Questions/Réponses sur les BRICS (partie 2)

Octobre 2025

11 décembre 2025 par Eric Toussaint




Résumé :

Les BRICS BRICS Le terme de BRICS (acronyme anglais désignant Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) a été utilisé pour la première fois en 2001 par Jim O’Neill, alors économiste à la banque Goldman Sachs. La forte croissance économique de ces pays, combinée à leur position géopolitique importante (ces 5 pays rassemblent près de la moitié de la population mondiale sur 4 continents et près d’un quart du PIB mondial) font des BRICS des acteurs majeurs des activités économiques et financières internationales. (Brésil, Russie, Inde, Chine et l’Afrique du Sud) qui ont admis en leur sein 5 États de plus (Égypte, Émirats Arabes Unis, Éthiopie, Indonésie et Iran) se sont réunis à Rio de Janeiro les 6 et 7 juillet 2025. L’Arabie Saoudite était présente mais n’a pas officiellement adhéré en tant que pays membre. Une petite vingtaine d’autres États considérés comme partenaires étaient également représentés. Alors que le président des États-Unis multiplie les actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
unilatérales tant au niveau militaire qu’au niveau commercial, les BRICS défendent le multilatéralisme et le système des Nations Unies qui sont en pleine crise. Ils défendent également le mode de production capitaliste, productiviste-extractiviste qui exploite le travail humain et détruit la nature.

Les BRICS représentent la moitié de la population mondiale, 40% des ressources fossiles d’énergie, 30% du produit intérieur mondial et 50% de la croissance. S’ils voulaient mettre en œuvre un modèle de développement différent, ils auraient à leur disposition d’importants moyens pour le faire mais ce n’est pas dans leur intention et cela ne fait pas partie de leur pratique.

Il est nécessaire d’exprimer un point de vue clairement critique à l’égard des BRICS. Cette posture n’empêche en rien de dénoncer, d’abord et avec la plus grande fermeté, le gouvernement des États-Unis, ainsi que ses alliés européens et indo-pacifiques (Japon, Australie, etc.), pour leur politique impérialiste. Cette politique s’exprime de manière flagrante par leur soutien à l’État d’Israël, responsable du génocide en cours à Gaza et des agressions militaires contre les pays voisins. Israël est le bras armé des États-Unis dans la région. Sans le soutien indéfectible de Washington et la complicité de l’Europe occidentale, le gouvernement néo-fasciste israélien ne pourrait pas poursuivre le génocide. De leur côté, les BRICS ne prennent aucune mesure concrète, en tant que groupe de pays, pour effectivement empêcher la poursuite des massacres et du génocide.

Dans cette série de questions/réponses, Éric Toussaint analyse la déclaration finale du sommet des BRICS rendue publique le 6 juillet 2025 ainsi que la politique pratique des BRICS et des institutions qu’ils ont mises en place.

La première partie de cette étude a abordé la politique internationale des BRICS concernant leurs relations avec Israël et le génocide dont se rend coupable le gouvernement israélien ainsi que la position des BRICS par rapport à d’autres questions internationales : les attaques des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran, les Houthis, l’invasion de l’Ukraine, l’OTAN OTAN
Organisation du traité de l’Atlantique Nord
Elle assure aux Européens la protection militaire des États-Unis en cas d’agression, mais elle offre surtout aux États-Unis la suprématie sur le bloc occidental. Les pays d’Europe occidentale ont accepté d’intégrer leurs forces armées à un système de défense placé sous commandement américain, reconnaissant de ce fait la prépondérance des États-Unis. Fondée en 1949 à Washington et passée au second plan depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN comprenait 19 membres en 2002 : la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, auxquels se sont ajoutés la Grèce et la Turquie en 1952, la République fédérale d’Allemagne en 1955 (remplacée par l’Allemagne unifiée en 1990), l’Espagne en 1982, la Hongrie, la Pologne et la République tchèque en 1999, la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie en 2004, l’Albanie et la Croatie en 2009, le Monténégro en 2017, la Macédoine du Nord en 2020, la Finlande en 2023 et la Suède en 2024.
,….

Cette deuxième partie de l’étude concerne à présent la position des BRICS sur des sujets comme le système financier international, le dollar, la Nouvelle banque de développement, le G20 G20 Le G20 est une structure informelle créée par le G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) à la fin des années 1990 et réactivée par lui en 2008 en pleine crise financière dans le Nord. Les membres du G20 sont : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, Union européenne (représentée par le pays assurant la présidence de l’UE et la Banque Centrale européenne ; la Commission européenne assiste également aux réunions). L’Espagne est devenue invitée permanente. Des institutions internationales sont également invitées aux réunions : le Fonds monétaire international, la Banque mondiale. Le Conseil de stabilité financière, la BRI et l’OCDE assistent aussi aux réunions. , la crise écologique,… 


Eric Toussaint

Docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Banque mondiale - Une histoire critique, Syllepse, 2022, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2020, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.

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