[LCD] Pas d’avenir sans agriculture paysanne ! enregistrement et compléments d’infos

10 février par CADTM Belgique , Nicolas Sersiron , Sushovan Dhar , Camille Bruneau , Pablo Laixhay , Jonathan Peuch


Dans le cadre de ce LCD (Lundis contre la dette) du 8 février 2021 nous organisions une conférence-débat sur la thématique de l’agriculture, en se concentrant sur les luttes actuelles des paysan-ne-s en Inde.

Enjeux financiers, écologiques et impérialistes
Focus : luttes paysannes en Inde

Avec Sushovan Dhar (CADTM Inde), Nicolas Sersiron (CADTM France) , Pablo Laixhay (CADTM Belgique) et Jonathan Peuch (FIAN Belgium).

L’adoption de trois lois qui concernent les paysan.ne.s Indiennes en fin décembre 2020 a suscité un énorme mouvement de contestation qui dure depuis lors. Il a notamment fait parler de lui le 26 janvier avec la présence de centaines de milliers de personnes et tracteurs demandant l’abrogation de ces lois dans les rue de Dehli lors du Republic Day.

Les luttes paysannes incarnent à elles seules de nombreux enjeux fondamentaux, pour le CADTM mais aussi tout simplement pour la survie de l’humanité et des écosystèmes : Micro-crédits, dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
écologique, agro-alimentaire, rapport au vivant et à la terre, souveraineté alimentaire, enjeux démocratiques, propriété intellectuelles, ... des questions rendues encore plus centrale depuis la pandémie dont l’ampleur a été empirée, entre autre, par la logique extractiviste de nos modèles économiques et alimentaires.

Un panel large a permis une très riche et complète approche à la question.

Sushovan Dhar sur les révoltes en cours, leurs contextes politiques et historiques, défis, succès et leçons à tirer.

Nicolas Sersiron sur « l’agriculture paysanne qui nourrit le monde sans le détruire vs. l’agro-alimentaire qui détruit le monde sans le nourrir et la notion de dette écologique Dette écologique La dette écologique est la dette contractée par les pays industrialisés envers les autres pays à cause des spoliations passées et présentes de leurs ressources naturelles, auxquelles s’ajoutent la délocalisation des dégradations et la libre disposition de la planète afin d’y déposer les déchets de l’industrialisation.

La dette écologique trouve son origine à l’époque coloniale et n’a cessé d’augmenter à travers diverses activités :


- La « dette du carbone ». C’est la dette accumulée en raison de la pollution atmosphérique disproportionnée due aux grandes émissions de gaz de certains pays industriels, avec, à la clé, la détérioration de la couche d’ozone et l’augmentation de l’effet de serre.

- La « biopiraterie ». C’est l’appropriation intellectuelle des connaissances ancestrales sur les semences et sur l’utilisation des plantes médicinales et d’autres végétaux par l’agro-industrie moderne et les laboratoires des pays industrialisés qui, comble de l’usurpation, perçoivent des royalties sur ces connaissances.

- Les « passifs environnementaux ». C’est la dette due au titre de l’exploitation sous-rémunérée des ressources naturelles, grevant de surcroît les possibilités de développement des peuples lésés : pétrole, minéraux, ressources forestières, marines et génétiques.

- L’exportation vers les pays les plus pauvres de produits dangereux fabriqués dans les pays industriels.

Dette écologique et dette extérieure sont indissociables. L’obligation de payer la dette extérieure et ses intérêts impose aux pays débiteurs de réaliser un excédent monétaire. Cet excédent provient pour une part d’une amélioration effective de la productivité et, pour une autre part, de l’appauvrissement des populations de ces pays et de l’abus de la nature. La détérioration des termes de l’échange accentue le processus : les pays les plus endettés exportent de plus en plus pour obtenir les mêmes maigres recettes tout en aggravant mécaniquement la pression sur les ressources naturelles.
 »

Pablo Laixhay sur comment ces mécanismes sont rendus possible et exacerbées par l’endettement public, aussi bien au nord qu’au sud, et comment cela affecte la souveraineté alimentaire

Jonathan sur les luttes paysannes et la souveraineté alimentaire en Belgique, et quelques balises internationales sur les droits des paysans.

Quelques ressources et collectifs mentionnées :

Projet de sécurité sociale de l’alimentation :

Panorama de l’agriculture en Wallonie :

UNDROP - Déclaration Universelle des Droits Paysans :




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Nicolas Sersiron

Ex-président du CADTM France, auteur du livre « Dette et extractivisme »
Après des études de droit et de sciences politiques, il a été agriculteur-éleveur de montagne pendant dix ans. Dans les années 1990, il s’est investi dans l’association Survie aux côtés de François-Xavier Verschave (Françafrique) puis a créé Échanges non marchands avec Madagascar au début des années 2000. Il a écrit pour ’Le Sarkophage, Les Z’indignés, les Amis de la Terre, CQFD.
Il donne régulièrement des conférences sur la dette.

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