« Moyen-Orient et Afrique du Nord », politiques libérales et conséquences sociales

1er mars 2024 par Larbi El Hafidi


Photo : Amine GHRABI, Flickr, CC, https://www.flickr.com/photos/nystagmus/6910716861



 1- Politiques libérales et répression politique, deux catalyseurs des révoltes de 2011

« Essayez toujours, même si le taux de réussite semble faible.
Si vous échouez, on dit qu’ils ont essayé... »
Martyr de la révolution algérienne, Mustafa Ben Boulaid

1-1. Des régimes despotiques

En Égypte, le régime de Hosni Moubarak a été un despotisme marqué par une torture systématique et des détentions arbitraires. Ses 30 années au pouvoir sont caractérisées par une longue liste d’atteintes aux droits humains, notamment la mort de centaines de manifestantes lors du soulèvement de 2011 qui a mis fin à sa présidence. Selon Amnesty International, « Au moins 840 personnes ont été tuées et 6 000 blessées durant les 18 jours de manifestations qui ont conduit au renversement d’Hosni Moubarak » [1]. Il a mis en place des outils de répression impressionnants et des services de sécurité qui contrôlaient le pays d’une main de fer, même après son départ.

En Tunisie, il y a eu presque 500 détenues politiques au moment de la chute du dictateur Ben Ali .

Au Maroc, la parenthèse de libertés relatives avec l’arrivée du nouveau monarque s’est rapidement fermée. Journalistes, blogueurs et syndicalistes critiques sont en prison.

Les masses ont refusé ce despotisme et sont descendues dans les rues pour exprimer leur colère et réclamer la dignité, la liberté et la justice sociale.

1-2. La pratique Des politiques libérales

Depuis les indépendances au début des années 60, la plupart des régimes politiques au pouvoir sont fortement soutenus par les classes dominantes dans les pays impérialistes. Ils ont promu un capitalisme aligné sur les intérêts des grandes entreprises occidentales à travers l’octroi d’avantages pour les investissements étrangers et l’ouverture des frontières à la circulation des marchandises et capitaux et avec un rapatriement de bénéfices très importants.

La crise de 2007-2008 a participé à l’aggravation de la crise de l’économie des pays de la région qui se trouvaient déjà en difficulté. Les recettes libérales qui sont proposées ont davantage détérioré la situation des populations qui se trouvent dans la pauvreté, le chômage et le manque de services publics. L’humiliation au quotidien s’ajoute pour alimenter cette colère généralisée qui va exploser dans les rues à partir de fin 2010 – début 2011 en Tunisie, puis embraser presque tous les pays de la région.

1-3 Les conséquences

1-3-1-Sociales et économiques

L’Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA) est la région du monde où les disparités sociales sont élevées : la part des richesses détenues par les 10% les plus riches dans la région est de 64%, alors qu’elle est de 37% pour l’Europe ,47% pour les USA et 55% pour le Brésil. C’est une région où la pauvreté est très répandue en dépit de sa richesse.

1-3-2- Politiques : la « prise » du pouvoir par les forces islamistes

Avec la chute du mur de Berlin, le modèle de l’islam politique s’est présenté aux jeunes de la région comme une alternative crédible pour une vie digne, pour une société qui « coupe » avec l’occident. Rapidement, il a dominé le mouvement étudiant et s’est enraciné dans toute la société en général pendant les années 1990 et le début du 21e siècle. L’islam politique s’est imposé comme la plus grande force qui « s’oppose » aux régimes de la région. Les islamistes sont les seules forces politiques de la région qui sont à un niveau d’organisation et de crédibilité qui leur a permis d’être en tête et de « conquérir » le pouvoir. Mais il était très clair que ces forces n’étaient pas révolutionnaires et n’ont pas l’intention de couper avec le libéralisme, ils veulent seulement changer les comportements personnels des individus tout en gardant la domination de la bourgeoisie. Rapidement l’opinion publique s’est retournée contre eux. Au Maroc le parti de la justice et du développement, en Tunisie le parti d’Ennahda(la renaissance) ont perdu une grande partie de leur crédibilité quand ils « ont été au pouvoir ». D’une part parce qu’ils ont adopté des politiques ultralibérales et d’autre part parce qu’ils ont trouvé des formes de concessions avec les anciens régimes au point que les populations ont découvert leur hypocrisie.

 2- Au-delà des révolutions

2-1. les conséquences politiques
2-1-1- Chutes de l’expérience des partis islamistes

Au Maroc, le régime a profité de la présence du parti de la justice et du développement pour passer ses réformes les plus offensives (réforme de la retraite, suspension des subventions sur quelques biens de consommation de base, libéralisation des prix des hydrocarbures…etc). Après deux mandats successifs 2012-2016 et 2017-2021, le parti est chassé du pouvoir d’une manière humiliante même s’il a accepté de soumettre aux dictats du régime (y compris la signature de normalisation avec les sionistes en 2020 par le chef du gouvernement Saad eddine Al otmani [2] contre les positions de son parti, déclarées avant son « arrivée » au pouvoir).

En Tunisie le parti d’Ennahda s’est placé comme le parti le plus populaire avec 29 % d’après un sondage d’opinion publié en mars 2011, est arrivé au pouvoir en octobre 2011(le parti a réussi à obtenir le poste de Premier ministre).

À cause de ses politiques antisociales et du consensus avec les autres partis y compris ceux issus de l’ancien régime, le parti d’Ennahda a réduit son socle électoral qui est passé de 1,5 million de votants en 2011 à 560 000 en 2019 [3].

Il est chassé du pouvoir par le putsch de Kaïs Saïed. Actuellement, ses dirigeants les plus connus sont en prison. Idem en Égypte, les frères musulmans arrivés au pouvoir par les émeutes de 2011 n’ont pas coupés avec les anciennes politiques économiques et ont essayé de trouver un consensus avec l’ancien régime (notamment les militaires) et les forces impérialistes. Cette expérience a fini par un putsch militaire qui a mis le président Mohamed Morsi en prison en l’accusant de collaboration avec le Hamas [4].

2-1-2 Réinstauration des régimes plus dictatoriaux

Partout dans la région, après le retour du « calme », les classes dominantes ont repris l’initiative. Des régimes plus durs et plus dictatoriaux sont en place.
En Égypte « le président » Abdel Fattah sissi est arrivé au pouvoir le 8 juin 2014 par un putsch militaire contre le président Mohamed Morsi élu démocratiquement au nom de son parti « Liberté et justice ».
Sissi a dissous le parti de Morsi le 09/08/2014, a fait régner la terreur contre les opposants et les libertés sont fortement opprimées. En 2019, il y avait des arrestations arbitraires contre les manifestantes : des journalistes, des avocats des droits humains, des militantes, des manifestantes et des personnalités politiques sont arrêtées ; 513 sites web sont bloqués.

En 2022, Amnesty international a déclaré que les autorités ont réprimé sévèrement les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Presque 2680 personnes sont arrêtées dont plusieurs centaines en lien avec les appels à manifester pendant la COP27.

Plusieurs milliers de personnes critiques à l’égard du régime et d’opposantes au gouvernement, réeles ou supposées, demeurent détenues arbitrairement et/ou poursuivis injustement [5].

En Tunisie, le coup de force de 2021 du président, Kaïs Saïed lui a permis de concentrer le pouvoir entre ses mains. Il a démantelé des garanties Garanties Acte procurant à un créancier une sûreté en complément de l’engagement du débiteur. On distingue les garanties réelles (droit de rétention, nantissement, gage, hypothèque, privilège) et les garanties personnelles (cautionnement, aval, lettre d’intention, garantie autonome). institutionnelles fondamentales pour les droits humains. « L’usage de la force est utilisé pour disperser des manifestantes et les autorités ont pris pour cible de grandes voix dissidentes et des ennemis supposés du chef de l’État, qui ont fait l’objet d’arrestations arbitraires et de poursuites pénales » [6]. Le droit à la liberté d’association a été menacé. Un décret-loi portant modification de la loi électorale a annulé des mesures législatives prises antérieurement pour promouvoir la participation des femmes au Parlement. Le 30 mars 2022, il a dissous le Parlement. Le pays est devenu sous contrôle policier.

Au Maroc, la répression a pris une grande ampleur : la liberté d’expression est très limitée, des opinions exprimées sur les réseaux sociaux ont conduit quelques personnes critiques à la prison. Plusieurs journalistes indépendantes y sont aussi, notamment notre camarade Omar Radi incarcéré depuis 2020.
Le droit à l’organisation est bafoué, notre association Attac-cadtm-Maroc est un cas emblématique, elle est dépourvue de son droit de renouveler son récépissé depuis 2002. L’équivalent des putschs qui ont eu lieu en Égypte et en Tunisie, c’est l’arrivée, en 2017, d’un gouvernement ultralibéral dirigé par un grand milliardaire, Aziz Akhannouch, qui a poursuit les politiques antisociales (développement des projets d’infrastructures nécessaires à l’exploitation capitaliste par le biais de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
, offensive sur la fonction publique et les acquis sociaux…etc).

2-1-3- normalisation avec les sionistes (Israël)

Dans notre région, Israël est une force d’occupation. Depuis sa naissance en 1948, Israël est fortement soutenu par les gouvernements des pays occidentaux, notamment l’Angleterre puis les USA. Pour fonder son État, Israël a commis plusieurs massacres et crimes contre la population palestinienne au su et au vu du monde occidental qui prétend défendre les droits humains. Aujourd’hui la guère sioniste sur Gaza, soutenu par tous les pays impérialistes et avec la complicité des régimes despotiques en place dans la région, a fait presque 100 000 victimes entre morts, disparues et blessées (la majorité sont des femmes et des enfants), 70% des immeubles sont détruits jusqu’à présent.

Cette barbarie sans limite a ciblé, même, les écoles, les hôpitaux, les mosquées et les églises, elle n’a rien exclu. Les ambulances sont ciblées et empêchées de transporter les blessées. Plus de 100 journalistes et plus de 300 cadres médicaux sont morts par les raids israéliens.
Malgré ces crimes et contre la volonté de la majorité des populations de la région, plusieurs régimes politiques ont normalisé leur relation avec l’État d’Israël.

Premièrement, c’était l’Égypte (1979) suite à un Traité de paix entre les deux pays, puis la Jordanie en 1994.
Actuellement, d’autres pays en profitant du sort du printemps arabe, de sa défaite provisoire et de la montée des forces réactionnaires, et dans le cadre des accords Abraham, ont suit le chemin de l’Égypte et la Jordanie. Ces pays sont le Soudan, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc.

Il faut noter que cette normalisation est une expression d’un changement de rapport de force au profit de la contre-révolution, elle est alors le signe de la réussite de l’offensive des politiques libérales dans la région. Israël a doublement profité de cette normalisation. D’une part, il est sorti officiellement de son isolement historique causé par un refus populaire et d’autre part, il en a profité sur le plan économique. Les responsables marocains, par exemple, ont signé plusieurs accords de coopération avec l’État hébreu ; les deux régimes ont convenu de revitaliser leurs relations économiques à travers le commerce et l’investissement.

2-1-4- l’ouverture d’une brèche d’espoir

Avec l’expérience du printemps arabe, les jeunes générations se sont débarrassées de la peur. Partout dans la région, les slogans de 2011 persistent encore à plusieurs occasions. Dans les sit-in et/ ou dans les manifestations pour protester contre une telle ou telle injustice, le slogan » « liberté, dignité, justice sociale » est souvent présent.

Les causes des soulèvements qui ont éclaté en 2011 sont toujours présentes. Aujourd’hui, elles s’amplifient et pourraient à tout moment provoquer d’autres émeutes. En réalité, la région est instable, une deuxième vague s’est déjà lancée, en Algérie (2019) au soudan (2019 et 2022) au Liban (2019). La région sera devant un flux et un reflux révolutionnaire jusqu’à ce qu’il trouve sa stabilité. C’est ce que Slah Jaber [7] l’appelait une révolution à long terme.

2-2 – les conséquences économiques :

Après la reprise du pouvoir politique par les Partisanes de la contre-révolution, ces derniers ont poursuivi et accentué les mêmes politiques néolibérales qui ont été parmi les causes de la révolte de 2011 : La forte inflation Inflation Hausse cumulative de l’ensemble des prix (par exemple, une hausse du prix du pétrole, entraînant à terme un réajustement des salaires à la hausse, puis la hausse d’autres prix, etc.). L’inflation implique une perte de valeur de l’argent puisqu’au fil du temps, il faut un montant supérieur pour se procurer une marchandise donnée. Les politiques néolibérales cherchent en priorité à combattre l’inflation pour cette raison. et la hausse des prix des produits alimentaires posent un défi aux économies de la région MENA. En 2019, la crise de Coronavirus a favorisé le rétrécissement de l’économie mondiale, ce qui a diminué les recettes du budget public. La solution est un recours à l’endettement, le solde de la dette des pays de la région a atteint 38% du PIB PIB
Produit intérieur brut
Le PIB traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.
Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre.
alors que la crise ukrainienne a généré une crise alimentaire qui a accentué le recours aux dettes.

La dette extérieure des pays MENA est passée de 33,5% du PIB en 2010 à 37, 8% en 2019 et la dette publique moyenne devrait augmenter de près de 8 points de pourcentage, passant d’environ 46 % du PIB en 2019 à 54 % en 2021 [8]. Ce fort processus d’endettement conduit à plus de politiques libérales, notamment l’élargissement des accords de libre-échange et l’encouragement de l’investissement privé.

Quelques exemples des pays de la région

Tunisie :

Sa dette publique a fortement augmenté depuis la révolution (1,5 M$ En2013) et (2,9 M $ en 20216), pour atteindre 100% du PIB en 2020
En 2022 le gouvernement Tunisien a préparé un programme de réformes, encouragé par le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 190 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus de détails.
qui comprend :

  • Allégement des impôts des grandes entreprises
  • Réforme de soutien des produits alimentaires de base
  • Réforme de la fonction publique…etc

Maroc

Depuis 2012, le Maroc a reçu 5 emprunts (2012, 2014, 2016,2018, 2020) dans le cadre de la Ligne de précaution et de liquidité Liquidité
Liquidités
Capitaux dont une économie ou une entreprise peut disposer à un instant T. Un manque de liquidités peut conduire une entreprise à la liquidation et une économie à la récession.
du FMI avec un total de 6,2M$. Les dettes publiques ont représenté 94% du PIB en 2020. L’État marocain répond favorablement aux dictats de la BM Banque mondiale
BM
La Banque mondiale regroupe deux organisations, la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement) et l’AID (Association internationale de développement). La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies.

En 2022, 189 pays en sont membres.

Cliquez pour plus de détails.
et du FMI :

  • Il a supprimé son soutien en 2014 à l’essence et au fioul et en 2015 au Gasoil. La libéralisation complète des prix des carburants s’est faite en décembre 2015. Les prix de tous les produits de consommation se sont envolés.
  • On peut également signaler une forte offensive sur la fonction publique qui vise la stabilité de l’emploi. Les fonctionnaires deviendront juste des ressources humaines qui peuvent s’épuiser et se renouveler continument d’après la logique du capital humain. La santé et l’enseignement sont les premières proies de cette offensive. À l’occasion de la préparation d’un « statut particulier des personnels du ministère de l’Éducation nationale » par le ministère de l’Enseignement et en collaboration avec les syndicats de ce secteur, Les enseignantes se sont organisées dans des coordinations pour entrer dans une longue série de luttes (grèves) qui durent depuis plus de trois mois (à partir du 05 octobre 2023 et qui n’est pas encore achevée, le pays n’a jamais connu une telle lutte) . Les manœuvres de l’État pour arrêter le mouvement n’ont pas abouti, alors il a recours à la suspension du travail de plusieurs centaines d’enseignantes, notamment les responsables directes, à travers le pays. D’autres Secteurs ont suivi la même procédure de grève pour défendre leurs acquis, comme le secteur de santé.
  • Préparation de l’infrastructure au détriment de la population : les autoroutes, les ports, les aéroports, les infrastructures pour l’agriculture… sont tous financés par l’endettement pour répondre aux besoins des capitalistes alors que la population est dépourvue des besoins de base (hôpitaux, écoles et leurs équipements, espaces de loisirs pour enfants et jeunes…).

L’Irak :

Le gouvernement irakien a adopté un livre blanc. L’essentiel de ce livre se base sur l’ouverture de l’économie à l’investissement privé. La description faite a dégagé, parmi d’autres, les conclusions suivantes :

  le secteur privé est trop limité.
  le secteur public est dominant.
  un excès des fonctionnaires très remarquable (entre 2004 et 2020, les dépenses publiques liées aux salariées et aux retraitées ont augmenté de 400 %).

Par contre, ce livre n’a rien dit sur la corruption endémique.

Pour sortir de cette situation, les ingénieurs de ce livre ont proposé :

  Une Réduction du nombre des fonctionnaires pour résoudre le déficit financier.
  Une Réforme de la retraite.
  Une Amélioration des infrastructures de base.
  Redressement de l’économie en favorisant le secteur privé.

Ce sont les mêmes recettes qu’a imposées la BM et le FMI sur d’autres pays de la région tels le Liban, la Tunisie, le Maroc, l’Égypte et qui les ont conduits à la perte de leur souveraineté.

2-3 – les conséquences sociales :

Pour répondre aux exigences du capital, les gouvernements généralisent la flexibilité du travail, ce qui signifie l’adaptation des codes de travail locaux aux besoins du capital pour attirer l’investissement étranger. Les ouvriers doivent travailler dans des conditions de flexibilité extrême : le sous-payement, l’intensification de l’exploitation, l’interdiction du syndicalisme…etc. Bref les conditions de travail des ouvrieres sont détériorées.

Aussi les petites producteurices, les jeunes, les femmes supportent le fardeau de la crise (recul des revenus et services publics, chômage…).

Pour rembourser la chute des services publics, les ménages recourent aux crédits de consommation et des microcrédits ce qui entraine une dégradation du niveau de vie.

 3- Quelles alternatives ?

Il faut sortir de la logique de la BM et le FMI, la logique d’accroissement illimité et de profit qui a conduit à une catastrophe sociale, économique, climatique et politique. Il est impératif de couper avec le système d’endettement et les accords de libre-échange et avec la logique capitaliste toute entière. Mais ces changements nécessitent un changement de rapport de force au profit des opprimées. Partout où il y avait un audit de la dette, c’était derrière, un mouvement social important et une représentation de gauche puissante. Jamais l’audit n’était le fruit d’un effort des partis de droite. Le changement social progressiste va en parallèle avec un changement politique progressiste. Pour stopper l’hémorragie, pour stopper la barbarie capitaliste et ses retombées néfastes sur toute l’humanité, il faut participer au changement du rapport de force au profit des opprimées et de ceux et celles qui sont en bas. Ça doit être un engagement politique militant.


Notes

[2Président du conseil national du parti de la justice et le développement lors de son affectation au poste du chef du gouvernement après l’échec voulu et prémédité de son prédécesseur Abdel-Ilah Iben Kiran, le secrétaire général du même parti, de former le gouvernement.

[4Mouvement de résistance islamique en Palestine

[5Idem

[7Ecrivain et académique marxiste d’origine libanaise.

Larbi El Hafidi

ATTAC-CADTM Maroc