8 avril par Eric Toussaint

Légende : Marche d’ouverture de la conférence antifa de Porto Alegre le 26 mars 2026 avec plus de 5000 manifestant-es. Photo : CADTM, cc.
La conférence antifasciste et anti-impérialiste tenue à Porto Alegre du 26 au 29 mars 2026 a constitué un moment fort de recomposition internationaliste dans un contexte mondial marqué par la montée de l’extrême droite et la multiplication des conflits. Réunissant des milliers de participantes venues de plus de quarante pays sans soutien institutionnel, elle témoigne d’une volonté réelle de convergence des forces de gauche malgré des divisions profondes.
Cet article revient sur les conditions de son émergence, les nombreux obstacles politiques et organisationnels qui ont dû être surmontés, ainsi que sur les enseignements à tirer pour les luttes à venir.
Suite à la tentative de coup des bolsonaristes du 8 janvier 2023 à Brasilia, est née l’idée de convoquer à partir du Brésil une conférence internationale antifasciste
Suite à la tentative de coup des bolsonaristes du 8 janvier 2023 à Brasilia, est née l’idée de convoquer à partir du Brésil une conférence internationale antifasciste.
Rappelons qu’après avoir perdu les élections présidentielles en octobre 2022, les partisans du président néofasciste Jair Bolsonaro ont pris d’assaut le parlement brésilien et d’autres institutions centrales dans la capitale Brasilia le 8 janvier 2023, en prenant pour modèle l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021 par les partisans de Trump. Par la suite, la justice brésilienne a condamné à 27 ans de prison Jair Bolsonaro pour avoir dirigé une organisation criminelle armée, avoir tenté d’abolir par la violence l’État démocratique de droit et tentative de coup d’État [1].
En 2023 également, le choc créé par la victoire du néofasciste Javier Milei en Argentine et l’offensive qu’il a commencé à lancer contre le mouvement populaire à partir du 10 décembre de la même année a représenté une stimulation supplémentaire pour prendre une initiative. On s’est dit : « N’attendons pas plus longtemps, lançons un processus aboutissant à une initiative de grande ampleur ». Le danger est mondial : du Cône Sud de l’Amérique latine à l’Inde en passant par les Etats-Unis, Israël, l’Italie, la France, la Hongrie, la Biélorussie, la Russie, la Turquie, l’Égypte, les Philippines,… pour ne citer qu’une série limitée d’exemples.
La conférence aurait pu être convoquée à partir d’un autre pays mais le Brésil offrait des conditions uniques
La conférence aurait pu être convoquée à partir d’un autre pays mais le Brésil offrait des conditions particulières et pour ainsi dire uniques :
1. Les plus importantes forces politiques et sociales de gauche, en appelant à voter pour Lula du PT en 2022, avaient réussi à battre dans les urnes Jair Bolsonaro alors qu’il disposait d’une base électorale importante, du soutien de Trump et de l’extrême droite mondiale et d’une partie significative du grand capital. Si les partis de gauche, en surmontant leurs divergences sur des points importants [2], ne s’étaient pas mis d’accord sur le nom d’un candidat commun en la personne de Lula, Bolsonaro aurait pu gagner les élections. L’unité concernait en particulier le PT, le PCdoB, le PSOL ainsi que le Mouvement des Sans Terre et plusieurs syndicats dont la CUT.
2. Au début de 2024, le PT et le PSOL de Porto Alegre se sont mis d’accord pour constituer un comité unitaire local pour convoquer une conférence internationale dans cette ville qui a été le berceau du Forum social mondial en janvier 2001. Les structures locales de ces deux partis ont obtenu le feu vert de leurs instances nationales (sans pour autant que celles-ci s’enthousiasment pour ce projet et en fassent une authentique priorité) et ont cherché à élargir la base d’appui.
Je précise qu’au moment où le processus a démarré à Porto Alegre, on n’écartait pas la possibilité que si le PT et le PSOL se mettaient d’accord pour convoquer la conférence à Sao Paulo ou dans une autre grande ville du Brésil, on aurait pu déplacer le lieu de la conférence afin d’assurer une plus grande participation brésilienne. Finalement, c’est Porto Alegre (POA) qui a été retenu ce qui, vu la proximité de l’Argentine et de l’Uruguay, permettrait à des délégations importantes de ces 2 pays de se déplacer en bus pour rejoindre la capitale de l’État de Rio Grande do Sul [3].
La conférence qui devait avoir lieu en mai 2024 a dû être reportée en raison des inondations dramatiques ayant affecté Porto Alegre et Rio Grande do Sul quelques jours avant le début de la conférence. Ces inondations, la pire catastrophe climatique de l’histoire de cet État brésilien, a entraîné la mort de plus de 180 personnes.
La fragmentation politique de la gauche en Europe est très forte et le repli sur la politique nationale prime très nettement sur l’international
Il faut également ajouter que durant l’année 2024, des contacts ont été pris par le CADTM avec des responsables politiques de différents pays européens afin de proposer qu’on organise une conférence unitaire en Europe, mais cela n’a pas abouti. La fragmentation politique de la gauche en Europe est très forte et le repli sur la politique nationale prime très nettement sur l’international [4]. C’est un recul manifeste par rapport aux années 2000 et c’est très préoccupant quand on voit à quel point l’extrême-droite croît dans tous les pays d’Europe.
Pour revenir au Brésil, c’est en mai 2025 que le comité organisateur local à Porto Alegre décida de relancer le processus menant à la conférence et fixa la date du 26 au 29 mars 2026 pour sa tenue.
Entre temps le PCdoB, un allié de longue date du PT, s’était joint aux organisations qui convoquaient. De nombreux mouvements sociaux locaux apportaient leur soutien à l’initiative, le chiffre total atteignait 80 en septembre 2025.
C’est seulement à partir de fin septembre 2025, c’est-à-dire environ six mois avant la conférence internationale que les invitations ont commencé à être envoyées par le comité organisateur local à destination de l’étranger.
C’est en octobre novembre 2025 que la dimension anti impérialiste a été ajoutée face à l’agressivité extrême adoptée par Trump
C’est en octobre novembre 2025 que la dimension anti impérialiste a été ajoutée face à l’agressivité extrême adoptée par Trump, notamment par rapport au Brésil, suite à la condamnation de son allié Bolsonaro. Les menaces de Trump avaient encouragé l’extrême droite brésilienne à se mobiliser en masse début septembre (plus de 200 000 manifestantes à Sao Paulo), ce qui à son tour avaient entraîné de très grandes mobilisations anti impérialistes réalisées dans les principales villes du Brésil le 22 septembre 2025 (plus de 220 000 manifestantes à Sao Paulo en défense de la souveraineté nationale du Brésil et contre l’amnistie pour Bolsonaro et ses complices voulue par Trump et l’extrême-droite).
Nous est venue l’idée au CADTM international de rédiger un appel large et de le lancer en notre nom, comme réseau international, afin d’essayer de surmonter un maximum d’obstacles et d’amplifier le soutien
Au début alors que nous diffusions la lettre d’invitation signée principalement par les présidents du PT, du PSOL et du PCdoB de Porto Alegre, l’accueil n’a pas été très chaleureux. La lettre d’invitation mentionnait le soutien apporté à l’initiative par de nombreuses organisations sociales locales mais le rôle dirigeant de ces trois partis était évident et constituait un obstacle hors d’Amérique latine.
En Europe, les organisations n’ont pas l’habitude de signer des déclarations avec des partis ou de répondre à des appels venant des partis. Cela constituait une difficulté réelle. En Amérique latine et en Asie, cela pose moins de problème ou pas de problème du tout.
C’est à partir de décembre 2025 que nous est venue l’idée au CADTM international de rédiger un appel large et de le lancer en notre nom, comme réseau international, afin d’essayer de surmonter un maximum d’obstacles et d’amplifier le soutien. Entre le 19 décembre 2025 et le 20 janvier 2026, on a récolté des signatures pour l’appel international à renforcer la lutte antifasciste et anti-impérialiste. L’appel est radical, court, combattif, unitaire et évite de désigner les Etats-Unis et leurs alliés comme le seul bloc impérialiste. En effet, l’appel dénonce toutes les agressions impérialistes (et colonialistes) quelle qu’en soit l’origine et affirme qu’il faut soutenir face à celles-ci la résistance des peuples, y compris les armes à la main quand c’est nécessaire. Le génocide perpétré par le gouvernement néofasciste de Netanyahou à Gaza est dénoncé.
L’appel est radical, court, combattif, unitaire et évite de désigner les Etats-Unis et leurs alliés comme le seul bloc impérialiste
Très vite, on a pu obtenir les signatures de responsables de partis de gauche en Europe. Citons les signatures de Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Olivier Besancenot (NPA A) en France, de Jeremy Corbyn et Zahra Sultana (Your Party) en Grande Bretagne, de Yanis Varoufakis (MERA 25) et Zoe Konstantopoulou (Trajet de Liberté) en Grèce, de Irene Montero (Podemos) et Ada Colau (Comuns) dans l’État espagnol, des europarlementaires italiens Ilaria Salis et Domenico Lucano. S’y ajoutaient des parlementaires d’Allemagne, du Danemark, du Luxembourg, de Suisse, de Turquie… En France, un nombre important de responsables et d’élus des différentes sensibilités de la gauche (LFI, Ecologistes, PCF, NPA A, Après, Génération et même quelques élues PS) ont signé. Dans la péninsule ibérique, des responsables de presque toute la gauche espagnole (Podemos, Sumar, Anticapitalistas), basque (EH Bildu), catalane (Comuns, CUP), gallega (BNG), andalouse (Adelante Andalucia), de la communauté valenciana (Compromis),…
Ajoutons que 4 europarlementaires signataires de l’appel se sont déplacées fin mars 2026 et ont pris la parole à Porto Alegre : Manon Aubry (LFI - The Left), Leïla Chaibi (LFI - The Left), Estrella Galan (SUMAR - The Left) et Ana Miranda (Bloco Nacional Gallego)
Aux Etats-Unis, on a obtenu, ce qui était très encourageant, la signature de toute la direction des DSA (Les Socialistes démocratiques des Amériques), mouvement politique dont fait partie le nouveau maire de New York Zohran Mamdani.
D’Amérique latine, on a recueilli de très nombreuses signatures de parlementaires, de dirigeantes de partis, d’intellectuelles, d’activistes de renom,… de nombreux PC d’Amérique latine, des organisations membres de la IV internationale, du Bloc patriotique de Colombie, de Morena au Mexique, et d’Argentine : du mouvement Libres del Sur, du Mouvement Socialiste des Travailleurs (membre du FIT-U et de la LIS), de Vientos del Pueblo, de l’ Unité Populaire,…
Parmi les intellectuelles qui ont signé l’appel : la française Annie Ernaux (prix Nobel de littérature) en 2022, le suédois Andreas Malm (écosocialiste), l’indien Vijay Prashad (membre du PCI M) directeur du Centre tricontinental basé au Chili et en Inde, Titi Bhattacharya et Nancy Fraser, auteures du Manifeste féministe des 99%, Paco Ignacio Taibo II, directeur de l’importante maison d’édition Fonds de Culture Économique (Mexique), Abel Prieto (Cuba), de l’économiste marxiste Michael Roberts (GB), des politologues Gilbert Achcar (GB), Joseph Daher (Syrie), Franck Gaudichaud (Fr.), Robert Brenner et Suzi Weissman (E-U), de Catherine Samary (Fr), Patrick Bond (Af. du Sud), Walden Bello (Philippines), Frei Betto (écrivain, Br.), Michaël Löwy (Fr.-Br.), Achin Vanaik d’Inde, Françoise Vergès (La Réunion/France), Jean Ziegler (Suisse), Mireille Fanon (Martinique/France) et bien d‘autres.
Des activistes de renommée internationale ont signé l’appel comme Thiago Avila, un des principaux coordinateurs de la flotille Soumoud pour Gaza et plus récemment de la flotille pour Cuba ; Adau Colau, ex maire de Barcelone et Rima Hassan (LFI) également actives dans la flotille Soumoud ; David Adler, coordinateur général adjoint de l’Internationale progressiste ; Massa Kone (Mali) du comité organisateur du Forum social mondial 2026.
Des responsables de médias alternatifs ont signé : Denis Robert directeur fondateur de Blast (Fr.), Bhaskar Sunkara directeur fondateur de Jacobin (E-U), Vivek Chibber directeur de Catalyst (E-U), Jaime Pastor (Viento Sur de l’État esp), Daniel Raventos (de Sin Permiso, État esp.), Antoine Larrache (Inprecor, Fr.), Penny Duggan (International Viewpoint), Ugo Palheta (Revue Contretemps), Angela Klein (Revue SOZ, All.), Farooq Sulehria, rédacteur en chef du Daily Jeddojehad (Pakistan), Martín Mosquera (Jacobinlat Amérique latine), Federico Fuentes (éditeur de LINKS, Australie), Rafaël Hernandez (revue Temas, Cuba), Sushovan Dhar, magazine Alternative Viewpoint (Inde).
Les régions sous représentées :
1. l’Asie même si des personnalités et des mouvements des Philippines, d’Indonésie, de Malaisie, d’Inde, du Pakistan, du Sri Lanka, du Bangladesh, du Népal, ont apporté leur soutien ; 2. l’Afrique subsaharienne, même si des activistes du Mali, du Togo, du Cameroun, de RDC, du Kenya, d’Afrique du Sud, d’Ouganda, d’Eswatini ont signé l’appel ;
3. la région arabe, même si des activistes et des responsables d’organisations des pays suivants ont signé : Maroc, Tunisie, Liban, Syrie, Irak.
Soutien apporté par les ATTAC : En France, ATTAC a beaucoup hésité et a finalement et heureusement signé l’appel. Presque tous les ATTAC d’Europe (ATTAC Autriche, ATTAC Espagne, ATTAC Wallonie/Belgique, ATTAC Hongrie, ATTAC Italie, ATTAC France,…) ont signé avec une exception majeure celle d’ATTAC Allemagne, qui n’a pas expliqué son refus et qui n’a envoyé personne à Porto Alegre. Les ATTAC d’Argentine, du Maroc, du Togo qui sont organiquement associés au CADTM ont également signé.
Le réseau international du CADTM a évidemment soutenu activement l’appel et a contribué à sa diffusion. Cela a encouragé ses organisations membres à contribuer à la large délégation qui s’est rendue à Porto Alegre : plus de 25 déléguées provenant du Maroc, du Mali, de Côte d’Ivoire, de RDC, d’Inde, du Pakistan, des Philippines, du Mexique, de Colombie, de Puerto Rico, d’Argentine, de Belgique, de Suisse et de France, sans compter les délégués du Kenya et d’Haïti qui ont été empêchés de participer.
Soutien des organisations syndicales et de syndicalistes : plusieurs syndicats et dirigeantes ont apporté leur soutien à l’appel international : ELA et LAB du pays basque, l’intersyndicale du pays Valencia, la confédération syndicale de Galicie, l’intersyndicale de l’État espagnol ; plusieurs syndicats du Brésil : CUT, ANDES, CTB,… ; en Belgique, Jean-François Tamellini, secrétaire général de la FGTB wallonne et Felipe Van Keirsbilck, secrétaire général de la Centrale nationale des employés (CNE/CSC) ; Angélique Grosmaire, secrétaire générale de la Fédération Sud PTT (France) et Andres Gomez, Secrétaire général, CGT Beaulieu (France) ; Eliana Como, membre de l’Assemblée nationale du syndicat CGIL (Italie) ; Martín Esparza Flores et Humberto Montes de Oca, dirigeants du Sindicato Mexicano de Electricistas (SME) et Luis Bueno Rodríguez, Coordinateur de la Comisión de Organización Nueva Central de las y los Trabajadores ; Christian Dandrès, Président national du Syndicat suisse des services publics (SSP-VPOD), SK MOJIBUL HUQ, Membre de la direction de BNSK Syndicat des ouvrières du Bangladesh et Nari Sramik Kendra, BNSK Syndicat des ouvrières du Bangladesh.
Les listes des 1800 signataires jusqu’à la date du 15 mars 2026 sont rassemblées ici. Il est toujours possible de signer l’Appel international en cliquant ici.
Parmi les personnalités contactées peu ont refusé de signer. Notons quand même en Europe les refus de Tariq Ali en Grande Bretagne, de Daniel Tanuro (auteur marxiste écosocialiste) et Raoul Hedebouw (président du PTB) en Belgique,… Ces refus que nous regrettons sont peu nombreux et n’ont pas empêché le succès de la collecte de signatures
Ce qui a été très dur à vivre à cause de ses conséquences, c’est le refus de la direction de l’important syndicat italien CGIL
Ce qui a été très dur à vivre à cause de ses conséquences, c’est le refus de la direction de l’important syndicat italien CGIL qui a contacté d’autres directions syndicales afin qu’elles ne signet pas l’appel, c’est le cas de la direction de la FGTB en Belgique, et probablement de la CGT en France, des Commissions ouvrières et de l’UGT dans l’État espagnol,… La direction de la CGIL a refusé de signer en disant qu’elle était en désaccord avec la phrase qui parlait de la résistance des peuples les armes à la main quand c’est nécessaire. La direction de la CGIL a y compris contacté la direction de la CUT du Brésil pour qu’elle ne signe pas. Nous avons essayé de convaincre la direction de la CGIL en apportant des arguments (voir en encadré la lettre essayant de convaincre la CGIL et d’autres organisations de signer). Nous avons également expliqué que la signature de l’appel n’était absolument une condition pour participer à la conférence. Alors que la CGIL avait d’abord annoncé sa participation à la conférence de Porto Alegre en participant fin novembre 2025 à la première réunion en ligne du comité organisateur international, elle a finalement décidé de n’envoyer personne à Porto Alegre, ce qui est vraiment dommage. Elle aurait pu aller à Porto Alegre sans signer l’appel et elle aurait eu la parole dans au moins une plénière.
| Encadré avec lettre envoyée à la CGIL et à d’autres mouvements réticents opposés à un passage de l’appel international : Un passage de l’appel international publié le 20 janvier 2026 a suscité des interrogations : celui qui concerne le soutien à la lutte des peuples qui résistent à des agressions impérialistes et/ou coloniales, « y compris les armes à la main quand c’est nécessaire ». C’est cette dernière expression — « les armes à la main quand c’est nécessaire » — qui est à l’origine des questions soulevées. En tant que rédacteur de cette phrase, que j’assume pleinement, je souhaite poser une série de questions à partir de l’expérience historique des luttes antifascistes et anti-impérialistes : • Était-il justifié de soutenir la résistance armée des partisans italiens durant la Seconde Guerre mondiale ? • De même, face à l’occupant nazi, était-il justifié de soutenir la résistance armée en France, en Yougoslavie, en Grèce, en Pologne, en Belgique [5] et ailleurs ? Je cite ces pays , sans prétendre à l’exhaustivité, parce que les mouvements de résistance y ont été importants. • Fallait-il soutenir le soulèvement armé du ghetto juif de Varsovie en avril-mai 1943 contre les nazis ? • Les civiles et civils d’Espagne qui ont résisté les armes à la main au soulèvement franquiste méritaient-ils un soutien ? Fallait-il soutenir les dizaines de milliers d’internationalistes antifascistes venues de l’étranger qui les ont rejoints au sein des Brigades internationales [6] ? • Le peuple cubain avait-il raison de résister les armes à la main à l’invasion de son territoire en avril 1961 par un groupe d’environ 1 500 mercenaires entraînés par le gouvernement des États-Unis [7] ? • Le peuple vietnamien avait-il raison de mener une résistance les armes à la main contre l’armée française, puis contre l’armée des États-Unis, dans les années 1950, 1960 et 1970 ? • Fallait-il soutenir les Chinois qui ont résisté de manière organisée et collective, les armes à la main, face à l’invasion japonaise à la fin des années 1930 et pendant la Seconde Guerre mondiale ? On pourrait également évoquer les nombreux mouvements populaires de résistance armée qui ont jalonné tout le XXᵉ siècle et qui ont permis à de nombreux peuples et nations de conquérir leur indépendance face à la domination coloniale. Fallait-il les soutenir ? Chacune et chacun peut réfléchir aux résistances populaires nécessaires face aux agressions impérialistes et coloniales qui se déroulent aujourd’hui. La phrase qui suscite la controverse dit clairement qu’il s’agit d’un soutien à la résistance des peuples, y compris les armes à la main quand cela s’avère nécessaire. Aucun exemple contemporain n’est cité, et chacun et chacune est libre de se forger une opinion. Ce sont les peuples eux-mêmes qui choisissent leurs formes de résistance, qu’elles soient pacifiques et/ou armées. Par ailleurs, le droit international reconnaît comme légitime la résistance armée de populations organisées face à une occupation ou à une agression armée étrangère. Très cordialement, Éric Toussaint Porte-parole du CADTM international, assumant la responsabilité de la rédaction de l’appel international Voir en annexe 1, les échanges de messages du 30 janvier 2026 entre Éric Toussaint CADTM et Salvatore Marra de la direction de la CGIL |
La CGIL a contribué activement à la création d’un RÉSEAU INTERNATIONAL DES SYNDICATS ANTIFASCISTES dont on peut lire le texte fondateur en cliquant ici. Le texte fondateur est aussi disponible sur le site du CADTM. C’est une très bonne initiative et l’espace de convergence de la conférence antifa et anti impérialiste de POA ne constitue pas une concurrence par rapport à ce réseau international des syndicats antifascistes. Nous avons eu l’occasion de le répéter en Argentine de vive voix le 22 et le 24 mars 2026 lors d’importantes rencontres syndicales auxquelles notamment la CGIL, les Commissions ouvrières, la CGT participaient activement.
En Europe, le réseau de solidarité avec la résistance ukrainienne (RESU) a refusé de signer mais heureusement a envoyé une délégation à Porto Alegre. Le refus de RESU se base sur le fait que l’impérialisme russe n’était pas dénoncé dans l’appel, la condamnation de l’invasion russe de l’Ukraine n’était pas mentionnée. Le RESU soutient l’envoi des armes à l’Ukraine tandis que la CGIL d’Italie s’y oppose. RESU et la CGIL ont refusé de signer l’appel pour des raisons presque opposées, ce qui illustre la difficulté de construire une unité large.
Un autre syndicat a refusé de signer l’appel et d’aller à Porto Alegre pour d’autres raisons que celles de la CGIL, il s’agit de Sud Solidaires en France. Sud Solidaires n’a pas expliqué par écrit son refus de signer mais il semble que cela soit lié au fait que les partis PT, PCdoB et PSOL jouaient un rôle clé dans l’organisation de la conférence. D’autres raisons ont certainement joué comme la solidarité avec la résistance ukrainienne.
En Argentine, le PTS (membre du FIT-U) a aussi refusé de signer. Le PO (membre du FIT-U) est allé plus loin et a carrément mené campagne contre la conférence et a critiqué durement le MST pour avoir signé l’appel et pour envoyer une délégation à POA. Dans le cas du PTS et du PO, leur refus se base notamment sur le fait que la conférence incluait le PT de Lula qui fait des alliances avec des secteurs du grand capital.
Alors que dans le cadre des Forums sociaux mondiaux et de leurs homologues au niveau des continents, les partis politiques ne sont pas admis en tant que tels, dans le cas présent, partis politiques, mouvements sociaux, associations citoyennes sont présentes ensemble.
De plus, il ne s’agit pas seulement de dénoncer le monde de l’extrême-droite et les agressions impérialistes d’où qu’elles viennent, il s’agit d’essayer de lancer une initiative pour tenter de changer la situation. Certes, c’est de manière modeste car nous ne sommes qu’au début du processus, mais vu que l’étape de Porto Alegre est encourageante, on devrait pouvoir progresser pas à pas. Cela impliquera de surmonter les divisions qui affaiblissent dramatiquement la gauche pour faire face à l’extrême-droite et aux politiques impérialistes et néo coloniales des différentes puissances.
Convaincre des participantes de faire le déplacement depuis plus de 40 pays sans soutien financier des autorités ou de grandes fondations, c’est un succès
Oui c’est un succès. Réussir à réunir plus de 5 000 participantes (chiffre réel) lors de la marche d’ouverture, c’est un succès. Convaincre des participantes de faire le déplacement depuis plus de 40 pays sans soutien financier des autorités ou de grandes fondations, c’est un succès.
La seule fondation étrangère qui a apporté un soutien financier est la fondation Rosa Luxembourg qui a payé l’interprétation des 11 grandes conférences plénières.
Il faut préciser que le PT, le PCdoB et le PSOL sont dans l’opposition à Porto Alegre et dans l’État de Rio Grande do Sul. C’est la droite dure qui est au gouvernement dans la région. Le gouvernement de Lula n’a pas apporté de financement.
Lors des premiers Forums sociaux, la situation était différente, le PT et ses alliés étaient au gouvernement à Rio Grande do Sul et à Porto Alegre. Le soutien du mensuel français Le Monde diplomatique et de ses nombreuses éditions nationales avait été très important pour permettre un large écho dès la première initiative. Et surtout, le mouvement d’opposition à la mondialisation
Mondialisation
(voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.
Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».
La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
capitaliste néolibérale était en pleine croissance : les années 1990 avaient vu se multiplier des mobilisations aux quatre coins de la planète, les années 1999 et 2000 avaient été marquées par d’énormes mobilisations internationales à Seattle, à Washington, à Bangkok, à Séoul, en Europe,… Portés par des mobilisations, plusieurs gouvernements progressistes ont vu le jour en Amérique latine : Chavez au Venezuela (1999), Lula au Brésil (2003), Evo Morales en Bolivie (2005), Manuel Zelaya au Honduras (2006), Rafael Correa en Équateur (2007), Lugo au Paraguay (2008).
Ce climat de progression des mobilisations et du mouvement qu’on a appelé altermondialiste, pour un autre monde possible, a duré au moins jusque 2006-2007, et a connu un rebond en 2009 – 2012 avec les mobilisations qui ont suivi la crise financière de 2008, le printemps arabe (2011) et les mouvements des indignés et d’Occupy Wall Street (2011).
Rien de tel n’existe en 2026. Nous vivons la période la plus difficile des 40 dernières années sur le plan mondial et si on se limite à l’Europe, la plus difficile depuis la seconde guerre mondiale avec une progression de l’extrême-droite inconnue sur le vieux continent depuis les années 1930 et une nouvelle guerre de grande ampleur suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Dans ce contexte, réunir pendant 3 jours durant plus de 3000 participantes, dont beaucoup de jeunes très combattifs, pour assister à 11 conférences plénières et à 150 activités autogérées, c’est un important succès. Jusqu’à la dernière plénière inclue du dimanche 29 mars après-midi, les grandes salles ont été remplies.
Parmi les obstacles très importants, il faut souligner les divergences qui existent concernant quelles sont les agressions impérialistes
Parmi les obstacles très importants, il faut souligner les divergences qui existent concernant quelles sont les agressions impérialistes, qui sont les impérialismes à combattre. Je vais essayer de donner une explication qui, je m’en excuse par avance, est schématique mais a l’avantage d’offrir un éclairage rarement pris en compte.
La perception de l’impérialisme n’est pas du tout la même à différents endroits de la planète. En Amérique latine, depuis 120 ans, seul l’impérialisme des États-Unis a agressé les peuples, les nations et les pays de la région, et les premières agressions de E-U remontent à deux siècles et ont été codifiées dans la doctrine Monroe de 1823 (lire : Hémisphère occidental : une histoire des États-Unis écrite par la guerre).
En Europe centrale, les principales agressions militaires impérialistes ou autres ont été perpétrées du 19e au 20e siècle par l’empire germanique, puis par l’Allemagne nazie, par l’empire tsariste russe puis par l’URSS du temps de Staline (pacte germano soviétique avec occupation de la moitié de la Pologne et l’annexion des États baltes) ou post Staline dans le cadre des interventions du Pacte de Varsovie Pacte de Varsovie Pacte militaire entre pays de l’ex-bloc soviétique (URSS, Albanie, Bulgarie, Hongrie, Pologne, République démocratique allemande, Roumanie, Tchécoslovaquie). Il fut signé à Varsovie en mai 1955, en réaction à l’intégration de la République fédérale d’Allemagne à l’OTAN. L’Albanie s’en est retirée en 1968 suite à l’intervention en Tchécoslovaquie. Suite à la dislocation de l’URSS, l’organisation militaire du pacte a été dissoute en avril 1991. (Hongrie 1956, Tchécoslovaquie 1968).
En Afrique, les agressions impérialistes et colonialistes ont été perpétrées du 19e au 21e par les puissances impérialistes européennes.
Au Proche-Orient, les agressions impérialistes des 70 dernières années (càd après 1956 et la nationalisation du canal de Suez par Nasser suivie de l’intervention impérialiste française, britannique et israélienne) ont été perpétrées par Israël, les Etats-Unis et leurs alliés [8].
En Asie de l’Est, les agressions impérialistes de la fin du 19e s. aux années 1950 ont été perpétrées par l’impérialisme japonais (ainsi que par les impérialismes hollandais en Indonésie et français en Indochine) puis systématiquement par les Etats-Unis que ce soit dans la guerre de Corée au début des années 1950, en Indochine des années 1960 à 1975, et le soutien que Washington a apporté aux nombreuses dictatures de la région des années 1960 à la fin de années 1990.
Pour agir ensemble dans une perspective anti impérialiste, il n’est pas obligatoire d’être d’accord sur la caractérisation de la Russie ou de la Chine du moment qu’on est d’accord sur des tâches concrètes de solidarité
Si on ne prend pas en compte ces différences, on ne peut pas expliquer pourquoi la gauche anti impérialiste adopte « aujourd’hui » des positions très différentes d’une grande région à l’autre de la planète, sauf, et c’est heureux, quand il s’agit de dénoncer le génocide du peuple palestinien par le gouvernement israélien qui rassemble (presque) toute la gauche anti-impérialiste.
Les anti impérialistes européennes devraient comprendre pourquoi la Russie de Poutine n’est pas perçue comme une puissance impérialiste menaçante de première importance par la gauche anti impérialiste dans les Amérique tout comme la gauche anti impérialiste des Amérique devrait comprendre pourquoi la gauche en Europe centrale et dans une bonne partie de l’Europe occidentale considère que la dénonciation de l’impérialisme russe est fondamentale et ne peut pas se limiter à la dénonciation de Washington, de leurs vassaux européens et de l’OTAN
OTAN
Organisation du traité de l’Atlantique Nord
Elle assure aux Européens la protection militaire des États-Unis en cas d’agression, mais elle offre surtout aux États-Unis la suprématie sur le bloc occidental. Les pays d’Europe occidentale ont accepté d’intégrer leurs forces armées à un système de défense placé sous commandement américain, reconnaissant de ce fait la prépondérance des États-Unis. Fondée en 1949 à Washington et passée au second plan depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN comprenait 19 membres en 2002 : la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, auxquels se sont ajoutés la Grèce et la Turquie en 1952, la République fédérale d’Allemagne en 1955 (remplacée par l’Allemagne unifiée en 1990), l’Espagne en 1982, la Hongrie, la Pologne et la République tchèque en 1999, la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie en 2004, l’Albanie et la Croatie en 2009, le Monténégro en 2017, la Macédoine du Nord en 2020, la Finlande en 2023 et la Suède en 2024.
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Il faut aussi comprendre pourquoi une partie importante de la gauche anti impérialiste africaine, notamment en Afrique de l’Ouest, perçoit comme prioritaire le combat contre l’impérialisme français et ne se mobilise pas (encore) contre les accords militaires de certains gouvernements de la région avec la Russie de Poutine, considérés comme un moindre mal ou un passage obligé dans la lutte contre le terrorisme djihadiste.
Les débats traversent de grands réseaux de gauche comme La Via Campesina : la vision et les positions concernant la Russie de Poutine ne sont pas les mêmes qu’il s’agisse des organisations paysannes européennes ou latino-américaines. C’est compréhensible et le débat est nécessaire. Des différences de sensibilité et de positionnement touchent aussi les ATTAC ou le réseau international CADTM.
Les différences de position contre les politiques ou les agressions impérialistes ne relèvent pas seulement de l’endroit où l’on vit et où l’on lutte, elles renvoient également aux différences de cadre théorique des différents courants politiques : communiste pro-Moscou de la période antérieure à l’implosion de l’URSS au 20e siècle, ou pro-chinois maoïste ou trotskyste ou castriste ou eurocommuniste… Ces différences marquent les anciennes générations militantes et influencent encore les jeunes générations.
Il faut dépasser ou abandonner l’orientation selon laquelle on peut soutenir une grande puissance ou un régime parce qu’il est l’ennemi de l’ennemi principal, position souvent désignée comme « campiste ».
D’ailleurs, dans le cas de la Russie de Poutine, il n’est pas du tout avéré qu’en ce moment, il soit réellement l’ennemi de l’administration de Trump et vice versa comme je le montre dans l’article Trump, Poutine et l’Ukraine : vers un partage des zones d’influence au détriment des peuples
Il faut aussi abandonner la position selon laquelle non seulement il faut défendre un pays souverain face à une agression impérialiste (ce qui est indiscutable) mais aussi son régime politique, y compris quand celui-ci réprime les luttes des classes populaires, comme c’est le cas du régime iranien pour ne donner qu’un exemple.
Il faut aussi abandonner l’idée selon laquelle la Russie de Poutine serait d’une certaine manière l’héritière ou la continuité de la révolution russe de 1917. La Russie sous la direction de Poutine (qui est un anti communiste notoire) est une puissance capitaliste impérialiste de second rang qui cherche à se renforcer par la voie de la guerre et de la conquête territoriale.
La Chine actuelle a des caractéristiques différentes de la Russie, c’est évident. C’est une puissance capitaliste impérialiste émergente qui n’a pas eu recours à des agressions militaires pour atteindre ses objectifs. Contrairement à ce que certains veulent croire, elle ne construit pas à sa manière le socialisme. Elle s‘est insérée avec un grand succès dans le système capitaliste mondialisé et est en passe de devenir la première puissance économique mondiale. Elle est un pilier du système capitaliste mondial.
Pour agir ensemble dans une perspective anti impérialiste, il n’est pas obligatoire d’être d’accord sur la caractérisation de la Russie ou de la Chine du moment qu’on est d’accord sur des tâches concrètes de solidarité. Il est clair que c’est très difficile d’y arriver sur des sujets très sensibles comme l’invasion de l’Ukraine et la guerre qui s’y poursuit.
Il est très important d’adopter une politique internationaliste conséquente et de lutter contre toutes les agressions impérialistes ou néo coloniales quelle qu’en soit l‘origine. Il faut construire à partir d’en bas une solidarité entre les peuples afin de renforcer la résistance à la montée du néofascisme et à l’augmentation des agressions impérialistes d’où qu’elles viennent.
L’appel invite« à combattre l’agression impérialiste et coloniale, quelle que soit son origine ; et à soutenir la lutte des peuples qui leur résistent, y compris les armes à la main quand c’est nécessaire
L’appel invite clairement « à combattre l’agression impérialiste et coloniale, quelle que soit son origine ; et à soutenir la lutte des peuples qui leur résistent, y compris les armes à la main quand c’est nécessaire. »
Trump et Poutine ne sont pas cités, ni d’autres impérialismes. Seule est mentionné « le cas de la Palestine, » (qui ) « prend la forme d’un génocide orchestré par l’État d’Israël, avec la complicité de ses alliés impérialistes. »
Des agressions impérialistes ou sous impérialistes, il y en a de nombreuses. Il y a toutes celles perpétrées par les Etats-Unis et Israël, celles de la Russie notamment contre l’Ukraine, celles des Émirats Arabes Unis notamment celle en soutien aux RSF au Soudan, responsables de crimes de guerre massifs et de crimes contre l’humanité, celles de différentes puissances dans l’Est de la République démocratique du Congo, celle de la Turquie contre les Kurdes dans le Nord de la Syrie et cette liste n’est pas complète.
Si on avait cité l’agression impérialiste russe contre l’Ukraine, il est clair qu’une grande partie des forces de gauches latino-américaines, d’Amérique du Nord, certaines forces de gauches européennes ou asiatiques auraient refusé de signer. Le PT, le PCdoB, une partie importante du PSOL, le Mouvement des Sans Terres, la CUT du Brésil, les PC latino-américains et plusieurs syndicats qui ont signé, des auteurs comme Vijay Prashad d’Inde, n’auraient pas signé.
Nous avons préféré proposer à signature un appel que beaucoup de forces pouvaient signer et qui contient la phrase citée plus haut qui appelle à combattre « toute agression impérialiste et coloniale quelle qu’en soit l’origine » et qui précise « y compris les armes à la main quand c’est nécessaire. »
Ceux et celles qui, en Europe et en Amérique du Nord, affirment qu’il fallait absolument dénoncer l’impérialisme russe et l’invasion de l’Ukraine dans le texte de l’appel devraient faire l’effort de réfléchir à ce qui a motivé la décision que nous assumons : permettre de réunir un grand nombre de signatures de personnes et de mouvements de gauche et favoriser une participation ample à la conférence de Porto Alegre afin que s’y déroulent des débats, afin que les unes et les autres puissent écouter des points de vue différents.
On peut aussi attendre de ceux et celles qui font de dures critiques à l’égard de l’appel et de la conférence de Porto Alegre qu’ils et elles mettent la main à la pâte et investissent des forces et de l’énergie pour réaliser en Europe une grande rencontre unitaire anti fasciste et anti impérialiste rassemblant à la fois des mouvements et des activistes de l’Europe de l’est, de l’Europe centrale, de l’Europe occidentale, de la Méditerranée.
L’extrême-droite italienne a pris pour cible l’appel international et en particulier trois personnalités italiennes qui l’avaient signé. Le média qui a lancé l’attaque le 17 février 2026 s’appelle Il Primato Nazionale [9]. C’est un acteur clé de la « guerre culturelle » menée par la droite radicale en Italie. Son importance réside moins dans ses chiffres de vente que dans sa fonction idéologique. Il constitue une référence tant pour le parti de la cheffe du gouvernement Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia) que pour la Lega de Matteo Salvini, vice premier ministre. Il Primato Nazionale est l’organe de presse officiel de CasaPound Italia , un mouvement politique néo-fasciste qui se définit lui-même comme les « fascistes du troisième millénaire ». Voici la première moitié de l’article en question, nous la publions sans apporter la moindre modification. Cet article dénonce l’appel, ses signataires italiens et la création d’une nouvelle internationale rouge à Porto Alegre :
« Des paroles aux « actions Action
Actions Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales. concrètes » : le manifeste antifasciste signé par Ilaria Salis et Mimmo LucanoAprès la mort de Quentin Deranque à Lyon, l’« Appel international antifasciste et antimperialiste », signé notamment par Ilaria Salis, Mimmo Lucano et Eliana Como, ne peut plus être lu comme un simple document. Il doit être analysé pour ce qu’il est : un manifeste politique global qui appelle à une convergence organisée contre un ennemi défini en termes totaux et qui légitime une mobilisation sans frontières.Le manifeste antifasciste pour les « actions concrètes »L’appel, publié le 12 février 2026 et relayé par le Comité pour l’Abolition des Dettes Illégitimes (CADTM), décrit une avancée planétaire de l’« extrême droite » unie par une série d’éléments : démantèlement des droits du travail, politiques migratoires restrictives, augmentation des dépenses militaires, répression, surveillance, austérité. Le cadre est celui d’un conflit global entre le capital et les peuples, entre l’impérialisme et la résistance. Jusqu’ici, nous sommes dans une narration idéologique cohérente avec la tradition de la gauche radicale internationale.Cependant, le point politiquement le plus pertinent est ailleurs. Le texte ne se limite pas à une analyse ou à une dénonciation. Il invoque explicitement la nécessité de « convenir d’actions concrètes » et de soutenir « la lutte des peuples qui résistent, même lorsqu’ils sont contraints de prendre les armes ». Ce n’est pas une formule neutre. C’est un passage qui ouvre la voie à une légitimation politique de la violence comme outil de lutte, pourvu qu’elle s’inscrive dans le cadre de l’antifascisme et de l’anti-impérialisme.Parmi les premiers signataires apparaissent des noms de poids de la gauche globale comme Jean-Luc Mélenchon, Jeremy Corbyn, Yanis Varoufakis et Annie Ernaux. Mais aux côtés de ces figures se trouvent aussi des représentants italiens occupant aujourd’hui des fonctions institutionnelles : Ilaria Salis et Mimmo Lucano, eurodéputés de l’Alliance Verts et Gauche, et Eliana Como, membre de l’Assemblée nationale de la CGIL. Ce ne sont pas des militants marginaux, mais des représentants ayant des responsabilités publiques.À Porto Alegre, la nouvelle internationale rougeLe document insiste sur la nécessité d’une coordination internationale contre l’« agression impérialiste », cite explicitement la Palestine comme exemple de situation coloniale et se termine par une citation de Che Guevara. La conférence prévue à Porto Alegre est présentée comme une étape dans un long parcours de mobilisation unitaire et permanente. »
Nous arrêtons ici la reproduction de cet article qui montre à quel point l’initiative de l’appel international est cruciale. En effet alors qu’une internationale néofasciste s’est mise en place, il était grand temps de réagir. En réagissant à la menace fasciste, on prend le risque de s’exposer à la violence verbale ou physique des néofascistes car ceux-ci ne font pas que publier des articles du type de celui reproduit plus haut, ils passent également à l’action. C’est ce qu’a dénoncé devant la justice italienne l’ex-eurodéputée italienne Eleonora Forenza, membre du parti Rifondazione Comunista. Elle a siégé au Parlement européen de 2014 à 2019 au sein du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL). Lors d’une manifestation antiraciste à Bari dans le sud de l’Italie le 21 septembre 2018, Eleonora Forenza, son assistant Antonio Perillo et d’autres militantes ont été violemment prises à partie par des membres de l’organisation d’extrême droite CasaPound qui publie Il Primato Nazionale. Son assistant a été grièvement blessé (traumatisme crânien). Eleonora Forenza s’est constituée partie civile dans le procès qui a suivi. En première instance, plusieurs membres de CasaPound ont été condamnés non seulement pour l’agression, mais aussi pour « reconstitution du parti fasciste » (une première judiciaire importante en Italie). Elle dénonce régulièrement la lenteur de la justice italienne, le verdict de premier degré étant intervenu plusieurs années après les faits.
Courageusement, Eleonora Forenza a signé l’appel international (voir son nom dans la troisième liste des signataires publiée le 19 mars 2026 après la parution de l’article qui dénonçait trois autres signataires de l’appel.
Cela vaut la peine de dire quelques mots des deux eurodéputés signataires de l’appel international qui sont dénoncés par les néofascistes de Casa Pound : Domenico Lucano, maire de Riace en Calabre, a été persécuté par le système judiciaire italien et le ministre de l’Intérieur d’extrême-droite M. Salvini pour sa politique humaniste d’accueil des migrantes et réfugiées. Il a été injustement condamné à 13 ans de prison avant de gagner son appel après une longue bataille juridique et grâce à un mouvement de solidarité en sa faveur. Ensuite, en juin 2024, il a été élu membre du Parlement européen (groupe de gauche The Left).
Ilaria Salis, activiste antifasciste, accusée de violence contre des néonazis qui manifestaient à Budapest
Ilaria Salis, activiste antifasciste, accusée de violence contre des néonazis qui manifestaient à Budapest, avait été emprisonnée en Hongrie dans des conditions dégradantes (elle était apparue au tribunal enchaînée aux pieds et aux mains) avant d’être libérée en juin 2024 grâce à son élection comme eurodéputée pour l’Alliance des Verts et de la Gauche (AVS), rejoignant ensuite le groupe The Left. En 2025, une procédure officielle lancée par le gouvernement de Viktor Orbán pour lever l’immunité parlementaire d’Ilaria Salis a abouti à un vote très serré au parlement européen. Les autorités hongroises souhaitaient reprendre le procès contre elle pour l’agression présumée de militants néofascistes à Budapest en 2023. Le vote décisif concernant la levée de l’immunité parlementaire d’Ilaria Salis a eu lieu le 7 octobre 2025, lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg. Voici le détail des résultats et des positions politiques lors de ce scrutin qui s’est joué à une seule voix : Contre la levée de l’immunité (Soutien à Salis) : 306 voix, pour la levée de l’immunité (Demande de la Hongrie) : 305 voix.
La majorité du Parti Populaire Européen (Droite classique) et les trois groupes parlementaire d’extrême-droite au parlement européen ont voté pour la levée de l’immunité, il s’agit des Patriotes pour l’Europe (groupe d’Orbán et du RN), de l’ECR (Fratelli d’Italia de Meloni), et d’ESN (Europe des Nations Souveraines dirigé par l’AfD néofasciste allemande). Les euro parlementaires d’Italie soutenant le gouvernement de Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia et Lega) ont fermement voté pour la levée de l’immunité, qualifiant le résultat de « honte pour l’Europe ». Ilaria Salis a immédiatement réagi en déclarant que ce n’était pas seulement une victoire personnelle, mais une victoire pour « l’antifascisme européen ». Elle a profité de sa tribune au Parlement pour devenir une porte-parole des prisonnieres politiques et des militantes antifascistes en Europe. Elle a multiplié les interventions sur : les conditions carcérales en Europe ; la montée des mouvements néofascistes ; le droit au logement (sujet sur lequel elle est aussi active en Italie). Son soutien à l’appel international antifa et anti impérialiste lancé par le CADTM et à la conférence de Porto Alegre s’inscrit dans son combat, ce qui lui vaut des menaces de la part de l’extrême-droite.
D’autres signataires de l’appel international sont aussi l’objet de multiples menaces et d’actions en justice contre leur combat, il s’agit notamment de l’eurodéputée Rima Hassan et du député à l’assemblée nationale, Raphael Arnault, tous deux de la France insoumise
D’autres signataires de l’appel international sont aussi l’objet de multiples menaces et d’actions en justice contre leur combat, il s’agit notamment de l’eurodéputée Rima Hassan et du député à l’assemblée nationale, Raphael Arnault, tous deux de la France insoumise.
Rima Hassan fait l’objet d’un harcèlement judiciaire et médiatique notamment en étant injustement accusée d’ « apologie du terrorisme » (ce qui est passible d’une peine allant jusqu’à 7 ans de prison) alors qu’en réalité elle affirme son soutien actif
Actif
Actifs
En général, le terme « actif » fait référence à un bien qui possède une valeur réalisable, ou qui peut générer des revenus. Dans le cas contraire, on parle de « passif », c’est-à-dire la partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (les capitaux propres apportés par les associés, les provisions pour risques et charges ainsi que les dettes).
avec le peuple palestinien. Le plus récent harcèlement judiciaire date du jeudi 2 avril 2026 quand elle a été mise en garde à vue à Paris.
Après la mort de Quentin Deranque, un militant fasciste qui a succombé à ses blessures après une rixe avec des antifascistes à Lyon, le 14 février 2026, Raphaël Arnault a reçu de nombreuses menaces de mort et a subi un harcèlement médiatique alors qu’il n’avait rien à voir avec ce décès.
Oui c’est indéniable. Dans leur intervention en plénière, Rafael Bernabe de Démocratie Socialiste(Puerto Rico), Sushovan Dhar du CADTM (Inde), Roberto Robaina président du PSOL de Porto Alegre (Brésil), Penny Duggan de la direction de la IV internationale (France), Patricia Pol d’ATTAC France, ont très clairement condamné l’invasion russe de l’Ukraine. Plusieurs d’entre eux ont exprimé leur opposition à l’agression contre l’Iran tout en affirmant leur opposition au régime théocratique iranien et leur soutien aux protestations. Ces interventions ont été bien plus nombreuses que celles qui ont justifié l’invasion russe. Lors de la plénière au cours de laquelle Rafael Bernabe (Puerto Rico), Sushovan Dhar du CADTM et Patricia Pol d’ATTAC France ont condamné l’invasion russe, un seul commentateur (Batista de section brésilienne de l’internationale antifa créée à Caracas en septembre 2024) a défendu celle-ci.
Concernant l’Iran, lors de cette plénière, un iman iranien basé au Brésil a pris la défense du régime politique iranien et de l’ayatollah Khomeini. Je crois que son invitation n’était pas bienvenue. Mais il est important de souligner que Rafael Bernabe (Puerto Rico) et Sushovan Dhar du CADTM avait clairement critiqué le régime iranien tout en condamnant l’agression de Washington et Tel Aviv contre l’Iran.
Parmi les ateliers, il y en avait un consacré à la solidarité avec les prisonniers politiques russes dont Boris Kagarlitsky. Y ont pris la parole André Frappier, Mikhaïl Lobanov et Ksenia, la fille de Boris. Un autre atelier auquel ont participé un nombre significatif de participantes était organisé par des membres du Réseau européen de solidarité avec la résistance ukrainienne (RESU). Des camarades syndicalistes ukrainiens y ont pris la parole. Un des membres de RESU, Alfon Bech, actif à la conférence de Porto Alegre, a écrit ce qui suit à propos de la participation des camarades ukrainiens : « De ce point de vue, la participation des camarades a été un fait clairement positif. Outre notre atelier, qui a bénéficié d’une forte présence, le camarade Vasyl est intervenu dans un autre atelier où Eric Toussaint lui a demandé de prendre la parole [10]. Même si la parole n’était pas donnée lors des séances plénières, la présence des camarades ukrainiens, tout comme celle des opposants socialistes russes, a été mise en avant par des membres du MES, en particulier lors de la clôture finale de la conférence assurée par Roberto Robaina. Ils ont également pu avoir des conversations avec des militants du Brésil et d’autres pays. Et ils ont donné des interviews et tourné des vidéos qui sont en train d’être diffusées parmi les organisations de gauche. » [11] (Source : https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/05/notes-sur-la-premiere-conference-internationale-antifasciste-de-porto-alegre-autre-texte/ )
La pluralité des positions et leur libre expression est une condition sine qua non de la réussite du renforcement de l’action antifa et anti impérialiste. Entre mouvements de gauche, la capacité à écouter des points de vue avec lequel on n’est pas d’accord est une condition nécessaire à la construction de points de consensus pour mener ensemble des actions.
Une des causes de la montée de l’extrême droite et de son influence sur une partie des classes populaires est le résultat des insatisfactions et des désillusions causées par les politiques menées par des gouvernements dits progressistes en Amérique du Sud ou sociaux-démocrates en Europe
Concernant le débat à propos de l’antifascisme, il n’y a pas l’espace dans cet article pour aborder le sujet dans le détail mais il y a un point qui paraît tout à fait utile à souligner. La montée de l’extrême droite ne s’explique pas seulement par les effets de 40 ans de politique néolibérale qui ont entraîné l’appauvrissement et la précarisation de secteurs importants des classes populaires et de certains secteurs des classes dites moyennes. La montée de l’extrême droite ne s‘explique pas seulement par le rôle des grands médias de communication qui lui sont favorables. Il est clair qu’une des causes de la montée de l’extrême droite et de son influence sur une partie des classes populaires est le résultat des insatisfactions et des désillusions causées par les politiques menées par des gouvernements dits progressistes en Amérique du Sud ou sociaux-démocrates en Europe. C’est ce que j’ai indiqué dans mon intervention dans la première plénière de la conférence de Porto Alegre le 27 mars en faisant allusion aux politiques des gouvernements de Lula et de Dilma Roussef entre 2003 et 2013 ou aux désillusions créées par la politique menée par le gouvernement du président Alberto Fernandez en Argentine de 2019 à 2023. C’est vrai également en Europe avec la politique menée par des gouvernements comme celui du « socialiste » François Hollande en France, des socialistes au Portugal, des sociaux-démocrates en Allemagne ou de Syriza en Grèce. Nous pouvons également citer celle de Biden aux États-Unis.
Du coup, faut-il ou non proposer, face au danger néofasciste, une alliance qui les inclut ? C’est une des grandes questions auxquelles il faut répondre et qui divise profondément les forces antifascistes. La France Insoumise a-t-elle eu ou non raison de proposer le Nouveau Front Populaire en juin 2024 en y incluant le PS ? Je crois que oui car le programme proposé sans être anti-capitaliste marquait une rupture réelle par rapport à la gestion de Hollande et celle de Macron et a suscité un réel enthousiasme. Bref, la question de l’ampleur des alliances est une des questions à débattre et à résoudre en prenant en compte les leçons léguées par l’histoire des années 1930 en Europe. Il est clair que l’alliance construite entre le PT, le PCdoB, le PSOL est une réponse qui est nécessaire dans la lutte contre le danger d’un retour de l’extrême droite à la présidence du Brésil en octobre 2026, mais cela ne met pas fin au débat sur la politique concrète à mener pour forcer un véritable changement contre les intérêts du grand capital.
Elles sont nombreuses et de première importance : la nécessité d’un programme révolutionnaire écosocialiste ; la dimension féministe et LGBTQIA+ dans la lutte antifa et anti impérialiste ; le rôle vital des peuples autochtones ; les luttes contre les dettes illégitimes ; et bien d’autres sujets.
La déclaration finale est utile car elle analyse clairement et de manière synthétique le danger fasciste actuel ainsi que la montée des agressions impérialistes. Le texte affirme : « Nous luttons contre tous les impérialismes et soutenons la lutte des peuples pour leur autodétermination, par tous les moyens nécessaires. » La déclaration insiste sur la nécessité de l’unité malgré les différences : « Les forces qui combattent l’ascension de l’extrême droite sont diverses et présentent différentes analyses, stratégies, tactiques, programmes et politiques d’alliance. L’expérience nous enseigne que, tout en reconnaissant ces différences, il est essentiel d’articuler une lutte unitaire contre nos ennemis. »
Le texte appelle « à combattre les agressions impérialistes et coloniales, quelle que soit leur origine ; à lutter pour la fin de l’OTAN ; et à soutenir la lutte des peuples et des gouvernements qui résistent. »
La déclaration affirme qu’ « il est urgent de partager les analyses, de renforcer les liens et de mener des actions concrètes. » « La Conférence antifasciste pour la souveraineté des peuples s’engage à poursuivre la lutte sans relâche et à constituer un espace de construction d’unités face à l’ascension de l’extrême droite et aux agressions impérialistes. Face à la barbarie, nous levons la bannière de la solidarité internationale, de la lutte des peuples et d’un avenir socialiste, écologique, démocratique, féministe et antiraciste. »
La déclaration finale a permis d’harmoniser les agendas et d’insister sur l’importance de la mobilisation pour les prochaines échéances internationales, parmi lesquelles :
• Les Rencontres écosocialistes internationales à Bruxelles (15-17 mai),
• Le contre-sommet face au G7
G7
Groupe informel réunissant : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon. Leurs chefs d’État se réunissent chaque année généralement fin juin, début juillet. Le G7 s’est réuni la première fois en 1975 à l’initiative du président français, Valéry Giscard d’Estaing.
en Suisse et en France (mi-juin),
• Le Sommet contre l’OTAN en Turquie (juillet 2026),
• Le Forum social mondial à Cotonou au Bénin (4-8 août).
La volonté de convoquer des Rencontres antifascistes et anti-impérialiste au niveau de grandes régions a été affirmée avec la programmation d’une rencontre en Argentine et une autre pour l’Amérique du Nord et la Caraïbe à réaliser probablement au Mexique. Il y a également un accord pour reconvoquer une conférence internationale à Porto Alegre.
Il manque dans la déclaration une référence à la résistance du peuple ukrainien face à l’invasion impérialiste russe. La phrase qui dans les dernières heures qui ont précédé la lecture de la déclaration finale sur laquelle il n’a pas été possible pour les organisateurs locaux de trouver un consensus était la suivante : « Défense d’un processus de paix en Ukraine qui élimine les causes profondes du conflit, établisse des garanties Garanties Acte procurant à un créancier une sûreté en complément de l’engagement du débiteur. On distingue les garanties réelles (droit de rétention, nantissement, gage, hypothèque, privilège) et les garanties personnelles (cautionnement, aval, lettre d’intention, garantie autonome). de sécurité pour toutes les parties et respecte l’autodétermination et la volonté souveraine des populations touchées par la guerre. » On peut se demander si, malgré tout, il n’aurait pas mieux valu adopter cette formule plutôt que de ne rien avoir à propos de l’Ukraine dans la déclaration finale. Ce qui est également une évidence, c’est qu’il faudra trouver dans le futur un processus transparent et efficace pour adopter la déclaration finale au cours de la prochaine conférence. Ce ne sera pas facile mais c’est très important. Au bout du compte malgré les limites de la déclaration finale, celle-ci est utile.
La question essentielle pour nous, en tant que révolutionnaires et en tant qu’internationalistes, est la suivante : de quel côté nous plaçons-nous ? Notre réponse est claire. Nous sommes du côté des peuples, contre les objectifs du Grand Capital et les affrontements entre grandes puissances et les différents impérialismes.
Concrètement, cela signifie que nous soutenons les militants et militantes qui en Russie et en Ukraine s’opposent à la guerre menée par la Russie en Ukraine. Affirmer cela doit aller de pair avec la critique de la politique néolibérale et nationaliste chauvine du gouvernement de droite de V. Zelensky, avec la dénonciation de l’OTAN et des visées impérialistes de Trump et des Européens sur l’Ukraine.
Nous soutenons les travailleurs et travailleuses, les étudiantes et les mouvements sociaux en Chine qui luttent pour leurs droits, pour l’amélioration de leurs conditions de vie et pour davantage de libertés politiques.
Nous soutenons également les travailleureuses et les masses populaires aux États-Unis qui luttent contre les politiques de Trump.
Nous défendons la souveraineté des pays de l’hémisphère occidental et d’autres parties du monde contre la stratégie agressive de domination des États-Unis. Nous sommes du côté des peuples dans leur lutte pour le droit à l’autodétermination et pour l’exercice de leur souveraineté sur leurs ressources naturelles. Nous nous opposons à toutes les agressions impérialistes et colonialistes quelle qu’en soit l’origine.
En Europe, nous nous opposons à la politique impérialiste et néocoloniale de nos gouvernantes et dénonçons leur complicité avec le gouvernement néofasciste de Netanyahou qui commet un génocide contre le peuple palestinien. Nous nous opposons aux politiques inhumaines pratiquées par la majorité des gouvernements de la planète à l’égard des migrantes et des candidates réfugiées. Nous soutenons toutes les activités de solidarité internationalistes.
Nous défendons une perspective authentiquement internationaliste. Nous choisissons le camp des peuples contre leurs oppresseurs. Nous nous engageons activement avec d’autres forces politiques et sociales dans la poursuite des efforts qui ont permis la réalisation et la réussite de la conférence anti fasciste et anti impérialiste de Porto Alegre au Brésil (26-29 mars 2026). Nous poursuivons la collecte de signatures pour l’Appel international au renforcement de l’action antifasciste et anti-impérialiste. Et nous signons comme réseau international CADTM la déclaration finale de la conférence de Porto Alegre.
Si les divergences sur la nature des différents impérialismes et les héritages du XXe siècle continuent de fragmenter la gauche, l’urgence dictée par la montée coordonnée des néofascismes et des agressions impérialistes a forcé une convergence inédite. Le succès de cette rencontre ne se mesurera pas à l’unanimité de ses déclarations, mais à sa capacité à transformer cette « unité d’action » en une résistance concrète et durable. En définitive, la conférence de Porto Alegre 2026 marque une étape significative dans la reconstruction d’un internationalisme combatif, capable de rassembler au-delà des divergences réelles qui traversent les forces de gauche à l’échelle mondiale. Son succès tient autant à l’ampleur de la mobilisation qu’à la capacité d’ouvrir des espaces de débat et de convergence dans une période défensive. Mais les obstacles rencontrés montrent que rien n’est acquis. La dynamique engagée à Porto Alegre ne pourra se consolider que par un approfondissement des discussions, une clarification des positions et surtout par la multiplication d’initiatives concrètes, ancrées dans les luttes. Plus qu’un aboutissement, cette conférence constitue ainsi un point de départ : celui d’un processus long, incertain mais nécessaire pour reconstruire une solidarité internationaliste à la hauteur des défis posés par la montée du néofascisme et des rivalités impérialistes.
| Le ven. 30 janv. 2026 à 09:13, SALVATORE MARRA a écrit : Cher Eric, Tout d’abord, nous souhaitons te remercier de nous avoir contactés et d’avoir fourni des explications sur la question soulevée concernant un passage de l’appel international antifasciste. Cet appel nous semble constituer le lancement de la conférence de Porto Alegre fin mars. Est-ce le cas ou non ? Nous souhaitons également dire que nous avons vu qu’une dirigeante nationale de la CGIL a déjà signé l’appel. Nous sommes en contact avec elle en interne et clarifierons cela dans les plus brefs délais. Par ailleurs, nous souhaitons souligner que ce débat sur l’usage des armes a été l’un des arguments les plus utilisés pour attaquer de manière virulente la position de la CGIL et de l’ANPI lors du débat sur l’envoi d’armes à l’Ukraine, auquel nous nous sommes clairement opposés dès le début de l’agression russe. En outre, nous ne jugeons pas approprié de parler de l’usage des armes hors contexte, sans tenir compte des différentes situations. Les cas que tu mentionnes sont différents les uns des autres et se situent dans des contextes profondément distincts. Le droit international prévoit évidemment le droit à la légitime défense en cas d’agression, mais nous n’avons pas l’impression que le contexte auquel l’appel se réfère corresponde aux circonstances prévues par le droit international. J’ajoute que nous sommes les coordinateurs du Réseau international des syndicats antifascistes et que le manifeste ne fait aucune référence à l’usage des armes ni à la lutte violente et/ou armée ; par conséquent, une signature de notre part de cet appel serait également en contradiction avec le contenu du manifeste. Avant de prendre une décision définitive concernant notre participation, active ou passive, à l’initiative, nous avons besoin d’un éclaircissement sur cet appel et sur sa nature. En même temps, nous sommes bien conscients que, puisqu’il a déjà été signé par des centaines de personnes, il ne pourra probablement pas être modifié. Cordialement, Salvatore Marra |
| De : Éric Toussaint Envoyé : vendredi 30 janvier 2026, 12:03 À : SALVATORE MARRA ; NICOLETTA GRIECO Objet : TR : Une clarification sur un passage de l’appel international antifasciste publié le 20 janvier 2026 Cher Salvatore, chère Nicoletta, L’appel (https://www.cadtm.org/Appel-international-au-renforcement-de-l-action-antifasciste-et-anti) a été lancé pour appeler à un renforcement de la lutte antifasciste et anti-impérialiste au niveau international et pour exprimer un soutien à l’initiative de Porto Alegre. Le signer n’est en aucun cas une condition pour participer à la conférence de Porto Alegre. Il n’a jamais été écrit ni dit qu’il fallait signer l’appel pour pouvoir participer à la conférence de Porto Alegre. Cela a été clairement précisé à plusieurs reprises et réaffirmé notamment lors de la réunion en ligne du 28 janvier 2026 du comité international préparatoire de la conférence (voir le compte rendu en pièce jointe). Par conséquent, il n’est écrit nulle part qu’il faudrait signer l’appel pour participer à la conférence de Porto Alegre fin mars 2026. En d’autres termes, cet appel n’est pas présenté par le CADTM, qui en a pris l’initiative, comme la base politique de la conférence de Porto Alegre. L’appel n’est pas en concurrence avec celui du Réseau international des syndicats antifascistes, qui peut être consulté sur votre site : https://binaries.cgil.it/pdf/2023/02/14/143530926-b2fabecc-d98c-47ff-9654-cab5a96333c9.pdf Il est très positif que le réseau de syndicats antifascistes que vous avez créé existe, et il faut le renforcer au maximum. Cela doit être affirmé lors de la conférence de Porto Alegre. La conférence de Porto Alegre décidera, selon une procédure démocratique, de la déclaration finale qui sera adoptée. Nous chercherons à ce qu’elle soit la plus unitaire possible. À mon avis, les questions qui empêcheraient l’unité devront être exclues de la déclaration finale. Cordialement, Eric Toussaint www.cadtm.org – CADTM International 8 Rue Jonfosse, 4000 LIÈGE – Belgique |
| Le ven. 30 janv. 2026 à 12:45, SALVATORE MARRA a écrit : Cher Eric, Merci pour ces éclaircissements et pour ton approche constructive. Nous attendons davantage d’informations sur le programme et les différentes activités afin de pouvoir décider définitivement de notre participation. Il serait bon qu’apparaisse sur le site un lien vers le manifeste du Réseau international des syndicats antifascistes, dont font partie la CUT, la CGIL, la CGT, les CCOO et d’autres [12]. Amicalement, Salvatore |
[1] Par la suite, en 2025, la justice brésilienne a condamné à 27 ans de prison Jair Bolsonaro. « L’ancien président et plusieurs de ses alliés ont été condamnés par un groupe de juges de la Cour suprême pour avoir tenté de renverser la démocratie brésilienne après la défaite électorale de 2022. Le complot prévoyait de tuer le président élu de l’époque, Luiz Inácio Lula da Silva, le vice-président Geraldo Alckmin et le juge de Moraes. Le plan prévoyait également d’encourager une insurrection au début de l’année 2023. L’ancien président a également été reconnu coupable d’avoir dirigé une organisation criminelle armée et d’avoir tenté d’abolir par la violence l’État de droit démocratique. » Source : https://fr.euronews.com/2025/11/26/bresil-jair-bolsonaro-debute-une-peine-de-27-ans-de-prison-pour-coup-detat-manque publié le 26 novembre 2025
[2] Le PSOL était en désaccord avec l’alliance réalisée par Lula et le PT avec des secteurs de la bourgeoisie qu’il invitait à participer au gouvernement en cas de victoire électorale. Le PSOL s’est prononcé après la victoire de Lula contre une participation de ses membres au gouvernement tout en apportant ses voix au parlement aux politiques qui seraient conformes aux intérêts populaires.
[3] La distance entre Porto Alegre et Montevideo est de 800 Km et celle entre POA et Buenos Aires est de 1300 km.
[4] Heureusement malgré ce repli sur l’agenda national, une bonne partie des organisations de gauche n’a abandonné ses tâches de solidarité internationale par exemple en solidarité avec le peuple palestinien. C’est particulièrement le cas de LFI en France, de la gauche radicale italienne, de la gauche radicale en Grande Bretagne et en Irlande, en Belgique,… Par contre en Allemagne, la peur d’être accusée d’antisémitisme a mis une partie de la gauche très fortement sur la défensive et en deçà de ses tâches de solidarité internationale avec le peuple palestinien.
[5] Comme syndicaliste en Belgique, j’ai appris que c’est notamment grâce au courage de dirigeants syndicaux comme André Renard qui ont pris les armes face à l’occupant nazi, dans ma région (Liège et la Wallonie en général), qu’on a pu recréer un syndicalisme puissant et combattif après la seconde guerre mondiale. Cela a contribué à remporter de très importantes victoires sociales par la suite.
[6] Entre 32 000 et 40 000 volontaires étrangers ont participé aux Brigades internationales entre 1936 et 1938 pour soutenir la République espagnole. Venus de 53 pays, ces antifascistes incluaient environ 10 000 Français, avec des contingents importants d’Allemands, d’Italiens, de Polonais et d’Américains. Environ 15 000 d’entre eux sont morts au combat.
[8] L’intervention militaire russe directe n’a concerné que la Syrie.
[9] Il Primato Nazionale, « Dalle parole alle “azioni concrete” : il manifesto antifascista firmato da Ilaria Salis e Mimmo Lucano » https://www.ilprimatonazionale.it/approfondimenti/azione-antifascista-porto-alegre-manifesto-317737/
[10] Il s‘agissait de l’atelier co-organisé par le CADTM international sur L’ Accaparement impérialiste des ressources naturelles : 3 exemples (Est du Congo, Venezuela et Ukraine). Cet atelier était co-organisé par le CADTM International, le CADTM (RDC) et l’Union des Femmes pour la Dignité Humaine (UFDH - RDC). Voir la liste des 9 ateliers coorganisés par le CADTM : https://www.cadtm.org/Activites-du-CADTM
[11] Alfons Bech de RESU ajoute : « le campisme a été plutôt sur la défensive lors de cette conférence. Pour moi, le plus important est qu’un pas en avant a été fait dans l’unité et la coordination de ces syndicalistes, partis et personnes qui, en Amérique, étaient déjà en faveur de l’Ukraine. Et qui sait, des nouveaux. Je pense que ce pas en avant ouvre une nouvelle étape de collaboration entre les partis, les syndicalistes et les personnes d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. Et entre eux et l’Europe. Savoir qu’il existe des acteurs qui défendent des positions identiques ou similaires en faveur de l’Ukraine et de sa classe ouvrière, et agir ensemble autour de cette conférence, adopter ensemble une même résolution, c’est un pas qualitatif par rapport à la situation antérieure à la conférence. Organisées à partir de là qu’il faut maintenant aller de l’avant avec les trois décisions prises à la fin de la conférence : a) créer un groupe Google des participants à l’atelier, organisations et personnes, pour rester en contact avec les camarades, les actualités et les campagnes en Ukraine ; b) échanger les articles et rapports que nous rédigerons sur la conférence en rapport avec l’Ukraine ; c) participer aux réunions mensuelles organisées par l’ENSU à une heure convenable pour l’Amérique, le premier samedi de chaque mois. (Source : https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/05/notes-sur-la-premiere-conference-internationale-antifasciste-de-porto-alegre-autre-texte/ )
[12] Voir le lien sur le site du CADTM publié le 5 février 2026 https://www.cadtm.org/MANIFESTE-DU-RESEAU-INTERNATIONAL-DES-SYNDICATS-ANTIFASCISTES. Voici le lien avec la partie du site CGIL consacré au réseau intersyndical antifasciste : https://www.cgil.it/la-cgil/aree-politiche/internazionale/manifesto-rete-internazionale-dei-sindacati-antifascisti-al6r6afl
Docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Banque mondiale - Une histoire critique, Syllepse, 2022, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2020, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.
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