Une nouvelle crise de la dette au Sud et d’autres défis majeurs affectent les populations de l’ensemble de la planète : les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) constituent-ils une alternative favorable aux peuples ? Quel mode de production et de propriété les BRICS mettent-ils en avant ? Agissent-ils pour mettre fin au génocide à Gaza ? À la guerre en Ukraine ? Adoptent-ils un mode solidaire de financement de leurs partenaires ? Répondent-ils à la crise écologique ?
Date : Lundi 25 août 2025 https://www.cadtm.org/Nouvelle-crise-de-la-dette-au-Sud-et-autres-defis-les-BRICS-une-alternative
Lieux : Université d’été des Mouvements Sociaux, Bordeaux
Intervenant·es
Interventions :
Solange Koné (CADTM AFRIQUE)
- Elle a mis en avant la situation dramatique en Afrique subsaharienne.
- Elle a montré comment les forces impérialistes continuent d’exploiter les richesses de la région et de maintenir les pays sous domination par l’endettement.
- Elle a souligné les conséquences sociales et humaines directes de cette crise : pauvreté accrue, destruction des services publics, aggravation des inégalités.
Asma El Mandour (ATTAC CADTM Maroc)
- A présenté un focus sur le Maroc, illustrant la nouvelle crise de la dette :
- Une dette publique en forte hausse qui pèse lourdement sur le budget national.
- Le service de la dette
Service de la dette
Remboursements des intérêts et du capital emprunté.
réduit drastiquement les investissements sociaux (santé, éducation, souveraineté alimentaire).
- Les ressources sont orientées vers le remboursement des créanciers et des projets de prestige, au détriment des besoins fondamentaux de la population.
- A montré que la dette est utilisée comme un instrument de domination et de dépendance, au profit des élites locales et des puissances internationales.
Éric Toussaint (CADTM INTERNATIONAL)
- A analysé la position des BRICS
BRICS
Le terme de BRICS (acronyme anglais désignant Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) a été utilisé pour la première fois en 2001 par Jim O’Neill, alors économiste à la banque Goldman Sachs. La forte croissance économique de ces pays, combinée à leur position géopolitique importante (ces 5 pays rassemblent près de la moitié de la population mondiale sur 4 continents et près d’un quart du PIB mondial) font des BRICS des acteurs majeurs des activités économiques et financières internationales.
face aux crises internationales.
- A conclu que les BRICS ne constituent pas une alternative progressiste crédible, puisqu’ils ne rompent pas avec les logiques impérialistes.
- A rappelé que plusieurs d’entre eux entretiennent des relations économiques et politiques avec Israël, ce qui met en évidence leurs contradictions.
- A rappelé que, malgré leur discours alternatif, ces pays ne remettent pas en cause les logiques capitalistes mondiales.
- A souligné que ces pays, malgré leurs discours critiques à l’égard de l’Occident, ne dénoncent pas le génocide en cours à Gaza.
- Leurs banques de développement et leurs mécanismes financiers ne s’écartent pas du modèle néolibéral et reproduisent des rapports de dépendance.
Débats et interventions de la salle
- La majorité des participant·es ont manifesté un fort intérêt pour la question des BRICS, ce qui a quelque peu déséquilibré les échanges.
- La plupart des questions se sont adressées à Éric Toussaint, notamment sur le rôle et les contradictions des BRICS.
- Quelques interventions ont toutefois porté sur la crise de la dette dans les pays du Sud, en complément des questions plus générales.
Conclusion de l’atelier
- La nouvelle crise de la dette est structurelle et fragilise davantage les pays du Sud.
- Les BRICS ne représentent pas une véritable alternative pour les peuples : ils s’inscrivent dans une logique capitaliste concurrentielle sans remettre en cause les rapports d’exploitation.