Qui sème le vent récolte la tempête : les conséquences du DANA, résultat de dizaines d’années de spéculation foncière dans les villes de l’État espagnol

13 décembre 2024 par Fátima Martín


Inondations à Ctarroja , DANA 2024. Manuel Pérez García et Estefania Monerri Mínguez. CC BY-SA 4.0

Qui sème le vent récolte la tempête. Les conséquences du DANA (Depresión Aislada en Niveles Altos, soit en français Dépression isolée à des niveaux élevés), les inondations catastrophiques du 29 octobre 2024 [1] qui ont tout particulièrement affecté la province de Valencia en Espagne, sont le résultat de dizaines d’années de spéculation foncière dans les villes de l’État espagnol. Cela explique non seulement les scènes terribles qui ont fait le tour du monde, mais aussi les nombreux déséquilibres que connait le pays au niveau immobilier et aussi financier.



Une semaine après la catastrophe, la Banque d’Espagne a très vite rendu public un communiqué qui évaluait l’impact sur le secteur financier dans les zones affectées à quelques 20 milliards d’euros, 13 milliards correspondant à des prêts à des particuliers et 7 à des entreprises

Pour se faire une idée de la dimension de la tragédie, un mois après, on dispose d’un bilan chiffré de 230 personnes décédées et 4 disparues, 78 municipalités affectées (75 dans la province de Valence, 2 en Castilla-la Mancha et 1 en Andalousie). Les assurances ont reçu des demandes d’indemnisations pour 69.734 logements, 129.563 voitures, 12.897 locaux commerciaux, 963 bureaux, 3.913 usines et 56 ouvrages de génie civil. Il a fallu également remettre en état 160 km de routes nationales, 226,3 km de routes locales et 36 ouvrages d’art endommagés. [2]. Ces données officielles permettent de se faire une première idée sommaire de l’ampleur des dégâts.
Une semaine après la catastrophe, la Banque d’Espagne a très vite rendu public un communiqué qui évaluait l’impact sur le secteur financier dans les zones affectées à quelques 20 milliards d’euros, 13 milliards correspondant à des prêts à des particuliers et 7 à des entreprises, 60 % d’entre elles étant des PME. Ces prêts reviendraient, en fonction des codes postaux des zones affectées à 23.000 entreprises (des PME à 90 %) et 472 000 personnes. Quelques 150 000 d’entre elles sont déjà titulaires d’un prêt au logement [3].

On a beaucoup écrit sur les différentes facettes de la tragédie. A la mauvaise gestion des secours s’est ajouté l’opportunisme politique qui est la goutte qui a fait déborder le vase de la patience des personnes affectées. L’épisode des agressions contre les représentants de l’État, du Gouvernement régional et de la Communauté autonome à Paiporta [4], ainsi que les manifestations de masse réclamant la démission de Mazón [5], donnent une idée du raz-le bol de la population. Mazón, le président de la Generalitat Valenciana, du Parti populaire (PP) n’a pas démissionné mais il a en plus cherché à occulter son incompétence, en nommant deux militaires à la tête de la reconstruction : l’ex directeur du Centre d’intelligence des Forces armées, le lieutenant général à la retraite Francisco Gan Pampols, en tant que vice-président du Redressement économique et social de Valence [6] et le général de brigade en réserve Venancio Aguado de Diego, comme secrétaire autonomique [7] ; en supprimant le plafond des salaires pour les nouveaux membres du Gouvernement de Valence [8] ; et en attribuant des marchés de millions d’euros à des entreprises mêlées à des cas de corruption du PP, comme l’affaire Gürtel [9].
Les différentes administrations ont multiplié des annonces en tous genres, comme par exemples des aides aux foyers, pour les salariés et les travailleurs indépendants, pour le secteur privé et les municipalités. Mais, plus d’un mois après, les victimes réclamaient toujours des aides urgentes qui tardaient à arriver [10] et qui étaient dans bien des cas considérées comme insuffisantes et inadaptées.
Il s’agit par exemple d’un moratoire Moratoire Situation dans laquelle une dette est gelée par le créancier, qui renonce à en exiger le paiement dans les délais convenus. Cependant, généralement durant la période de moratoire, les intérêts continuent de courir.

Un moratoire peut également être décidé par le débiteur, comme ce fut le cas de la Russie en 1998, de l’Argentine entre 2001 et 2005, de l’Équateur en 2008-2009. Dans certains cas, le pays obtient grâce au moratoire une réduction du stock de sa dette et une baisse des intérêts à payer.
de trois mois sur les prêts hypothécaires et les prêts aux victimes, auquel peut s’ajouter un délai de grâce sur le principal pouvant aller jusqu’à neuf mois, période pendant laquelle les intérêts continuent à courir [11]. De plus, ce moratoire doit être demandé auprès des banques. La quantité et la qualité des aides mériteraient une analyse monographique détaillée.
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politique si critiquée a contrasté avec l’élan de solidarité de milliers de volontaires venus de tout le pays [12]. Et ce, malgré les fausses rumeurs et la désinformation qui se sont également répandus au cours de cette tragédie [13].

“Chronique d’une tragédie annoncée”

Beaucoup de permis de construire ont été octroyés de façon “irrégulière, voire totalement illégale, surtout lors du boom immobilier spéculatif de la période 1996-2008

Rafael Delgado, expert, professeur de l’Université polytechnique de Valence (UPV) et président de la Plateforme forestière de Valence, qualifie ce qui s’est passé de “chronique d’une tragédie annoncée”, car “ tous les facteurs de risque [étaient présents ] pour que cela arrive”. Et il annonce que de tels évènements climatiques “continueront à se produire” et “probablement avec davantage de virulence ”, ce qu’il attribue à “un déficit de communication et de formation qui a hélas coûté beaucoup de vies ”. Il affirme également que lors de cet épisode pluviométrique, les plans ORSEC « n’ont pas fonctionné ” en raison d’ “ un déficit de communication et de formation qui a hélas coûté de nombreuses vies” [14].

Rafael Delgado, demande dans son article que l’on tire les “leçons” de cette catastrophe : “La principale différence entre cette catastrophe et les précédentes est liée au modèle de développement en vigueur. Un modèle injuste, qui discrimine les territoires, qui n’est pas du tout durable et dont nous voyons aujourd’hui qu’il est également irresponsable ”. C’est pourquoi il appelle à “un réexamen approfondi et honnête” et à une évolution vers “une plus grande équité territoriale, quel qu’en soit le prix ”

Plus de 10 % de la population espagnole réside dans des zones inondables. Ce chiffre pourrait atteindre 5 millions d’habitants, selon de Colegio Oficial de Geólogos

L’Ilustre Colegio Oficial de Geólogos (ICOG) va dans le même sens : “Des facteurs tels que le changement climatique et les modifications historiques des infrastructures, comme le détournement des cours d’eau et la construction dans des zones inondables, ont modifié la fréquence et l’impact” des crues. Selon les données dont ils disposent, “plus de 10 % de la population espagnole vit dans des zones inondables, les bassins du Guadalquivir, du Segura et du Júcar étant les plus touchés. Si l’on considère les bassins intérieurs et les autres zones vulnérables, ce chiffre pourrait atteindre 5 millions d’habitants ”.

Suite aux inondations, les géologues ont renouvelé leur demande de “ création d’un Observatoire des plans généraux d’urbanisme (PGOU) pour veiller au respect de la législation foncière et à l’utilisation de cartes de risques avant d’autoriser de nouveaux projets d’urbanisme ».” [15].

Cela n’a pas été, hélas, la pratique habituelle dans la majorité des projets de développement urbain depuis des dizaines d’années. C’est ce que souligne Antonio Serrano de la Fundación Sistema , qui s’occupe depuis plus de cinquante ans d’aménagement du territoire, d’urbanisme et d’environnement pour les trois administrations publiques. Dans un article intitulé DANAS y sus consecuencias. Primera parte, il affirme que beaucoup de permis de construire ont été octroyés de façon “irrégulière, voire totalement illégale, surtout lors du boom immobilier spéculatif de la période 1996-2008, qui a conduit à la crise qui a démarré cette année-là y qui a eu – et continue à avoir- des conséquences très graves sur le plan social” [16].
Dans une étude antérieure intituée El papel del sector de la construcción en España 1940-2020 (Le rôle du secteur de la construction en Espagne 1940-2020) [17], le même auteur met l’accent sur l’impact de la spéculation et ses conséquences sur le plan immobilier, environnemental, financier et sur la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
.
« L’économie financière et spéculative et Internet joueront progressivement un rôle fondamental dans cette mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
et aussi dans les crises spéculatives successives qui ont marqué le processus de changement global qui a caractérisé les décennies 1991-2009, qui ont également été celles de la plus grande expansion de l’urbanisation, des travaux publics et de la construction (avec la transformation territoriale qui en découle). Mais elles ont culminé avec la plus grande crise financière et spéculative connue à ce jour dans l’histoire du capitalisme, associée à des bulles sur le marché immobilier et à l’explosion de la dette publique et surtout privée dans le monde développé et également en Espagne » (Serrano, 2023).

Evolution de la part de la Formation Brute de capital fixe (FBCF) pour ce qui est du logement , de la construction et autres édifices dans le PIB PIB
Produit intérieur brut
Le PIB traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.
Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre.
et de la valeur ajoutée brute de la construction et des services immobiliers.

Source : Graphique élaboré par l’auteur à partir de données de l’INE (www.ine.org)

Cette étude présente un graphique qui donne une idée de l’ampleur de la bulle immobilière et de la construction espagnole pour la période 1996-2008 et son éclatement postérieur. Concrètement il montre l’évolution en pourcentage de la part de la Formation Brute de capital fixe (FBCF) pour ce qui est du logement, de la construction et autres édifices dans le PIB et de la valeur ajoutée brute (VAB) de la construction et des services immobiliers pour la période 1995-2021, montrant clairement sa croissance entre 1997 et 2006 puis son fort déclin jusqu’en 2014, tant en ce qui concerne la FBCF pour le logement, la construction et autres édifices, comme pou la valeur ajoutée brute du secteur de la construction, avec une chute de près de 60% pour la FBCF et de près de la moitié pour le VAB du secteur de la construction.
A partir de 2012, suite à la modification de l’article 135 de la Constitution espagnole visant à donner la priorité au paiement des intérêts et du capital des prêts de la dette publique [18], le sauvetage de la banque favorise la conversion de la dette privée en dette publique sous la stricte supervision de la Commission européenne, de la Banque centrale Banque centrale La banque centrale d’un pays gère la politique monétaire et détient le monopole de l’émission de la monnaie nationale. C’est auprès d’elle que les banques commerciales sont contraintes de s’approvisionner en monnaie, selon un prix d’approvisionnement déterminé par les taux directeurs de la banque centrale. européenne et du Fonds monétaire international. C’est ainsi que la dette publique est passée de 40,7 % du PIB dans les années 2004-2007 à plus de 100 % en 2013-2019 [19].

Evolution trimestrielle de la dette publique (en % du PIB)

Concrètement, en 2012, après le sauvetage des banques, le déficit public espagnol a grimpé jusqu’à 10,6%, le plus élevé de l’Union européenne et la dette publique a grossi de 69,3 % du PIB en 2011 à 84,2% en 2012, ce qui a été la croissance la plus rapide parmi les 27 . Plus récemment, Bruxelles l’inclusion de la gestion calamiteuse de la SAREB, qualifiée de ‘mauvaise banque’, dans le calcul de la dette publique, ce qui l’a fait grossir de près de 35 milliards d’euros, dépassant ainsi les 125 % du PIB en 2020, en pleine pandémie. Ce boom de la dette a été directement liée à la bulle immobilière et à la spéculation foncière. Nous en souffrons encore les conséquences. Qui sème le vent récolte la tempête.

Traduit par Lucile Daumas


Notes

[1Levante. (29/11/2024). 29-O : Un mes de la gran riada. Especial Multimedia. https://www.levante-emv.com/comunitat-valenciana/2024/11/29/dana-valencia-riada-29-octubre-112138578.html

[2La Moncloa. (30/11/2024). Info DANA. Actualización de datos del Gobierno de España. https://www.lamoncloa.gob.es/info-dana/Paginas/2024/301124-datos-seguimiento-actuaciones-gobierno.aspx

[3Banco de España. (05/11/2024). Comunicación del Banco de España en relación con los efectos de la DANA. https://www.bde.es/wbe/es/noticias-eventos/actualidad-banco-espana/comunicacion-del-banco-de-espana-en-relacion-con-los-efectos-de-la-dana.html

[4elplural.com. (03/11/2024). Graves ataques a Sánchez en su visita a Paiporta junto a los reyes y Mazón. https://www.elplural.com/politica/espana/graves-ataques-sanchez-visita-paiporta-junto-reyes-mazon_340621102

[5EFE. (30/11/2024). Miles de personas vuelven a pedir en València la dimisión de Mazón por la DANA. Público. https://www.publico.es/sociedad/miles-personas-vuelven-pedir-valencia-dimision-mazon-dana.html

[6Viejo, M. (19/11/2024). Mazón pone a un militar al frente de la reconstrucción económica y social. El País. https://elpais.com/espana/2024-11-19/mazon-sorprende-con-el-fichaje-de-un-militar-en-la-reserva-para-la-vicepresidencia-de-la-reconstruccion.html

[7RTVE.es. (20/11/2024). Mazón ficha a otro militar para dirigir el gabinete de la Vicepresidencia para la Recuperación de Valencia. https://www.rtve.es/noticias/20241120/mazon-ficha-a-otro-general-para-dirigir-gabinete-vicepresidencia-para-reconstruccion-valencia/16338454.shtml

[8Fabra, M. (26/11/2024). Carlos Mazón elimina el tope salarial para los nuevos miembros del Gobierno valenciano. El País. https://elpais.com/espana/comunidad-valenciana/2024-11-26/carlos-mazon-elimina-el-tope-salarial-para-los-nuevos-miembros-del-gobierno-valenciano.html

[9Marcos, L. y Navarro Castelló, C. (18/11/2024). Mazón adjudica 3,9 millones a dedo para reparar la presa dañada por la DANA a un constructor de la caja B del PP en Gürtel. ElDiario.es. https://www.eldiario.es/comunitat-valenciana/mazon-adjudica-3-9-millones-dedo-reparar-presa-danada-dana-constructor-caja-b-pp-gurtel_1_11827955.html

[10Chiarroni, C. y París, J. (01/12/2024). José, el panadero de Paiporta que salvó su vida colgado al techo y lo perdió todo tras la DANA : “Cuándo van a llegar las ayudas  ?”. 20minutos. https://www.20minutos.es/noticia/5659568/0/jose-panadero-paiporta-que-perdio-todo-cuando-van-llegar-las-ayudas-ha-pasado-un-mes/

[12Barbeta, A. (06/11/2024). Una ola de solidaridad tan desbordada que no tiene fin. Levante. https://www.levante-emv.com/comunitat-valenciana/2024/11/06/ola-solidaridad-desbordada-111404711.html

[13Bayo, B. (29/11/2024). DANA Valencia : objetivos y consecuencias de las narrativas desinformativas que han circulado en redes. Verifica RTVE. https://www.rtve.es/noticias/20241129/dana-valencia-objetivos-consecuencias-narrativas-desinformativas-redes/16351634.shtml

[14Epcvalenciana. (05/11/2024). Un experto dice que la DANA fue “la crónica de una desgracia anunciada” : “Se daban todos los factores de riesgo”. Europa Press. https://www.europapress.es/comunitat-valenciana/noticia-experto-dice-dana-fue-cronica-desgracia-anunciada-daban-todos-factores-riesgo-20241105121511.html

[15Ilustre Colegio Oficial de Geólogos. (31/10/2024). El ICOG se solidariza con los afectaod de la DANA en España. https://cgeologos.es/noticia/solidaridad-con-los-afectados-de-la-dana-en-espa%C3%B1a

[16Serrano, A. (19/11/2024). DANAS y sus consecuencias. Primera parte. Sistema Digital. https://fundacionsistema.com/danas-y-sus-consecuencias-primera-parte/

[17Serrano, A. (22/02/2023), El papel del sector de la construcción en España 1940-2020. Sistema Digital. https://fundacionsistema.com/el-papel-del-sector-de-la-construccion-en-espana-1940-2020/

[18Martín, F. (20/06/2018). El artículo 135 contradice la figura del “interés general” protegida en la Constitución. CADTM. 16308

[19Martín, F. (31/07/2023). Los intereses de la deuda pública española superan los 31.000 millones €, más que el gasto en prestaciones por desempleo (...y subiendo). CADTM. 21816

Fátima Martín

est journaliste. Elle est l’auteure, avec Jérôme Duval, du livre Construcción europea al servicio de los mercados financieros, Icaria editorial 2016. Elle développe le journal en ligne FemeninoRural.com.

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