Dette et immigration : 13e École régionale asiatique, Quezon City, Philippines

12 juin 2025 par Fernanda Gadea


La 13e session de l’École régionale asiatique sur la dette et l’immigration, organisée par l’Institut international de recherche et d’éducation (IIRE) à Manille, s’est tenue le 1er juin 2025 à Quezon City, aux Philippines. Parmi les intervenants figuraient Goldy Omelio de Mindanao, aux Philippines ; Éric Toussaint, porte-parole du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM) ; et Sushovan Dhar du CADTM Inde.



La participation de jeunes femmes militant-es a été remarquable, avec une présence majoritairement féminine venue du Népal, du Bangladesh, du Pakistan, des Philippines, d’Indonésie, de Chine/Hong Kong et des États-Unis. La délégation internationale du CADTM a également participé à l’école.

L’équipe était composée d’Omar Aziki (Maroc), Sushovan Dhar (Inde), Éric Toussaint (Belgique) et Fernanda Gadea (Espagne). Jawad Moustakbal (Maroc) a rejoint l’équipe le 7 juin.

Cette session comprenait trois présentations reliant les thèmes de la migration et de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
, avec un accent particulier sur l’Asie du Sud. Ces dernières décennies, l’Asie du Sud et l’Asie du Sud-Est ont connu des niveaux importants de migration interne, régionale et externe. L’ère néolibérale a intensifié les problèmes liés à la migration, au travail forcé et aux déplacements involontaires, souvent dans des contextes d’extrême vulnérabilité.

Goldy Omelio, militante philippine qui vient de l’île de Mindanao, a examiné l’évolution historique des migrations internationales pendant la période de colonisation (entre 1500 et 1800), puis pendant l’ère industrielle (de 1800 au début des années 1900). Elle a ensuite exploré les complexités des migrations contemporaines, soulignant les politiques anti-immigration exacerbées par la montée des mouvements d’extrême droite à travers le monde, l’impact des migrations post-pandémie de Covid-19 dans des pays comme la Chine, et soulignant l’importance d’analyser les migrations dans une perspective écoféministe.
La présentation de Goldy Omelio est jointe ci-dessous (en anglais).

Éric Toussaint a examiné les politiques mises en œuvre par la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque mondiale regroupe deux organisations, la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement) et l’AID (Association internationale de développement). La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies.

En 2022, 189 pays en sont membres.

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et le Fonds monétaire international FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 190 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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, tant à l’échelle mondiale que dans les pays du Sud. Il a révélé comment les recommandations politiques que ces institutions adressent régulièrement aux États où elles opèrent aggravent les phénomènes migratoires et leurs conséquences. Il a également souligné les effets dramatiques d’une dette impayable et inexorable sur les populations. Ces conséquences sont observables non seulement dans les pays de destination des populations migrantes, mais aussi dans leurs lieux d’origine. Éric Toussaint affirme que l’ingérence mondiale de la Banque mondiale et du FMI dans les États est motivée non seulement par des facteurs économiques, mais aussi par des considérations politiques.

En conclusion des présentations, Sushovan Dhar est intervenu sur la situation migratoire en Asie du Sud, intitulée : « Combien de kilomètres êtes-vous prêt à parcourir pour échapper à la faim ? ». Ce titre résume les multiples facettes du phénomène migratoire, telles que la marginalisation, l’angoisse des secteurs agricole et rural face au manque de perspectives, le changement climatique et les phénomènes atmosphériques catastrophiques qui lui sont associés, ainsi que les déplacements forcés qui poussent les populations à migrer dans des conditions extrêmes de pauvreté et d’insécurité. Par ailleurs, compte tenu de l’augmentation significative de la population urbaine par rapport à la population rurale au cours des 45 dernières années, ainsi que de l’augmentation substantielle de la migration féminine, Sushovan Dhar a dressé une carte migratoire inquiétante de l’Asie du Sud. Il a analysé en profondeur les causes de ces tendances et, plus important encore, leurs conséquences dramatiques.

Les trois présentations ont été suivies d’une discussion intéressante, jalonnée de réflexions et de questions des participants. Pendant plus d’une heure, une série d’interventions a approfondi les sujets abordés et révélé de nouvelles perspectives pour les pays mentionnés. Ces aspects ont considérablement enrichi l’expérience globale.

À la fin de l’activité, les participant-es ont exprimé un mélange de satisfaction quant au travail accompli et de mécontentement face aux abus et aux injustices sociales qui persistent dans le monde.



Fernanda Gadea

Coordinadora de ATTAC España.

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