Les puissantes résistances populaires internes aux États-Unis face à Trump

24 juillet par Eric Toussaint


Photo issue d’une manifestation du mouvement « No Kings » aux États-Unis. Geoff Livingston, Flick, CC, https://www.flickr.com/photos/geoliv/54334609786

L’un des éléments essentiels pour comprendre la politique internationale de Donald Trump est de ne pas considérer les États-Unis comme un bloc homogène derrière leur président. Tout au long de son premier mandat (2017-2021) comme de son second mandat entamé en janvier 2025, Trump a rencontré des résistances internes d’une ampleur considérable. Ces résistances ont pris des formes multiples : mobilisations de masse, actions syndicales, campagnes électorales, mouvements de solidarité internationale, désobéissance civile et émergence de candidatures de gauche dans certaines grandes villes.



Ces luttes ont parfois réussi à freiner, à modifier ou à délégitimer certaines politiques de Trump. Elles ont aussi révélé l’existence, au sein même de la société américaine, d’un profond conflit entre un projet autoritaire, nationaliste et réactionnaire, et des aspirations démocratiques, égalitaires et internationalistes.

 Les mobilisations des femmes pour le droit à l’avortement

Dès l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche en janvier 2017, des millions de femmes ont manifesté dans le cadre de la Women’s March, organisée le lendemain de son investiture. Ce mouvement a constitué l’une des plus importantes mobilisations de l’histoire des États-Unis. Il exprimait le rejet du sexisme de Trump, de ses propos misogynes et de sa volonté de remettre en cause les droits reproductifs.

La Women’s March de janvier 2017 demeure l’une des plus grandes manifestations de l’histoire des États-Unis, avec une participation estimée entre trois et cinq millions de personnes. Elle a immédiatement montré que l’élection de Trump suscitait une opposition de masse, particulièrement parmi les femmes, les minorités et les mouvements progressistes.

La question de l’avortement est devenue centrale lorsque la Cour suprême, renforcée par les nominations de juges conservateurs et conservatrices effectuées par Trump, a annulé en juin 2022, pendant le mandat de Joe Biden, l’arrêt Roe versus Wade, qui garantissait depuis 1973 le droit constitutionnel à l’avortement. Cette décision a provoqué une vague de manifestations dans tout le pays et a contribué à une forte mobilisation électorale en faveur des personnes candidates soutenant le droit à l’avortement.

En réaction à l’annulation en juin 2022 de l’arrêt Roe versus Wade par la Cour suprême influencée par Trump et son camp, la population électorale américaine a été appelée à se prononcer directement sur l’avortement dans seize États entre 2022 et 2024. Dans treize d’entre eux, le camp favorable au maintien ou à l’extension du droit à l’avortement a remporté le scrutin, y compris dans plusieurs États conservateurs comme le Kansas, le Kentucky, le Montana, l’Ohio, le Missouri et l’Arizona [1]. Ces résultats montrent que la volonté de pénaliser l’avortement ne bénéficie pas d’un soutien majoritaire uniforme dans l’électorat américain et qu’elle suscite une résistance populaire importante, y compris dans des bastions républicains.

Ainsi, la défense des droits des femmes est devenue l’un des principaux points de cristallisation de l’opposition à Trump et au trumpisme.

 Mobilisations écologistes et scientifiques

La March for Science, organisée en avril 2017, a constitué une réponse directe au climatoscepticisme de Trump et à ses attaques contre les agences scientifiques fédérales. Environ un million de personnes ont participé à des manifestations dans plus de six cents villes, dénonçant la remise en cause des données scientifiques sur le changement climatique.

La People’s Climate March, également en 2017, a rassemblé environ deux cent mille personnes à Washington et plusieurs centaines de milliers dans l’ensemble du pays. Elle contestait le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris et les politiques favorables aux industries fossiles.

 Mobilisations contre les armes à feu

Après la fusillade de Parkland en Floride en février 2018, le mouvement March for Our Lives a mobilisé entre un et deux millions de personnes, principalement des jeunes. Plus de huit cents manifestations ont eu lieu dans les cinquante États. Ce mouvement a mis en cause le soutien de Trump au lobby Lobby
Lobbies
Un lobby est une structure organisée pour représenter et défendre les intérêts d’un groupe donné en exerçant des pressions ou influences sur des personnes ou institutions détentrices de pouvoir. Le lobbying consiste ainsi en des interventions destinées à influencer directement ou indirectement l’élaboration, l’application ou l’interprétation de mesures législatives, normes, règlements et plus généralement, toute intervention ou décision des pouvoirs publics. Ainsi, le rôle d’un lobby est d’infléchir une norme, d’en créer une nouvelle ou de supprimer des dispositions existantes.
des armes, la National Rifle Association (NRA), et a contribué à faire de la régulation des armes à feu un enjeu politique majeur.

 Les grèves du personnel enseignant

Les grèves des enseignantes et enseignants de 2018 et 2019 ont marqué un tournant dans les luttes sociales américaines. Plus de cinq cent mille membres du personnel enseignant et scolaire ont participé à des mouvements de grève dans plusieurs États, souvent conservateurs. Ces mobilisations réclamaient des augmentations de salaires, un meilleur financement de l’éducation publique et une réduction des inégalités scolaires.

 Black Lives Matter et la lutte contre le racisme systémique

Black Lives Matter a obtenu des avancées importantes : retrait de symboles racistes dans plusieurs villes, et intégration de la question du racisme structurel dans le débat politique national

Le mouvement Black Lives Matter, né après les violences policières contre des Afro-Américaines, a connu son apogée en 2020 après le meurtre de George Floyd par un policier à Minneapolis. Le mouvement Black Lives Matter a représenté la plus vaste vague de mobilisation de l’histoire américaine récente. Après le meurtre de George Floyd en mai 2020, des manifestations ont eu lieu dans plus de deux mille villes et localités. Certaines études estiment qu’entre quinze et vingt-six millions de personnes ont participé à au moins une manifestation, ce qui en ferait le plus grand mouvement de protestation de l’histoire des États-Unis.

Trump a réagi en adoptant une posture de confrontation. Il a qualifié certains manifestants et certaines manifestantes de « voyous » et a menacé de déployer l’armée contre les mobilisations. Cette réponse a renforcé la perception d’un président soutenant un appareil policier militarisé et refusant de reconnaître l’existence du racisme systémique.

Black Lives Matter a cependant obtenu des avancées importantes : mise en cause de certaines pratiques policières, débats sur le financement de la police, retrait de symboles racistes dans plusieurs villes, et intégration de la question du racisme structurel dans le débat politique national.

 Après le 6 janvier 2021

L’assaut du Capitole par les partisans et partisanes de Trump le 6 janvier 2021 a provoqué une vague de mobilisations en défense de la démocratie. Des manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes américaines pour dénoncer la tentative de remise en cause du résultat de l’élection présidentielle de 2020 et pour exiger la protection des institutions démocratiques.

 La solidarité avec la Palestine

Les mobilisations de solidarité avec la Palestine ont pris une ampleur sans précédent à partir de 2023

La question palestinienne est devenue un autre terrain majeur de résistance interne. Sous le premier mandat de Trump, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël en 2017, puis le transfert de l’ambassade américaine, ont suscité une forte opposition dans une partie de la société américaine.

Cette opposition s’est amplifiée à partir de 2023 avec la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza, guerre qui a reçu le soutien actif Actif
Actifs
En général, le terme « actif » fait référence à un bien qui possède une valeur réalisable, ou qui peut générer des revenus. Dans le cas contraire, on parle de « passif », c’est-à-dire la partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (les capitaux propres apportés par les associés, les provisions pour risques et charges ainsi que les dettes).
de l’administration démocrate de Joe Biden. Le mouvement s’est poursuivi sous le second mandat de Trump. Des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans les grandes villes américaines pour dénoncer le soutien militaire et diplomatique des États-Unis à Israël.

Les campus universitaires ont joué un rôle central. Les étudiants et étudiantes ont organisé des campements, des occupations et des actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
de désinvestissement visant les entreprises liées à l’industrie militaire israélienne. Malgré une répression souvent brutale, ces mobilisations ont contribué à faire évoluer le débat public : pour la première fois depuis des décennies, une partie significative de la jeunesse américaine remet ouvertement en cause le soutien inconditionnel de Washington à Israël.

Les mobilisations de solidarité avec la Palestine ont pris une ampleur sans précédent à partir de 2023. Dans les plus grandes journées d’action, plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté simultanément dans les grandes villes américaines. Les campements universitaires ont touché plus d’une centaine d’universités et de collèges, impliquant directement des dizaines de milliers d’étudiantes et provoquant des centaines d’arrestations.

 Les mobilisations contre ICE et les politiques migratoires

Des milliers d’actions liées aux droits des personnes immigrées et à l’opposition à l’ICE à travers l’ensemble des 50 États ont été recensées

Les politiques migratoires de Trump ont également suscité une résistance massive. Dès 2017, les manifestations contre le « Muslim Ban », qui interdisait l’entrée aux personnes ressortissantes de plusieurs pays à majorité musulmane, ont envahi les aéroports américains.

La séparation de milliers d’enfants migrants et migrantes de leurs parents à la frontière avec le Mexique a provoqué une indignation internationale. Le mouvement « Families Belong Together » a organisé des manifestations de grande ampleur pour exiger la réunification des familles.

Sous le second mandat, les mobilisations contre l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) se sont intensifiées face aux raids, aux expulsions et aux centres de détention pour personnes migrantes. Des réseaux de solidarité ont été mis en place dans plusieurs villes pour protéger les personnes menacées d’expulsion et pour documenter les abus commis par les autorités migratoires. Les actions ont mobilisé plusieurs centaines de milliers de personnes de manière continue dans plus de 16 grandes métropoles et des centaines de communes rurales ou périurbaines.

Ont été recensées des milliers d’actions liées aux droits des personnes immigrées et à l’opposition à l’ICE à travers l’ensemble des 50 États. Si l’on inclut les mobilisations No Kings (voir ci-après), ce sont plus de 10 millions de personnes qui ont participé à des manifestations de rue pour dénoncer la politique anti-migrantes et les méthodes de l’ICE.

 Le mouvement No Kings

Les principales journées nationales de mobilisation « No Kings » ont rassemblé entre trois et cinq millions de personnes

Le mouvement « No Kings » est apparu comme une réponse directe aux dérives autoritaires de Trump. Il dénonce la concentration du pouvoir présidentiel, les attaques contre les institutions démocratiques, les menaces contre les médias et la volonté de gouverner par décret.

Les manifestations « No Kings » ont rassemblé des citoyennes et citoyens de sensibilités politiques diverses, unis par le refus de voir les États-Unis évoluer vers un régime de plus en plus autoritaire. Ce mouvement a rappelé que la défense des libertés démocratiques reste un enjeu central de la résistance au trumpisme.

Le mouvement No Kings constitue l’une des expressions les plus significatives de l’opposition au second mandat de Trump. Les principales journées nationales de mobilisation, notamment en 2026, ont rassemblé selon les estimations entre trois et cinq millions de personnes dans plus de mille cinq cents villes et localités. Cette ampleur en fait l’une des plus grandes mobilisations anti-Trump depuis la Women’s March de 2017.

Voici 3 grandes dates des mobilisations No Kings :

  • 14 juin 2025 (No Kings 1.0) : Environ 5 millions de personnes sur plus de 2 100 sites.
  • 18 octobre 2025 (No Kings 2.0) : Environ 7 millions de personnes sur plus de 2 700 sites.
  • 28 mars 2026 (No Kings 3.0) : Environ 8 millions de personnes réunies sur plus de 3 300 sites.

 Les mobilisations LGBTQ+

Les politiques de Trump visant à limiter les droits des personnes transgenres, notamment dans l’armée et dans certains domaines de la vie publique, ont suscité une forte opposition. Entre 2022 et 2026, les mobilisations contre les lois anti-trans ont rassemblé des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes lors de certaines journées nationales d’action.

 Les résistances syndicales et sociales

Il ne faut pas oublier le rôle des syndicats et des mouvements sociaux. Les années 2021-2026 ont été marquées par une reprise des luttes ouvrières aux États-Unis : grèves dans l’automobile, dans les services, dans les entrepôts d’Amazon, dans les cafés Starbucks et dans le secteur de l’éducation.

Ces mobilisations ont souvent dépassé les revendications salariales pour dénoncer les inégalités sociales, la précarité du travail et le pouvoir excessif des grandes entreprises. Elles ont montré qu’une partie importante de la classe travailleuse américaine ne se reconnaît ni dans le néolibéralisme du Parti démocrate ni dans le nationalisme réactionnaire de Trump.

 Les succès électoraux de la gauche : le cas de Zohran Mamdani

Les résistances à Trump ne se limitent pas aux mobilisations de rue. Elles s’expriment également sur le terrain électoral, notamment à travers l’émergence de personnalités candidates de gauche dans certaines grandes villes.

Le cas de Zohran Mamdani est particulièrement significatif. Membre des Democratic Socialists of America (DSA), il a remporté les primaires démocrates pour la mairie de New York, face à des candidates et candidats soutenus par l’establishment du Parti démocrate. Il a été élu maire de New York en novembre 2025 malgré les menaces de Trump et la campagne menée à son encontre par 26 milliardaires étatsuniens qui, d’après le magazine Forbes, ont dépensé plus de 22 millions de dollars pour l’empêcher d’être élu. Fort heureusement, la volonté et l’énergie populaires, notamment chez les personnes les plus jeunes, ont triomphé sur le pouvoir de l’argent et du capital [2].

Sa campagne, centrée sur le logement abordable, la gratuité des transports publics, la taxation des grandes fortunes et la solidarité avec la Palestine, a mobilisé une large partie de la jeunesse et des classes populaires. Elle a démontré qu’une alternative politique de gauche peut émerger aux États-Unis, malgré le poids du système bipartite et l’influence de l’argent dans les campagnes électorales.

Le succès de Mamdani s’inscrit dans une dynamique plus large, qui inclut les victoires de figures comme Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib, Ilhan Omar et d’autres personnes élues progressistes. Cette gauche américaine reste minoritaire, mais elle représente une force croissante capable de contester à la fois le trumpisme et les orientations centristes du Parti démocrate.

 Une résistance multiforme

Les résistances internes aux États-Unis montrent que le projet politique de Trump rencontre des oppositions profondes et durables [3].

Si l’on additionne ces différentes vagues de mobilisations, on constate que des dizaines de millions de personnes ont participé, à un moment ou à un autre, à des actions de protestation contre les politiques de Trump ou contre les tendances autoritaires, racistes, patriarcales, guerrières et néolibérales du trumpisme.

Ces mouvements ne forment pas un bloc homogène, mais ils constituent une mosaïque de résistances qui traverse l’ensemble de la société américaine : femmes, Afro-Américaines, Latino-Américaines, étudiantes, travailleurs et travailleuses, scientifiques, membres du corps enseignant, militantes écologistes, personnes défenseuses des droits LGBTQ+ et partisans et partisanes de la démocratie.

Ces mobilisations ont parfois obtenu des victoires concrètes, mais elles se heurtent aussi à une répression croissante, à la puissance des médias conservateurs et à la polarisation politique du pays. Symboles de cette répression, Renee Nicole Good et Alex Pretti, qui tentaient de s’interposer face à des opérations contre les migrant-es à Minneapolis, ont tous deux été tués par des agents de l’ICE.

Néanmoins, ces mouvements constituent un élément fondamental pour comprendre les limites du pouvoir de Trump. Ils rappellent que, même au cœur de la première puissance impérialiste mondiale, existent des forces sociales et politiques qui contestent l’autoritarisme, le racisme, le patriarcat, le militarisme et les politiques néolibérales.

Ainsi, l’histoire du trumpisme ne peut être écrite uniquement du point de vue de la Maison-Blanche. Elle doit aussi être racontée à partir des millions de personnes qui, dans les rues, sur les campus, sur les lieux de travail et dans les urnes, ont résisté et continuent de résister à son projet politique.


Notes

[1Les 13 États où le camp pro-avortement a gagné : en 2022, Kansas, Californie, Michigan, Vermont, Kentucky, Montana  ; en 2023 : Ohio  ; en 2024 : Arizona, Colorado, Maryland, Missouri, Nevada, New York.

[2«  Zohran Mamdani, après son élection à la mairie de New York le 5 novembre 2025 : «  New York restera une ville d’immigrantes : une ville construite par des immigrantes, animée par des immigrantes  », CADTM, publié le 6 novembre 2025, https://www.cadtm.org/Zohran-Mamdani-apres-son-election-a-la-mairie-de-New-York-le-5-novembre-2025 consulté le 21 juillet 2026.

[3Je publierai prochainement un article sur le mouvement aux États-Unis contre les dettes illégitimes réclamées aux classes populaires.

Eric Toussaint

Docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Banque mondiale - Une histoire critique, Syllepse, 2022, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2020, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.