29 octobre 2014

Bruxelles, Belgique

Conférence sur la situation socio-politique en Argentine

¡ Argentina, Che !

Le pays des « gauchos », au-delà du tango et du « mate », c’est :
le règne des Kirchner, la voracité des fonds vautours, une inflation galopante, un oscillement entre nationalisme et intégration régionale latino-américaine, une politique extractiviste contestée, la crise de 2001 et la suspension du paiement de la dette sous la pression populaire, l’effervescence des mouvements sociaux et des entreprises récupérées...
Et si on faisait le point sur l’Argentine d’aujourd’hui ?

Entrée : prix libre
Lieu : Centre socio-culturel Garcia Lorca
Rue des Foulons 47/49, 1000 Bruxelles
http://www.garcialorca.be
Contact : Maud Bailly : maudbailly chez cadtm.org ; 0485 51 22 89

Avec Maria Elena Saludas (ATTAC-CADTM Argentine)
& Mario Cafiero (ex-député national argentin, président du parti politique « Proyecto Sur » pour la province de Buenos Aires, co-auteur du livre La Argentina Robada, plaignant dans divers procès contre la dette odieuse Dette odieuse Selon la doctrine, pour qu’une dette soit odieuse, et donc nulle, elle doit remplir deux conditions :
1) Elle doit avoir été contractée contre les intérêts de la Nation, ou contre les intérêts du Peuple, ou contre les intérêts de l’État.
2) Les créanciers ne peuvent pas démontrer qu’ils ne pouvaient pas savoir que la dette avait été contractée contre les intérêts de la Nation.

Il faut souligner que selon la doctrine de la dette odieuse, la nature du régime ou du gouvernement qui la contracte n’est pas particulièrement importante, puisque ce qui compte, c’est l’utilisation qui est faite de cette dette. Si un gouvernement démocratique s’endette contre l’intérêt de la population, cette dette peut être qualifiée d’odieuse, si elle remplit également la deuxième condition. Par conséquent, contrairement à une version erronée de cette doctrine, la dette odieuse ne concerne pas seulement les régimes dictatoriaux.
(voir : Eric Toussaint, « La Dette odieuse selon Alexander Sack et selon le CADTM » ).

Le père de la doctrine de la dette odieuse, Alexander Nahum Sack, dit clairement que les dettes odieuses peuvent être attribuées à un gouvernement régulier. Sack considère qu’une dette régulièrement contractée par un gouvernement régulier peut être considérée comme incontestablement odieuse... si les deux critères ci-dessus sont remplis.

Il ajoute : « Ces deux points établis, c’est aux créanciers que reviendrait la charge de prouver que les fonds produits par lesdits emprunts avaient été en fait utilisés non pour des besoins odieux, nuisibles à la population de tout ou partie de l’État, mais pour des besoins généraux ou spéciaux de cet État, qui n’offrent pas un caractère odieux ».

Sack a défini un gouvernement régulier comme suit :
« On doit considérer comme gouvernement régulier le pouvoir suprême qui existe effectivement dans les limites d’un territoire déterminé. Que ce pouvoir soit monarchique (absolu ou limité) ou républicain ; qu’il procède de la « grâce de Dieu » ou de la « volonté du peuple » ; qu’il exprime la « volonté du peuple » ou non, du peuple entier ou seulement d’une partie de celui-ci ; qu’il ait été établi légalement ou non, etc., tout cela n’a pas d’importance pour le problème qui nous occupe. »

Donc, il n’y a pas de doute à avoir sur la position de Sack, tous les gouvernements réguliers, qu’ils soient despotiques ou démocratiques, sous différentes variantes, sont susceptibles de contracter des dettes odieuses.
)

L’Argentine est aujourd’hui sous le feu des projecteurs suite aux procès remportés aux États-Unis par une poignée de créanciers spéculateurs, connus sous le nom de « fonds vautours Fonds vautour
Fonds vautours
Fonds d’investissement qui achètent sur le marché secondaire (la brocante de la dette) des titres de dette de pays qui connaissent des difficultés financières. Ils les obtiennent à un montant très inférieur à leur valeur nominale, en les achetant à d’autres investisseurs qui préfèrent s’en débarrasser à moindre coût, quitte à essuyer une perte, de peur que le pays en question se place en défaut de paiement. Les fonds vautours réclament ensuite le paiement intégral de la dette qu’ils viennent d’acquérir, allant jusqu’à attaquer le pays débiteur devant des tribunaux qui privilégient les intérêts des investisseurs, typiquement les tribunaux américains et britanniques.
 ». La dernière fois que le pays avait fait la une de l’actualité, c’était lors de la crise de 2001 : une crise financière transformée en crise économique, politique et sociale, qui s’apparente en bien des termes à celle que connaît aujourd’hui le Vieux continent européen. Sous la pression populaire, le gouvernement argentin avait alors suspendu unilatéralement le remboursement de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
. Ce moratoire Moratoire Situation dans laquelle une dette est gelée par le créancier, qui renonce à en exiger le paiement dans les délais convenus. Cependant, généralement durant la période de moratoire, les intérêts continuent de courir.

Un moratoire peut également être décidé par le débiteur, comme ce fut le cas de la Russie en 1998, de l’Argentine entre 2001 et 2005, de l’Équateur en 2008-2009. Dans certains cas, le pays obtient grâce au moratoire une réduction du stock de sa dette et une baisse des intérêts à payer.
sur la dette mais aussi l’effervescence des mouvements sociaux avec ses cacerolas, ses piqueteros et ses entreprises récupérées, peuvent-ils être source d’inspiration pour les mouvements sociaux en Europe ?

« Notre pays est difficile à comprendre, même pour nous Argentins », disait la romancière et journaliste Alicia Dujovne Ortiz. Cette conférence-débat sera l’occasion de saisir un peu plus ce pays étonnant.


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