Le Togo vient de voir sa dette
Dette
Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
annulée par la France. Cette mesure annoncée par le gouvernement togolais dans les médias comme étant une réussite de sa politique économique cache une situation sociale plus que jamais critique pour un pays vassal de la France.
En effet, après une indépendance acquise de dure lutte en 1960, le Togo s’est vu spolié de sa liberté trois ans après, suite à un coup d’Etat sanglant organisé par un groupe d’anciens tirailleurs à la solde de la France contre le président Sylvanus Olympio. Celui-ci avait entamé le processus pour retirer le Togo de la zone CFA, l’union monétaire étant un des instruments de la néo-colonisation de la France en Afrique. C’est ainsi qu’à la « décolonisation » suivit l’installation au pouvoir d’un régime tout aux ordres de l’ancienne métropole et qui a nié les droits civiques, politiques, économiques, sociaux et culturels des populations... Après la parenthèse démocratique des années 1990, qui fut également un épisode douloureux et tragique pour le peuple, le régime issu du coup d’état de 1963 s’est renforcé grâce à l’appui de la France et ce, malgré la rupture de la coopération avec l’Union européenne. Les présidents français ont toujours soutenu l’oppression dont ont été victimes les populations togolaises à tous les niveaux.
L’essentiel de la dette qui vient d’être annulée est le fruit de 50 ans d’économie libérale extravertie au profit des industries françaises et de privatisations intensives des secteurs-clefs de l’économie, menées par le FMI
FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.
À ce jour, 190 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).
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et Banque mondiale
Banque mondiale
BM
La Banque mondiale regroupe deux organisations, la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement) et l’AID (Association internationale de développement). La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies.
En 2022, 189 pays en sont membres.
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sous le couvert de l’initiative PPTE
PPTE
Pays pauvres très endettés
L’initiative PPTE, mise en place en 1996 et renforcée en septembre 1999, est destinée à alléger la dette des pays très pauvres et très endettés, avec le modeste objectif de la rendre juste soutenable.
Elle se déroule en plusieurs étapes particulièrement exigeantes et complexes.
Tout d’abord, le pays doit mener pendant trois ans des politiques économiques approuvées par le FMI et la Banque mondiale, sous forme de programmes d’ajustement structurel. Il continue alors à recevoir l’aide classique de tous les bailleurs de fonds concernés. Pendant ce temps, il doit adopter un document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), parfois juste sous une forme intérimaire. À la fin de ces trois années, arrive le point de décision : le FMI analyse le caractère soutenable ou non de l’endettement du pays candidat. Si la valeur nette du ratio stock de la dette extérieure / exportations est supérieure à 150 % après application des mécanismes traditionnels d’allégement de la dette, le pays peut être déclaré éligible. Cependant, les pays à niveau d’exportations élevé (ratio exportations/PIB supérieur à 30 %) sont pénalisés par le choix de ce critère, et on privilégie alors leurs recettes budgétaires plutôt que leurs exportations. Donc si leur endettement est manifestement très élevé malgré un bon recouvrement de l’impôt (recettes budgétaires supérieures à 15 % du PIB, afin d’éviter tout laxisme dans ce domaine), l’objectif retenu est un ratio valeur nette du stock de la dette / recettes budgétaires supérieur à 250 %. Si le pays est déclaré admissible, il bénéficie de premiers allégements de son service de la dette et doit poursuivre avec les politiques agréées par le FMI et la Banque mondiale. La durée de cette période varie entre un et trois ans, selon la vitesse de mise en œuvre des réformes clés convenues au point de décision. À l’issue, arrive le point d’achèvement. L’allégement de la dette devient alors acquis pour le pays.
Le coût de cette initiative est estimé par le FMI en 2019 à 76,2 milliards de dollars, soit environ 2,54 % de la dette extérieure publique du Tiers Monde actuelle. Les PPTE sont au nombre de 39 seulement, dont 33 en Afrique subsaharienne, auxquels il convient d’ajouter l’Afghanistan, la Bolivie, le Guyana, Haïti, le Honduras et le Nicaragua. Au 31 mars 2006, 29 pays avaient atteint le point de décision, et seulement 18 étaient parvenus au point d’achèvement. Au 30 juin 2020, 36 pays ont atteint le point d’achèvement. La Somalie a atteint le point de décision en 2020. L’Érythrée et le Soudan n’ont pas encore atteint le point de décision.
Alors qu’elle devait régler définitivement le problème de la dette de ces 39 pays, cette initiative a tourné au fiasco : leur dette extérieure publique est passée de 126 à 133 milliards de dollars, soit une augmentation de 5,5 % entre 1996 et 2003.
Devant ce constat, le sommet du G8 de 2005 a décidé un allégement supplémentaire, appelée IADM (Initiative d’allégement de la dette multilatérale), concernant une partie de la dette multilatérale des pays parvenus au point de décision, c’est-à-dire des pays ayant soumis leur économie aux volontés des créanciers. Les 43,3 milliards de dollars annulés via l’IADM pèsent bien peu au regard de la dette extérieure publique de 209,8 milliards de dollars ces 39 pays au 31 décembre 2018.
. Une étude de la dette togolaise révèle l’importante part que constituent les dépenses militaires. L’armée togolaise est en effet formée et équipée par la France pour réprimer la population lorsque celle-ci tente de s’exprimer par des manifestations pacifiques pour revendiquer ses droits civiques et son droit au développement. Il apparait clairement que la dette qui vient d’être annulée est une dette qui a permis de renforcer un régime répressif contre sa population et d’accroître la main mise des capitaux français et américains sur les entreprises, les banques togolaises et le port autonome de Lomé. Le mécanisme du service de la dette
Service de la dette
Remboursements des intérêts et du capital emprunté.
permet de réaliser chaque année d’importants transferts de profits vers la France et d’autres pays développés.
Un autre Togo est possible, fait par le peuple et pour le peuple togolais.
Fait à Lomé le 13 mai 2011
CONTACT PRESSE : attactogo chez ymail.com
Séminaire de renforcement des capacités des femmes et des organisations de la société civile togolaise sur les dettes illégitimes, leurs impacts sur les droits humains et les alternatives possibles
Déclaration de Lomé11 septembre 2023, par CADTM Afrique , Attac-Togo , Womin , Foundation for a just society
1er février 2022, par Attac-Togo
26 janvier 2021, par Isabelle Likouka , Victor Nzuzi , Attac-Togo , Ndongo Samba Sylla , Milan Rivié , Aboubacar Issa , Oudy Diallo
7 décembre 2011, par Attac-Togo
Communiqué de presse
Communiqué de presse d’ATTAC TOGO sur les évènements du 17 mars 2011 à Lomé20 mars 2011, par Attac-Togo
Communiqué de presse
Attac Togo dit non à la privatisation du secteur bancaire au Togo25 avril 2009, par Attac-Togo