Communiqué de presse

Le CADTM dresse un bilan mitigé mais encourageant du Forum social mondial de Nairobi

25 janvier 2007


Le 4e jour du Forum social mondial a été conçu par le Conseil international comme une journée qui devait déboucher sur des actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
et une plus grande convergence. Il en a bien été ainsi malgré un programme qui n’était pas construit pour favoriser cela.

La journée du 24 janvier a commencé sans problème car les portes du stade du FSM étaient grandes ouvertes : Kenyans et étrangers ont pu entrer sans difficulté. Le comité organisateur a donc fini par comprendre qu’il ne fallait pas empêcher la participation des Kenyans pour une question d’argent.

Il est nécessaire de faire une précision : le CADTM avait proposé qu’on enregistre tous les participants et qu’ils reçoivent une carte de participant à présenter lors des contôles et cela pour deux raisons : éviter l’entrée de personnes pouvant mettre en danger la sécurité de l’événement et faire en sorte que tous les participants (payant ou non) soient mis sur le même plan. Le fait de porter une carte identifiant le participant aurait permis d’éviter en effet tout sentiment de discrimination entre ceux qui payaient l’entrée et ceux qui ne pouvaient pas payer.
Cela aurait été d’autant plus utile que, le 3e jour, plusieurs Kenyans qui se déplaçaient dans le stade sans carte ont été injustement appréhendés par la police du stade et maintenus en cellule de longues heures malgré les protestations des mouvements sociaux.

Le 4e jour a commencé par des assemblées thématiques convoquées en commun par différents réseaux et parallèlement par une première assemblée préparatoire des mouvements sociaux. Celle-ci, particulièrement fournie, a commencé de manière combative par des chants et des danses sous l’impulsion enthousiasmante de l’imposante délégation sud-africaine.

Toutes les campagnes « dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
 » ont réalisé une réunion commune dans la seconde partie de la matinée. Très réussie, cette activité autoconvoquée a réuni plus ou moins 300 délégués de tous les continents qui ont adopté, après discussion et amendements, une déclaration ainsi qu’un calendrier d’actions communs.

Parmi les principaux rendez-vous communs, on soulignera l’importance de la mobilisation contre le G8 G8 Ce groupe correspond au G7 plus la Fédération de Russie qui, présente officieusement depuis 1995, y siège à part entière depuis juin 2002. (début juin 2007, près de Rostock en Allemagne). A cette occasion, se tiendra un contre-sommet de masse à Rostock (on prévoit plus de 100 000 participants) et, parallèlement, le 6e Forum des Peuples au Mali.

Ensuite, du 15 octobre (date du 20e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara, président du Burkina Faso) au 21 octobre (date de la réunion annuelle du FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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et de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
à Washington) se déroulera une série d’actions nationales et internationales communes.

Sur le temps de midi, les activites du « Parlement du Peuple » ont occupé les salles des luxueux restaurants privés situés à l’intérieur du stade et ont distribué la nourriture aux quelques dizaines d’enfants des quartiers populaires de Nairobi qui les avaient accompagnés. Le « Parlement du Peuple » avait réalisé au cours des trois premiers jours une activité alternative en plein centre ville qui a accueilli plusieurs milliers de participants auxquels se sont joints des délégués des différents mouvements étrangers parmi lesquels le CADTM.

Au début de l’après-midi, 21 assemblées thématiques étaient convoquées par le comité organisateur. A quelques exceptions près, elles n’ont rencontré qu’un succès limité (d’après nos comptages, un peu moins de 1 500 personnes pour l’ensemble des assemblées). Par exemple, l’assemblée thématique sur la dette n’a réuni qu’une quarantaine de participants mais ceux-ci ont approuvé après débat le plan d’action et la déclaration de l’assemblée des campagnes « dette ».

La journée s’est poursuivie en fanfare avec l’Assemblée des Mouvements sociaux qui a réuni plus de 2 000 participants alors qu’elle n’était pas annoncée dans le programme officiel et qu’elle avait été convoquée le jour même par la coordination des Mouvements sociaux.

L’Assemblée a adopté une déclaration qui notamment dénonçait la marchandisation du FSM ainsi que le recours à l’armée dans l’enceinte du stade. Dans un climat de grand enthousiasme, se sont succédés une trentaine d’orateurs et oratrices représentent des luttes et des campagnes internationales. Parmi eux, l’intervention d’un leader syndical de Guinée Conakry appelant les participants à se solidariser avec le peuple guinéen en grève générale et victime d’une répression féroce (il y aurait eu plus de 50 morts au cours des 10 derniers
jours). Salissou Obandoma, du RNDD Niger (membre du réseau international CADTM), a expliqué la lutte des Nigériens contre les politiques d’ajustement structurel. John More, du mouvement antiguerre aux Etats-Unis, a présenté la déclaration finale des mouvements antiguerre. Une représentante zambienne a présenté la résolution finale de l’assemblée du secteur « santé ». Des leaders vénézuéliens, saharaouis, palestiniens, zimbabwéens, kenyans... sont également intervenus. Et l’acteur noir nord-américain, Danny Glover, coproducteur du film
« Bamako », aussi !

Cette initiative des mouvements sociaux a permis de terminer la 4e journée dans une ambiance de convergence et dans un sentiment de fraternité qui n’avait malheureusement pas été suffisamment présent jusque là.

Ce 25 janvier, 5e jour du Forum, le CADTM a tenu une réunion de bilan de l’intervention de son réseau international avec la participation d’une quarantaine de délégué(e)s provenant de Pakistan, Inde, Iles Maldives, République démocratique du Congo, Congo-Brazzaville, Angola, Côte d’Ivoire, Bénin, Mali, Niger, Sénégal, Maroc, Tunisie, Haïti, Japon, Kenya, Afrique du
Sud, Belgique, France et Suisse.