La dette extérieure d’Haïti, une hypocrisie française

13 janvier 2010 par Etant Dupain


Haïti vient d’être frappé par un terrible séisme. Chacun y va de sa larme. Mais cette catastrophe s’ajoute à d’autres, évitables celles-là, réparable pour l’une d’elle. Sans elles, le drame d’aujourd’hui aurait des effets moins cruels et des vies seraient sauvées en ce moment même. Car les conséquences d’un tremblement de terre ne sont pas identiques dans un pays riche et dans un pays pauvre, ruiné et pillé.

La France accorde une aide humanitaire dont nous devrions être fiers ? Il vaudrait mieux qu’elle rende à Haïti ce qu’elle lui doit.

En 1803, après 300 ans d’esclavage, Haïti se souleva et mit en déroute l’armée française. Vint ensuite la déclaration d’indépendance abolissant l’esclavage en 1804.

En 1825, les Français exigèrent le paiement d’une somme équivalente à 21 milliards de dollars actuels pour reconnaître l’indépendance du pays et renoncer à une nouvelle invasion.

Aujourd’hui, Haïti doit rembourser d’énormes sommes au FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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, organisation où la France dispose d’un poids important. Mais, si elle discourt en faveur du développement de ce pays appauvri par toutes ces politiques, elle n’a aucun geste concret pour y aider.

Ce refus de payer sa dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
s’aggrave avec le refuge qu’elle accorde à l’ex-dictateur Jean Claude Duvalier, exilé en France (après 29 ans de dictature de père en fils) avec une fortune de 900 millions de dollars, volée dans les caisses de l’Etat haïtien, soit une somme alors supérieure à la dette externe du pays.

Ainsi, le devoir de la France est de permettre à Haïti de récupérer ce qui reste de l’argent volé en extradant Duvalier qui comparaîtra devant la justice haïtienne.

Etant Dupain, journaliste haïtien
http://www.legrandsoir.info/La-dette-exterieure-d-Haiti-une-hypocrisie-francaise-suivi-de-Laurent-Fabius-a-egare-son-dictateur.html

Traduction : Grégoire Souchay pour http://www.larevolucionvive.org.ve/