La Banque mondiale et le FMI reconnaissent que l’écart se creuse de plus en plus entre le Nord et le Sud

1er février par Eric Toussaint


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La Banque mondiale en janvier 2022 a averti que les pays “en développement” vont prendre encore plus de retard sur le monde riche alors qu’ils peinent à se remettre de l’impact économique de la pandémie en raison de la propagation des variants du coronavirus et de leur capacité limitée à mettre en place des mesures de relance. Dans de nouvelles prévisions économiques publiées mardi 11 janvier 2022, la Banque mondiale a indiqué qu’elle s’attendait à ce que l’économie mondiale connaisse une reprise à deux vitesses en 2022, ce qui alimentera le creusement des inégalités. Alors que, selon la Banque mondiale, la production des pays riches retrouvera son niveau d’avant la pandémie en 2023, celle des pays “en développement” restera en moyenne 4 % en dessous de son niveau d’avant la pandémie. Selon la Banque, la faible reprise après l’impact du coronavirus sera particulièrement grave dans les pays les plus vulnérables ; d’ici l’année prochaine, la production des pays « fragiles et touchés par un conflit et celle des petits États insulaires seront encore inférieures de 7,5 à 8,5 % » à leur niveau d’avant la pandémie.

David Malpass, président de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
, a déclaré qu’il existait un fossé entre les taux de croissance des pays riches et des pays pauvres. Alors que le revenu par habitant a augmenté de 5 % l’année dernière dans les économies avancées, il n’a augmenté que de 0,5 % dans les pays à faible revenu, a-t-il déclaré. « Nous allons dans la direction opposée de ce que l’on souhaiterait pour un bon développement », a-t-il affirmé. « Nous avons un gros problème à venir qui pourrait durer des années ».

David Malpass, président de la Banque mondiale, a déclaré qu’il existait un fossé entre les taux de croissance des pays riches et des pays pauvres

Ayhan Kose, chef de l’unité de prévision économique de la banque, a déclaré que les pays en développement étaient confrontés à « une pléthore de risques » qui augmente la probabilité d’un atterrissage brutal, notamment l’apparition de nouveaux variants, la hausse de l’inflation Inflation Hausse cumulative de l’ensemble des prix (par exemple, une hausse du prix du pétrole, entraînant à terme un réajustement des salaires à la hausse, puis la hausse d’autres prix, etc.). L’inflation implique une perte de valeur de l’argent puisqu’au fil du temps, il faut un montant supérieur pour se procurer une marchandise donnée. Les politiques néolibérales cherchent en priorité à combattre l’inflation pour cette raison. , les tensions sur les marchés financiers Marchés financiers
Marché financier
Marché des capitaux à long terme. Il comprend un marché primaire, celui des émissions et un marché secondaire, celui de la revente. À côté des marchés réglementés, on trouve les marchés de gré à gré qui ne sont pas tenus de satisfaire à des conditions minimales.
avec la hausse des taux d’intérêt Taux d'intérêt Quand A prête de l’argent à B, B rembourse le montant prêté par A (le capital), mais aussi une somme supplémentaire appelée intérêt, afin que A ait intérêt à effectuer cette opération financière. Le taux d’intérêt plus ou moins élevé sert à déterminer l’importance des intérêts.
Prenons un exemple très simple. Si A emprunte 100 millions de dollars sur 10 ans à un taux d’intérêt fixe de 5 %, il va rembourser la première année un dixième du capital emprunté initialement (10 millions de dollars) et 5 % du capital dû, soit 5 millions de dollars, donc en tout 15 millions de dollars. La seconde année, il rembourse encore un dixième du capital initial, mais les 5 % ne portent plus que sur 90 millions de dollars restants dus, soit 4,5 millions de dollars, donc en tout 14,5 millions de dollars. Et ainsi de suite jusqu’à la dixième année où il rembourse les derniers 10 millions de dollars, et 5 % de ces 10 millions de dollars restants, soit 0,5 millions de dollars, donc en tout 10,5 millions de dollars. Sur 10 ans, le remboursement total s’élèvera à 127,5 millions de dollars. En général, le remboursement du capital ne se fait pas en tranches égales. Les premières années, le remboursement porte surtout sur les intérêts, et la part du capital remboursé croît au fil des ans. Ainsi, en cas d’arrêt des remboursements, le capital restant dû est plus élevé…
Le taux d’intérêt nominal est le taux auquel l’emprunt est contracté. Le taux d’intérêt réel est le taux nominal diminué du taux d’inflation.
et les catastrophes liées au climat. Il a appelé à une action plus agressive de la communauté mondiale sur les vaccins, la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
et le changement climatique.

Selon M. Kose, les économies émergentes et en développement n’ont pas été en mesure d’apporter à la pandémie une réponse fiscale et monétaire aussi importante que celle mise en œuvre dans les économies avancées, et un certain nombre d’entre elles ont déjà été contraintes de retirer leurs mesures de relance en augmentant les taux d’intérêt pour faire face à une poussée de l’inflation. « Ils ont fait tout ce qu’ils ont pu, mais c’est loin d’être ce que les économies avancées ont pu faire. », a-t-il souligné. Il a ajouté : »Il s’agit d’une pandémie d’inégalités qui aura des conséquences sur plusieurs générations."

Selon M. Kose, chef de l’unité de prévision économique de la banque : Nous faisons semblant de pouvoir surmonter la pandémie sans vacciner de grandes populations dans le monde. Ce n’est pas vrai

Il a notamment plaidé en faveur d’une action plus ambitieuse pour protéger du virus les économies en développement. « Dans le cas des vaccins, le problème est très clair et ne pas le traiter a des conséquences », a-t-il déclaré. « Nous faisons semblant de pouvoir surmonter la pandémie sans vacciner de grandes populations dans le monde. Ce n’est pas vrai. »

L’avertissement de la Banque mondiale fait écho à des appels similaires lancés par d’autres institutions mondiales. Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement
CNUCED
Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. Elle a été créée en 1964, sous la pression des pays en voie de développement pour faire contrepoids au GATT. Depuis les années 1980, elle est progressivement rentrée dans le rang en se conformant de plus en plus à l’orientation dominante dans des institutions comme la Banque mondiale et le FMI.
Site web : http://www.unctad.org
(CNUCED), a déclaré que la distribution des vaccins dans le monde avait été « minable et irrationnelle », les économies avancées ayant conclu des accords d’approvisionnement pour 3 milliards de doses de vaccin de plus que ce dont elles avaient besoin pour leurs propres populations, soit presque assez pour fournir deux doses à l’ensemble de l’Afrique. « Le coût de la pandémie s’accroît au-delà de tout ce que nous avons vu auparavant, et pas seulement en termes de dette et de santé de millions de citoyens », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que la propagation de nouveaux variants « affecte déjà la reprise et érode la légitimité des gouvernements et des institutions démocratiques partout dans le monde... ». Si nous ne trouvons pas la volonté politique et l’espace pour la négociation, malheureusement la réalité nous mènera à de très mauvais résultats" [1].

Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a déclaré que la distribution des vaccins dans le monde avait été « minable et irrationnelle »

En 2021, Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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, a prévenu que le monde était « confronté à une aggravation de la reprise à deux vitesses », en raison des différences dans la disponibilité des vaccins, des taux d’infection et de la capacité variable des pays à fournir un soutien politique. Elle a qualifié cette situation de « moment critique qui appelle une action urgente de la part du G20 G20 Le G20 est une structure informelle créée par le G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) à la fin des années 1990 et réactivée par lui en 2008 en pleine crise financière dans le Nord. Les membres du G20 sont : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, Union européenne (représentée par le pays assurant la présidence de l’UE et la Banque Centrale européenne ; la Commission européenne assiste également aux réunions). L’Espagne est devenue invitée permanente. Des institutions internationales sont également invitées aux réunions : le Fonds monétaire international, la Banque mondiale. Le Conseil de stabilité financière, la BRI et l’OCDE assistent aussi aux réunions. et des décideurs politiques ».

Les alertes lancées par la Banque mondiale et le FMI sont fondées mais l’autocritique est totalement absente. De plus, ces deux institutions ne changent pas d’un iota leur politique concrète : elles continuent de recommander la poursuite des politiques néolibérales, celles qui justement ont mené au désastre actuel.

La fin de 2021 et le début de l’année 2022 sont marqués par de très fortes hausses des prix de l’énergie. Cela a commencé à provoquer des émeutes comme au Kazakhstan en janvier 2022. Face à la hausse des prix des aliments de base et des combustibles imposée par les programmes d’ajustement structurel et soutenue par le FMI et la Banque mondiale, les populations sont confrontées à d’énormes difficultés pour chauffer leur logement là où c’est nécessaire ou pour la cuisson des aliments, pour faire bouillir l’eau et la rendre potable.

Les gouvernements et les grandes institutions multilatérales comme la Banque mondiale, le FMI et les banques régionales de développement ont instrumentalisé le remboursement de la dette publique pour généraliser des politiques qui ont détérioré les systèmes de santé publique.

Face à la hausse des prix des aliments de base et des combustibles imposée par les programmes d’ajustement structurel et soutenue par le FMI et la Banque mondiale, les populations sont confrontées à d’énormes difficultés pour chauffer leur logement là où c’est nécessaire ou pour la cuisson des aliments, pour faire bouillir l’eau et la rendre potable

Cela les a rendus beaucoup plus vulnérables à des pandémies comme celle du coronavirus.

Avant même l’éclatement de l’épidémie de Covid-19, ces politiques avaient déjà produit d’énormes pertes en vie humaines et, aux quatre coins de la planète, les personnels de santé avaient organisé des protestations.

Si l’on voulait se donner les moyens de combattre le coronavirus et, au-delà, d’améliorer la santé et les conditions de vie des populations, il fallait adopter des mesures d’urgence.

La suspension immédiate du paiement de la dette et, mieux encore, son annulation auraient dû constituer une priorité.

Or, ni la Banque mondiale ni le FMI n’ont annulé des dettes depuis le début de la pandémie du coronavirus. Ces deux institutions ont multiplié des déclarations qui visaient à donner l’impression qu’elles prenaient des mesures très fortes. C’est entièrement faux. Le mécanisme de suspension du service de la dette Service de la dette Remboursements des intérêts et du capital emprunté. mis en place par le FMI, la Banque mondiale et le G20 en avril 2020 ressemble comme deux gouttes d’eau au mécanisme mis en place après le tsunami qui avait frappé l’Inde, le Sri Lanka, le Bangladesh et l’Indonésie en décembre 2004. Au lieu d’annulation, les créanciers publics ne font que reporter les échéances. Soulignons que les créanciers privés ne sont tenus de faire aucun effort. Quant au FMI, il ne met pas fin au remboursement, il ne le suspend même pas. Il a mis en place un fonds spécial qui est alimenté par des pays riches et dans lequel le FMI puise pour se rembourser.

Pire, depuis mars 2020, le FMI a prolongé des accords de prêts qui impliquent la poursuite des mesures néolibérales et d’austérité.

Le mécanisme de suspension du service de la dette mis en place par le FMI, la Banque mondiale et le G20 en avril 2020 ressemble comme deux gouttes d’eau au mécanisme mis en place après le tsunami qui avait frappé l’Inde, le Sri Lanka, le Bangladesh et l’Indonésie en décembre 2004

Quant à la Banque mondiale, entre mars 2020 et avril 2021, elle a reçu plus de remboursements des pays « en développement » qu’elle n’a octroyé de financements, que ce soit sous forme de dons ou de prêts.

En 2021, face à la crise internationale et la pandémie, le CADTM international a été à l’initiative d’un Manifeste « Mettons fin au système de brevets privés ! » qui a reçu un important écho international : Liste des 360 premières signatures de personnes qui soutiennent le Manifeste Mettons fin au système de brevets privés ! #FREECOVIDPATENTS. Plus de 250 organisations sont également signataires à l’échelle internationale.

Pour lutter contre les inégalités en pleine croissance et faire face à la pandémie de coronavirus, le réseau international du CADTM et les signataires du manifeste promu par le CADTM se prononcent pour :

  1. La suspension des brevets privés sur toutes les technologies, connaissances, traitements et vaccins liés à la Covid-19 ;
  2. L’élimination des secrets commerciaux et la publication d’informations sur les coûts de production et les investissements publics utilisés, de manière claire et accessible à l’ensemble de la population ;
  3. La transparence et le contrôle public à tous les stades du développement du vaccin ;
  4. L’accès universel, libre et gratuit à la vaccination et au traitement ;
  5. L’expropriation et la socialisation sous contrôle citoyen de l’industrie pharmaceutique privée comme base d’un système public et universel de santé qui favorise la production de traitements et de médicaments génériques ;
  6. L’augmentation des investissements et des budgets publics alloués aux politiques publiques de santé et de soins de proximité, incluant une augmentation de l’embauche, des salaires et une amélioration des conditions de travail du personnel de ces secteurs ;
  7. L’introduction de taxes sur la richesse (patrimoine et revenus du 1 % les plus riches) pour financer la lutte contre la pandémie et assurer une sortie socialement juste et écologiquement pérenne des différentes crises du capitalisme mondial ;
  8. La suspension du paiement des dettes pendant la durée de la pandémie et l’annulation des dettes illégitimes et de celles contractées pour financer la lutte contre le virus.

La mobilisation citoyenne constitue la clé de voûte fondamentale des changements que le CADTM entend impulser

Partout sur la planète, le « système dette » accentue les inégalités. Si les contextes sont différents, le mécanisme est semblable au Nord comme au Sud : les États surendettés sont étranglés par des remboursements insoutenables et mis sous contrôle des créanciers. Les solutions imposées au Sud et au Nord sont identiques : plans d’ajustement structurel là-bas, politiques d’austérité ici, privatisations, asservissement systématique de la nature et mesures antisociales partout. Afin que les peuples puissent se libérer de la tutelle des créanciers, le CADTM préconise l’annulation de toutes les dettes identifiées comme illégitimes, illégales, insoutenables ou odieuses sur base de la réalisation d’audits à même de clarifier leur origine et d’identifier la partie qui ne doit pas être honorée car n’ayant nullement profité à la population. La mobilisation citoyenne constitue la clé de voûte fondamentale des changements que le CADTM entend impulser. L’une de ses stratégies pour l’alimenter consiste à renforcer les organisations membres de son réseau international tout en développant simultanément ses synergies avec des réseaux qui travaillent sur la dette et ses collaborations avec d’autres mouvements sociaux afin qu’ils intègrent la thématique de la dette et la revendication de son annulation à leur agenda politique. Notons qu’aux yeux du CADTM, l’annulation de toutes les dettes illégitimes n’est pas une fin en soi. Elle est bien davantage un moyen, une condition nécessaire mais non suffisante à la construction d’un monde permettant la consécration universelle des droits humains fondamentaux, l’émancipation sociale et le respect de la nature.




Notes

[1Citations tirées de l’article du Financial Times du 11 janvier 2022, “Two-speed pandemic recovery will worsen inequality, World Bank warns Economic impact on developing countries will leave them further behind rich nations”

Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2020, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.

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