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Communiqué de presse
Le CADTM dénonce le mécanisme actuel de l’endettement, tant en France que dans les pays en développement
par CADTM France
30 novembre 2005

Les chiffres publiés dans la presse récemment laissent penser que la dette publique française atteint 2.000 milliards d’euros, si l’on prend en compte les engagements de l’Etat sur les retraites dans la fonction publique.

Ce montant dépasse largement la dette extérieure publique des 165 pays dits « en développement » (où vivent 5,5 milliards d’individus), estimée à 1.600 milliards de dollars, soit 1.350 milliards d’euros, dont le CADTM réclame l’annulation totale et inconditionnelle. En effet, depuis plusieurs décennies, ces pays sont pris dans la spirale d’un endettement public croissant, qui est l’un des principaux mécanismes par lequel s’exercent les diktats de la finance mondialisée, des entreprises multinationales, du
Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le CADTM dénonce, tant au Nord qu’au Sud, ce mécanisme du surendettement délibéré qui est clairement une source majeure de domination des populations, d’appauvrissement massif, de corruption exponentielle et de perte de souveraineté pour des dizaines de pays, le tout au profit de riches créanciers et de dirigeants complices.

En effet, à cause de cette dette colossale, les politiques imposées dans la plupart des pays concernés sont des politiques qui servent l’intérêt des créanciers : réduction des budgets sociaux, libéralisation de l’économie, privatisations des services publics, aggravation des inégalités, etc. En Europe, on parle de « rigueur », d’ « austérité » et de « Pacte de stabilité et de croissance ». Au Sud, on parle de « Programmes d’ajustement structurel », de sinistre mémoire.

Contrairement à ce qu’a déclaré Thierry Breton, ministre français de l’Economie et des Finances, il n’y a pas que trois solutions envisageables, à savoir « baisser les dépenses, augmenter la croissance et vendre des actifs non stratégiques ». Le CADTM refuse à la fois le bradage de
richesses appartenant au peuple français, une croissance profondément inégalitaire et un Etat réduit au strict minimum alors qu’il doit être en mesure de protéger efficacement les citoyens.

Le CADTM milite pour l’instauration d’un modèle économique basé sur la satisfaction des besoins humains fondamentaux et le respect de l’environnement, à l’opposé de la logique néo-libérale actuelle qui privilégie, au Nord comme au Sud, le remboursement d’une dette qui n’a profité en rien à de larges couches de la population. Dans ce but, le CADTM
réclame un audit complet de la dette, ainsi qu’une redistribution massive des richesses, notamment par une taxe de type Tobin, une taxation internationale des bénéfices des sociétés transnationales et un impôt
exceptionnel sur les grosses fortunes, qui permettrait de mettre fin à plusieurs années de réduction de l’effort fiscal des plus riches.

Contact : Damien Millet, président du CADTM France,
france chez cadtm.org.


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