvernement émettrait des obligations perpétuelles, qui auraient la même valeur nominale que les obligations appartenant à la BCE, avec un taux d’intérêt faible, mais sans date de maturité ni d’expiration. » ; 2. « Les dettes obligataires du fonds européen de renflouement seraient échangées contre de nouvelles obligations du gouvernement grec de trente ans, là encore ayant la même valeur que la dette existante (donc pas de décote formelle), mais avec deux conditions : d’abord, les remboursements annuels devaient être suspendus jusqu’à ce que le revenu du pays ait atteint un certain seuil ; deuxièmement, le taux d’intérêt serait lié aux taux de croissance de l’économie grecque » .

 [8]

Or ces deux propositions étaient tout autant irréalisables du point de vue politique que la mutualisation des dettes. C’était irréalisable politiquement car les créanciers ne voulaient pas desserrer l’étau de la dette.

La proposition de Varoufakis en matière de dette était et est inacceptable d’un point de vue de gauche car elle supposait d’écarter tout débat sur la légalité et la légitimité des dettes réclamées à la Grèce

En outre, toute la proposition de Varoufakis en matière de dette était et est inacceptable d’un point de vue de gauche car elle supposait d’écarter tout débat sur la légalité et la légitimité des dettes réclamées à la Grèce. La proposition Varoufakis s’opposait frontalement à l’orientation adoptée par Syriza en 2012 : la suspension unilatérale du paiement de la dette et la réalisation d’un audit de celle-ci. Par ailleurs, et c’est important, dans sa proposition, Varoufakis n’inclut pas explicitement l’abandon des conditionnalités imposées par les créanciers.

Yanis Varoufakis explique lui-même que sa proposition est très modérée :

« Il s’agissait de mesures modérées et politiquement acceptables pour les créanciers puisqu’elles ne comprenaient aucune décote directe. Vis-à-vis du public et des investisseurs potentiels, c’était également le signe que l’UE accepterait d’avoir sinon le beau rôle, du moins un rôle nouveau : non plus le créancier impitoyable d’un État insolvable, mais le partenaire de la croissance de la Grèce puisque les remboursements de ce pays seraient proportionnels à l’augmentation de son revenu nominal. »

Il faut ajouter que, de manière évidente, cette orientation était également explicitement contraire au refus légitime de poursuivre le paiement d’une dette odieuse.

L’orientation de Varaoufakis était contraire au refus légitime de poursuivre le paiement d’une dette odieuse

La deuxième mesure de Varoufakis concerne l’excédent primaire :

Il s’agit de viser un «  Excédent primaire ne dépassant pas 1,5 % du revenu national et pas de nouvelles mesures d’austérité. » [9] Pour rappel, dégager un excédent primaire du budget implique que le gouvernement doit faire en sorte que les dépenses soient inférieures aux recettes. Cela implique généralement de comprimer les dépenses sociales et les dépenses d’investissement public. Lorsqu’on parle d’excédent primaire, le remboursement de la dette n’est pas compris dans les dépenses. En effet, dégager un excédent primaire a pour fonction d’avoir de l’argent pour rembourser la dette. Le remboursement de la dette entraîne ensuite un déficit plus ou moins grand du budget selon le montant qu’il faut rembourser. Ce déficit est admis par les autorités européennes qui perpétuent le système dette.

En conséquence, s’engager à dégager un excédent primaire de 1,5 % est totalement incompatible avec une véritable politique de relance de l’activité économique, de l’emploi public et privé, du pouvoir d’achat des masses populaires… En Grèce ou ailleurs, un gouvernement de gauche qui veut réellement mettre en place une politique de relance et répondre à la crise humanitaire doit appliquer une politique de déficit public pendant plusieurs années. Il doit refuser de dégager un excédent primaire et il doit suspendre ou réduire radicalement le paiement de la dette publique.

La troisième mesure consiste en des réductions d’ampleur des impôts des sociétés

Varoufakis la résume ainsi : « Ceci demanderait de fortes réductions de la TVA et des impôts sur les sociétés car il fallait redonner de l’énergie au secteur privé. » [10]

Il mentionne à ce sujet une réaction de Tsipras :

« – Pourquoi les boîtes devraient payer moins ? m’a demandé Alexis.
Je lui ai expliqué : le secteur privé devait payer plus en ce qui concerne le revenu fiscal total, mais la seule façon d’augmenter sa contribution globale alors que les ventes étaient au point mort et les banques en faillite, incapables de fournir des crédits aux entreprises rentables, c’était de réduire les impôts sur les sociétés. Dragasakis était d’accord, ce qui a apaisé Alexis et Pappas. » [11]

Mais là encore, promettre une réduction des impôts des sociétés de manière indifférenciée est tout à fait incompatible avec une politique de gauche [12]. Il faut au contraire augmenter le taux d’imposition des grandes sociétés et le faire respecter. Simultanément, il est tout à fait possible de baisser le taux d’imposition des petites entreprises. Par ailleurs, l’affirmation selon laquelle la réduction des impôts des sociétés va augmenter la contribution de celles-ci dans le revenu fiscal total n’est nullement démontrée et relève davantage d’une incantation libérale que d’un raisonnement argumenté.

La quatrième mesure prévoit des privatisations stratégiques avec des conditions préservant les droits du travail et une relance des investissements

Varoufakis précise :

« Quant aux privatisations, si nous voulions un accord avec l’UE et le FMI, il fallait accepter des compromis. Le refus de principe de Syriza devait être remplacé par une politique d’analyse au cas par cas. Il fallait arrêter de brader les holdings publiques, mais les actifs tels que les chemins de fer et les ports devaient être accessibles à condition qu’il y ait un minimum de niveau d’investissement, que l’acheteur s’engage à fournir aux travailleurs des contrats dignes et le droit de représentation syndicale, et que l’État demeure un actionnaire important, y compris minoritaire, car les dividendes de ses actions lui serviraient à soutenir les fonds de pension. »

 [13]

Alors que Syriza se battait pour mettre fin aux privatisations et pour renationaliser une série d’entreprises privatisées, Varoufakis, comme il l’a mis en pratique quand il est devenu ministre, était favorable à l’acceptation de la poursuite de certaines privatisations. Cela condamnait le gouvernement à la soumission face aux grandes entreprises et notamment au capital étranger. Et cela réduisait à l’impuissance les pouvoirs publics.

Il s’agit ensuite, comme cinquième mesure, de la création d’une banque de développement

Il écrit à ce sujet :
« Les actifs qui restaient propriété publique devaient être transmis à une nouvelle banque de développement publique qui les utiliserait comme garanties ou collatéraux pour lever des fonds, lesquels seraient investis dans ces mêmes actifs afin de booster leur valeur, créer des emplois et augmenter les revenus à venir. Ils ont également acquiescé là-dessus. » [14]

Si une telle mesure est intéressante, elle rentre en contradiction avec les propositions 4 et 6 qui sont contraires à toute stratégie de gauche. La mesure 4 consiste à poursuivre les privatisations et la mesure 6 consiste à abandonner le pouvoir que les pouvoirs publics grecs avaient encore sur les banques grecques. La mesure 5 servait de leurre afin de faire croire que les pouvoirs publics allaient se doter d’un véritable instrument public de développement.

La sixième mesure, enfin, prévoit le « transfert des actions et de la gestion des banques à l’UE » [15]

Varoufakis précise qu’il s’agissait de « confier la gestion et la propriété de ces banques à l’UE. C’était une proposition ultra-audacieuse pour un parti qui penchait vers la nationalisation du secteur bancaire » [16]

L’État grec était l’actionnaire principal de toutes les banques grecques et la position collectivement élaborée de Syriza consistait à ce que les pouvoirs publics exercent réellement leur pouvoir sur les banques. En proposant à Tsipras, Pappas et Dragasakis de transférer à l’UE les actions détenues par les pouvoirs publics grecs, Varoufakis réalise un pas supplémentaire et dramatique vers l’abandon complet de souveraineté.

Après avoir résumé les six propositions acceptées selon lui par Tsipras-Pappas-Dragasakis, Varoufakis en vient à la stratégie qu’un gouvernement Syriza devrait appliquer dans la négociation avec l’UE. Il explique que si l’UE décidait de saboter directement le gouvernement, ce serait la BCE qui serait chargée du sale boulot. Elle couperait la liquidité aux banques grecques et les obligerait à fermer comme elle l’a fait en mars 2013 à Chypre selon Varoufakis. Comme on le sait, c’est effectivement ce qui est arrivé.

Je reviendrai en détail sur cette stratégie de négociation au moment d’aborder la période qui a suivi les élections de janvier 2015. Pour l’heure, retenons que Varoufakis affirme que, suite à la réunion avec le trio Tsipras-Pappas-Dragasakis, il a accepté le poste de ministre des Finances. Dragasakis de son côté occuperait le poste de vice-premier ministre et superviserait directement trois ministères clés dont celui des Finances.


Notes

[1Yanis Varoufakis, Conversations entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l’Europe, Paris Les Liens Qui Libèrent, 2017, 526 pages

[2Yanis Varoufakis, Conversations entre adultes, p. 108-109

[3Ibid.., p. 112.

[4Ibid.., p. 98-99.

[5Sur la politique de W. Churchill en Grèce notamment en 1944, lire TSOUCALAS, Constantin. 1969. La Grèce de l’indépendance aux colonels, Paris, François Maspéro, 1970, p. 56 à 78.

[6Fin 2014, la dette publique de la Grèce représentait 177 % de son Produit intérieur brut. En proportion du PIB, la dette publique grecque était la plus élevée de toute l’Union européenne. Les membres de la Troïka (Commission européenne, BCE et FMI) détenaient à eux seuls 85 % de la dette grecque. Pour une analyse synthétique de la dette grecque en 2014-2015, lire le chapitre 3 du Rapport de la Commission pour la vérité sur la dette grecque, publié par les éditions Les Liens qui Libèrent en 2015 sous le titre La Vérité sur la dette grecque (p. 69 à 88).

[7Stuart HOLLAND, Yanis VAROUFAKIS, «  Une modeste proposition pour surmonter la crise de l’euro  », Institut Veblen pour les réformes économiques et Levy Economic Institute, octobre 2011, https://www.yanisvaroufakis.eu/wp-content/uploads/2011/12/une-modeste-proposition-pour-surmonter-la-crise-de-leuro.pdf [consulté le 21 février 2025

[8Yanis Varoufakis, op. cit., p. 124

[9Ibid., p. 110.

[10Ibid. p. 110.

[11Ibid.., p. 110

[12Une des mesures principales de Donald Trump a consisté en 2017 à baisser fortement l’impôt sur les sociétés. De même, Kyriakos Mitsotakis qui est devenu premier ministre de la Grèce en juillet 2019 met en œuvre une baisse des impôts des sociétés.

[13Yanis Varoufakis, op. cit., p. 110-111

[14Ibid., p. 111

[15Ibid., p. 112

[16Ibid., p. 111

Eric Toussaint

Docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Banque mondiale - Une histoire critique, Syllepse, 2022, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2020, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.

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