L’entreprise générale Malta Forrest et le service péage

31 mars 2007 par Carmel Mbaya


Historique

L’Entreprise Générale Malta FORREST (EGMF) est une entreprise appartenant à la famille FORREST de nationalité belge. Cette entreprise est installée en RDC depuis 1922, elle avait pour domaine d’intervention l’entretien des routes, la construction des maisons d’habitation, pour les sociétés et compagnies qui en manifestaient le besoin. L’EGMF fournissait et vendait aussi les matériaux de construction tels que le gravier, les moellons etc. Les activités de L’EGMF débutent à Kolwezi, à 390 Km de la ville de Lubumbashi, dans le KATANGA. Pendant de longues années, elle « respecte » ses domaines d’intervention tels qu’énumérés ci-haut. En 1989, FORREST va faire son entrée dans le domaine de transport minier. La Générale des Carrières et des Mines (GECAMINES) confie à l’EGMF le transport de ses produits des lieux d’extraction vers les usines de transformation.

Très rapidement, FORREST va encore développer ses activités, en achetant des engins d’extraction des minerais de cuivre, cobalt et tous les autres dérivés Dérivés
Dérivé
Dérivé de crédit : Produit financier dont le sous-jacent est une créance* ou un titre représentatif d’une créance (obligation). Le but du dérivé de crédit est de transférer les risques relatifs au crédit, sans transférer l’actif lui-même, dans un but de couverture. Une des formes les plus courantes de dérivé de crédit est le Credit Default Swap.
. A partir de l’année 1996, l’EGMF se lance, pour son propre compte, dans l’exploitation minière à l’intérieur des concessions de la GECAMINES. Elle devient alors une société minière au même titre que la GECAMINES. Notons que l’extraction des minerais se fait dans des carrières qui ne lui appartiennent pas, et que par ailleurs, elle transforme ces mêmes minerais dans les usines de la GECAMINES. Au fil du temps, la puissance de FORREST dépassera celle de la GECAMINES.

A l’heure actuelle l’EGMF est présente dans 13 pays au monde et partout au Congo. Elle a ajouté à ses activités la fabrication du ciment dans le Bas Congo. Elle s’occupe également du social et de la santé.

La problématique du péage

Depuis 2003, sur plusieurs points des routes de la RDCongo, des services de péage sont installés. Chaque passager doit payer une taxe. Ces frais perçus par les agents affectés à ces points de passage sont normalement destinés à la construction des routes. Le personnel de ce service est issu du gouvernorat et de l’Entreprise Générale MALTA FORREST pour la province du Katanga.

Selon le rapport de deux agents, l’un du gouvernorat et l’autre de l’EGMF, le service de péage réalise 20.000 USD par mois. Surprise quand un belge est allé travailler au poste de péage à Kasumbalesa et a réalisé 20.000 USD en six jours ! Comme conséquence, il a renvoyé les Congolais affectés à ce poste, ceux -ci évoluent pour l’instant dans les usines de l’EGMF.

Pour la province du Katanga dont il est question ici,le comité de pilotage de la réforme des Entreprises publiques en sigle COPIREP affirme que 40.000.000 USD ont été alloués aux routes du Katanga et - ce les tronçons Lubumbashi - Nguba et Lubumbashi - Kasenga. Mais depuis septembre 2005 et jusqu’à ce jour, seuls 48 Km de la partie sur 208 km ont été arrangés en terre sans le macadam pour le tronçon Lubumbashi-Kasenga. Quand à ce qui concerne la route Lubumbashi-Nguba en passant par la ville de Likasi, 37 km sur 190 km sont réhabilités soit 1/5 de la distance totale.

Pourtant, alors que la BM Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
se veut le grand manitou de la lutte contre la mauvaise gouvernance, celle-ci accepte de financer le financement des travaux de reconstruction des routes sur lesquelles les péages existaient déjà. Cette institution financière internationale accordera à la RDC un crédit de 500.000.000 de dollars américains (cinq cent millions de dollars américains) pour les travaux de construction des routes.

Signalons aussi que l’Union Européenne a remis à la République Démocratique du Congo un montant de 49,5 millions d’Euros pour le même projet !

Les 500.000.000 de dollars constituent une dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
pour la RDC alors que les individus ont consommé cette somme sans qu’elle soit affectée au projet prévu pour cette fin. Où va l’argent du péage, pourquoi la BM ne fait pas le suivi de l’argent qu’elle prête à la RDC, n’est ce pas ça une forme de complicité dans la destruction du Congo, n’est ce pas un génocide économique ?

La justice doit faire sont travail, elle doit être juste et équitable. La RDC doit mettre fin à l’existence de ses deux grandes classes sociales qui favorisent une inégalité sociale sans précédent. La population paie les taxes et remplit ses devoirs civiques alors que les élites locales (ministres, gouverneurs et autres dignitaires) sont exonérées de manière totale. Au moment, c’est ces mêmes élites qui exploitent les routes du Katanga avec l’exploitation minière. Quant à la population, les taxes sont à payer chaque fois que les pauvres se déplacent sur ces tronçons. Ils paient le péage, alors que très souvent, les propriétaires de véhicules ont intégré ces coûts dans les frais de transport. Cela provoque non seulement une augmentation mais aussi une forte variabilité des prix du transport, le ministère de tutelle en cette matière n’existant pas. Pour le salut de la RDC, un autre système de gestion est possible, nécessaire et urgent.

AMSEL/CADTM/LUBUMBASHI




Carmel Mbaya

AMSEL/CADTM/LUBUMBASHI