17 février

Katmandou, Nepal

Justice climatique et dette écologique

Quand : 17 février, 14:00PM - 15:30 PM Heure du Népal
Où : Forum social mondial au Népal
Co-organisé avec ATTAC et Debt for Climate

Les pays ont besoin de ressources pour faire face immédiatement à la catastrophe climatique. Cependant, une grande partie des pays du Sud n’est pas en mesure de faire face aux coûts et aux effets croissants du problème climatique, car ils sont obligés de rembourser chaque année d’énormes quantités de dettes à leurs créanciers. Simultanément, les phénomènes météorologiques extrêmes et l’absence de financement climatique sous forme de subventions enfoncent encore davantage les États endettés, en contraignant nombre d’entre eux à faire de la production de combustibles fossiles leur principale source de revenus pour assurer le paiement du service de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
, et en créant un cercle vicieux dont il n’y a peut-être pas d’issue. En outre, comme plus de 70 % des fonds consacrés au climat sont accordés sous forme de prêts, ils entraînent dans leur sillage les nations endettées. Ce sont les pays qui ont le moins contribué à la catastrophe climatique qui paient le plus lourd tribut.

Les niveaux d’endettement excessifs font qu’il est plus difficile pour les pays du Sud de répondre au problème climatique et de l’atténuer, car des ressources essentielles sont détournées d’autres priorités sociales pour être consacrées au remboursement de la dette. Le remboursement de la dette absorbe une part de plus en plus importante des ressources qui pourraient être utilisées pour lutter contre l’épidémie, la catastrophe climatique et d’autres problèmes urgents. La session vise à aborder ces questions et à discuter de la crise climatique et de la question de la dette écologique Dette écologique La dette écologique est la dette contractée par les pays industrialisés envers les autres pays à cause des spoliations passées et présentes de leurs ressources naturelles, auxquelles s’ajoutent la délocalisation des dégradations et la libre disposition de la planète afin d’y déposer les déchets de l’industrialisation.

La dette écologique trouve son origine à l’époque coloniale et n’a cessé d’augmenter à travers diverses activités :


- La « dette du carbone ». C’est la dette accumulée en raison de la pollution atmosphérique disproportionnée due aux grandes émissions de gaz de certains pays industriels, avec, à la clé, la détérioration de la couche d’ozone et l’augmentation de l’effet de serre.

- La « biopiraterie ». C’est l’appropriation intellectuelle des connaissances ancestrales sur les semences et sur l’utilisation des plantes médicinales et d’autres végétaux par l’agro-industrie moderne et les laboratoires des pays industrialisés qui, comble de l’usurpation, perçoivent des royalties sur ces connaissances.

- Les « passifs environnementaux ». C’est la dette due au titre de l’exploitation sous-rémunérée des ressources naturelles, grevant de surcroît les possibilités de développement des peuples lésés : pétrole, minéraux, ressources forestières, marines et génétiques.

- L’exportation vers les pays les plus pauvres de produits dangereux fabriqués dans les pays industriels.

Dette écologique et dette extérieure sont indissociables. L’obligation de payer la dette extérieure et ses intérêts impose aux pays débiteurs de réaliser un excédent monétaire. Cet excédent provient pour une part d’une amélioration effective de la productivité et, pour une autre part, de l’appauvrissement des populations de ces pays et de l’abus de la nature. La détérioration des termes de l’échange accentue le processus : les pays les plus endettés exportent de plus en plus pour obtenir les mêmes maigres recettes tout en aggravant mécaniquement la pression sur les ressources naturelles.
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Intervenant·es :

Husnain Jamil Faridi, Asia Europe People’s Forum
Melani Gunathilaka , Debt for climate
Raouf Mohamed, Debt for climate
Ian Vidal, ATTAC
Maxime Perriot, CADTM International Network

Modérateur :

Sushovan Dhar, CADTM International Network


Traduction(s)

À venir