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La farce de la « prise en compte du genre » : une grille de lecture féministe des politiques de la Banque mondiale
Juin 2021
par Camille Bruneau
11 juin 2021

Résumé :

Il n’est pas possible de s’intéresser aux politiques de la Banque mondiale ou à l’émancipation des peuples sans prendre en compte les enjeux de genre, eux-mêmes imbriqués avec d’autres systèmes d’oppression et rapports sociaux inégalitaires.

Si officiellement la Banque mondiale s’approprie « l’égalité de genre » en faisant presque de l’« empowerment » une obligation pour les pays débiteurs, la pratique révèle trop peu de véritable préoccupation pour cet enjeu. Comme avec les questions environnementales, le décalage entre les beaux discours et les changements réels est énorme.

Cette apparente inclusion est problématique à bien des égards : les conséquences concrètes des projets menés et les recommandations macro-économiques sont contraires à toute perspective d’émancipation. En plus, sa conception même de l’(in)égalité de genre s’inscrit dans un agenda néolibéral affiché qu’elle ne prend même pas la peine de dissimuler.

Cette étude poursuit deux objectifs. D’une part, démontrer comment ces « stratégies genrées » continuent d’asseoir la domination occidentale et, souvent, renforcent le patriarcat plutôt que de le combattre. Ceci s’observe de trois manières principales :

  • Cette prétendue inclusion s’apparente à du « genderwashing », en d’autres termes, à une opération de communication ;
  • Les discours de la Banque mondiale renforcent certains aspects de la domination patriarcale ;
  • Les projets et politiques prescrit.es ont des conséquences néfastes.

D’autre part, il s’agit de donner quelques clefs d’analyse pour quiconque voulant s’intéresser aux Institutions financières internationales sans fermer les yeux sur des mécanismes d’oppression centraux.


Camille Bruneau

CADTM Belgique