Union internationaliste contre l’exploitation minière et pour la vie
20 mai 2025 par Collectif

Photo : Sam Beebe, CC, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:BC_forestry_%286998035791%29.jpg
L’appropriation et la commercialisation des territoires et de la nature, est en train de s’étendre en termes sectoriels, géographiques et politiques. Les mégaprojets extractifs unis à l’exploitation des minerais fondamentaux, le développement de grands polygones d’énergies renouvelables, des macrofermes agroindustrielles, des agro-affaires et des colossales infrastructures de tout genre, prennent un grand protagonisme comme des espaces de préférence pour l’accumulation de capital. Également, les initiatives classiques d’extraction minière et des hydrocarbures, maintiennent leur caractère stratégique pour le soutient de la dynamique capitaliste.
« Nous ne proposons pas de solutions superficielles face au modèle capitaliste implacable, nous proposons que tandis que les relations d’exploitation entre les êtres humains et des êtres humains envers le monde ne soient pas transformées, nous ne pourrons pas vivre sur un pied d’égalité »
Les peuples contre l’extractivisme
Extractivisme
Modèle de développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles, humaines et financières, guidé par la croyance en une nécessaire croissance économique.
Union internationaliste contre l’exploitation minière et pour la vie
« Nous ne proposons pas de solutions superficielles face au modèle capitaliste implacable, nous proposons que tandis que les relations d’exploitation entre les êtres humains et des êtres humains envers le monde ne soient pas transformées, nous ne pourrons pas vivre sur un pied d’égalité. »
L’appropriation et la commercialisation des territoires et de la nature, est en train de s’étendre en termes sectoriels, géographiques et politiques. Les mégaprojets extractifs unis à l’exploitation des minerais fondamentaux, le développement de grands polygones d’énergies renouvelables, des macrofermes agroindustrielles, des agro-affaires et des colossales infrastructures de tout genre, prennent un grand protagonisme comme des espaces de préférence pour l’accumulation de capital. Également, les initiatives classiques d’extraction minière et des hydrocarbures, maintiennent leur caractère stratégique pour le soutient de la dynamique capitaliste.
Le capitalisme entraine une liaison mercantiliste et d’exploitation de la nature, en même temps qui est incapable de résoudre la crise énergétique, sanitaire, écologique et socioéconomique qui touche surtout aux classes populaires partout dans le monde. Il s’agit d’une étape néocoloniale et rentière du capitalisme où la spoliation de la nature par le moyen de l’extractivisme, le pouvoir corporatif et la militarisation, prennent la tête d’une authentique offensive sur les différents territoires, surtout chez les pays périphériques et semipériphériques. Il existe, dans la base, une dispute croissante par les approvisionnements de l’énergie et des matériaux, qui, à bout de compte, continuent à alimenter une consommation non durable notamment au nord, dont leur base est l’exploitation des ressources naturelles qui détruit les habitats et profite exclusivement à certaines élites économiques-politiques au niveau global, national et local.
Les hydrocarbures et les matières premières clés pour le développement des secteurs de ce capitalisme vert, militaire et numérique renouvelé, sont concentrés sur des emplacements spécifiques, généralement en dehors des frontières des États centraux, en pratique, il s’agit seulement d’encourager l’extractivisme et concrètement, les grandes entreprises minières du monde, à exploiter tout ce qu’il faut pour changer la source principale de ressources énergétiques. En même temps, le discours hégémonique masque cette fièvre extractiviste sous des concepts tels que « neutralité climatique », « transition vert et numérique » ou par la voie des pactes politiques du style du Pacte Vert Européen, qui ne fait que peindre en vert la voracité du capitalisme.
Cette transition vert et numérique, ne fait qu’accentuer les inégalités sociales à l’échelle planétaire, en même temps qui soutient une matrice énergétique extractiviste, et accélère le dépassement des limites biophysiques de la planète. En plus, en termes géopolitiques, elle augmente encore plus le pouvoir des entreprises transnationales, favorise le régime de guerre et approfondit dans cette offensive néocoloniale. C’est pourquoi les grandes puissances se disputent l’accès et la domination des chaînes d’approvisionnement nécessaires à leurs économies, en employant au service de cette stratégie un ensemble de dispositifs économiques, diplomatiques et militaires. Leurs intérêts se déploient par le biais de la signature des traités de libre commerce et d’investissement, qui viennent constater le « modus opératoire » habituel de la mondialisation
Mondialisation
(voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.
Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».
La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
capitaliste : alors qu’on promet tout genre de bénéfices sociaux, en matière d’emploi et des garanties
Garanties
Acte procurant à un créancier une sûreté en complément de l’engagement du débiteur. On distingue les garanties réelles (droit de rétention, nantissement, gage, hypothèque, privilège) et les garanties personnelles (cautionnement, aval, lettre d’intention, garantie autonome).
environnementales pour les pays signataires, les dits bénéfices ne reviennent pas positivement sur les majorités sociales, en revanche, leurs effets leur sont rendus sous la forme de graves impacts socio-écologiques. Simultanément, les accords sur l’énergie et les matières premières prolifèrent à une échelle bilatérale et régionale, qui n’alimentent que les comptes de résultats des élites et des grandes corporations, tandis qu’ils éreintent la classe ouvrière et aux peuples. La militarisation et le renforcement de l’état de guerre dans nombre de territoires stratégiques c’est déjà une réalité flagrante dans le cadre de cette offensive néocoloniale.
L’exploitation minière, à petite ou à grande échelle, a des conséquences irréparables en termes de dommages à la surface de la terra, à la pollution de l’air, et à celle des eaux superficielles et souterraines, en plus des impacts sur la flore et la faune, et le déplacement de communautés de leurs territoires d’origine par le moyen d’une violence qui ne répond pas qu’à la logique colonisatrice. Les activités extractives se trouvent généralement dans des zones à haute sensibilité écologique telles que landes, pampas, plaines, mers, forêts, hauts-bassins, sources d’eau, en plus d’endroits qui sont la base d’une économie agro-productive à long terme, et où les dommages occasionnés finissent par atteindre la production alimentaire de la population rurale et urbaine. Le développement de la méga-industrie minière à grande échelle, de l’industrie pétrolière ou l’agro-industrie, signifie poursuivre l’histoire du ravage des territoires et de l’imposition de ne pas produire nos aliments dans le cadre de la souveraineté alimentaire, mais, au contraire, en favorisant aux grandes chaînes de production alimentaire.
Si la transition éco-sociale est nécessaire et inexorable, celle-ci doit être soutenue sur une perspective de classe, populaire et démocratique, qui prenne ses décisions sur quoi, qui, et comment avancer dans la même. L’extractivisme, comme bras fondamental de la façon de production capitaliste, appuyé sur l’exploitation intensive et dévastatrice de la classe ouvrière, paysanne et la Terre-Mère, génère des sévères impacts sociaux, économiques, culturelles et environnementaux dans les communautés et territoires partout dans le monde. Dans ce cadre, l’auto-organisation sociale et populaire devient un outil fondamental pour la défense des droits territoriaux, la justice environnementale et la construction d’un projet éco-social alternatif qui confronte l’assaut extractiviste et son engrenage juridique, politique et entrepreneurial. Il est temps de penser à d’autres futurs possibles au-delà de ce modèle de vidange et de dépouillement.
Face à la progression de l’approche privatisant et extractiviste, les classes populaires, paysannes et autochtones ont d’autres moyens de générer des richesses dans nos territoires où préexiste une énorme richesse ethnique et culturelle, avec des potentialités propres et respectueuses de la nature. Faire place à d’autres formes d’organisation de l’économie et de la vie en commun ne signifie pas déléguer aux États alliés au pouvoir corporatif, ni compter sur la bonne volonté des propriétaires des grandes fortunes. Les limites montrées par l’action
Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
des gouvernements progressistes et les accords interclassistes sont plus qu’évidents, c’est pourquoi il faut aller plus au-delà : réarticuler des espaces mondiaux, nationaux et locaux, incarnés par des organisations populaires qui renforcent une dynamique de conflit et confrontent explicitement l’hégémonie des élites politico-entrepreneuriales.
Une solidarité internationaliste qui articule les communautés en lutte et les peuples en résistance pour faire face à l’ordre capitaliste, hétéro-patriarcal, colonial et écocide reste la clé. La seule sortie juste de la crise ne sera qu’avec les peuples y la lutte populaire en défense des territoires face au pouvoir corporatif, en renforçant les propositions alternatives et les réseaux contre-hégémoniques transnationaux qui exigent et rendent effectifs les droits des majorités sociales. Dans ce sens, l’idée de pouvoir articuler les luttes des peuples est née comme une lumière pour générer une organisation populaire internationaliste et poursuivre les luttes territoriales en unissant les efforts et ainsi qualifier et amplifier la lutte contre l’extractivisme dans toutes ses formes, comme un des secteurs les plus actifs
Actif
Actifs
En général, le terme « actif » fait référence à un bien qui possède une valeur réalisable, ou qui peut générer des revenus. Dans le cas contraire, on parle de « passif », c’est-à-dire la partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (les capitaux propres apportés par les associés, les provisions pour risques et charges ainsi que les dettes).
de la lutte sociale, et qui met l’accent sur les contradictions du capitalisme.
La proposition fondamentale est la création d’un Réseau International des Peuples contre l’extractivisme, qui présente un caractère anticapitaliste, antipatriarcal, anticolonial et pour une justice climatique, dont sa finalité soit :
1) Proposer des stratégies communes de lutte face aux entreprises extractivistes transnationales. Celles-ci sont l’ennemi commun contre lequel nous pourrons répondre avec plus d’impact et de force depuis cet espace internationaliste.
2) Établir l’union des organisations populaires qui luttent contre l’exploitation minière et l’extractivisme sous toutes ses formes, en comprenant que celles-ci sont une conséquence directe des dynamiques capitalistes à l’échelle mondiale. Nous partons de l’idée qu’il n’est pas possible de lutter contre les effets sans combattre les causes qui se trouvent à la racine du modèle économique qui permet et encourage tout genre de relations d’oppression, de néocolonisation et de spoliation.
3) Élaborer des alliances pour favoriser à approfondir l’analyse structurelle et historique des causes de l’extractivisme, associées au développement de la modernité capitaliste, et qui permette d’approfondir dans les réponses politiques et de classe.
4) Aborder la défense de la planète, la vie présente dans la flore et la faune, depuis une perception radicalement de classe, des peuples opprimés et notamment, ceux qui affrontent les pires conséquences environnementales et sociales de ce système déprédateur.
Plus particulièrement nous faisons appel à tous les peuples frères qui nous rencontrons en lutte pour un monde nouveau, à joindre notre voix d’espérance et nous relier dans l’ensemble de ce grand Réseau international. Pour lequel, de façon déterminée, les premières étapes sont :
• Identifier dans chacun de nos pays les luttes similaires et nous organiser avec fermeté dans la création ou le renforcement de vastes alliances avec des organisations sociales, politiques et syndicales comme un objectif clé du Réseau.
• Le pari pour un internationalisme écoterritorial, attaché aux réseaux communautaires.
• Le rejet actif aux logiques bellicistes et néocoloniales de spoliation et d’invasion.
• Une composition diverse, enracinée dans les luttes populaires et que regarde au-delà des frontières nationales comme le seul cadre possible d’action politique.
Pour continuer à approfondir tout cela, nous faisons appel aux organisations de base, aux peuples en lutte et aux diverses résistances anti-extractivistes, à une rencontre internationale où sera présentée cette articulation global, en la faisant coïncider avec le Sommet des Peuples qui aura lieu en novembre 2025 à Belém (Brésil).
C’est comme ça que nous nous autoconvoquons pour un monde en crise climatique et sociale.
Qui représente plusieurs individus considérés comme formant un ensemble caractérisé par des traits, des comportements communs.
Qui est le fait, l’œuvre de plusieurs individus.
10 février, par CADTM , Collectif
10 février, par Collectif
20 janvier, par CADTM , Eric Toussaint , Collectif , Jean Ziegler , Joao Pedro Stedile , Denis Robert , Yanis Varoufakis , Rafael Bernabe , Zoe Konstantopoulou , Jean-Luc Mélenchon , Gilbert Achcar , Tithi Bhattacharya , Nancy Fraser , Françoise Vergès , Manon Aubry , Leïla Chaibi , Annie Ernaux , Ada Colau
11 décembre 2025, par Collectif
10 décembre 2025, par Collectif
9 décembre 2025, par Collectif
9 décembre 2025, par Collectif , ACJC
28 novembre 2025, par Collectif
6 novembre 2025, par Collectif , CADTM Afrique
31 octobre 2025, par Collectif