Communiqué de presse

Le CADTM salue le choix du peuple équatorien de porter Rafael Correa à la présidence

27 novembre 2006 par CADTM


Le CADTM salue le peuple équatorien qui a choisi comme président le candidat de gauche Rafael Correa, face au milliardaire de la banane, Alvaro Noboa, qui distribuait des dollars aux électeurs devant les caméras de télévision pendant sa campagne.

Ancien ministre des Finances, Rafael Correa a déjà combattu l’inadmissible perte de souveraineté qu’impliquent les mesures économiques imposées par le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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, la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
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et les grandes puissances. Ainsi, en 2000, l’Equateur a abandonné sa monnaie pour adopter le dollar, subissant alors totalement la politique monétaire décidée par Washington. Depuis des décennies, les richesses créées par l’économie équatorienne, notamment grâce au pétrole, profitent aux multinationales du secteur et aux riches créanciers, mais pas aux populations. L’Equateur consacre environ 40 % de son budget au service de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
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Les accords signés avec le FMI et la Banque mondiale ont notamment conduit à l’arrêt des subventions au gaz à usage domestique et à la privatisation des entreprises nationales d’hydrocarbures, d’électricité et de télécommunications, accentuant le désengagement de l’Etat des domaines stratégiques. Concrètement, les Equatoriens ont dû affronter en 2003 une augmentation de 35 % du prix des combustibles, une augmentation de la TVA et une diminution du salaire des fonctionnaires.

En juillet 2005, à l’initiative de Correa, le gouvernement équatorien a décidé de réformer l’utilisation des ressources pétrolières. Au lieu de servir au remboursement de la dette, Correa a insisté pour qu’une partie d’entre elles soit destinée aux dépenses sociales, notamment pour les populations indiennes. Ulcérée, la Banque mondiale a bloqué les sommes qu’elle avait promises à l’Equateur. Les pressions de Washington ont été telles que Rafael Correa a choisi de démissionner plutôt que de plier. Il a précisé à l’encontre de la Banque mondiale et le FMI que « personne n’avait le droit de punir un pays s’il changeait ses lois ».

Un audit de la dette est en cours en Equateur et la Commission officielle responsable de cet audit doit rendre prochainement son rapport. Le CADTM apporte son soutien aux nombreuses organisations sociales équatoriennes qui se sont investies dans la réalisation de cet audit. Le CADTM demande au nouveau président équatorien de s’appuyer sur cet audit pour répudier totalement la dette extérieure publique de son pays, qui n’a absolument pas profité aux populations dont la majorité vient de le porter au pouvoir.

Deux gestes symboliques allant dans le sens d’un réel changement de logique ont déjà été annoncés par Correa : la volonté de renégocier les contrats pétroliers et de réintégrer l’Organisation des pays exportateurs de pétrole OPEP
Organisation des pays exportateurs de pétrole
En anglais, OPEC : Organization of the Petroleum Exporting Countries.
L’OPEP regroupe 11 PED producteurs de pétrole : Algérie, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Indonésie, Irak, Iran, Koweït, Libye, Nigeria, Qatar, Venezuela. Ces 11 pays représentent 41 % de la production de pétrole dans le monde et possèdent plus de 75 % des réserves connues. Créée en septembre 1960 et basée à Vienne (Autriche), l’OPEP est chargée de coordonner et d’unifier les politiques pétrolières de ses membres, dans le but de leur garantir des revenus stables. À cette fin, la production obéit en principe à un système de quota. Chaque pays, représenté par son ministre de l’Énergie et du Pétrole, se charge à tour de rôle de la gestion de l’organisation. Le 1er juillet 2002, le Vénézuélien Alvaro Silva-Calderón est devenu le secrétaire général de l’OPEP.
(OPEP), tout en promettant de réduire de moitié le salaire présidentiel, actuellement de 8 000 dollars. Le CADTM ne peut que le soutenir dans ce sens.

Enfin, le CADTM appelle tous les dirigeants des pays du Sud à enclencher une autre logique économique, respectueuse de l’humain et de l’environnement, à l’opposé de la logique néolibérale imposée aux forceps par l’intermédiaire d’une dette largement odieuse dont il faut revendiquer l’abolition.




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