16 février

Katmandou, Nepal

Microcrédit et exploitation des pauvres

Quand : 16 février 2024, 14:00PM - 15:30 PM Heure du Népal
 : Katmandou FSM 2024
Co-organisé par ATTAC Espagne et le réseau international CADTM

Le microcrédit, qui a été et continue d’être promu comme un moyen de sortir les gens de la pauvreté, a eu des conséquences désastreuses pour les populations pauvres du Sud. Avec ses taux d’intérêt Taux d'intérêt Quand A prête de l’argent à B, B rembourse le montant prêté par A (le capital), mais aussi une somme supplémentaire appelée intérêt, afin que A ait intérêt à effectuer cette opération financière. Le taux d’intérêt plus ou moins élevé sert à déterminer l’importance des intérêts.
Prenons un exemple très simple. Si A emprunte 100 millions de dollars sur 10 ans à un taux d’intérêt fixe de 5 %, il va rembourser la première année un dixième du capital emprunté initialement (10 millions de dollars) et 5 % du capital dû, soit 5 millions de dollars, donc en tout 15 millions de dollars. La seconde année, il rembourse encore un dixième du capital initial, mais les 5 % ne portent plus que sur 90 millions de dollars restants dus, soit 4,5 millions de dollars, donc en tout 14,5 millions de dollars. Et ainsi de suite jusqu’à la dixième année où il rembourse les derniers 10 millions de dollars, et 5 % de ces 10 millions de dollars restants, soit 0,5 millions de dollars, donc en tout 10,5 millions de dollars. Sur 10 ans, le remboursement total s’élèvera à 127,5 millions de dollars. En général, le remboursement du capital ne se fait pas en tranches égales. Les premières années, le remboursement porte surtout sur les intérêts, et la part du capital remboursé croît au fil des ans. Ainsi, en cas d’arrêt des remboursements, le capital restant dû est plus élevé…
Le taux d’intérêt nominal est le taux auquel l’emprunt est contracté. Le taux d’intérêt réel est le taux nominal diminué du taux d’inflation.
et ses conditions abusives et prédatrices, il a piégé des personnes vulnérables dans l’endettement, les obligeant à contracter plusieurs prêts pour rembourser les précédents et à faire d’énormes sacrifices pour les rembourser pendant des années et des décennies. Nous sommes conscient·es que les femmes sont de loin les premières victimes du microcrédit et nous exprimons notre solidarité avec leurs luttes contre le microcrédit au Sri Lanka, ainsi qu’au Bangladesh, au Pakistan, au Népal, en Inde et dans toutes les autres parties du monde.

Nous nous battons pour des alternatives telles que les subventions, les prêts à taux zéro sans discrimination, les projets communautaires gérés socialement et collectivement, etc. Nous appelons au développement renouvelé de services publics gratuits et de qualité et à l’augmentation des fonds disponibles pour les dépenses sociales.

Nous étendons notre solidarité à toustes les travailleur·euses prises dans les filets infernaux des dettes illégitimes. Nous nous engageons à poursuivre notre lutte tant que les êtres humains travailleront sous le fardeau du système de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
et des institutions financières et de microcrédit.

Intervenant·es :

Amali Wedagedara, activiste et chercheur sur le microcrédit, Sri Lanka

Sushovan Dhar, CADTM Inde, membre du secrétariat international du FSM et du Forum social Asie-Pacifique

Farooq Tariq, Secrétaire général du Pakistan Kissan Rabita Committee, un réseau de 26 organisations paysannes et un membre de la coalition de la plateforme internationale La Via Campesina.

Nithya Joseph, Chercheur à l’International Foundation Programme dans le cadre d’un fonds de recherche britannique sur les défis mondiaux, avec le projet " Épuisés par le crédit ?

Modératrice :

Fernanda Gadea, coordinatrice d’ATTAC Espagne


Traduction(s)

À venir