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Espagne
Les fonds vautours pillent le plus élémentaire : le logement, l’alimentation et l’électricité
par Fátima Martín
1er septembre 2017

Une version courte de cet article paraîtra dans la prochaine revue du CADTM, Les autres voix de la planète (AVP).

Les fonds vautours pillent le plus élémentaire en Espagne, en commençant par le logement, l’alimentation et l’électricité, entre autres besoins essentiels. Dans l’Espagne post-bulle immobilière, les vautours, alimentés par des banques nationales et internationales bien connues et guidés par des politiciens serviles, tels des corbeaux stratégiquement situés dans les administrations publiques – comme le banquier et actuel ministre de l’Économie Luis de Guindos –, dévorent les dépouilles d’un peuple appauvri. Résultat : des centaines de milliers de familles expulsées avec des dettes à vie dans un pays qui subit un gravissime problème de logement encore irrésolu ; des marchandises agroalimentaires moins salutaires et plus chères, produites par des entreprises qui ont réduit leur personnel et précarisé leurs travailleuses ; et des actions en justice qui s’enchaînent à propos d’une gestion énergétique allant des primes envenimées pour les énergies renouvelables de Zapatero à leur imposition (connue comme l’impôt sur le soleil) sous Rajoy. Dans cette phase du saccage, après la socialisation des pertes, des vautours privés se gavent au dépend des biens communs, tirant profit d’une dette publique stratosphérique illégitime que nous paierons avec du sang, de la sueur et des larmes durant des générations si nous ne parvenons pas à interdire ces vautours spéculateurs.

Le secteur immobilier est, sans aucun doute, un des terrains préférés des vautours dans un pays où, entre 1997 et 2007, il a été permis de construire annuellement, « plus de logement qu’en Allemagne, en France, en Italie et au Royaume-Uni réunis » [1]. Ce sont toujours les mêmes qui continuent à payer les conséquences de cette exubérance irrationnelle.

Parmi les objectifs des vautours, il y a des hôtels, des bureaux, des actifs logistiques, des hypothèques et des logements, beaucoup de logements. Les cas des logements sociaux sont parmi les plus sanglants. Il s’agit par exemple de 1 860 logements sociaux de location que Blackstone a acheté a l’Entreprise municipale du logement et du sol de Madrid (Empresa Municipal de la Vivienda y el Suelo de Madrid, EMVS) pour 127,5 millions d’euros alors qu’Ana Botella, la femme de José María Aznar, était maire de la ville, ce qui revient à une moyenne de 69.000 euros par logement. Les conséquences de la gestion vautour pour les locataires ne s’est pas fait attendre : hausse des prix de location, conditions abusives, procédés arbitraires et expulsions qui frappent sans discriminer. Jusqu’à ce qu’en mai 2017, le Tribunal Suprême coupe les ailes au vautour Blackstone (via sa filiale Fidere) protégeant les droits des locataires de ces logements [2]. En juin, la EMVS, dépendante de la mairie de Madrid de Manuela Carmena a proposé de déclarer la vente nulle et non avenue. [3]

Lors d’une opération similaire, en juin 2017, le Tribunal Suprême a admis un recours présenté par les personnes touchées par la vente de 2 935 logements publics de l’IVIMA, dépendant de la Communauté de Madrid, aux vautours Azora - Goldman Sachs pour 201 millions d’euros. Les affectés et l’Association Corruptil ont demandé aux tribunaux qu’ils enquêtent sur de possibles « accords entre trois fonds d’investissements (Goldman, Blackstone et Cerberus) pour s’adjuger chacun des opérations immobilières d’envergure réalisées à Madrid par les administrations du PP ». Une autre de ces opérations a consisté en l’octroi par la SAREB (bad bank) de 52 000 prêts de Bankia à Cerberus. Curieusement, le fils de l’ex-président du Gouvernement José María Aznar, et de l’ex-maire de Madrid Ana Botella, José María Aznar Botella, est conseiller de Cerberus via le fonds vautour local Poniente Capital [4].

Selon le rapport ‘From Puerto Rico to the Dublin Docklands ; vulture funds and debt in Ireland and the global south’, les dix premiers investisseurs en dette immobilière ‘distressed’ (en difficultés) en Europe au deuxième trimestre 2015 sont, dans cet ordre : Cerberus, Deutsche Bank / Apollo, Lone Star, JP Morgan, Oaktree Capital, Fortress / Eurocastle, Sankaty, Blackstone, Goldman Sachs et Otto Group. La grande majorité d’entre eux s’est gavé dans l’Espagne hyper-endettée après la catastrophe de la « brique » (crise du secteur de la construction en Espagne).


Le vautour qui a dépecé l’Argentine, Paul Singer, hume le sang des dépouilles de la banque Popular

Le spéculateur vautour par excellence, Paul Singer, qui a dépecé l’Argentine [5], a aussi voulu se goinfrer en Espagne. Un de ses fonds vautour, Elliott, s’est accaparé en 2015 des appartements de Bankinter pour 60 millions d’euros. Il avait acquis auparavant 1,3 milliards d’euros de créances douteuses de Bankia (avec Cerberus et l’entreprise norvégienne de recouvrement Lindorff) et 300 millions de la banque Santander, avec des rabais de 95 %. Depuis lors, Lindorff harcèle ses clients de vive voix, par téléphone et par voies judiciaires et les maltraite avec des phrases comme celle-ci : « Si tu parles au téléphone, c’est que quelqu’un paye la note. Celui qui te paie le téléphone n’a qu’à te payer la dette. Tu dois bien vivre quelque part. Celui qui t’accueille, qu’il te paie la dette » [6].

Elliott a aussi acheté l’entreprise de récupération de dettes domestiques Gesif pour la convertir en base d’opérations sur le marché espagnol. Sa directrice générale, Melania Sebastián, ex-responsable de Gestion de l’Information de la banque commerciale de Caja Madrid, continue dans l’usurière Gesif. Remarquez comment une ex-directrice de Caja Madrid sert d’intermédiaire entre la déjà-nationalisée-Bankia et le fonds vautour Elliott.

Paul Singer n’a pas été le seul à s’en mettre plein les poches dans le dépotoir ibérique. Loin de là. Fin 2014, 41,2 milliards d’euros des 50 milliards de la bad bank (SAREB) sont passés sous la gestion de trois fonds opportunistes étasuniens : Cerberus (Haya Real Estate), TPG et Apollo, qui se sont appropriés les plateformes immobilières de quelques-unes des principales banques espagnoles : Bankia, CaixaBank et Santander, respectivement [7]. Ces trois fonds plus Solvia, de Sabadell, ont initialement déboursé 600 millions d’euros pour 126 000 actifs, entre prêts et immeubles. En dehors de la mauvaise banque (bad bank), Blackstone s’est adjugé la plateforme immobilière de Catalunya Caixa, Cerberus celle de Cajamar, Centerbridge celle de BMN, Lone Star celle de Kutxabank et Värde-Kennedy celle de Popular.

La tendance se poursuit aujourd’hui. Quelques mois avant que la banque Santander achète la banque Popular pour un euro en juin 2017, celle-ci a vendu un portefeuille de dette de 220 millions d’euros de principal apportant comme garantie des actifs hôteliers. Il a aussi placé 400 millions d’euros avec des garanties d’actifs de logements, places de garage et débarras. Les acheteurs furent Apollo et Blackstone, respectivement.

Les pertes occasionnées par l’effondrement de la banque Popular ont déclenché des dizaines d’actions en justice, dont celle de l’étasunien Pimco, un des plus grands gestionnaires de fonds du monde, qui se prépare à poursuivre depuis la banque Santander jusqu’à la Banque centrale européenne (BCE), ou le fonds de sauvetage européen [8]. Paul Singer lui-même, via Elliott Management, sonde le marché pour acheter d’anciens bons de la banque Popular à prix soldé (évalués à moins de 5% de leur valeur nominale) et négocie avec d’autres fonds la constitution d’un front commun afin de plaider contre le processus de résolution de la banque. Par ailleurs, il explore via sa filiale Bentham Ventures, « des opportunités en lien avec la banque Popular en vue d’une action coordonnée », selon des sources proches de l’entité citées par le journal ‘Expansión’. Le fonds paierait les frais légaux des fonds dans le procès, et en cas de succès empocherait une partie de l’éventuelle compensation [9].

Jusqu’en mars 2017, les investissements immobiliers en Espagne dépassait les 3,4 milliards d’euros. Ses protagonistes, des fonds connus pour opérer comme des vautours : GreenOak, Värde, Blackstone… En avril 2017, seules Bankia, Sabadell, Deutsche Bank et BBVA avaient placé 1,6 milliards d’euros auprès de Blackstone, Grove ou Oaktree.


Des vautours en attente du sauvetage des autoroutes à péage en faillite

Rien n’écœurent les vautours. Pas même les autoroutes à péage qui ont aussi été construites sous l’ère Aznar, aujourd’hui en faillite. Neuf au total. Quatre vautours (Taconic, Kingstreet, Strategic Value et Atlestor) ont récupéré la plus grande partie de leur dette financière qui atteint près de 6 milliards d’euros – y compris celle qui est entre les mains de banques comme Deutsche Bank, JP Morgan, Goldman Sachs ou Bankia et des concessionnaires –, et prétendent que le Gouvernement en assume le coût. Les fonds ont passé contrat avec la firme spécialisée Houlihan Lokey, connue pour son intervention auprès de Lehman Brothers ou Abengoa.

Les fonds cités ont acheté la dette à des banques espagnoles et étrangères qui avaient participé au financement des travaux et qui, face à la difficulté d’arriver à un accord, décidèrent de s’en aller. Ils l’on fait à perte car dans certains cas les encaissements ne dépassèrent pas 10% de la valeur nominale. Selon le journal El País, parmi les banques qui ont vendu, se trouvent Santander, BBVA, Popular, ING, Natixis, Société Générale et Bank of Tokyo-Mitsubishi. Quel que soit le montant, celui-ci irait alourdir le déficit de l’État, ce qui compromet l’accomplissement des objectifs imposés par Bruxelles [10].

Les vautours ne dédaignent pas non plus d’autres actifs immobiliers appelés « alternatifs », comme les sanitaires, résidences de personnes âgées ou d’étudiants. Pour ces dernières, on retrouve Oaktree, avec des résidences à Madrid et Barcelone dont la vente a été retardée par l’arrivée de Manuela Carmena et Ada Colau aux mairies de Madrid et Barcelone [11].

Oaktree, qui s’offre aussi bien un gueuleton de briques en absorbant la bad bank de Deutsche Bank en Espagne qu’en engloutissant les promotions ratées de la côte dont Sabadell a hérité avec l’achat de la CAM (Caja de Ahorros del Mediterráneo), est aussi capable de mordre à pleines dents Panrico, l’entreprise de pain de mie et pâtisserie, dont les travailleurs n’ont cessé de pâtir, entre autres à cause d’un plan de licenciement (Expediente de Regulación de Empleo, ERE), depuis que le vautour y a planté ses griffes. Finalement, il l’a vendu au groupe mexicain Bimbo pour 190 millions d’euros, 89 millions de plus que ce qu’il avait apporté [12]. Oaktree a aussi voulu tirer profit de l’entreprise de produits carnés Campofrío.

On ne joue pas avec la nourriture, dit-on souvent. Les vautours s’en moquent. PJT Partners, une scission de Blackstone, est une firme spécialisée dans les services de conseil à la banque d’investissement. Parmi ses conseillers se trouvent James Costos, ex-ambassadeur des États-Unis en Espagne sous l’administration Obama. Et parmi ses opérations en Espagne, on trouve des repaires de vautours comme la restructuration d’Isolux ou la vente de Panrico à Bimbo déjà citée.

PJT Partners a aussi participé à la vente de la plus grande boulangerie industrielle d’Espagne, Berlys Corporación Alimentaria, auparavant connue sous le nom de Panaderías Navarras (Panasa). Artá Capital, l’entreprise de capital risque aux mains de Corporación Financiera Alba, et N+1, maintenant rebaptisé Alantra, décidèrent de mettre en vente Panasa, l’entreprise leader en fabrication, distribution et commercialisation de pain, viennoiserie et pâtisserie fraîche et congelé d’Espagne [13].


Et le pain mène à l’huile

Et du pain à l’huile. Il se trouve que le producteur d’ huile d’olive espagnole le plus important du monde est entre les mains d’un fonds de capital risque britannique, CVC Capital Partners, qui opère avec la logique d’un vautour : il s’est approprié l’entreprise fortement endettée (la dette a atteint 1,5 milliard d’euros) suite à la gestion irrégulière de SOS Cuétara (à l’origine de Deóleo), de la part des frères Salazar, aujourd’hui sur le banc des accusés pour de multiples délits sociétaires. Depuis que le fonds de capital risque gère Deóleo et qu’il cotise en bourse, il a italianisé les dirigeants de la firme, les prix de l’or liquide n’arrêtent plus de monter, atteignant des niveaux maximum en une décennie, mais les conditions tant de l’entreprise comme celles des travailleurs vont de mal en pis. Début 2017, il a approuvé un plan de licenciement d’une centaine de travailleurs, après avoir vendu les usines par morceaux. « L’objectif du fond CVC est de mettre en pièce l’entreprise » craignent les actionnaires minoritaires qui soupçonnent le fond de ne pouvoir payer l’hypothèque pour exécuter la dette et de conserver les actifs à prix soldé. CVC est actuellement présent en Espagne dans des secteurs comme le textile (Cortefiel), le gériatrique (Vitalia Home), ou l’énergétique (CLH).

Ce sont précisément ces mêmes fonds vautours qui font monter les prix de l’huile d’olive espagnole ou expulsent de leurs maisons des familles entières, qui n’ont aucune réticence à s’abreuver aussi du secteur énergétique. Les fonds CVC, KKR et Blackstone survolent l’entreprise d’énergie électrique Endesa qui fut espagnole et publique, actuellement aux mains de l’État italien à travers Enel, pour en prendre le contrôle. Mise en morceaux et amputé de sa partie latino-américaine, les italiens transfèrent 100 % des bénéfices de la seconde entreprise électrique « espagnole » en dividendes [14].

La propre Endesa négocie l’achat de Renovalia Energy à Cerberus, qui a acheté cette entreprise d’énergie renouvelable en 2015 aux ex propriétaires des fromages Forlasa. Cerberus a bien dû flairer la bonne affaire dans les énergies renouvelables espagnoles malgré l’impôt sur le soleil du Gouvernement Rajoy, puisqu’en 2015 il a acquis quatre parcs éoliens et plusieurs autres photovoltaïques. Pour sa part, Oaktree a également acheté l’entreprise d’énergies renouvelables Eolia en 2015. Ce ne sont que deux exemples, mais il y en a bien plus. [15]

Plus récemment, début mai 2017, l’Espagne a perdu son premier arbitrage devant la Cour internationale pour le règlements des différents relatifs aux investissements de la Banque mondiale, le CIRDI, pour les réductions budgétaires appliquées depuis 2010 aux aides aux énergies renouvelables. La sentence donna raison à la britannique Eiser Infrastructure Limited, fonds lié à ABN Amro, et sa filiale luxembourgeoise Energia Solar Luxembourg et condamna l’Espagne à payer 128 millions d’euros plus les intérêts. Cette Cour de la Banque mondiale considère illégale la transformation radicale du cadre de régulation des énergies renouvelables espagnoles, d’abord avec Zapatero fin 2010, et ensuite avec Rajoy en 2013 et 2014.


Survol des énergies renouvelables

Après celle-ci, il y a encore 27 autres demandes d’action en justice qui restent en attente de la part d’entreprises qui ont investi dans les énergies renouvelables. « Il s’agit principalement de fonds privés qui sont entrés sur le marché après le début de la crise, selon le rapport publié par les ONG Transnational Institute et Corporate Europe Observatory » écrit Juan Hernández Vigueras, membre du Conseil Scientifique d’ATTAC Espagne, qui a publié le livre Les fonds vautours. Capitalisme prédateur [16].

Dans un article intitulé « Fonds vautours en Espagne : de la spéculation à l’action judiciaire » (Fondos buitre en España : De la especulación a los pleitos), Hernández Vigueras explique que ces poursuites se basent sur le Traité de la charte de l’énergie (Tratado de la Carta de la Energía), une convention multilatérale qui fournit une protection aux investisseurs dans le secteur énergétique, leur reconnaissant des droits similaires à ceux des traités bilatéraux d’investissement (TBI) et qui permettent aussi aux entreprises de traîner les gouvernements devant les tribunaux internationaux d’arbitrage.

Il est frappant de voir que beaucoup de ces poursuites sont conseillées par la firme d’avocats Allen & Overy, qui justement a conseillé Eiser, celle qui a gagné le premier arbitrage devant la Banque mondiale. Le rapport cité par Hernández Vigueras précise : « Quand la majorité de ces investisseurs étrangers est arrivée, l’Espagne était en pleine crise économique et les restrictions aux subventions pour l’énergie solaire étaient déjà en cours. Ce qui permet de penser que ces firmes mettaient en place des stratégies spéculatives similaires aux fonds vautours, cherchant la rentabilité dans la garantie de l’État qui aboutirait via des procès » [17].

Ainsi, nous voyons comment les mêmes vautours sont capables de spéculer avec le logement, l’alimentation et l’énergie. Ils ont picoré dans beaucoup d’autres secteurs, comme celui des paris sportifs (Blackstone a misé sur la multinationale du jeux Codere) ou les cliniques dentaires, comme la polémique Vitaldent où opère Javier Botín, de la famille qui préside la banque Santander. Très souvent, les vautours sont introduits par des banques nationales et internationales soit-disant prestigieuses qui se cachent derrière des changements de nom et se protègent dans des paradis fiscaux, mais ont aussi les griffes tâchées de sang.


Traduction : Jérôme Duval. Révision : Cathy Boirac.


Notes :

[1En España se construyen más viviendas que en cuatro países europeos juntos. Idealista.com (30/04/2004). Voir en ligne : https://www.idealista.com/news/inmobiliario/vivienda/2004/04/30/3233-en-espana-se-construyen-mas-viviendas-que-en-cuatro-paises-europeos-juntos

[2El Supremo corta las alas al negocio del fondo buitre que compró viviendas sociales en Madrid. eldiario.es. (24/05/2017) Voir en ligne : http://www.eldiario.es/sociedad/Supremo-quieren-negocio-viviendas-sociales_0_647085712.html

[3Carmena buscará la anulación de la venta de vivienda protegida al fondo Blackstone. CincoDias.com. (16/06/2017) Voir en ligne : https://cincodias.elpais.com/cincodias/2017/06/16/companias/1497634918_077435.html

[4Amplían el cerco judicial a las operaciones de los fondos buitre con viviendas sociales. ElConfidencial.com. (12/02/2016). Voir en ligne : http://www.elconfidencial.com/espana/2016-02-12/amplian-el-cerco-judicial-a-las-operaciones-de-los-fondos-buitre-con-viviendas-sociales_1147271/

[5Los fondos buitre que acorralan Argentina también van a por ti. Diagonalperiodico.net. (05/07/2014). Voir en ligne : https://www.diagonalperiodico.net/global/23371-fondos-buitre-acorralan-argentina-tambien-van-por-ti.html

[6« Quien te paga el teléfono, que te pague la deuda », al habla los fondos buitre. Diagonalperiodico.net (14/10/2013). Voir en ligne : https://www.diagonalperiodico.net/global/20225-quien-te-acoge-te-pague-la-deuda-al-habla-fondos-buitre.html

[7Sabadell, Haya, TPG y Apollo gestionarán la cartera de Sareb. Cinco Días. (4/12/2014). Voir en ligne : https://cincodias.elpais.com/cincodias/2014/12/04/mercados/1417704038_416470.html

[8El gigante de los fondos Pimco estudia demandas tras perder 280 millones en Popular. Vozpópuli.com. (12/06/2017). Voir en ligne : http://www.vozpopuli.com/economia-y-finanzas/empresas/Pimco-estudia-demandas-Banco-Popular-perdidas-280-millones-rescate-Santander_0_1033998128.html

[9El gigante de la inversión Elliott se ofrece a financiar pleitos por Popular. Expansion.com. (27/06/2017). Voir en ligne : http://www.expansion.com/empresas/banca/2017/06/27/59516ff0e2704e9a7c8b4617.html

[10El delirio de las autopistas de peaje en quiebra. ElPais.com. (02/03/2017). Voir en ligne : https://economia.elpais.com/economia/2017/03/02/actualidad/1488480732_950079.html

[11Colau y Carmena retrasan a Oaktree la venta de residencias de estudiantes. ElEconomista.es (20/10/2016). Voir en ligne : http://www.eleconomista.es/construccion-inmobiliario/noticias/7903127/10/16/Colau-frena-a-Oaktree-la-venta-de-residencias-de-estudiantes.html

[12Bimbo. El fondo Oaktree gana 190 millones con la venta de Panrico, 89 más de los que aportó. Hispanidad.com. (10/07/2015). voir en ligne : http://www.hispanidad.com/el-cierre-de-la-venta-de-panrico-otorga-al-fondo-oaktree-190-millones-89-millones-mas-de-los-que-aporto-a-la-compania.html

[13Los March y Alantra venden la mayor panadería de España por 400 millones. ElConfidencial.com (20/01/2017). Voir en ligne : http://www.elconfidencial.com/empresas/2017-01-20/march-alantra-venta-panaderia-panasa_1317923/

[14CVC, KKR y Blackstone reactivan la compra de Endesa con el apoyo de Madrid y Roma. ElConfidencial.com (08/03/2017). Voir en ligne : http://www.elconfidencial.com/empresas/2017-03-08/cvc-blackstone-reactivan-compra-endesa_1344129/

[15Endesa negocia la compra de Renovalia al fondo de Aznar Jr. por 1.700 millones. ElConfidencial.com (10/02/2017). Voir en ligne : http://www.elconfidencial.com/empresas/2017-02-10/endesa-negocia-compra-renovalia-fondo-cerberus-aznar-junior_1328210/

[16Juan Hernández Vigueras, Fondos buitre, capitalismo depredador, Clave Intelectual, Madrid, 2015. http://www.claveintelectual.com/titulos/los-fondos-buitre-capitalismo-depredador/

[17Fondos buitre en España : de la especulación a los pleitos. Attac.es (03/09/2015). Voir en ligne : http://www.attac.es/2015/09/03/fondos-buitre-en-espana-de-la-especulacion-a-los-pleitos/

Fátima Martín

est journaliste, membre du CADTM en Espagne. Elle est l’auteure, avec Jérôme Duval, du livre Construcción europea al servicio de los mercados financieros, Icaria editorial 2016. Elle développe le journal en ligne FemeninoRural.com.