16 juin

Bruxelles, Belgique

L’éveil du Sud : mondialisation et anti-impérialisme - Soirée d’hommage à Samir Amin (1931-2018)

Mercredi 16 juin 2021 à 18h30
Centre culturel La Tour à Plomb, Rue de l’Abattoir 24, 1000 Bruxelles

Réservations auprès du forum.nord.sud chez skynet.be

Participation aux frais volontaire de 5,00€ (en espèce et à l’entrée)

Deux personnalités attachantes, l’historienne tunisienne Sophie Bessis et l’altermondialiste français Gus Massiah, nous apporteront leur éclairage sur les contributions de Samir Amin à l’analyse des luttes des peuples du Grand Sud qui se sont émancipés des tutelles coloniales et ont été confrontés au néocolonialisme, instrument de leur aliénation dans la mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
prédatrice.

À la lumière des réflexions de Samir Amin, et en compagnie de Pierre Galand, nous débattrons de l’actualité des mouvements populaires, des défis auxquels ils sont confrontés, et de la manière de participer à ou de soutenir ces résistances.

Un évènement organisé par le Forum Nord-Sud, le CETRI et les Amis du Monde diplomatique-Belgique.

Avec l’appui du CADTM, du CNCD, du CNAPD et du GRESEA.

Editeur responsable : Pierre Galand - 115 rue Stévin, 1000 Bruxelles


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