Le Messager n°0 - avril 2008 : Trimestriel d’information de la CAD/Mali

19 avril 2008 par CAD Mali


Votre journal le « Messager » sort son premier numéro. Il sera l’organe
de liaison et d’information de l’ensemble des mouvements sociaux du
Mali, d’Afrique et du monde.
Pourquoi un journal ?

Parce que notre époque est marquée par le triomphe du capital financiarisé et mondialisé, laquelle se traduit par l’intrusion de la logique
commerciale à tous les stades de production et de circulation de biens
culturels. Les conséquences qui en résultent s’avèrent désastreuses
pour tous les pays du monde. C’est l’époque du néolibéralisme, le
règne des oligarques, des pétroliers, des industries de l’armement. Le
sociologue français Pierre Bourdieu a dit que le « néolibéralisme est
une arme de conquête. Il annonce un fatalisme économique contre
lequel toute résistance paraît vaine. Le néolibéralisme est pareil au
sida : Il détruit le système immunitaire de ses victimes »

Où que l’on regarde, l’inégalité et l’injustice sont criardes. Selon un
rapport sur la situation sociale dans le monde en 2005, publié par
l’ONU, les 500 personnes les plus riches du monde avaient un revenu
cumulé plus important que celui des 416 millions les plus pauvres.
Ainsi, plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à une eau salubre et 2,6 milliards n’ont pas accès à des installations sanitaires. La
pénurie, au centre d’une crise mondiale de l’eau pose avant tout la
question d’une juste répartition des biens naturels et fondamentaux
pour l’existence humaine.

D’autant plus que les valeurs patrimoniales détenues par les 15 personnes les plus riches de la terre sont supérieures au Produit Intérieur
Brut (P.I.B) de tous les États au sud du Sahara, excepté l’Afrique du
Sud. Les ventes de chacune des 100 sociétés transnationales privées
les plus puissantes du monde dépassent la totalité des exportations
de l’ensemble des 120 pays les plus pauvres. Et la situation ne fait que
s’empirer !

C’est dans ce contexte que la Coalition des Alternatives Africaines
Dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
et Développement, à l’instar de plusieurs composantes du mouvement social malien, africain et mondial se mobilise depuis plusieurs
années contre cette situation inique. Son combat est d’identifier les for-
ces qui interviennent dans ce processus de mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
néolibérale, d’analyser leurs structures, leurs visées historiques, leurs stratégies et tactiques, d’échanger les expériences de lutte au plan national
et international de les capitaliser afin d’ouvrir de meilleures perspectives pour l’ensemble des peuples du monde.

Dans ce n°0, il sera question de notre agenda, des combats qui ont
mobilisé notre Coalition comme par exemple la semaine d’éducation
populaire, l’accessibilité financière à l’eau et à l’électricité pour l’im-
mense majorité des citoyens, le refus de la signature des accords de
partenariat économique entre l’Union Européenne et les pays ACP, ou
encore la tenue du 06 au 09 Juillet prochain de la 7e édition du
Forum des Peuples à Koulikoro en contre point du Sommet du G8 G8 Ce groupe correspond au G7 plus la Fédération de Russie qui, présente officieusement depuis 1995, y siège à part entière depuis juin 2002.
prevu à Hokkaido au Japon.

Votre contribution est vivement souhaitée..

Bonne lecture !