13 janvier par Eric Toussaint

Source : Antonio Ponte, CC, Flickr, https://www.flickr.com/photos/saigneurdeguerre/4314410028/in/photostream/
Nous poursuivons la publication de l’interview donnée par Éric Toussaint au CADTM. La première partie portait sur l’analyse du budget d’austérité adopté par le gouvernement belge fin novembre 2025 et se terminait sur les résistances sociales ainsi que sur l’important mouvement de soutien au peuple palestinien. La deuxième partie portait sur une comparaison entre la politique suivie en Espagne qui s’écarte timidement de ce qui est appliqué dans le reste de l’UE, d’une part, et, d’autre part, celle suivie en Belgique qui est en conformité avec la version la plus austéritaire. La troisième partie expliquait la poursuite de l’orientation austéritaire qui domine dans l’UE et en Grande Bretagne et sur l’alignement du gouvernement belge sur le positions de Trump. Dans la quatrième partie de cet entretien, Éric Toussaint analyse, face à la montée de la droite et de l’extrême droite en Belgique, les ressorts sociaux et politiques d’un vote souvent contraire aux intérêts matériels de ses électeurs. Entre désillusion envers la gauche traditionnelle et un nouvel espoir de changement radical à gauche, il esquisse les conditions d’une alternative de gauche crédible, fondée sur la justice sociale, fiscale et écologique.
Le discours démagogique des dirigeantes de la droite, avec des formules du type « vous gagnerez 500 euros de plus », etc., passe car il y a un manque de formation. Un manque de formation, de clairvoyance du public provoquée notamment par l’ampleur de la répétition de ce type d’affirmations mensongères. Les partis de droite ont gagné les élections en Belgique en juin 2024 avec ce type de discours.
On sait qu’entre le discours et les promesses électorales grâce auxquels ces partis ont été portés au gouvernement et la réalité de ce qu’ils vont faire, la différence sera énorme. Mais pour le public et la base électorale qui a voté pour ce parti, c’est peut-être seulement dans un an, un an et demi, ou plus, que la prise de conscience va intervenir, malheureusement.
C’est avec retardement que la prise de conscience a lieu. Il n’y a pas suffisamment une clairvoyance dans la perception des différences entre les orientations politiques.
Il y a une grande déception par rapport à la gestion de la gauche traditionnelle qui promet de la justice sociale mais qui, quand elle est au gouvernement, ne se distingue pas vraiment de la droite et du patronat par les politiques appliquées
Il faut ajouter qu’il y a une grande déception par rapport à la gestion de la gauche traditionnelle qui promet de la justice sociale mais qui, quand elle est au gouvernement, ne se distingue pas vraiment de la droite et du patronat par les politiques appliquées. Au-delà des discours de la gauche traditionnelle, les gens voient dans la politique pratique que les effets ne sont pas là. En conséquence, un secteur de l’électorat qui veut du changement plutôt à droite se mobilise et un secteur qui serait pour défendre une série de principes de justice et d’acquis sociaux se démobilise lors des élections. En termes de résultats, ça favorise à un moment donné (et on est dans ce moment-là en Belgique), le discours des partis de droite extrême et le vote en leur faveur.
Oui, tout à fait. Oui, je pense que les résultats du PTB en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre montrent très clairement qu’un secteur de l’électorat qui votait socialiste flamand (le parti Vooruit aujourd’hui) et Parti socialiste du côté francophone s’est porté vers le PTB par déception du type de gestion menée par la famille socialiste. C’est clair. Et c’est clair aussi, du coup, qu’une certaine radicalité sociale du discours de Paul Magnette renvoie à l’attraction exercée par le PTB sur l’électorat socialiste. Le parti socialiste sait que du côté d’une partie très importante de la population, il y a une attente de justice, il y a une attente de solidarité, il y a un attachement au service public et à toute une série de valeurs. Et Paul Magnette, conscient de cela en tant que président du PS, adapte son discours et tient en conséquence des propos qui, comparés au discours d’autres socialistes d’autres pays de l’Union Européenne, sont plus radicaux. Pour donner un exemple de comparaison, le discours de Paul Magnette est plus radical que le discours du leader du parti travailliste en Grande-Bretagne ou que celui du parti socialiste en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas. Paul Magnette, président du PS, perçoit cette pression à laquelle vous venez de faire référence, c’est-à-dire une croissance ou une consolidation/stabilisation du vote en faveur des propositions du PTB.
Des gens qui vont souffrir encore plus de la situation économique, sociale et politique du gouvernement risquent de considérer qu’il faut un changement radical, dans le sens qui pourrait être celui de l’extrême droite
Malheureusement, à ce stade, les conclusions sont pessimistes ou inquiétantes. Il faut être conscient des dangers qui s’accroissent. Les dangers vers la droite extrême augmentent. Cela m’inquiète évidemment et cela doit inquiéter toute personne qui analyse la situation. Si augmente la désespération de secteurs qui vont être directement impactés par les exclusions du droit à certaines indemnités, ainsi que la dégradation de leurs conditions de vie, la question c’est : est-ce que la droite extrême et les néofascistes ne vont pas y trouver un terreau favorable ? La réponse logique est de dire oui. Des gens qui vont souffrir encore plus de la situation économique, sociale et politique du gouvernement risquent de considérer qu’il faut un changement radical, dans le sens qui pourrait être celui de l’extrême droite. Donc il y a un danger réel de ce côté-là.
Mais pour moi, il n’est pas question de baisser les bras et de considérer que les jeux sont faits et que les carottes sont cuites.
S’il y avait un bloc social autour de ça, alliant organisations syndicales, formations politiques et associations citoyennes, mouvements sociaux, organisations féministes, antiracistes, internationalistes, écosocialistes, une solution positive pourrait se mettre en place
J’espère que pourra se construire un bloc alternatif alliant différentes propositions, différentes sensibilités, cela devrait inclure les Verts, le PS, le PTB, d’autres secteurs de la gauche sans représentation parlementaire ainsi que les grandes organisations syndicales. Cela pourrait inclure d’autres mouvements sociaux, les mouvements antiracistes, antifa, féministes, LGBTQI+. Il faudrait la constitution d’un bloc politico-social, avec une capacité de faire une proposition, de dire “on a des solutions”, de mener une opération vérité et de convoquer des mobilisations. Dans l’histoire de la Belgique, dans les années 1950, il y a eu des politiques très importantes et des propositions très importantes autour des réformes de structures, des questions d’investissement public, d’opération vérité sur le budget.
S’il y avait un bloc politico-social autour de ça, alliant organisations syndicales, formations politiques et associations citoyennes, mouvements sociaux, organisations féministes, antiracistes, internationalistes, écosocialistes, une solution positive pourrait se mettre en place. Et de ce point de vue-là, le danger d’une victoire prolongées des extrêmes à droite pourrait être évité. Mais je ne peux pas affirmer raisonnablement, vu qu’il y a une absence de ce bloc pour le moment, que ça va pouvoir se mettre en place. Je pense qu’il faut agir dans ce sens et que si cela se mettait en place, un tel bloc aurait un pouvoir d’attraction et de crédibilité extrêmement important. Cela suppose d’avancer un véritable programme de changements structurels et de ne pas se contenter de promettre la fin du néolibéralisme.
Pour affirmer qu’il est possible d’obtenir une victoire électorale, il faut avoir en tête de l’écho qu’avait eu la campagne du socialiste radical Bernie Sanders aux États-Unis en 2015-2016 avant qu’il ne soit remplacé par Hilary Clinton pour faire face à Trump. C’est Trump qui a été élu car Hilary Clinton représentait la poursuite des politiques traditionnelles du Parti démocrate, elle faisait partie de l’establishment et de l’élite. En 2024, c’était face à Joe Biden puis à Kamala Harris que Trump a gagné un deuxième mandat, car ceux-ci se sont refusés à adopter un programme de gauche. On voit bien que la réponse du Parti démocrate, qu’elle soit Hillary Clinton ou Joe Biden ou Kamal Harris, ne pouvait pas satisfaire la majorité de la population souffrant de la crise. C’était plutôt l’orientation de Bernie Sanders qui aurait réussi à mobiliser énormément de gens. D’ailleurs, la démonstration du sérieux de l’hypothèse que je viens d’avancer c’est la victoire de Zohran Mamdani à l’élection à la mairie de New York début novembre 2025.
Zohran Mamdani a gagné les élections municipales à New York avec un million de voix en battant Andrew Cuomo (ancien gouverneur démocrate de l’État de New York) qui était soutenu par Donald Trump et l’establishment. Mamdani a 34 ans et est musulman, il est né en Ouganda. Lors de son discours de victoire il a notamment déclaré ceci en défiant le néofasciste Trump : « New York restera une ville d’immigrantes : une ville construite par des immigrantes, animée par des immigrants et, à partir de ce soir, dirigée par un immigrant. ».
Parmi les propositions de Mamdani qui ont entraîné une importante mobilisation lui assurant la victoire le 5 novembre 2025 : un gel des loyers qui concernerait 1 million de logements ; une augmentation du taux d’imposition sur les sociétés dans l’État de New York jusqu’à 11,5 % (soit un niveau comparable à celui du New Jersey), afin de générer environ 5 milliards de dollars par an ; une surtaxe de 2 % sur le revenu des résidents de la ville gagnant plus d’1 million de $ par an ; rendre les bus de la ville gratuits.
Trump avait menacé les New Yorkaises qui souhaitaient voter pour le « gauchiste » Mamdani de couper la dotation fédérale à la ville. Cela n’a pas réussi à dissuader un million de personnes d’apporter leur soutien à la candidature de celui-ci. Le nombre de voix recueillies par Mamdani n’avait plus été atteint depuis 1969 par un maire élu à New York.
A l’autre extrémité des Etats-Unis sur la côte Ouest, Katie Wilson, âgée de 43 ans, a été élue maire de Seattle, le 4 novembre 2025. La ville portuaire de près de 800 000 habitants est un bastion démocrate depuis des décennies. Mais cette fois-ci, c’est différent.
Mère d’une fillette de 2 ans, sans voiture et locataire d’un appartement de 55m2, la nouvelle maire de Seattle est militante et activiste. Elle a d’ailleurs fait campagne sur les mêmes thématiques que Zohran Mamdani : la crise du logement et l’accroissement des inégalités. Le maire sortant Bruce Harrell était soutenu par les entreprises et semblait assuré de l’emporter. Mais Katie Wilson l’a critiqué sur son opposition à une taxe sur les hauts revenus destinée à financer le logement social. La socialiste radicale n’avait encore jamais exercé de mandat électif.
Une note positive récente : aux élections présidentielles en Irlande du 24 octobre 2025, Catherine Connolly candidate soutenue par toute la gauche a été élue
Une autre note positive récente : aux élections présidentielles en Irlande du 24 octobre 2025, Catherine Connolly candidate soutenue par toute la gauche a été élue. Elle s’oppose à l’adhésion de l’Irlande à l’OTAN
OTAN
Organisation du traité de l’Atlantique Nord
Elle assure aux Européens la protection militaire des États-Unis en cas d’agression, mais elle offre surtout aux États-Unis la suprématie sur le bloc occidental. Les pays d’Europe occidentale ont accepté d’intégrer leurs forces armées à un système de défense placé sous commandement américain, reconnaissant de ce fait la prépondérance des États-Unis. Fondée en 1949 à Washington et passée au second plan depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN comprenait 19 membres en 2002 : la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, auxquels se sont ajoutés la Grèce et la Turquie en 1952, la République fédérale d’Allemagne en 1955 (remplacée par l’Allemagne unifiée en 1990), l’Espagne en 1982, la Hongrie, la Pologne et la République tchèque en 1999, la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie en 2004, l’Albanie et la Croatie en 2009, le Monténégro en 2017, la Macédoine du Nord en 2020, la Finlande en 2023 et la Suède en 2024.
et elle critique ce qu’elle appelle la « militarisation de l’Union européenne », elle soutient les droits des migrantes, elle dénonce le génocide en cours à Gaza, elle défend les services publics et veut un programme de logements en faveur des classes populaires. Lire : Présidentielle en Irlande : Catherine Connolly l’emporte, une victoire historique pour la gauche
On pourrait aussi mentionner l’excellent résultat électoral du Nouveau Front Populaire en France lors des élections anticipées de juin 2024. Le programme du NFP était un programme plutôt radical et il affirmait la nécessité de rupture avec le modèle en application dans l’UE. Il insistait sur l’augmentation des recettes publiques par l’application d’une hausse forte des impôts sur les plus riches et sur la fin des cadeaux fiscaux à ceux-ci et aux plus grandes entreprises.
Je pense qu’un programme de gauche doit d’abord partir du vécu des populations. Il faut donc créer des emplois de qualité, utiles socialement et beaucoup mieux payés qu’aujourd’hui, avec de meilleures conditions de travail. Il faut une réduction radicale du temps de travail, avec embauches compensatoires et une augmentation du revenu réel. Il faut une toute autre politique fiscale, avec une réduction radicale, et même une suppression de la TVA sur une série de services de base – à commencer par l’eau, l’électricité –, une augmentation radicale des impôts sur les revenus et sur le patrimoine des plus riches. C’est aussi une réponse, par le biais des recettes, à une partie de la question soulevée par la dette
Dette
Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
publique.
Un programme de justice fiscale ne devrait pas servir à rembourser des dettes illégitimes
Mais, là, il y a une grande différence par rapport à un programme social-démocrate : il ne faudrait pas qu’un programme de justice fiscale serve à rembourser des dettes illégitimes.
Il y a une dramatisation de la question de la dette, que nous devons dénoncer. On n’est pas confronté à la perspective d’un effondrement ou d’une incapacité de remboursement. Ce qu’il faudrait du point de vue de la gauche, c’est un gouvernement qui déclarerait, sur la base d’un audit de la dette à participation citoyenne, qu’une partie de la dette publique est frappée d’illégitimité voire de caractère odieux, et qu’il faut procéder à des annulations très importantes de celle-ci. On souhaiterait qu’un gouvernement de gauche appliquant une politique favorable à la population et réalisant un énorme investissement public dans la lutte contre la crise écologique prenne une telle décision.
A l’échelle de la Région de Bruxelles-Capitale (RBC), il faut souligner le grand d’intérêt de l’appel collectif intitulé « Bruxelles : il faut une mobilisation générale pour déjouer le piège de l’austérité »
Si on augmente les recettes, c’est pour augmenter les dépenses légitimes, pas pour rembourser des dettes publiques illégitimes. Les dépenses légitimes à financer par les recettes fournies par des impôts sur les plus riches doivent permettre d’augmenter les investissements publics pour améliorer les conditions de vie en lien avec la lutte contre la crise écologique. Il faut donc d’énormes investissements dans les transports en commun, dans la rénovation et l’isolation des logements, dans la sortie du nucléaire, dans la recherche scientifique et toute une série de projets qui permettent de créer des emplois qualifiés et dignes favorisant des circuits courts. Il faut une augmentation des dépenses dans les services publics, avec des créations d’emplois massives, notamment dans la santé, sans oublier l’éducation et la culture. On ne doit pas oublier ce qui s’est passé lors de la pandémie de coronavirus qui a provoqué une prise de conscience de l’importance de la santé publique et le fait que le big pharma privé ne répond pas du tout aux besoins des populations.
Il faut, par l’expropriation et la socialisation, transférer dans le domaine public les grands secteurs de l’économie. Le secteur de l’énergie doit être exproprié et doit être donc un secteur public. Par expropriation, le secteur de la banque et de l’assurance doit être entièrement sous monopole public, il doit être socialisé. Il en va de même pour le secteur de la santé publique.
Il est indispensable, par le biais de l’expropriation et de la socialisation, de transférer au domaine public les grands secteurs de l’économie
Il faut abroger une série de traités léonins que l’Union européenne a imposés au pays du Sud – des traités qui est au nom du libre commerce défavorisent les pays du Sud – et donc introduire un autre type de commerce.
Il faut promouvoir une politique chaleureuse d’accueil des migrant-es.
La relation du Nord, par exemple de l’Union européenne par rapport aux peuples du Sud, doit absolument changer, notamment la politique migratoire. L’aide au développement doit être remplacée par des réparations à payer aux peuples du Sud et une restitution des biens mal acquis par le Nord sur le dos des populations du Sud.
Il y a aussi la question de l’industrie d’armement : la gauche doit lutter contre l’augmentation des dépenses d’armement et dire que le secteur de l’armement doit être aussi transféré dans le domaine public et extrêmement réglementé, pour aller vers le désarmement, ce qui nécessite des négociations internationales.
Ce sont des éléments tout à fait fondamentaux d’un programme de gauche.
Docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Banque mondiale - Une histoire critique, Syllepse, 2022, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2020, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.
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