Belgique : le gouvernement de droite extrême aggrave l’injustice sociale et provoque de fortes réactions sociales

Partie 1

22 décembre 2025 par Eric Toussaint


Source : IEB, CC, https://www.ieb.be/Arizo-naze

Interview d’Éric Toussaint concernant le budget d’austérité de la Belgique, les politiques favorisant l’extrême-droite et de possibles alternatives à gauche.



 Question : Comment caractérisez-vous le budget adopté par le gouvernement de la Belgique fin novembre 2025 ?

Ce n’est pas en réduisant les dépenses publiques qu’on réussit à relancer l’économie d’un pays

Éric Toussaint : Le budget adopté par le gouvernement le 24 novembre 2025 (https://fr.euronews.com/2025/11/24/la-belgique-parvient-a-un-accord-budgetaire-alors-que-les-greves-nationales-se-poursuivent) est essentiellement un budget d’austérité et de réduction de dépenses. C’est là qu’il faut se poser la question : Dans le contexte actuel, si on veut relancer l’économie et relancer les revenus, est-ce que c’est en réduisant la dépense publique qu’il faut procéder ? Les économistes qui analysent sérieusement la situation des pays européens et ailleurs savent que l’affirmation selon laquelle il faut réduire la dépense publique ne tient pas la route. Ce n’est pas en réduisant les dépenses publiques qu’on réussit à relancer l’économie d’un pays.

 Question : Pour un économiste, réduire les investissements qu’on fait dans les services publics, l’austérité globalement, n’apporte pas d’office une relance économique ?

La réponse est simple et claire : une réduction de la dépense publique dans l’investissement, dans les services publics, dans les allocations sociales, dans la distribution des revenus, ne peut pas entraîner une amélioration de la situation économique.

 Question : Que penser de l’augmentation des dépenses militaires ?

En tant qu’économiste et citoyen qui réfléchit à ce dont a besoin la société et à ce qui permet de relancer sainement l’économie, il faut dire que la forte augmentation des dépenses militaires n’est pas justifiée.

 Question : Même du point de vue de rester dans les clous fixés par l’OTAN OTAN
Organisation du traité de l’Atlantique Nord
Elle assure aux Européens la protection militaire des États-Unis en cas d’agression, mais elle offre surtout aux États-Unis la suprématie sur le bloc occidental. Les pays d’Europe occidentale ont accepté d’intégrer leurs forces armées à un système de défense placé sous commandement américain, reconnaissant de ce fait la prépondérance des États-Unis. Fondée en 1949 à Washington et passée au second plan depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN comprenait 19 membres en 2002 : la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, auxquels se sont ajoutés la Grèce et la Turquie en 1952, la République fédérale d’Allemagne en 1955 (remplacée par l’Allemagne unifiée en 1990), l’Espagne en 1982, la Hongrie, la Pologne et la République tchèque en 1999, la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie en 2004, l’Albanie et la Croatie en 2009, le Monténégro en 2017, la Macédoine du Nord en 2020, la Finlande en 2023 et la Suède en 2024.
 ?

Les clous fixés par l’OTAN, c’est une imposition de Trump à ses alliés européens qui se soumettent à ses exigences. C’est une évidence. Le public a pu le constater en écoutant le secrétaire général de l’OTAN, l’ancien Premier ministre hollandais Rutte, qui a déclaré grosso modo devant Trump lors d’un sommet de l’Alliance atlantique en juin 2025 : « Papy a raison de se fâcher contre les membres de sa famille quand ils ne se comportent pas bien ». C’était l’exemple même d’un comportement de vassal européen à l’égard du président des États-Unis.

Le gouvernement espagnol, lui, affirme qu’il ne s’engage pas aux 5% exigés par Trump. En juin 2025, l’Espagne, seule membre européen de l’OTAN à ne pas s’engager sur ce chiffre, a indiqué qu’elle se contenterait de maintenir et d’augmenter graduellement ses dépenses à environ 2 % du PIB, un seuil qu’elle juge « suffisant et réaliste ». De son côté, Trump a dénoncé l’Espagne et l’a menacée de sanctions mais jusqu’ici, il n’y a pas de condamnation européenne du gouvernement espagnol. En octobre 2025,la Commission européenne a annoncé qu’elle protégerait l’Espagne face à toute décision des Etats-Unis de prendre des sanctions tarifaires ou commerciales en représailles au refus du gouvernement espagnol de s’engager à atteindre 5% du PIB PIB
Produit intérieur brut
Le PIB traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.
Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre.
pour les dépenses militaires. La Belgique se situe, avec son gouvernement dirigé par Bart De Wever et soutenu à fond par Georges-Louis Bouchez, dans la partie des pays européens qui se soumettent totalement aux exigences de Donald Trump. C’est inacceptable.

La meilleure chose pour la Belgique, c’est de préparer sa sortie de l’OTAN et de se déclarer neutre comme l’Irlande qui fait partie de l’UE et qui vient d’élire une présidente progressiste, Catherine Connolly.

 Question : Pour vous, c’était tout à fait possible de ne pas le faire, de conserver le même niveau globalement de dépenses pour l’OTAN qu’on avait avant ?

La réduction va porter sur des dépenses courantes qui servent directement à la vie des populations, c’est-à-dire la santé, les services publics, l’éducation, la culture, l’investissement dans des infrastructures de santé, d’éducation et de communication

En tout cas, pour moi, ce qui est certain, c’est que l’ampleur de l’augmentation des dépenses militaires et le poids que ça va avoir sur le budget est inacceptable. Comme c’est un budget de réduction de dépenses, mais que dans ce budget augmentent les dépenses militaires, il faut se poser la question sur quoi porte la baisse des dépenses ? La réponse est : la réduction va porter sur des dépenses courantes qui servent directement à la vie des populations, c’est-à-dire la santé, les services publics, l’éducation, la culture, l’investissement dans des infrastructures de santé, d’éducation et de communication. Ou dans des infrastructures qui serviraient à la recherche et développement et qui permettraient la création d’emplois de qualité. Et donc c’est ça qui va être affecté directement et réduit, alors que c’est ça qui est fondamental pour relancer l’économie du pays, la mettre sur une bonne voie.

 Question : Au niveau du budget, est-ce qu’il y avait moyen de faire autrement ? Quelle recette auriez-vous trouvé plus intéressante que ce qui a été décidé là ?

Il est clair qu’il fallait prendre des décisions en matière d’impôts sur les grandes sociétés et leurs supers bénéfices, sur les grandes fortunes et sur les très hauts revenus. On peut cibler le 1% le plus riche de la société en termes de patrimoine, on peut cibler en matière de revenus les très hauts revenus et on peut cibler les bénéfices des très grandes sociétés. Dans ce secteur, on peut faire un audit des secteurs ou des grandes sociétés qui réalisent des profits tout à fait disproportionnés. Je pense aux profits disproportionnés lorsqu’il y a eu la crise de l’énergie.

J’ai entendu Georges-Louis Bouchez dire sur les antennes de la télévision RTL le 3/12/2025 que le prix du gaz est dix fois inférieur à ce qu’il a été. Il suffit de regarder la facture du gaz ou la facture d’électricité d’un ménage normal. Si le prix du gaz a baissé comme Georges-Louis Bouchez le dit, je doute tout à fait qu’il ait été réduit par dix. Au contraire, comme tout le monde peut le constater, la facture que les ménages paient n’a pas été réduite ces dernières années. En 2025, la facture d’énergie (gaz et électricité) est nettement plus élevée qu’en 2021.

Rappelons qu’en 2022, le prix de la facture de gaz électricité a augmenté en moyenne de plus de 90% (pour le détail de l’augmentation des prix de l’énergie en Belgique, voir « Le paysage de la tarification et de la taxation du carbone et de l’énergie en Belgique », Décembre 2025 FPS https://klimaat.be/doc/2025-landscape-of-carbon-and-energy-taxation.pdf p. 28 [1] ). Cela veut donc dire que les distributeurs d’électricité, de gaz, etc., méritent un audit très sérieux sur le montant de leurs revenus et comment ils les accumulent. En 2022, ils s’en sont mis plein les poches et depuis lors, le prix n’est pas revenu à celui d’avant la crise. Selon moi et pour tout économiste sérieux, le prix de l’énergie a été augmenté et a pesé d’une manière absolument terrible sur les revenus des 50% de la population qui ont les revenus, entre guillemets, les plus bas. La population de la Belgique a vu exploser sa facture d’énergie. Il y a eu une augmentation des revenus énormes des sociétés privées dans le domaine de l’énergie, qui mérite évidemment des prélèvements d’impôts et une augmentation prolongée des recettes de ce côté-là. Entre août 2022 et juin 2023, le gouvernement a procédé à un prélèvement sur les profits extraordinaires des sociétés d’électricité qui a rapporté entre 750 et 920 millions d’euros selon les sources. A cette époque, presque tous les gouvernements de l’UE ont fait de même (voir https://taxfoundation.org/data/all/eu/windfall-tax-europe-2023/ ) Mais par la suite la Belgique a abandonné cette politique alors que l’Espagne et d’autres pays européens ont continué à appliquer différentes taxes exceptionnelles sur les surprofits du secteur de l’énergie ou/et des banques en 2024 et 2025. Outre l’Espagne, c’est le cas de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Lituanie, de la Hongrie et de la Grande Bretagne (Source : https://taxfoundation.org/data/all/eu/windfall-tax-europe-2024/ et https://taxfoundation.org/data/all/eu/windfall-profits-taxes-europe/ ).

Il y a eu une augmentation des revenus énormes des sociétés privées dans le domaine de l’énergie, qui mérite évidemment des prélèvements d’impôts et une augmentation durable des recettes de ce côté-là

On peut parler aussi des grandes sociétés de distribution qui ont profité des suites de l’invasion de l’Ukraine par la Russie pour augmenter très fortement le prix d’une série d’aliments et augmenter leurs revenus. On pourrait parler du secteur des GAFAM, donc Google, Amazon, Apple, Facebook et autres, qui tirent aussi des profits très importants. On doit aussi analyser les bénéfices du secteur pharmaceutique qui a profité de la pandémie du coronavirus, et là, l’idée n’est pas de fermer les activités.

L’idée est de faire contribuer au budget et aux recettes qui servent à la collectivité, de manière correcte, les sociétés qui ont tiré profit de certaines situations que nous avons connues, que ce soit le choc de la pandémie de coronavirus à partir de 2020, puis le choc des prix de l’énergie et des aliments à partir de 2022. Tout ça a généré des occasions de super profits au bénéfice d’une série de grandes sociétés.

Si on compare la situation de la population qui, elle, a été affectée très durement par ces chocs, à la situation de grandes sociétés qui, elles, ont bénéficié de ces chocs, il fallait une réponse adéquate du gouvernement en matière de prélèvement de recettes sur les entreprises qui ont tiré bénéfice des chocs et des crises. Or quand on analyse le budget adopté par le gouvernement de Bart de Wever fin novembre 2025, on doit constater que le critère de la justice fiscale et sociale n’a pas été respecté. C’est tout le contraire.

Le gouvernement de droite ne voit pas pourquoi on ferait payer les riches et les grandes sociétés, les grandes fortunes… Ce que ce gouvernement de droite fait effectivement, c’est imposer des recettes supplémentaires en augmentant via une série de taxes et d’accises les revenus de l’État au détriment d’une majorité de la population qui en ressentira le plus les effets car ses revenus sont bas ou modestes. Il est certain que les décisions du gouvernement et le budget voté impliquent des augmentations de taxes qui vont frapper les revenus de la majorité de la population, qui vit avec des revenus assez bas, car ce sont des taxes qui portent sur des dépenses qu’ils sont obligés de réaliser couramment.

Et donc en résumé le budget du gouvernement De Wever, c’est un budget d’injustice sociale et d’injustice fiscale. Ce qu’a clairement dit Paul Magnette, président du PS, également lors du débat du 3 décembre 2025 avec Georges-Louis Bouchez. Moi, je le dis en tant qu’économiste, je ne suis pas tout aligné sur ce que dit Paul Magnette, mais quand quelqu’un dit des choses qui correspondent à la réalité, je peux considérer qu’il dit des choses qui sont justifiées.

L’idée est de faire contribuer au budget et aux recettes les sociétés qui ont tiré profit de certaines situations que nous avons connues, que ce soit le choc de la pandémie de coronavirus à partir de 2020, puis le choc des prix de l’énergie et des aliments à partir de 2022

Dans le cas de la Belgique avec les sauts d’index que le gouvernement a décidé fin novembre 2025, les salariés, les retraités, les allocataires sociaux vont voir leur revenus diminuer en rapport avec l’augmentation du coût de la vie. Et cela aura un effet sur toute la carrière des salariés en activité et sur leurs retraites futures.

Comme je l’ai déclaré lors d’une interview avec RTL publiée le 4 décembre 2025 : « le calcul du manque à gagner sur la carrière pour des enseignants, pour des policiers, pour du personnel de santé, ça donnera une perte d’au moins 10.000 euros en bout de carrière. » Selon d’autres calculs dont j’ai eu connaissance après avoir donné l’interview en question, la perte pourrait dépasser 20 000 euros. La CSC (syndicat chrétien belge)
a publié une estimation selon laquelle un travailleur de 30 ans avec un revenu brut médian ( 3 500 € par mois) subirait une perte cumulée d’environ 20 458 € nets sur l’ensemble de sa carrière si un saut d’index était appliqué, en supposant une inflation Inflation Hausse cumulative de l’ensemble des prix (par exemple, une hausse du prix du pétrole, entraînant à terme un réajustement des salaires à la hausse, puis la hausse d’autres prix, etc.). L’inflation implique une perte de valeur de l’argent puisqu’au fil du temps, il faut un montant supérieur pour se procurer une marchandise donnée. Les politiques néolibérales cherchent en priorité à combattre l’inflation pour cette raison. moyenne annuelle de 2 % [2]. Cela inclut aussi une réduction du montant de la pension future.

Pour les retraités et les allocataires sociaux, il y aura également une perte de revenus importante. Il faut bien sûr ajouter à cela les effets des exclusions massives du droit aux allocations de chômage qui auront lieu à partir de début 2026 (et qui s’ajoutent aux vagues précédentes d’exclusion) et les mesures qui seront prises contre les malades de longue durée.
Dans la proposition de budget adoptée par le gouvernement à majorité de droite extrême il n’y a aucune taxe sur les surprofits des grandes entreprises, aucune taxe ou impôt supplémentaire sur le patrimoine des plus riches… Pas d’impôt Zucman sur les grandes fortunes [3].
Il n’y a aucune mesure sérieuse contre la grande fraude fiscale à part des effets d’annonce qui ne repose sur aucune base sérieuse. Les petites annonces concernant la lutte contre la grande fraude fiscale sont seulement destinées à justifier la bonne conscience des socialistes flamands de Voruit qui restent dans ce gouvernement dominé par la droite extrême.

 Question : Cette politique du gouvernement explique le succès des grèves et des mobilisations sociales ?

Oui bien sûr. Tout au long de l’année et en particulier en octobre 2025 et en novembre 2025, on a connu une série de grèves interprofessionnelles et sectorielles très importantes largement interconnectées et dans le cadre d’une large unité syndicale. De plus, d’autres secteurs qui ne sont pas directement organisés par les syndicats ou qui le sont moins que d’autres se sont eux aussi mobilisés contre la politique du gouvernement. Le secteur culturel, le secteur de la solidarité Nord/Sud, les sans-papiers, les mouvements de lutte contre la pauvreté.
L’ampleur des mobilisations et la profondeur du mécontentement ont été remarquées par la presse internationale et par de nombreuses organisations sociales et politiques d’Europe et d’autres continents.

Il faut aussi souligner qu’il y a eu d’énormes manifestations de solidarité avec le peuple palestinien, par exemple plus de 120 000 manifestantes dans les rues de Bruxelles en septembre 2025. A cette occasion, l’attitude complice du gouvernement belge à l’égard du génocide en cours était dénoncée. D’ailleurs dans les manifestations syndicales, on pouvait également observer de nombreux drapeaux palestiniens. Il n’y a aucune muraille de Chine entre les mobilisations syndicales et celles qui portent sur des thèmes de solidarité internationale comme la solidarité avec la résistance du peuple palestinien.

À propos de la vague de grèves en Belgique, voir l’émission intitulée « Jour de grève »

Notes

[1«  Les prix ont augmenté de 232 % pour les consommateurs résidentiels et de 288 % pour les consommateurs non résidentiels pendant la crise énergétique de 2021-2022, puis ont considérablement baissé au cours du premier semestre 2023. Les prix du gaz se sont stabilisés en 2024 au-dessus des niveaux d’avant la crise, avec une légère baisse au premier semestre 2025 (+65 % pour les consommateurs résidentiels et +69 % pour les consommateurs non résidentiels par rapport aux niveaux d’avant la crise). Les prix de l’électricité suivent une tendance similaire, avec une augmentation de 116 % pour les consommateurs résidentiels et de 139 % pour les consommateurs non résidentiels en 2021-2022. Toutefois, les prix de l’électricité se sont stabilisés à un niveau proche de celui d’avant la crise, mais augmentent légèrement en 2025 : +34 % pour les consommateurs résidentiels et +30 % pour les consommateurs non résidentiels en juin 2025 par rapport à janvier 2021.  » Source : «  Le paysage de la tarification et de la taxation du carbone et de l’énergie en Belgique  », DECEMBER 2025 FPS https://klimaat.be/doc/2025-landscape-of-carbon-and-energy-taxation.pdf p. 28. «  as prices increased by 232% for residential consumers and 288% for non-residential consumers during the energy crisis of 2021-2022, and decreased significantly in the first half of 2023. Gas prices have stabilized in 2024 above pre-crisis levels with a small decline in the first half of 2025 (+65% for residential consumers and +69% for non-residential consumers compared to pre-crisis levels). Electricity prices show a similar pattern with an increase of 116% for residential consumers and 139% for non-residential consumers in 2021-2022. However,
electricity prices stabilized closer to pre-crisis levels but increase a little in 2025 : +34% for residential consumers and +30% for non-residential consumers in June 2025 compared to January 2021.” Source : «  The landscape of carbon and energy pricing and taxation In Belgium” DECEMBER 2025 FPS https://klimaat.be/doc/2025-landscape-of-carbon-and-energy-taxation.pdf p. 28

[2Pour une analyse plus détaillée, lire François Sana, «  Indexation attaquée : qui en profite  ?  », Revue Syndicaliste édité par la CSC, décembre 2025, p. 14 – 15.

[3La «  taxe Zucman  » est une proposition de l’économiste Gabriel Zucman visant à instaurer un impôt plancher de 2 % sur le patrimoine des ultra-riches (ceux possédant plus de 100 millions d’euros).

Eric Toussaint

Docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Banque mondiale - Une histoire critique, Syllepse, 2022, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2020, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.

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