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Evénement : « Une autre vérité sur la Grèce »
par Rémi Vilain
3 février 2016

Fin 2009-début 2010, c’est officiel, c’est la crise de la dette en Grèce !
« Fraudeurs », « corrompus », « assistés », « dépensiers », « fainéants », tels sont les motifs invoqués par les gouvernants européens et les grands médias pour justifier cette situation. 5 années et 3 memoranda imposés par la Troïka plus tard, qu’en est-il réellement ? Si les mesures d’austérité continuent de déferler aujourd’hui sur toute la Grèce, la crise économique, elle, s’enracine, et s’accompagne d’une crise humanitaire, au nom d’une dette largement illégitime, illégale, odieuse et insoutenable !

Depuis 2010, afin d’officiellement résoudre le problème de la crise de la dette grecque, trois « plans de sauvetage » - d’une valeur totale de plus de 320 milliards d’euros - ont été imposés par les institutions (FMI, BCE, Commission européenne). Force est de constater que cinq années plus tard, cela n’a rien arrangé à la situation économique de la Grèce puisque le ratio dette/PIB a totalement explosé, passant de 113% en 2010 à bientôt 200% en 2016, en parallèle d’une réduction de plus de 25% du PIB.

Pire encore, ces trois protocoles d’accord (« Memorandum of Understanding » -MoU) n’ont aucune légitimité. Pour commencer, le premier MoU de mai 2010 - d’un montant de 110 milliards d’euros - est illégal, puisqu’il n’a jamais été approuvé ni signé par le Parlement grec. Par ailleurs, tout comme pour le second MoU de février 2012 – d’une valeur de 130 milliards d’euros - il s’agissait avant tout de sauver les banques privées étrangères exposées aux obligations d’États grecques – en particulier les banques françaises et allemandes - et d’autre part, de limiter les pertes du secteur financier [1]. En définitive, loin d’apporter les solutions avancées, les deux premiers memoranda ont réussi le tour de force de transformer une dette essentiellement privée, en une dette publique que la population grecque est désormais contrainte à supporter [2].

Le dernier mémorandum, qui s’élève à 86 milliards d’euros reflète lui la détermination de l’Eurogroupe à faire plier toute tentative d’application de mesures alternatives à la déferlante néolibérale qui s’abat sur l’ensemble des pays européens. Après plus de 6 mois de négociations vaines, marquées par le sceau du chantage et des menaces de Grexit de la part de Jean-Claude Trichet, Christine Lagarde, Jeroen Dijsselbloem et consorts, Alexis Tsipras désavoue la population grecque le 13 juillet 2015 et signe cet accord, qu’il considère pourtant comme le pire des trois.

Entachés d’innombrables irrégularités (violations de mandats, violations de traités internationaux, violations de la constitution grecque [3], violations des droits de l’Homme [4], chantages et pressions, insoutenabilité, etc.), ces soi-disant « plans de sauvetage » piétinent la souveraineté du gouvernement et du peuple grec sur leur propre sol, en leur imposant des politiques d’austérité inhumaines [5]. Aux privatisations des services publics de distribution, qui ont amené 300.000 foyers à être coupés de l’électricité du jour au lendemain, s’ajoutent une grande braderie du patrimoine public à travers le TAIPED, des licenciements abusifs de fonctionnaires, des fermetures massives d’hôpitaux et d’écoles, autant d’éléments qui intensifient la récession économique tout en aggravant toujours plus la crise humanitaire que la Grèce subit.

Pour faire la lumière sur cette situation aussi insupportable qu’illicite, Zoé Konstantoupoulou, ex-présidente du Parlement grec, a lancé en mars 2015 [6] la Commission d’audit pour la vérité sur la dette grecque, avec pour coordinateur scientifique Eric Toussaint, porte-parole du CADTM International.

Alors que les résultats des rapports de la Commission d’audit sont sans équivoque quant à l’illégalité, l’illégitimité et l’insoutenabilité de la dette grecque [7], Zoé Konstantopoulou et Eric Toussaint révéleront « Une autre vérité sur la Grèce », ce mercredi 2 mars 2016 à 19h30, à la Salle Grand Physique de l’Université de Liège. (Prix Libre)

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Rémi Vilain

Permanent au CADTM Belgique