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Semaine mondiale d’action contre la dette et les Institutions financières internationales (IFI)
Communiqué de presse de la CAD-Mali
par CAD Mali
27 novembre 2018

À l’occasion de la Semaine mondiale d’action contre la dette et les Institutions financières internationales (IFIs), célébrée chaque année au mois d’octobre, elle s’articule autour d’analyses, d’appels et de revendications sur la problématique de dette et le rôle des politiques des institutions financières internationales. L’objectif de cette semaine est d’informer et de sensibiliser les populations, medias du Mali et d’ailleurs sur les effets pervers des politiques de développement des Institutions financières internationales (IFI) la Banque mondiale et Fonds monétaire international (FMI) ainsi que leurs conséquences désastreuses sur le développement de nos pays.

Les crises socio-économiques, financières, climatiques et terroristes sans précédent ne sont que la conséquence des politiques antisociales développées par ces institutions pour perpétuer l’exploitation et la domination des pays du Sud par ceux du Nord. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international sont les instruments d’application de ces politiques.

Le rythme de surendettement du Mali est inquiétant puisqu’il pourrait aboutir à une crise de la dette dans les prochaines années. Le taux d’intérêt des emprunts contractés par notre gouvernement est plus élevé et le recouvrement des recettes publiques est bien inférieur. L’encours de la dette intérieure au Mali au 31 mars 2018 est de 971 395 564 846 francs CFA. Celui de la dette extérieure à la même date (créanciers bilatéraux et multilatéraux) est de 2 237 224 000 francs CFA [1]. Donc, on a un stock de dette dépassant le budget d’Etat pour l’exercice 2019. Pire, la Société de gestion et d’intermédiation (SGI) CGF Bourse, basée dans la capitale sénégalaise Dakar, a annoncé le 17 avril 2018, que le pourcentage de la dette malienne par rapport à son PIB en fin 2017 était de 93%, ration dépassant le seuil fixé par l’UEMOA qui est de 70% [2].

Pour éviter une crise profonde de la Dette et prendre le chemin d’une véritable politique endogène de développement, nous exigeons de la part des gouvernements du Nord et du Sud ainsi que des Institutions Financières Internationales :

  1. Le refus systématique de la promotion « des Banques de l’Ombre » par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale dans les Pays du Sud, stratégie visant à réorganiser les marchés financiers des pays appauvris pour mieux attirer les investisseurs mondiaux, une idée profondément troublante qui menace en réalité tout progrès en matière des Objectifs de Développement Durable ;
  2. Démocratiser le fonctionnement des IFI afin de garantir une représentativité équitable et équilibrée des pays en développement : il s’agit d’abandonner le système de vote censitaire selon le principe « 1 dollar = une voix » qui assure la domination des pays riches, Etats Unis en tête, sur les IFI ;
  3. Amener les administrateurs des IFI à rendre compte devant les parlements des pays qu’ils représentent ;
  4. Redéfinir la place et le rôle des IFI dans la gouvernance mondiale en les rattachant à l’ONU : cette subordination des IFI à l’ONU est logique car les IFI sont des organisations spécialisées, et doivent donc avoir des compétences limitées, alors que l’ONU est une organisation universelle, ayant pour référence la déclaration universelle des droits de l’homme ;
  5. Des audits parlementaires ouverts, transparents et participatifs en collaboration totale avec les mouvements sociaux ;
  6. L’Abolition immédiate et totale des dettes illégitimes sans conditions externes imposées avec comme objectif de permettre à nos pays d’assumer leurs responsabilités en matière de respect des droits humains ;
  7. L’Arrêt de la privatisation des services publics, de l’emploi et des ressources publiques au profit du privé ;
  8. L’Arrêt de la promotion de projets néfastes pour l’environnement tels que la construction d’immenses barrages et l’exploitation nocive de gisement de pétrole, de gaz, de charbon et d’autres énergies polluantes ;
  9. L’arrêt du programme Doing Business de la Banque Mondiale qui ne s’appuie que sur le registre de la spéculation au détriment des critères sociaux et environnementaux ;
  10. L’Appui au financement des Plans Nationaux d’Adaptation aux Changements Climatiques des Pays du Sud afin de diminuer les effets des Changements Climatiques sur leurs économies déjà affaiblies.

Fait à Bamako le 30 octobre 2018

Le Secrétariat National de la CAD-Mali


CAD-Mali Récépissé n°0656 // Tél./Fax : 20 24 01 34 //BP 2521 Djélibougou Rue : 326 Porte : 26
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Notes :

[1Direction Générale de la Dette publique malienne

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