Argentine : La lutte continue contre la dictature

Vibrant document lu devant une foule énorme à Buenos Aires le 24 mars 2026 lors du 50e anniversaire du putsch

19 mai par Collectif


Ale.Cazadora, CC, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Marcha_24_de_marzo_2019.jpg

Le 24 mars 2026, à cinquante ans du coup d’État militaire, s’est déroulé dans toute l’Argentine de nombreuses manifestations auxquelles ont participé environ un million de personnes. Rien qu’à Buenos aires, la marche de commémoration a rassemblé plus de 300 000 personnes. A la fin de cette marche, sur la place de Mayo, Estela de Carlotto, Adolfo Pérez Esquivel et Taty Almeida ont été chargés de lire la proclamation unitaire des organismes de défense des droits humains. Le texte adresse un message aux nouvelles générations, porte l’exigence urgente de justice et relie la mémoire aux revendications d’aujourd’hui.



Comme pour presque aucune autre mobilisation ni aucun autre acte politique, l’écoute du document lu à l’occasion de la Journée de la mémoire, de la vérité et de la justice est devenue un rituel auquel personne ne veut manquer. Vers 16 heures, quelques minutes avant l’horaire annoncé, des flots de personnes convergeaient vers la Plaza de Mayo, dans un centre-ville entravé par des barrières absurdes.

Cette foule était accompagnée de plusieurs délégations venues de l’étranger pour partager ce cinquantième anniversaire, parmi lesquelles le Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM), conduit par son porte-parole Éric Toussaint, ainsi que des représentantes et représentants d’ATTAC France et Espagne et de nombreux autres mouvements syndicaux, citoyens ou et politiques.

Vers 17 heures, Estela de Carlotto, présidente des Grands-mères de la Plaza de Mayo [1] ; Taty Almeida, des Mères de la Plaza de Mayo-Ligne fondatrice [2] ; et Adolfo Pérez Esquivel, président du Service Paix et Justice et prix Nobel de la paix, ont pris le micro pour donner voix à la proclamation unitaire des organismes.

 Rassemblement

50 ans après le coup d’État génocidaire, nous sommes à nouveau réunies sur cette place historique, et sur toutes les places du pays, avec une profonde conviction, pour réaffirmer que la mémoire se défend en luttant, et parce que nous savons qu’il est nécessaire d’unir nos luttes pour les renforcer en ces temps difficiles.

Foto NA - Perfil

Elles et ils sont 30 000 [3] ! C’était et c’est un génocide. Nous n’oublions pas, nous ne pardonnons pas et nous ne nous réconcilions pas !

Aujourd’hui, ces 30 000 personnes sont présentes sur cette place, et nous voulons que les nouvelles générations et toute la société sachent qui elles étaient, comment elles pensaient, comment elles vivaient, quels rêves elles portaient et pourquoi elles se battaient. C’est pourquoi nous défilons aujourd’hui avec leurs photos. Parce que nous sommes ici pour rappeler ces générations qui, au milieu du siècle dernier, ont commencé à s’organiser pour lutter contre ceux qui, comme aujourd’hui, voulaient faire de l’Argentine une colonie de l’impérialisme américain et européen.

Dans un pays au développement industriel fort, les ouvriers et ouvrières, aux côtés des travailleurs et travailleuses agricoles, luttaient pour des conditions de travail justes, des salaires décents et l’accès à la terre. Dans le même temps, de larges secteurs du mouvement ouvrier renouaient avec les traditions historiques de lutte et approfondissaient leur conscience de classe, élaborant des programmes politiques et de gouvernement qui allaient au-delà des simples revendications. En témoignent le syndicalisme pour la libération nationale impulsé par la CGT des Argentines, ainsi que les expériences de classe des syndicats et des coordinations dans les cordons industriels des grandes villes. Le mouvement étudiant prônait l’unité avec la classe ouvrière, une université au service du peuple. Il défendait l’héritage de la Réforme universitaire et non seulement son autonomie et sa place dans la cogestion, mais aussi la gratuité de l’enseignement supérieur, ce qui a permis aux fils et filles d’ouvriers et de paysans de remplir les établissements d’enseignement.

L’unité entre ouvriers et étudiants, aux côtés des Ligas Agrarias, des prêtres pour le Tiers-Monde et du mouvement des bidonvilles, s’est manifestée lors des journées héroïques du Cordobazo, du Mendozazo, du Tucumanazo [4] et de tant d’autres soulèvements populaires qui ont défié les dictatures en place.

C’est dans ce climat de mobilisation que s’inscrit la grève historique des ouvriers de Villa Constitución [5] en 1975, une lutte emblématique qui a mis en échec une classe dirigeante patronale et politique qui s’accrochait à la défense de ses privilèges.

Les 30 000 détenues-disparues, les plus de 10 000 prisonnières et prisonniers politiques et les milliers de personnes exilées font partie de ce mouvement populaire qui s’organisait et luttait malgré les persécutions, les interdictions et les coups d’État successifs. Nous revendiquons toutes leurs luttes, qui ont fait de la militance un outil de transformation de la réalité au sein d’organisations du péronisme révolutionnaire, telles que les Montoneros, la FAP ou le mouvement des Prêtres pour le Tiers-Monde ; de la tradition guevariste du PRT-ERP ; de la tradition trotskiste, comme celle du Parti socialiste des travailleurs (PST) ; ou encore des traditions anarchistes, socialistes et communistes — Parti communiste, Avant-garde communiste et Parti communiste révolutionnaire —, pour ne citer que quelques-unes des centaines d’organisations et d’espaces de participation politique, syndicale, étudiante et sociale qui luttaient pour une société sans oppression ni exploitation.

Nous venons de ces traditions ; elles nous servent d’expériences pour renforcer et recréer la lutte populaire contre le gouvernement fasciste de Milei et Villarruel.

Marche du 24 mars. Photo : Pablo Cuarterolo - periodismodeizquierda.com

 Les Proches

Celles et ceux à qui la vie a été arrachée étaient des fils et des filles de ce peuple, comme vous, pleins de joie, de rêves et d’espoirs, qui s’étaient donné pour mission de changer le monde et le pays. Cette mission est inachevée et il est de notre responsabilité de reprendre le flambeau en ces moments où des gouvernements d’extrême droite, composés de secteurs fascistes et alliés à l’impérialisme, ont recommencé à attaquer les peuples de notre continent et du monde.

La dictature génocidaire a eu pour prélude le gouvernement d’Isabel Perón, avec López Rega et la Triple A, la CNU [6] et d’autres bandes fascistes ; la répétition générale du génocide avec l’Opération Indépendance [7] , tandis que le Plan Condor [8] se déployait dans les pays de la région.

Le coup d’État de 1976 a instauré en Argentine un nouveau modèle économique fondé sur la valorisation financière du capital, la désindustrialisation et la primarisation de l’économie, accompagné d’une ouverture aveugle aux importations. La dictature a déclenché un génocide en recourant au terrorisme d’État, dont l’objectif était de démanteler le haut niveau d’organisation, de participation politique et de conscience sociale que de larges secteurs du peuple argentin avaient atteint au cours des décennies précédentes.

Le 24 mars 1976, le plan systématique visant à faire disparaître et à assassiner des milliers de militantes et militants, de combattantes et combattants, a été généralisé à l’échelle nationale. Plus de 800 centres de détention clandestins ont été mis en place, par lesquels sont passés des milliers de camarades. Des centaines de bébés, nés pendant la captivité de leurs mères et qui ont grandi privés de leur identité, ont été enlevés.

La grande majorité des détenues-disparues ont été fusillées ou sont mortes des suites des tortures auxquelles elles et ils ont été soumises ; beaucoup ont été assassinées lors des « vols de la mort [9] ». On ne nous a jamais rendu leurs corps : c’est pourquoi nous exigeons qu’on nous dise où elles et ils se trouvent !

À partir de ce 24 mars 1976, avec la rupture institutionnelle, le Congrès fut fermé, les partis politiques suspendus et les syndicats mis sous tutelle par le pouvoir militaire. Les associations étudiantes et toute forme d’organisation sociale ont été interdites. La presse, la science et l’art ont été censurés. Ils ont fabriqué l’ennemi intérieur, elles et ils ont été qualifiés de « subversifs » et de « terroristes » pour justifier les agissements criminels de la dictature contre les organisations sociales, politiques, étudiantes, syndicales, culturelles, religieuses et toute forme de lutte et de résistance de notre peuple.

Quand nous disons qu’elles et ils SONT 30 000, nous parlons de leurs vies, de leurs luttes, de leur militantisme et de leur engagement envers les peuples opprimés.

Ce coup d’État génocidaire était de nature civilo-militaire, avec la participation de groupes économiques, de secteurs de l’Église et de l’ambassade des États-Unis.

Il y a 49 ans, Rodolfo Walsh a publié sa Lettre ouverte d’un écrivain à la Junte militaire [10] et a dénoncé la misère planifiée, véritable cœur du projet de la dictature.

Nous savons qui a profité du sang du peuple : les Blaquier, les Noble Herrera, les Pérez Companc, les Rocca, les Macri, Ford, Mercedes Benz, Martínez de Hoz, Braun, Fortabat, les Madanes Quintanilla [11], entre autres, qui ont fait exploser la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
extérieure.

Même pendant la guerre des Malouines, les militaires ont commis des crimes contre l’humanité [12] à l’encontre des conscrits qui ont affronté l’ennemi anglais soutenu par les États-Unis.
L’impunité a été une politique d’État pendant des décennies : ce sont la lutte inébranlable des Mères, des Grands-mères, des Familles, des survivants, des H.I.J.O.S., des organisations de défense des droits humains, ainsi que la mobilisation populaire et la rébellion de 2001, et la condamnation sociale de l’impunité, qui ont permis de progresser et de rouvrir les procès contre les auteurs du génocide, dans lesquels les témoignages des anciennes détenues-disparues ont été décisifs.

 Rencontre

Les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles, et la disparition forcée est un crime qui continue d’être commis tant que le sort de chaque disparu n’est pas connu. C’est pourquoi la disparition forcée n’est pas une question du passé, mais du présent ; la preuve en est les 12 camarades assassinés à la Perla [13] et récemment identifiés par l’Équipe argentine d’anthropologie médico-légale. QU’ILS DISENT OÙ ILS SONT et nous disons ASSEZ des retards judiciaires, ASSEZ des privilèges et des assignations à résidence.

Ce sont les luttes du peuple qui ont vaincu à maintes reprises les tentatives successives d’impunité, telles que la loi d’auto-amnistie militaire, les lois sur l’obéissance due et le « point final », les grâces accordées par Menem et la décision de la Cour sur le « 2x1 [14] » sous le gouvernement Macri.

50 ans après le coup d’État, nous exigeons l’ouverture et la remise urgentes de toutes les archives de tous les services de l’État de 1974 à 1983 afin de faire avancer les enquêtes sur les responsables de ces crimes.

Jugement et punition pour tous les militaires génocidaires, les membres des forces de sécurité, les responsables civils et les complices qui doivent encore être condamnés. Prison commune, perpétuelle et effective pour tous les génocidaires.

Milei promeut le même programme que celui imposé par le grand patronat sous la dictature civico-militaire pour maximiser leurs profits et aggraver la dépendance. Des gouvernements comme ceux de Menem et Macri ont renforcé ce modèle par l’austérité, les privatisations, la désindustrialisation, le démantèlement des politiques publiques et des droits sociaux.

Le gouvernement de La Libertad Avanza [15] renforce la dépendance vis-à-vis de Trump et de l’impérialisme étatsunien. Il s’attaque aux droits populaires et obéit aux diktats du FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 190 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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avec une réforme du travail digne de l’esclavage, votée par les forces au pouvoir et leurs alliés. Pour cela, ils ont pu compter sur le soutien indispensable de députés et de sénateurs qui répondent aux gouverneurs appliquant l’austérité. À cela s’ajoutent d’autres contre-réformes telles que celles des retraites, de la fiscalité, de la politique et du droit pénal, tandis que les biens communs sont livrés en butin à l’extractivisme Extractivisme Modèle de développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles, humaines et financières, guidé par la croyance en une nécessaire croissance économique. le plus féroce.

Ces réformes signifient un recul de plus d’un siècle sur les droits acquis de haute lutte : la journée de huit heures, le droit à une retraite digne, la santé et l’éducation publiques. Elles avancent en bafouant la Constitution nationale, les traités internationaux et les lois protectrices.

Ces modèles capitalistes néolibéraux ne peuvent s’imposer sans répression ; c’est pourquoi ils intensifient les attaques contre l’organisation populaire, persécutent celles et ceux qui luttent, équipent les forces répressives, montent de faux dossiers, proscrivent, élargissent illégalement les attributions des services de renseignement, constituent des commandos de forces fédérales et provinciales pour intervenir dans les conflits syndicaux, cautionnent le recours excessif à la force et militarisent des fonctions civiles, avançant ainsi vers un régime plus autoritaire, antidémocratique et répressif.

Aujourd’hui, nous avons un gouvernement qui n’est pas seulement négationniste, mais qui revendique le terrorisme d’État et le génocide. C’est pourquoi il démantèle les politiques de mémoire, de vérité et de justice et supprime le financement des lieux de mémoire qui fonctionnent sur les sites où se trouvaient des centres clandestins ; il manque à l’obligation Obligations
Obligation
Part d’un emprunt émis par une société ou une collectivité publique. Le détenteur de l’obligation, l’obligataire, a droit à un intérêt et au remboursement du montant souscrit. L’obligation est souvent l’objet de négociations sur le marché secondaire.
de l’État de garantir les réparations historiques et le versement de pensions aux anciennes prisonnières et anciens prisonniers politiques, aux personnes exilées, aux enfants et aux survivantes et survivants, qui ne reçoivent que des pensions minimales et ne bénéficient d’aucune couverture sociale.

Nous dénonçons la censure et le harcèlement dont sont victimes les travailleurs et travailleuses qui ont continué à faire vivre ces lieux, et à qui l’on interdit de mener des activités essentielles au maintien de la mémoire. Nous exigeons leur préservation et la protection des preuves matérielles.

Photo : Maia Pauro - periodismodeizquierda.com

 Grand-Mères

Les conséquences du plan systématique d’enlèvement de bébés mis en place lors du dernier coup d’État persistent encore aujourd’hui. Les centaines de bébés nés dans des centres de détention clandestins, les enfants disparus avec leurs parents, que nous continuons de rechercher, sont les disparus vivants de la dictature.

Chaque restitution d’un petit-fils ou d’une petite-fille aux Grands-mères de la Plaza de Mayo est la preuve des atrocités commises par le terrorisme d’État : enlèvement, disparition, assassinat, vol, soustraction de mineurs et falsification de documents publics.

L’État doit garantir la restitution des petits-enfants volés, mais depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Milei, il n’y a eu pour seul résultat que la réduction des politiques publiques visant à garantir ce droit et tous les droits du peuple. La Banque nationale de données génétiques a vu sa structure remaniée et la Commission nationale pour le droit à l’identité a vu ses effectifs réduits de moitié.

Nous avons résolu 140 cas. Nous recherchons encore près de 300 hommes et femmes dont l’identité a été altérée, qui transmettent à leurs fils et filles, sans le savoir, le silence sur la disparition de leurs pères et mères. Nous avons besoin des institutions publiques, du soutien de la société, de la pratique de la mémoire, de la rupture des pactes de silence pour continuer à retrouver les fils et les filles de ceux qui se sont battus pour un pays plus juste. C’est pourquoi, si vous connaissez quelqu’un qui a des doutes, accompagnez-le ; et si vous disposez d’informations sur un éventuel enfant de personnes disparues, faites-les-nous parvenir. Il n’est jamais trop tard.

Nous sommes sur cette place, avec les 30 000 comme étendard, avec les Mères et les Grands-mères, avec les survivants des camps de concentration, avec les fils, les filles, les petits-fils et les petites-filles, les frères et les sœurs, avec les proches des détenues-disparues, et avec l’ensemble des organisations de défense des droits humains accompagnées par le peuple pour dire à Milei : la mémoire est notre outil. Et pour exiger : « Qu’ils disent où ils sont ! » Cinquante ans après le coup d’État, nous exigeons que les auteurs du génocide et leurs complices livrent les informations qu’ils cachent. Malgré les procès, les preuves et les condamnations pour leurs crimes, ils continuent de maintenir le pacte du silence.

Après avoir consolidé la condamnation sociale et obtenu l’abrogation des lois d’impunité grâce à la lutte du peuple, les procès ont eu lieu. C’est dans ce contexte que Jorge Julio López [16] a de nouveau disparu et, 20 ans plus tard, nous ne savons toujours pas où il se trouve ni ce qu’ils lui ont fait : Que Jorge Julio López réapparaisse, que les coupables soient punis ! Justice pour Silvia Suppo, témoin dans les procès pour crimes contre l’humanité.

En 20 ans de procès, 1 231 génocidaires ont été condamnés, mais alors que les survivantes, survivants et témoins continuent de raconter la terreur lors des procès, il y a de moins en moins de génocidaires dans les prisons ordinaires : parmi les personnes mises en examen et condamnées, 504 sont détenues, dont plus de 80 % bénéficient de l’assignation à résidence, 61 se trouvent dans la prison VIP de Campo de Mayo, 18 sont en prison ordinaire, et 1 582 personnes faisant l’objet d’une enquête restent en liberté.

Alors que les auteurs du génocide sont réhabilités par le gouvernement, la politique répressive et la persécution judiciaire deviennent le moyen de faire taire les luttes du peuple. La criminalisation de la protestation progresse. Les déléguées des coopératives et des organisations sociales, les membres des communautés, les militantes politiques et les manifestantes sont persécutées, poursuivies et emprisonnées.

Photo : Pedro Pallero - periodismodeizquierda.com

 Rencontre

Au nom de l’ensemble des organismes de défense des droits humains et des organisations qui ont appelé à se rassembler sur cette Plaza de Mayo et sur les places du pays, nous revendiquons avec une forte conviction :

Liberté pour Milagro Sala, Facundo Jones Huala, Milton Tolomeo, Daniel Vera et tous les prisonniers et prisonnières politiques ; nous exigeons l’abandon de toutes les poursuites. Nous dénonçons la persécution judiciaire et réclamons le non-lieu définitif et l’annulation de la condamnation d’Alejandro Bodart ainsi que de l’inculpation de Vanina Biasi, car dénoncer un génocide n’est pas un délit. [17]

L’emprisonnement et l’exclusion politique de Cristina Fernández de Kirchner, ancienne présidente de la Nation [18], dans le cadre d’un procès dénoncé pour ses irrégularités flagrantes, au cours duquel on a attenté à sa vie, suscitent notre inquiétude et notre condamnation. Liberté pour Cristina Fernández !

Malgré tout ce que nous avons construit au cours de ces plus de quatre décennies depuis la fin de la dictature, la répression de l’État a coûté la vie à des centaines d’Argentines, comme ceux assassinés les 19 et 20 décembre.

Plus de 20 ans après le massacre d’Avellaneda, nous exigeons que les responsables politiques des assassinats de Darío Santillán et Maxi Kosteki soient jugés et punis. [19]

Nos camarades Mariano Ferreyra et Carlos Fuentealba, présents. Justice pour Luciano Arruga, Santiago Maldonado, Rafael Nahuel, Facundo Castro, Elías Garay, Luis Espinosa, Facundo Molares, Florencia Morales, Juan Gabriel González, les victimes de la police à la gâchette facile et toutes les autres victimes de la répression d’État.

Le gouvernement de Milei et Villarruel fait de la répression des manifestations et de l’atteinte au droit de grève une politique d’État pour empêcher la mobilisation.

Abrogation du protocole anticonstitutionnel contre les manifestations de Bullrich [20] ! Halte à la répression d’État !

 Halte aux tirs injustifiés, aux rafles, aux détentions arbitraires et aux persécutions !

Nous exigeons la fin du harcèlement, de la torture et des décès dans les lieux de détention et d’enfermement !

Abrogation de la loi abaissant l’âge de la responsabilité pénale et de la criminalisation des adolescents. Nos jeunes ne sont pas des délinquants. Pour une application effective des politiques publiques qui garantissent et élargissent les droits et renforcent le système de protection intégrale de l’enfance et de l’adolescence, pour une enfance et une adolescence exemptes de toute violence.

Nous dénonçons le démantèlement des politiques publiques de solidarité. Universalisation de l’aide sociale, non à la suppression des programmes sociaux, augmentation de leurs montants, réouverture des inscriptions et distribution de nourriture aux cantines communautaires. Pour un véritable emploi.

Nous condamnons l’attaque brutale contre les retraitées et la répression de toutes les mobilisations populaires. Nous exigeons l’augmentation immédiate des retraites ! Justice pour Pablo Grillo et punition des responsables !

Nous disons non à la destruction de la santé publique. Et à la politique de fermeture, de démantèlement, de licenciements et de privatisation des hôpitaux et des programmes de santé. Pour la défense de l’hôpital Garrahan comme cause nationale ! Nous rejetons les procédures disciplinaires, les sanctions et les tentatives de licenciement que le gouvernement veut mener à bien malgré le jugement favorable rendu par la justice ! Application effective de la loi sur l’urgence pédiatrique et de la loi nationale sur le handicap.
Défense inconditionnelle de l’éducation publique, gratuite et laïque à tous les niveaux ! Non au déclassement du ministère de l’Éducation. Application effective de la loi sur le financement universitaire et rejet de la nouvelle tentative de modification du gouvernement Milei visant à ne pas la respecter.

 Mères

Non à la privatisation des biens communs. Ne touchez pas à la loi sur les glaciers [21]. Nous défendons la terre et l’eau contre l’extractivisme. Le RIGI [22] aggrave la politique qui incendie et inonde les territoires et persécute nos communautés.

Assez de la militarisation des territoires. Nous exigeons le respect des droits des peuples autochtones sur leurs territoires ancestraux, leur autodétermination et leur culture, et nous soutenons les revendications de restitution. À bas toute la législation répressive : lois antiterroristes, abrogation de la réforme inconstitutionnelle du code pénal, lois sur la récidive, les récidivistes, la lutte contre la mafia et le décret habilitant les Forces armées en matière de renseignement et de sécurité intérieure.

Nous exigeons des trois pouvoirs de l’État l’annulation et l’abrogation de la loi-cadre, des décrets d’urgence 70/23 et 941/25, qui renforcent les pouvoirs de la SIDE [23].

Nous rejetons la politique pro-fasciste, coloniale, raciste et xénophobe de ce gouvernement. Halte aux attaques et à la persécution des migrantes. Migrer n’est pas un délit !

Nous dénonçons le démantèlement des politiques de genre et de diversité, l’atteinte aux droits acquis par les femmes et les personnes LGBTINB+ et la promotion de discours de haine depuis les plus hautes sphères de l’État, ainsi que la recrudescence de la violence machiste. Halte aux féminicides. Que Tehuel réapparaisse en vie. Justice pour Diana Sacayán. Soins et réparation pour la population travestie et trans. [24]

La dette est une escroquerie ; les escroqueries, cela ne se paie pas. La seule dette, c’est envers le peuple : que cet argent soit consacré aux retraites, aux médicaments, à la protection sociale, à l’emploi, au logement, à la santé et à l’éducation, et non au Fonds. FMI dehors.

À bas la réforme du travail digne de l’esclavage de Milei, du FMI et des patrons. Halte aux licenciements dans les secteurs public et privé. Non à la fermeture d’entreprises et à la suppression d’emplois. Les politiques d’austérité et de destruction des droits ont été et sont dévastatrices, et elles n’ont pas été contrées par un plan de lutte énergique pour les freiner. Nous, les centaines de milliers de personnes qui remplissons aujourd’hui les rues, témoignons de notre volonté de descendre dans la rue pour lutter. Nous avons besoin que les centrales syndicales se placent à la tête d’un plan de lutte contre ces politiques. Grève générale et plan de lutte dès maintenant.

Depuis cette place, nous exprimons notre solidarité et faisons nôtres les luttes des peuples du monde entier.

Justice pour les filles de Villalba, assassinées par l’armée paraguayenne. Que Lichita réapparaisse vivante. [25] Dehors l’impérialisme étatsunien du Venezuela, assez du blocus et des agressions contre Cuba, les Yankees hors d’Amérique latine.

Milei s’aligne sur le sionisme génocidaire. Nous nous prononçons pour une Palestine libre. Nous condamnons le génocide à Gaza et l’agression des États-Unis et d’Israël contre le peuple iranien. Nous disons NON au génocide, NON à la guerre.

Pour l’autodétermination des peuples.

50 ans ont passé et nous continuons à lutter pour la mémoire, la vérité et la justice. Pour le pain, la santé et le travail ; pour l’éducation et le logement.

Levons maintenant bien haut les photos des personnes disparues. En ce moment même, elles regardent vers le palais du gouvernement, vers ce pouvoir de l’État qui ne les cherche pas, tout en les niant.

Avec les 30 000 luttes comme drapeau, nous n’oublions pas, nous ne pardonnons pas, nous ne nous réconcilions pas. Parce que nous sommes le pays du « Plus jamais ça » et du foulard blanc. Parce que nous continuerons, comme l’a affirmé Paco Urondo [26], jusqu’à ce que tout soit comme nous l’avons rêvé et aussi comme nous l’avons combattu.

50 ans après le coup d’État génocidaire, nous sommes sur cette place pour dire toutes et tous ensemble, avec l’unité dont notre peuple a besoin :

30 000 détenues-disparues, présents !
30 000 détenues-disparues, présents !
30 000 détenues-disparues, présents !
Maintenant et pour toujours !
Maintenant et pour toujours !
Maintenant et pour toujours !

Note éditoriale : quelques notes ont été ajoutées afin d’éclairer, pour un lectorat francophone, certaines références historiques, politiques et militantes propres à l’histoire argentine et latino-américaine. Elles visent à contextualiser le texte sans en modifier le ton ni le contenu. Le CADTM remercie Christian Dubucq pour la rédaction des notes.


Notes

[1Les Grands-mères de la Plaza de Mayo recherchent les enfants volés pendant la dictature argentine et œuvrent à la restitution de leur identité.

[2Les Mères de la Plaza de Mayo rassemblent des mères de disparues mobilisées depuis la dictature pour exiger vérité et justice. La «  Ligne fondatrice  » désigne l’un des courants historiques de ce mouvement.

[3Le chiffre de 30 000 disparues est celui porté par les organisations argentines de défense des droits humains. Il désigne les personnes arrêtées, torturées et disparues sous la dictature militaire.

[4Ces noms désignent de grands soulèvements populaires et ouvriers de la fin des années 1960 et du début des années 1970, marqués par l’alliance entre travailleuses et travailleurs, étudiantes et secteurs populaires contre les dictatures et les politiques autoritaires.

[5Villa Constitución, ville industrielle de la province de Santa Fe, fut le théâtre en 1975 d’une importante grève ouvrière dans le secteur métallurgique, durement réprimée.

[6La Triple A, Alliance anticommuniste argentine, était une organisation parapolicière d’extrême droite liée à José López Rega. La CNU, Concentration nationale universitaire, fut également une organisation d’extrême droite violente.

[7L’Opération Indépendance fut une opération militaire lancée en 1975 dans la province de Tucumán contre la guérilla de l’ERP. Elle est souvent considérée comme une préfiguration des méthodes de terreur d’État généralisées après le coup d’État de 1976.

[8Le Plan Condor désigne la coordination répressive entre plusieurs dictatures sud-américaines dans les années 1970, visant à traquer, enlever, torturer ou assassiner les opposantes et opposants politiques au-delà des frontières nationales.

[9Les «  vols de la mort  » désignent une méthode d’assassinat utilisée par la dictature argentine : des prisonnières et prisonniers politiques étaient jetés vivants depuis des avions ou des hélicoptères dans le Río de la Plata ou l’océan Atlantique.

[10Rodolfo Walsh, écrivain et journaliste argentin, publia ce texte le 24 mars 1977 pour dénoncer les crimes de la dictature et son projet économique. Il fut enlevé et assassiné le lendemain.

[11Les noms cités désignent de grandes familles, groupes économiques et entreprises — argentins et multinationaux — liés au grand capital industriel, agro-industriel, financier et médiatique. Les organismes de défense des droits humains rappellent ainsi que la dictature fut aussi civile, patronale et impérialiste : le terrorisme d’État servit à écraser l’organisation ouvrière et populaire, à imposer la désindustrialisation, l’endettement extérieur, la concentration des richesses et la mise au pas du monde du travail. José Alfredo Martínez de Hoz, ministre de l’Économie de la dictature, incarne ce programme de classe : faire payer au peuple, par la répression et la dette, la restructuration du capital.

[12La guerre des Malouines opposa l’Argentine et le Royaume-Uni en 1982, dans les derniers mois de la dictature militaire. Pour tenter de prolonger son pouvoir, la junte envoya au front des milliers de jeunes conscrits, pour beaucoup issus des classes populaires. Ceux-ci durent affronter l’armée britannique, soutenue par les États-Unis, mais aussi la brutalité de leurs propres supérieurs. Après la guerre, de nombreux survivants dénoncèrent les crimes commis par des officiers argentins contre leurs soldats : privations de nourriture, coups, humiliations, menaces, tortures et pratiques d’estaqueamiento, consistant à attacher des conscrits au sol, parfois dans le froid. Des documents militaires argentins déclassifiés en 2015 ont étayé ces accusations. Pour les anciens combattants et les organisations de défense des droits humains, ces faits montrent que le terrorisme d’État ne s’est pas interrompu aux Malouines : il s’est prolongé contre les conscrits eux-mêmes. Leur reconnaissance comme crimes contre l’humanité, et donc comme crimes imprescriptibles, reste un combat judiciaire et politique.

[13La Perla fut l’un des principaux centres clandestins de détention, de torture et d’extermination de la dictature argentine, situé près de Córdoba. Le 10 mars 2026, le Juzgado Federal n° 3 de Córdoba a annoncé l’identification génétique de 12 personnes disparues à partir de restes retrouvés dans la zone de La Loma del Torito  ; 11 identités ont ensuite été rendues publiques, la douzième étant restée confidentielle à la demande de la famille.

[14Ces dispositifs ont limité ou entravé la poursuite des responsables des crimes de la dictature. La loi du Point final a fixé un délai très court pour engager des poursuites  ; la loi d’Obéissance due a protégé de nombreux militaires subalternes au motif qu’ils auraient obéi aux ordres  ; les grâces présidentielles de Carlos Menem ont ensuite libéré ou amnistié des responsables condamnés ou poursuivis. En 2017, la Cour suprême a tenté d’appliquer le bénéfice dit du «  2x1  » — un mode de réduction de peine — à des condamnés pour crimes contre l’humanité, provoquant une forte mobilisation sociale.

[15La Libertad Avanza est la coalition politique d’extrême droite fondée par Javier Milei, arrivée au pouvoir en Argentine après l’élection présidentielle de 2023. Elle défend un programme ultralibéral, anti-services publics et répressif.

[16Jorge Julio López, survivant de la dictature et témoin dans un procès pour crimes contre l’humanité, disparut en 2006 après avoir témoigné contre l’ancien policier Miguel Etchecolatz. Son sort reste inconnu.

[17Les personnes citées renvoient à plusieurs affaires judiciaires contemporaines en Argentine et dans le cône sud. Milagro Sala est une dirigeante sociale de Jujuy, détenue depuis 2016, victime de persécution politique. Facundo Jones Huala est un militant mapuche argentin : condamné au Chili en décembre 2018 à 9 ans et 1 jour de prison pour incendie et possession illégale d’arme, il a été libéré en août 2024 après que la Cour suprême chilienne a estimé sa peine accomplie, en tenant compte des périodes de détention déjà effectuées. Il a ensuite été de nouveau arrêté en Argentine le 6 juin 2025. En mars 2026, la justice fédérale de Bariloche a prolongé sa détention préventive jusqu’en juin 2026, à la prison fédérale de Rawson, dans le cadre d’une enquête visant la Resistencia Ancestral Mapuche. Milton Tolomeo et Daniel Vera sont cités dans le contexte des poursuites et détentions dénoncées par des organisations sociales sous le gouvernement Milei. Alejandro Bodart et Vanina Biasi, dirigeants de gauche, ont été poursuivis pour des prises de position liées à la dénonciation de la politique israélienne à Gaza, dans le cadre d’une criminalisation de la liberté d’expression politique.

[18Cristina Fernández de Kirchner a été présidente de l’Argentine de 2007 à 2015, puis vice-présidente de 2019 à 2023. En décembre 2022, elle a été condamnée à six ans de prison et à l’inéligibilité à vie dans une affaire d’attribution de marchés publics  ; elle et ses soutiens dénoncent une opération de lawfare visant à la proscrire politiquement. La condamnation a été confirmée par la Cour suprême argentine en juin 2025. Le 1er septembre 2022, elle a été victime d’une tentative d’assassinat devant son domicile à Buenos Aires : un homme, lié à l’extrême-droite, a pointé une arme chargée vers son visage, mais le tir n’est pas parti. En octobre 2025, Fernando Sabag Montiel a été condamné à dix ans de prison pour cette attaque.

[19Le massacre d’Avellaneda désigne la répression policière du 26 juin 2002 contre une mobilisation de mouvements de chômeurs au Puente Pueyrredón, près de Buenos Aires. Deux jeunes militants, Darío Santillán et Maximiliano Kosteki, furent tués par la police. Des responsables policiers ont été condamnés, mais les organisations sociales et de droits humains réclament toujours le jugement des responsables politiques de l’opération répressive.

[20Patricia Bullrich, ministre argentine de la Sécurité, incarne la ligne la plus répressive du gouvernement Milei. Son protocole «  anti-manifestations  », officialisé par une résolution ministérielle en décembre 2023, vise à empêcher les blocages de rues et à légitimer l’intervention policière contre la protestation sociale. Les organisations de défense des droits humains et les mouvements sociaux le dénoncent comme un instrument de criminalisation de la contestation et d’atteinte au droit de manifester.

[21La loi argentine n° 26.639, dite «  loi sur les glaciers  », adoptée en 2010, protège les glaciers et l’environnement périglaciaire comme réserves stratégiques d’eau douce. Elle limite ou interdit les activités susceptibles de les détruire ou de les contaminer, notamment certaines activités minières. Sa remise en cause, portée par les secteurs extractivistes et relancée sous Milei au nom de l’investissement, est une tentative de livrer l’eau des Andes au pillage du grand capital minier, contre les territoires, les populations et les générations futures.

[22Le RIGI, Régime d’incitation aux grands investissements, adopté sous le gouvernement Milei, accorde des avantages fiscaux, douaniers et réglementaires considérables aux grands projets miniers, énergétiques et extractifs. Les mouvements socio-environnementaux le dénoncent comme un instrument taillé pour le grand capital : il garantit les profits privés, affaiblit les protections environnementales et piétine les droits des communautés. La formule «  incendie et inonde les territoires  » renvoie au contexte récent de catastrophes environnementales en Argentine : incendies massifs en Patagonie, dans un contexte de coupes budgétaires dans la prévention et l’intervention, inondations meurtrières à Bahía Blanca en mars 2025, puis nouvelles inondations dans la province de Buenos Aires en mai 2025. Elle désigne un modèle extractiviste et austéritaire qui livre les territoires aux intérêts privés, abandonne les populations face aux catastrophes et réprime les communautés qui résistent.

[23La SIDE signifie Secrétariat au renseignement de l’État (Secretaría de Inteligencia del Estado). Elle désigne les anciens services de renseignement argentins, durablement associés à la surveillance politique et aux appareils répressifs de l’État.

[24Tehuel de la Torre, jeune homme trans argentin, a disparu le 11 mars 2021 dans la province de Buenos Aires, alors qu’il se rendait à un entretien pour un emploi. Son corps n’a jamais été retrouvé, et son meurtre a donné lieu en 2024 au premier procès argentin reconnu comme un transhomicide. Diana Sacayán, militante travestie-trans et défenseure des droits humains, a été assassinée en 2015  ; son meurtre a été reconnu en justice comme un crime de haine lié à l’identité de genre.

[25Les «  fillettes Villalba  » désignent Lilian Mariana Villalba et María Carmen Villalba, deux cousines argentines âgées de 11 ans, tuées le 2 septembre 2020 lors d’une opération de la Force de tâche conjointe paraguayenne, une unité spéciale composée de militaires, de policiers et d’agents antidrogue, déployée dans le nord du Paraguay contre les groupes armés. En janvier 2025, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a reconnu la responsabilité de l’État paraguayen pour de graves violations des droits humains dans leur mort. «  Lichita  » est le surnom de Carmen Elizabeth Liliana Oviedo Villalba, adolescente argentine de 14 ans disparue le 30 novembre 2020 dans la région forestière d’Yby Yaú, dans le département de Concepción, au Paraguay  ; les organisations de défense des droits humains réclament sa réapparition en vie.

[26Paco Urondo, poète, journaliste et militant argentin, fut assassiné en 1976. Son œuvre et son engagement restent associés aux luttes révolutionnaires argentines.

Collectif

Qui représente plusieurs individus considérés comme formant un ensemble caractérisé par des traits, des comportements communs.
Qui est le fait, l’œuvre de plusieurs individus.

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