Contre-G8 en Afrique : 4e Forum des peuples au Mali

6 juillet 2005




Partie intégrante du Forum Social Africain et du Forum Social Mondial, la 4e Edition du Forum des Peuples s’est tenu à Fana, au Mali, du 06 au 09 juillet 2005 en contrepoint au sommet de G8 G8 Ce groupe correspond au G7 plus la Fédération de Russie qui, présente officieusement depuis 1995, y siège à part entière depuis juin 2002. , qui a eu lieu du 6 au 8 juillet 2005 à Gleneagles, Ecosse, Royaume Uni.

Le forum des peuples est un espace populaire d’éducation, d’échanges, de communication, d’information, des actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
citoyennes et de construction des alternatives à la mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
néolibérale. Le Forum des Peuples représente historiquement la première rencontre citoyenne des peuples d’Afrique en contrepoint au sommet de G8.

Le forum des peuples n’est pas un forum anodin, ni un spectacle. Au cours des éditions précédentes (Siby 2002, Siby 2003 et Kita 2004), le Forum des Peuples a marqué des avancées significatives pouvant mieux servir aux actions de campagne et de plaidoyer des mouvements sociaux populaires en lutte pour une justice sociale et économique. Nous pouvons retenir quelques points suivants :

 L’expression démocratique ;
 L’accroissement du niveau d’information des populations : symposium, conférences débats, ateliers de travail... ;
 La prise de conscience de la nécessité de la lutte solidaire des peuples face à la puissance financière internationale et son corollaire qu’est la mondialisation néolibérale ;
 L’aspiration des peuples à la paix ;
 La prise en compte de la question environnementale à travers les agissements des sociétés minières comme le cas de Sadiola au Mali ;
 La prise de conscience des populations à prendre en charge leur destin par des propositions d’alternatives nouvelles face à la privatisation, au commerce mondial, aux finances internationales et leur insertion pernicieuse sous le label du micro crédit.

Pour en savoir plus :

— www.forumdespeuples.org

— A Fana, les peuples africains avancent dans leur organisation malgré le cynisme du G8
par Victor Nzuzi (R.D.Congo), Jean Mpélé (Congo Brazzaville), Olivier Bonfond (Belgique), délégués du réseau CADTM international.

— Forum des peuples de Fana : un contre sommet africain de résistance et d’alternative
par Sékou Diarra

— Sociedad civil y ONG celebran una contracumbre en Malí en respuesta a la reunión del G8
por Canal Solidario