Ils ne sont pas innocents, les nazis en prison !

25 février par Grec.que.s solidaires de Belgique


Ce lundi 22 février 2021, le collectif Grec.que.s solidaires de Belgique a mené une action devant le Parlement européen à Bruxelles au moment de l’audition de Ioannis Lagos, eurodéputé de l’ancien parti néonazi Aube Dorée. L’audition concernait une des deux accusations qui pourrait permettre la levée de son immunité parlementaire. Cinq mois après sa condamnation, Lagos profite encore de sa liberté alors qu’il a été condamné à une peine de plusieurs années de prison ferme pour son statut de dirigeant de l’organisation criminelle Aube Dorée.

Une action similaire a été organisée un peu plus tôt dans la matinée à Athènes devant les bureaux de la représentation de l’Union européenne.

Depuis octobre 2020, Aube Dorée a été reconnue comme organisation criminelle par la Cour Suprême grecque et ses dirigeants ont tous été condamnés à de lourdes peines de prison ferme. Cinq mois plus tard, Lagos est toujours en liberté et Christos Pappas, numéro deux d’Aube Dorée et ancien député, est « recherché » par la police.

Plusieurs sources l’auraient pourtant aperçu à Bruxelles.

Les membres du collectif Grec.que.s solidaires de Belgique ont porté un message clair : « Ils ne sont pas innocents, les nazis en prison ». Ce slogan a été celui du mouvement antifasciste grec qui depuis le début du procès contre Aube Dorée en 2015 s’est battu pour la condamnation des membres de l’ancien parti et sa reconnaissance en tant qu’organisation criminelle.

Le communiqué des Grec.que.s solidaires de Belgique :

Aujourd’hui, le 22 février 2021, nous, Grec.que.s solidaires de Belgique, nous sommes réuni.e.s à 13h devant le Parlement européen à Bruxelles au moment de l’audition de I. Lagos, pour la levée de son immunité parlementaire. Il a été condamné à treize ans de prison ferme il y a cinq mois pour son statut de dirigeant de l’organisation criminelle néonazi Aube Dorée, peine qu’il ne purge toujours pas ! Une manifestation similaire avait eu lieu quelques heures plus tôt à Athènes, devant les bureaux de l’UE.

Muni.e.s de pancartes et de panneaux, nous avons « rappelé » à celles et ceux qui ont une courte mémoire – à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment – que cinq mois après sa condamnation, Lagos continue de circuler librement à Bruxelles, provoquant la colère de tou.te.s les démocrates et antifascistes de Grèce et de Belgique. Il y a à peine quelques mois, le mouvement antifasciste grec criait « les nazis en prison » et a gagné une bataille : la justice grecque prononçait la condamnation du parti Aube Dorée et de ses membres, la jugeant comme organisation criminelle et condamnant ses dirigeants à de (relativement) longues peines de prison ferme.

Notre action aujourd’hui devant le siège de cette institution de l’UE vise à dénoncer cette injustice au nom des victimes des criminels, injustice qui de facto dévalorise les institutions européennes et l’institution judiciaire grecque elles-mêmes. Nous ne sommes pas dupes, nous savons très bien que le combat contre le fascisme se déroule dans la rue et que la victoire devant les tribunaux, autant que nous l’ayons appréciée, ne signifie pas la fin de la lutte antifasciste.

Quel que soit le pays où ils fuient, quel que soit le terrier qu’ils creusent, faites-leur savoir que nous les retrouverons !

On n’oublie pas, on ne pardonne pas, on continue le combat !