Presse internationale

Si cela est démontré, Rafael Correa déclarera illégitime une dette de 20 millions de dollars envers la Banque Mondiale

20 décembre 2007


Le président de l’Equateur, Rafael Correa, a signalé samedi 15 décembre 2007 qu’il déclarera illégitime une dette de 20 millions de dollars avec la Banque Mondiale (BM), si sont décelées des irrégularités dans un projet financé par la Banque qui a apparemment détruit le réseau des institutions de contrôle de la distribution d’eau du pays.

Lors de son programme de radio du samedi, Correa a rappelé que quelques années auparavant, la BM Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
, « dans la folie privatisatrice et néolibérale », a fait un projet qui « ne sert à rien, avec la complicité des bureaucrates équatoriens », endettant l’Equateur pour 20 millions de dollars, et « ils ont détruit tout le système institutionnel en charge de la gestion de l’eau ».

«  Cette dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
, nous sommes en train de l’étudier afin de la déclarer illégitime
, de ne pas verser deux reals de plus, et d’intenter une action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
en dommages et intérêts à cette bureaucratie qui nous fait subir ses méthodes
 », a indiqué Correa.

Cependant, le président n’a pas précisé si cette action sera intentée contre les fonctionnaires de la Banque mondiale ou contre les « bureaucrates équatoriens » qu’il n’a pas identifiés.

Le mois d’avril dernier, le gouvernement équatorien a déclaré le représentant de la BM, Eduardo Somensatto, « persona no grata » et l’a expulsé du pays.

Ricardo Patiño, qui était alors ministre de l’Economie, a expliqué que cette mesure avait été prise car cet organisme voulait traiter le pays « comme une colonie » en bloquant, en 2005, un prêt de 100 millions de dollars préalablement approuvé.

Patiño avait expliqué qu’à ce moment là l’Equateur avait rempli une série de « conditionnalités perverses de la BM », en 2004, pour obtenir le prêt, et celui n’avait pas été versé parce que le pays avait pris la « décision souveraine de réformer l’utilisation de fonds absolument anti-éthiques et anti-techniques ».

Au cours de l’année 2005, le gouvernement équatorien, au sein duquel Correa était alors ministre de l’Economie, avait réformé la loi du Feirep (un fond pétrolier) qui obligeait le pays à « utiliser 70% de l’excédent du prix du pétrole pour payer la dette externe privée ».

En novembre dernier, le président équatorien a prévenu qu’il s’éloignera de la Banque Interaméricaine de Développement (BID) et de la Corporation Andine de Développement (CAF) si ces organismes ne répondent pas aux intérêts du pays, bien qu’il reconnaissait alors que pour le moment ce n’était pas le cas.

Rafael Correa a signalé aujourd’hui lors de son programme de radio que la nouvelle Constitution, qui sera rédigée par l’Assemblée, interdira la privatisation de l’eau et que l’on créera la Superintendance des Ressources Hydriques qui sera chargée de contrôler et de réguler l’utilisation efficace de l’eau.




Source : aporrea.org
Traduction : Cécile (CADTM)