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Du 2 au 4 décembre : Atelier du CADTM Asie du sud
par CADTM
25 novembre 2022

COMITÉ POUR L’ABOLITION DE LA DETTE ILLÉGITIME (CADTM) ASIE DU SUD
Law & Society Trust (LST, Sri Lanka) et Mouvement pour une réforme nationale des terres et de l’agriculture (MONLAR, Sri Lanka)

COLOMBO, VENDREDI 02 - SAMEDI 03 DÉCEMBRE 2022

La pandémie de coronavirus et ses conséquences économiques en cascade ont poussé de nombreux pays dans une crise de la dette. Ce phénomène n’est nulle part aussi prononcé qu’au Sri Lanka, qui s’enlise dans le piège de l’endettement depuis le début de l’année. Le pays a fait défaut sur sa dette pour la première fois de son histoire alors qu’il était aux prises avec la pire crise financière qu’il ait connue depuis plus de 70 ans.
Depuis, le Sri Lanka a connu des manifestations de masse contre la dégradation des conditions de vie avec des avis partagés sur la résolution de la crise et l’avenir du pays. Alors que pour les gens ordinaires, la situation actuelle doit beaucoup à l’échec de l’exercice du pouvoir de la famille Rajapaksa, la société civile est divisée sur la voie à suivre.

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Le Sri Lanka a récemment obtenu un accord avec le FMI pour un mécanisme élargi de crédit (MEDC) de 2,9 milliards de dollars US étalé sur quatre ans. Cet accord intervient après plusieurs mois de négociations par le gouvernement sri-lankais, qui considérait le renflouement comme le seul moyen de sauver l’économie du pays. Si les experts, les gestionnaires de l’État, les spécialistes de la politique et les médias sont unanimes dans leur position pro-FMI, ce renflouement a un coût. L’économie assiégée doit augmenter de manière significative les recettes de l’État par le biais de mesures de consolidation fiscale (hausse de la fiscalité indirecte comme la TVA). Elle doit augmenter les recettes tout en réduisant les dépenses afin d’afficher un excédent budgétaire de 2,3 % du PIB d’ici 2025, contre les -4,0 prévus pour cette année.

Dans l’intervalle, l’opposition sri-lankaise, y compris les membres de la société civile, reste divisée sur le programme du FMI et les réponses à y apporter. Leurs positions peuvent être classées grossièrement en trois grandes catégories :

  • Le renflouement par le FMI est la seule solution pour sauver l’économie.
  • Les conditions du renflouement sont dures et, par conséquent, le gouvernement( doit mieux négocier.
  • Non aux prêts du FMI et répudiation des dettes odieuses.
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Alors qu’une véritable crise de la dette a englouti le Sri Lanka, d’autres pays d’Asie du Sud ne sont pas loin derrière. Les facteurs qui ont contribué à la crise sri-lankaise ont également eu un impact significatif sur le Pakistan, dont l’économie est confrontée à des défis similaires. Selon certaines informations, le Pakistan a demandé à la Chine de faire rouler sa dette de 6,3 milliards de dollars arrivant à échéance dans les huit prochains mois, dans le cadre de son plan global visant à mobiliser 34 milliards de dollars au cours de l’exercice fiscal actuel pour faire face à sa dette et aux obligations liées au commerce extérieur.

Le Bangladesh est le troisième pays d’Asie du Sud à attendre des prêts du FMI, après le Sri Lanka et le Pakistan. Alors qu’une équipe du FMI se trouve dans le pays pour entamer les négociations, les réserves en devises étrangères du Bangladesh sont tombées à 35,98 milliards de dollars - une chute brutale par rapport aux 48 milliards de dollars d’août de l’année dernière. Elles n’avaient pas été aussi basses depuis 28 mois. Si le scénario de la dette indienne est apparemment plus facile à soutenir, le taux d’endettement devrait atteindre 84 % de son PIB d’ici à la fin de 2022, ce qui est sans aucun doute plus élevé que celui de nombreuses économies émergentes.

Photo des participants du 7e atelier CADTM Asie du Sud qui s’est déroulé du 6 au 8 avril 2018 à Colombo au Sri Lanka

Selon la Banque mondiale, le nombre de personnes qui ont été plongées dans la pauvreté en raison du Covid-19 a fortement augmenté en Asie du Sud par rapport à d’autres régions. La région a connu une hausse importante de la dette des ménages. Au Sri Lanka, il y a eu de nombreuses luttes autour des prêts de microfinance, généralement menées par des femmes. Selon les rapports, le stress financier induit par la pandémie et l’inflation élevée poussent à l’augmentation de l’endettement des ménages en Inde, notamment les prêts liés aux paiements par carte de crédit de biens de consommation durables et les prêts contre des dépôts fixes.

La dette totale des ménages en Inde a augmenté de façon spectaculaire, passant de 8,6 milliards de dollars en mars 1998 à 392,9 milliards de dollars en mars 2021, le plus haut niveau jamais enregistré. La dette a augmenté de façon spectaculaire, passant de 335 milliards de dollars en avril 2020 à 392,9 milliards de dollars en mars 2021, soit la plus forte hausse jamais enregistrée, de 17 % en un an. La situation est similaire dans d’autres pays de la région. La spirale inflationniste et surtout la hausse des prix des denrées alimentaires poussent des milliers de personnes dans la région à s’endetter et à vivre dans la pauvreté. Il est évident que la dette privée - tant celles des ménages que celles des entreprises - pourrait entraver la reprise économique de la région.

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Dans ce contexte, l’atelier CADTM Asie du Sud, qui se tiendra à Colombo du vendredi 2 au dimanche 4 décembre 2022, tentera principalement de traiter les questions suivantes :

  • L’aggravation de la crise de la dette mondiale, ses causes et ses conséquences.
  • Les perspectives sud-asiatiques de la dette extérieure et privée (y compris les ménages).
  • La crise de la dette du Sri Lanka et les leçons tirées de/pour l’Asie du Sud
  • Le FMI en tant que prêteur de dernier recours
  • Qu’est-ce qu’une dette illégitime et qu’est-ce qu’un audit de la dette ?
AGENDA
Vendredi 2 décembre
09:00 – 09:30 Accueil, objectifs et introduction
Herman Kumara (SAAPE), Chintaka Rajapaksa (MONLAR)
09:30 – 11:00 Les perspectives de la dette globale Causes et Conséquences (avec une attention particulière portée au défaut de paiement du Sri Lanka)
CADTM International
Discussion
Modérateur : Pakistan Kisan Rabita Committee
11:00 – 11:30 Pause 1
11:30 – 13:00 Dette extérieure de l’Asie du Sud, Institutions financières internationales, mouvements sociaux
Bangladesh Krishok Federation
CADTM India
CADTM Pakistan
Alliance d’Asie du Sud pour l’éradication de la pauvreté, Nepal
13:00-14:00 Repas
14:00 – 16:00 Sri Lanka : Quelle est cette crise ? Comment en est-on arrivez là ?
Sumanasiri Liyanage (économiste politique) sur les origines et les contours de la crise actuelle
Ramindu Perera (Open University of Sri Lanka) sur la crise de la dette et les défauts de paiement sur les dettes souveraines
Vimukthi de Silva (MONLAR) sur la crise de l’agriculture et sur les femmes agricultrices
Modérateur : B. Skanthakumar (Association des chercheureuses en sciences sociales, Sri Lanka)
16:00 – 17:30 Pause 2
17:30 – 19:00 Séminaire public
Le comité pakistanais Kissan Rabita sur les catastrophes climatiques et la justice en matière de dettes au Pakistan
Hemantha Withanage (Présidente des Amis de la Terre International) sur la Cop 27 et la justice climatique
Moderatrice : Nalini Ratnarajah (Alliance pour l’éradication de la pauvreté en Asie du Sud, Sri Lanka))
Samedi 3 décembre
09:00-11:00 Qu’est-ce que le Fonds Monétaire International ? À quoi sert-il ? Quel est le rôle du FMI dans les crises de la dette ? Quel est le programme du FMI ? Quelles sont les conditionnalités imposées par le FMI ? Ces conditionnalités peuvent-elles être compatibles avec le respect des droits humains ? Quelles sont les alternatives ? Qu’est-ce que l’audit citoyen de la dette publique ?
CADTM International
Discussion
Modératrice : Swasthika Arulingam (Syndicats des travailleureuses commerciauxales et industrielles))
11:00 – 11:30 Pause 1
11:30 – 13:00 Dette privée en Asie du Sud et en Afrique du Nord
Chinmayi Naik, (Coalition des travailleureuses d’Inde)
Renuka Karunarathne (Collectif des victimes de la microfinance, Sri Lanka)
13:00-14 :00 Repas
14:00 – 16:00 Sri Lanka : Débat et stratégie sur la dette, sur le FMI, et sur les alternatives
Chintaka Rajapaksa (MONLAR)
Madhulika Gunewardena (Collectif féministe pour la justice économique)
Dhanusha Gihan Pathirana (économiste politique)
Moderator : Sandun Thudugala (Law & Society Trust)
16:00 – 16:30 Rafraîchissements
16:30 – 17:00 Clôture de l’atelier
Commentaires des participantes
Remarques de conclusion : Sakuntala Kadirgamar (Law & Society Trust) ;
Chintaka Rajapaksa (MONLAR) ;
CADTM International)
Dimanche 4 décembre (Membres du CADTM)
09:00 – 11:00 CADTM en Asie du Sud : Moyens de progresser et prochaines étapes

CADTM